Exonération des revenus étrangers pendant dix ans, fin de la dispense de déclaration pour les arrivées depuis 2026, nouvelle loi d’encouragement à l’alyah, affiliation à une caisse maladie, convention fiscale et convention de sécurité sociale avec la France : faire son alyah est un projet de vie, mais aussi un dossier fiscal, social et assurantiel à préparer avec méthode.
- Statut d’olé hadash : la Loi du retour de 1950 ouvre la citoyenneté israélienne et un ensemble de droits d’intégration (panier d’intégration, oulpan, avantages fiscaux et administratifs) aux nouveaux immigrants.
- Revenus étrangers : les nouveaux immigrants bénéficient d’une exonération de dix ans sur leurs revenus de source étrangère ; en revanche, la dispense de déclaration a été supprimée pour ceux qui deviennent résidents à partir du 1er janvier 2026.
- Loi de 2026 : une loi temporaire adoptée en mars 2026 exonère, dans la limite de plafonds annuels, les revenus du travail de source israélienne des olim arrivés entre le 5 novembre 2025 et le 31 décembre 2026.
- Santé : l’assurance maladie publique passe par l’affiliation à l’une des quatre caisses (kupot holim) ; la convention franco-israélienne de sécurité sociale ne coordonne pas la branche maladie.
- France : la convention fiscale de 1995 évite la double imposition, mais la sortie de la résidence fiscale française (article 4 B du CGI) et l’éventuelle exit tax se préparent en amont.
- Alyah et statut d’olé hadash : démarches et droits
- Fiscalité des nouveaux immigrants : ce qui change en 2026
- Assurance maladie : kupot holim, Bituah Leumi et complémentaires
- Conventions France–Israël : impôt et sécurité sociale
- Entrepreneurs, cadres, familles : sécuriser le projet
- Top 5 des erreurs à éviter
- FAQ — 6 questions clés
Chaque année, des familles françaises font leur alyah : certaines pour des raisons personnelles et spirituelles, d’autres pour rejoindre un écosystème technologique parmi les plus dynamiques au monde, d’autres encore pour développer une activité entre Paris et Tel-Aviv. Quelle que soit la motivation, l’installation combine trois chantiers techniques : le statut administratif (citoyenneté et droits d’intégration), la fiscalité (en Israël et en France) et la protection sociale (assurance maladie, retraite, prévoyance). Ces chantiers ont évolué récemment : Israël a supprimé la dispense de déclaration des revenus étrangers pour les arrivées depuis 2026, puis adopté au printemps 2026 une loi temporaire destinée à attirer de nouveaux immigrants actifs. Decaux Assurances, courtier indépendant immatriculé à l’ORIAS et installé à Neuilly-sur-Seine, accompagne les entrepreneurs, cadres et familles qui s’installent à l’étranger. Ce guide, volontairement factuel, fait le point sur les règles en vigueur à l’automne 2026 et sur les questions à régler avant le départ.
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Voir la Fiche Pays Israël →1. Alyah et statut d’olé hadash : démarches et droits
Le parcours administratif de l’alyah
Le dossier d’alyah se constitue avant le départ, en lien avec les organismes chargés de l’immigration, et aboutit à la délivrance d’un visa d’immigrant. À l’arrivée, le nouvel immigrant obtient sa carte d’identité israélienne (teoudat zehout) et son certificat d’immigrant (teoudat olé), qui lui ouvre l’accès aux droits d’intégration gérés par le ministère de l’Alyah et de l’Intégration. Les pièces d’état civil françaises doivent généralement être apostillées : actes de naissance, de mariage, jugements de divorce, livrets de famille. Ce travail documentaire prend du temps, et il gagne à être lancé plusieurs mois avant la date de départ envisagée.
Pour une famille, le calendrier se construit souvent autour de l’année scolaire, de la date de fin d’un contrat de travail en France ou de la cession d’une activité. Un entrepreneur a intérêt à caler la date d’alyah sur la réorganisation de sa société française : maintien de la direction à distance, nomination d’un dirigeant sur place, transfert d’une partie des fonctions ou création d’une structure israélienne. Ce choix a des conséquences directes sur la résidence fiscale, sur la protection sociale et sur les assurances de l’entreprise, qu’il est plus simple d’anticiper que de corriger une fois installé.
Le profil des nouveaux immigrants français a d’ailleurs évolué. À côté des familles qui partent pour des raisons personnelles, on trouve de plus en plus de fondateurs de start-up, de consultants, de professions libérales et de cadres de groupes internationaux qui continuent de travailler, en partie ou totalement, avec la France. Pour eux, l’alyah n’est pas une rupture mais une double implantation : clients, associés et parfois patrimoine restent en France, tandis que la vie familiale et une partie de l’activité se déplacent en Israël. C’est précisément cette situation « à cheval » qui rend indispensable une lecture croisée des règles fiscales, sociales et assurantielles des deux pays, que nous détaillons dans les sections suivantes.
Les droits attachés au statut de nouvel immigrant
Le panier d’intégration (sal klita) est une aide financière dont le montant dépend de la composition du foyer et de l’âge de ses membres ; il est versé en partie à l’arrivée puis en mensualités pendant les premiers mois. S’y ajoutent l’accès à l’oulpan, des aides au logement ou à l’emploi selon les situations, des facilités douanières pour l’importation de certains biens, et un taux réduit de taxe d’acquisition immobilière (mas rechisha) pour l’achat d’un logement, dans une fenêtre de temps encadrée autour de la date d’alyah. Les conditions précises de ces avantages évoluent et doivent être vérifiées auprès des autorités israéliennes au moment du projet.
Sur le plan fiscal, l’olé hadash bénéficie de points de crédit d’impôt (nekoudot zikouï) supplémentaires : pour les arrivées depuis 2022, ils sont répartis sur 54 mois, selon un barème progressif puis dégressif. Chaque point réduit l’impôt sur le revenu dû sur les salaires ou les revenus d’activité. Ce mécanisme s’ajoute aux points dont bénéficie tout résident israélien, et il intéresse particulièrement les cadres salariés d’une entreprise locale dès leur première année.
La Loi du retour (5710-1950) fonde le droit d’immigrer en Israël et d’y acquérir la citoyenneté. Les avantages fiscaux des nouveaux immigrants relèvent de l’Ordonnance de l’impôt sur le revenu (section 14 pour l’exonération des revenus étrangers) et, pour les arrivées récentes, de la Loi d’encouragement à l’alyah et au retour (disposition temporaire) 5786-2026.
Réf : Loi du retour 1950 · Ordonnance de l’impôt sur le revenu, section 14 · Loi 5786-2026 publiée le 31 mars 2026- La Loi du retour ouvre la citoyenneté et un ensemble de droits d’intégration limités dans le temps.
- Les actes d’état civil apostillés et le calendrier familial conditionnent la date de départ.
- Les points de crédit d’impôt des olim sont étalés sur 54 mois pour les arrivées depuis 2022.
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Demander mon étude santé expatrié →2. Fiscalité des nouveaux immigrants : ce qui change en 2026
L’exonération des revenus étrangers et la fin de la dispense de déclaration
Depuis la réforme de 2008, un nouvel immigrant ou un « résident de retour de longue date » est exonéré d’impôt israélien, pendant dix ans, sur ses revenus et plus-values de source étrangère : dividendes d’une société française, loyers d’un appartement à Paris, intérêts, plus-values sur un portefeuille de titres, ou encore revenus d’une activité exercée hors d’Israël. Ce régime reste en vigueur. Ce qui change, c’est l’obligation déclarative : un amendement adopté en 2024 a supprimé, pour les personnes qui deviennent résidentes israéliennes à compter du 1er janvier 2026, la dispense de déclaration dont bénéficiaient jusqu’ici les olim.
Concrètement, un nouvel immigrant arrivé en 2026 doit désormais déclarer ses revenus et actifs étrangers, même lorsqu’ils sont exonérés d’impôt. Les olim arrivés avant la fin de 2025 conservent, selon les analyses publiées, la dispense de déclaration pour la durée restant à courir. Cette évolution rapproche Israël des standards internationaux de transparence fiscale et renforce l’importance d’une documentation propre dès l’arrivée : relevés de comptes, états de portefeuille, justificatifs de revenus fonciers et, le cas échéant, informations sur les trusts ou structures patrimoniales.
Pour un entrepreneur, l’exonération des revenus étrangers ne règle pas tout. Une société française dirigée de fait depuis Israël peut voir sa résidence fiscale ou l’existence d’un établissement stable discutée par l’une ou l’autre administration, et la rémunération d’un travail effectué physiquement en Israël n’est pas un revenu « étranger » au sens de la loi israélienne. Autrement dit, l’avantage bénéficie surtout aux revenus passifs et aux activités réellement exercées hors d’Israël. La frontière entre ces catégories doit être tracée avec un conseil avant le départ, et non après la première déclaration.
La loi d’encouragement à l’alyah de 2026 et ses plafonds
Adoptée par la Knesset le 30 mars 2026 dans le cadre de la loi d’efficacité économique et publiée le lendemain, la Loi d’encouragement à l’alyah et au retour (disposition temporaire) 5786-2026 s’applique rétroactivement au 1er janvier 2026. Elle vise les olim devenus résidents pour la première fois entre le 5 novembre 2025 et le 31 décembre 2026, ainsi que certains résidents de retour après au moins dix ans à l’étranger. Nouveauté majeure : elle ne porte pas sur les revenus étrangers, mais sur les revenus du travail et d’activité de source israélienne, qui étaient jusqu’ici imposés normalement.
L’exonération est plafonnée chaque année : 600 000 ₪ en 2026 (au prorata de la période de résidence), 1 000 000 ₪ en 2027 et en 2028, 350 000 ₪ en 2029 et 150 000 ₪ en 2030, avec un plafond spécifique plus bas lorsque le revenu est versé par un proche. Les revenus passifs (intérêts, dividendes, loyers, plus-values) en sont exclus, et l’exonération reste subordonnée au maintien de la résidence israélienne en 2028 et 2029, avec une présence minimale dans le pays. L’impôt est concerné, pas les cotisations : les revenus exonérés restent soumis aux cotisations de sécurité sociale et d’assurance santé. Les chiffres qui ont circulé pendant les débats parlementaires diffèrent de la version adoptée : seules la loi publiée et la circulaire d’application de l’administration fiscale font foi.
La Loi 5786-2026 (chapitre D de la loi d’efficacité économique 2026) exonère, sous plafonds annuels, les revenus d’emploi et d’activité de source israélienne des nouveaux immigrants éligibles. Ses modalités d’application sont précisées par la circulaire n° 7/2026 de l’administration fiscale israélienne.
Réf : Knesset, 30 mars 2026 · Reshumot, 31 mars 2026 · Circulaire Israel Tax Authority 7/2026Comparatif fiscalité et protection sociale : France vs Israël
| Sujet | France | Israël (olé hadash, 2026) |
|---|---|---|
| Principe d’imposition des résidents | Revenus mondiaux | Revenus mondiaux, avec exonération de 10 ans des revenus étrangers pour les olim |
| Déclaration des revenus étrangers exonérés | — | Obligatoire pour les résidents depuis le 1er janvier 2026 |
| Revenus du travail de source locale | Barème progressif | Exonérés sous plafonds pour les olim arrivés du 5/11/2025 au 31/12/2026 |
| Taux marginal maximal de l’impôt sur le revenu | 45 % + contributions | 47 %, plus surtaxe de 3 % au-delà d’un seuil élevé (et 2 % supplémentaires sur les revenus du capital) |
| TVA (taux normal) | 20 % | 18 % |
| Impôt sur les sociétés | 25 % | 23 % |
| Assurance maladie | Assurance maladie obligatoire | Affiliation à une caisse (kupat holim), cotisation santé via Bituah Leumi |
- L’exonération de 10 ans des revenus étrangers est maintenue, mais ils doivent être déclarés pour les arrivées depuis 2026.
- La loi de 2026 exonère sous plafonds les revenus du travail israéliens des olim arrivés du 5/11/2025 au 31/12/2026.
- Les cotisations sociales et santé restent dues sur les revenus exonérés d’impôt.
3. Assurance maladie : kupot holim, Bituah Leumi et complémentaires
Le système des caisses maladie et le panier de soins
Le système israélien repose sur quatre caisses maladie à but non lucratif, en concurrence pour attirer les assurés, qui disposent de leurs propres réseaux de médecins, de centres médicaux et de pharmacies, et de conventions avec les hôpitaux. Le panier de soins de base est fixé par l’État et identique d’une caisse à l’autre ; les différences portent sur l’organisation, la densité du réseau dans votre ville et la qualité perçue du service. L’assuré choisit librement sa caisse et peut en changer selon les règles en vigueur. Pour une famille, ce choix se fait souvent en fonction de la proximité des centres médicaux, de la disponibilité de praticiens francophones et du suivi pédiatrique.
Au-delà du panier de base, chaque caisse propose une assurance complémentaire facultative (shaban) qui améliore l’accès à certains spécialistes, élargit le choix du chirurgien ou rembourse des prestations non incluses dans le panier. Une troisième couche, l’assurance santé privée individuelle ou collective proposée par l’employeur, complète souvent le dispositif chez les cadres. Pour un nouvel immigrant, l’enjeu est de comprendre l’articulation de ces trois étages avant de souscrire, afin d’éviter les doublons et les délais de carence successifs.
Les nouveaux immigrants découvrent aussi une organisation des soins différente de celle de la France. Le médecin de famille de la caisse joue un rôle d’orientation, l’accès à certains spécialistes passe par une prescription ou une autorisation préalable, et les délais pour les examens programmés varient fortement selon les régions et les caisses. Le contenu exact du panier de base est révisé chaque année par les autorités sanitaires : certaines prestations, comme une partie des soins dentaires des adultes ou des traitements non encore inscrits, relèvent en général des complémentaires. Mieux vaut vérifier ce point pour chaque membre de la famille. Comprendre ces règles dès les premières semaines évite de mauvaises surprises au moment d’une hospitalisation ou d’une naissance.
Cotisations, exonérations et période de transition
La cotisation santé est prélevée par l’Institut national d’assurance (Bituah Leumi). Pour un salarié en 2026, elle s’élève à 3,23 % sur la part du salaire jusqu’à 7 703 ₪ par mois, puis 5,17 % au-delà, dans la limite d’un plafond. Les indépendants et les personnes sans activité cotisent selon des règles propres. Le nouvel immigrant sans revenu (ou avec un revenu très faible) est exonéré de cotisation santé pendant six mois, durée portée à douze mois s’il perçoit l’allocation de subsistance. Les résidents de retour, eux, peuvent être soumis à un délai d’attente pouvant aller jusqu’à six mois avant d’accéder aux soins, sauf paiement d’une contribution spéciale.
Même lorsque les droits sont ouverts rapidement, la période de transition reste un point de vigilance : voyages de repérage avant l’alyah, dernières semaines en France après la résiliation d’une mutuelle, allers-retours professionnels, séjours familiaux en Europe. La caisse israélienne ne couvre pas les soins programmés à l’étranger, et le rapatriement sanitaire n’entre pas dans son champ. Une assurance santé internationale de transition, ou une couverture durable si vous voyagez beaucoup, comble ces trous. Certains cadres conservent aussi un lien avec la Sécurité sociale française via la CFE et sa complémentaire, utile en cas de retour ou de soins en France.
- Tout résident est affilié à une des quatre caisses maladie ; le panier de base est identique.
- La cotisation santé est prélevée par Bituah Leumi ; les olim sans revenu en sont exonérés 6 à 12 mois.
- La période de transition, les séjours à l’étranger et le rapatriement se couvrent par une assurance internationale.
4. Conventions France–Israël : impôt et sécurité sociale
La convention fiscale : dividendes, pensions et crédit d’impôt
La convention fiscale franco-israélienne fixe d’abord les critères de résidence : lorsqu’une personne est considérée comme résidente par les deux États, le foyer permanent, puis le centre des intérêts vitaux, le séjour habituel et la nationalité départagent. Elle plafonne ensuite les retenues à la source : 15 % sur les dividendes versés à un particulier, 10 % en principe sur les intérêts et sur les redevances. Les pensions privées sont imposables uniquement dans l’État de résidence, tandis que les pensions publiques restent en principe imposables dans l’État qui les verse. La double imposition est éliminée par un crédit d’impôt, de part et d’autre.
Pour un entrepreneur qui conserve une société en France, cette mécanique s’articule avec l’exonération israélienne des revenus étrangers : un dividende français peut subir la retenue conventionnelle en France tout en étant exonéré en Israël pendant la période de dix ans. Le salaire d’un dirigeant qui travaille physiquement depuis Israël pour sa société française est, lui, en principe imposable en Israël, là où l’activité est exercée. Ces situations doivent être modélisées avec un avocat fiscaliste ou un expert-comptable maîtrisant les deux droits : c’est là que se joue la différence entre une installation fluide et un contrôle fiscal des deux côtés.
La convention de sécurité sociale et ses limites
Conclue en 1965, la convention de sécurité sociale France–Israël ne concerne que les travailleurs salariés. Elle coordonne la vieillesse et les pensions de survivants (avec totalisation des périodes et paiement des pensions au prorata), les accidents du travail et maladies professionnelles, ainsi que certaines prestations de maternité, décès et prestations familiales. En revanche, elle ne coordonne ni l’assurance maladie, ni l’invalidité, et le chômage est hors de son champ. Un salarié envoyé en Israël par son employeur français peut rester affilié au régime français pendant un détachement de 12 mois, prolongeable seulement à titre exceptionnel avec l’accord des autorités israéliennes.
Deux conséquences pratiques en découlent. D’une part, un salarié détaché doit organiser sa couverture santé sur place, puisque la convention ne permet pas de faire prendre en charge ses soins israéliens par l’Assurance maladie française dans les conditions d’un pays de l’Union européenne. D’autre part, un indépendant ou un dirigeant non salarié n’entre pas dans le champ de la convention : sa protection sociale relève soit du régime israélien, soit d’une adhésion volontaire à la Caisse des Français de l’Étranger, complétée par une prévoyance adaptée.
Pour la retraite, la convention garantit aux salariés que les trimestres acquis en France ne sont pas perdus : chaque pays verse la part de pension correspondant aux périodes accomplies sous sa législation, et les pensions peuvent être payées dans l’autre État. Il reste néanmoins utile de reconstituer sa carrière avant le départ, via le relevé de situation individuelle disponible sur le portail de l’Assurance retraite, afin de repérer d’éventuels trous de cotisation. Les dirigeants et professions libérales, qui relèvent de régimes non couverts par la convention, doivent quant à eux arbitrer entre le rachat de trimestres, l’adhésion volontaire à l’assurance vieillesse des Français de l’étranger et une épargne retraite individuelle.
La convention fiscale France–Israël signée à Jérusalem le 31 juillet 1995 est entrée en vigueur le 18 juillet 1996 (décret n° 96-814 du 11 septembre 1996). La convention générale de sécurité sociale du 17 décembre 1965, complétée par un arrangement administratif du 25 mai 1967, prévoit un détachement de 12 mois pour les salariés.
Réf : impots.gouv.fr — conventions internationales · CLEISS — convention France–Israël- La convention fiscale de 1995 limite les retenues à la source et élimine la double imposition par crédit d’impôt.
- La convention de sécurité sociale ne vise que les salariés et ne coordonne pas l’assurance maladie.
- Le détachement est limité à 12 mois ; les indépendants relèvent du régime local ou de la CFE.
5. Entrepreneurs, cadres, familles : sécuriser le projet
Résidence fiscale française et exit tax
Quitter physiquement la France ne suffit pas à perdre la résidence fiscale française. L’article 4 B du Code général des impôts retient plusieurs critères alternatifs : le foyer ou le lieu de séjour principal, l’activité professionnelle principale et le centre des intérêts économiques. Un dirigeant qui continue de piloter sa société française ou dont l’essentiel du patrimoine reste en France peut donc être revendiqué comme résident par les deux États ; c’est alors la convention qui tranche. L’année du départ, une déclaration spécifique doit être déposée, et les revenus de source française perçus ensuite (loyers, certains dividendes) peuvent rester soumis à l’impôt français.
Les entrepreneurs et investisseurs détenant des participations importantes doivent aussi examiner l’exit tax prévue à l’article 167 bis du CGI, qui peut s’appliquer aux plus-values latentes sur titres lors du transfert du domicile fiscal hors de France, sous conditions de durée de résidence antérieure et de seuils de détention. Les modalités de sursis de paiement dépendent notamment de l’État de destination et des garanties exigées. Une cession de société, une donation de titres ou une réorganisation de holding se planifient avant la date de départ, pas après : c’est souvent la date d’alyah elle-même qui en dépend.
Protéger la famille et l’activité
Pour une famille active, la protection ne se limite pas à la santé. Le décès ou l’invalidité d’un parent entrepreneur fragilise le foyer, d’autant plus lorsque la sécurité sociale française n’est plus compétente et que le régime israélien n’est pas encore pleinement acquis. Une prévoyance individuelle souscrite avant le départ, avec une couverture valable dans le pays de résidence, sécurise les revenus. Pour la société, une assurance homme-clé protège la continuité de l’entreprise face à l’indisponibilité du dirigeant. Côté patrimoine, de nombreux olim conservent un bien en France : les prêts pour expatriés et l’assurance emprunteur doivent alors tenir compte du nouveau pays de résidence, qui peut modifier les conditions de couverture.
La retraite mérite enfin un examen précis. Les périodes cotisées en France restent acquises et la convention permet de totaliser certaines périodes pour les salariés, mais un départ en milieu de carrière réduit mécaniquement la pension française. Un plan d’épargne retraite ouvert en France, dont le traitement fiscal doit être vérifié au regard de la convention, fait partie des outils à étudier. Dernier point, plus sensible : à la date de publication, France Diplomatie maintient pour Israël des recommandations de vigilance renforcée et déconseille les déplacements, y compris familiaux. Ces consignes, régulièrement mises à jour, ont une incidence sur les conditions des contrats d’assurance voyage et santé : elles doivent être lues avec attention avant toute souscription.
- La résidence fiscale française se perd selon les critères de l’article 4 B du CGI, pas par le seul départ.
- L’exit tax et les opérations sur titres se préparent avant la date d’alyah.
- Prévoyance, homme-clé, prêts et retraite doivent être adaptés au nouveau pays de résidence.
Top 5 des erreurs à éviter en s’installant en Israël
- Croire que les revenus étrangers n’ont plus à être déclarésDepuis 2026, les nouveaux résidents doivent les déclarer, même exonérés. Solution : constituer dès l’arrivée un dossier complet de vos comptes et actifs étrangers.
- Se fier aux chiffres des projets de loiLes plafonds de la loi de 2026 diffèrent des versions débattues. Solution : se référer au texte publié et à la circulaire 7/2026 de l’administration fiscale.
- Laisser un trou de couverture santé à l’arrivéeLa mutuelle française est résiliée, la caisse israélienne pas encore effective. Solution : une assurance santé internationale de transition avec rapatriement.
- Oublier la France dans l’équation fiscaleSans analyse de l’article 4 B, vous pouvez rester résident français. Solution : formaliser le départ et faire valider votre situation par un fiscaliste des deux pays.
- Négliger la prévoyance du chef de familleDécès ou invalidité en phase de transition fragilisent le foyer. Solution : prévoyance individuelle valable en Israël, souscrite avant le départ.
- J-9 mois — Ouvrir le dossier d’alyah et réunir les actes d’état civil apostillés.
- J-6 mois — Faire le point fiscal France–Israël : résidence, exit tax, calendrier des opérations sur titres.
- J-4 mois — Organiser la société : direction, statut du dirigeant, assurances de l’entreprise et homme-clé.
- J-2 mois — Souscrire une santé internationale de transition et une prévoyance valable en Israël.
- J+1 semaine — S’inscrire auprès d’une caisse maladie et vérifier les exonérations de cotisation.
- J+1 mois — S’inscrire au registre des Français établis hors de France et déposer la déclaration de départ.
FAQ — S’installer en Israël : 6 questions clés
Les revenus français d’un nouvel immigrant sont-ils imposés en Israël ?
Les revenus de source étrangère d’un nouvel immigrant bénéficient d’une exonération d’impôt israélien pendant dix ans. Pour les personnes devenues résidentes depuis le 1er janvier 2026, ces revenus doivent cependant être déclarés. Certains revenus de source française peuvent par ailleurs rester imposables en France selon la convention fiscale.
Qu’est-ce que la loi d’encouragement à l’alyah de 2026 ?
C’est une loi temporaire adoptée le 30 mars 2026. Elle exonère, dans la limite de plafonds annuels (600 000 ₪ en 2026 au prorata, 1 000 000 ₪ en 2027 et 2028, puis dégressifs), les revenus du travail de source israélienne des olim arrivés entre le 5 novembre 2025 et le 31 décembre 2026, sous conditions de maintien de la résidence.
Comment fonctionne l’assurance maladie pour un olé hadash ?
Le nouvel immigrant s’inscrit auprès d’une des quatre caisses maladie dès son arrivée. La cotisation santé est prélevée par Bituah Leumi ; il en est exonéré pendant six mois s’il n’a pas de revenu, douze mois s’il perçoit l’allocation de subsistance. Une complémentaire facultative et une assurance privée peuvent s’ajouter.
La convention de sécurité sociale France–Israël couvre-t-elle la maladie ?
Non. La convention de 1965 ne vise que les salariés et coordonne principalement la vieillesse, les accidents du travail et certaines prestations familiales. Elle ne coordonne pas l’assurance maladie : la couverture santé doit être organisée localement ou par une assurance internationale.
Faut-il garder la Sécurité sociale française après l’alyah ?
Ce n’est pas obligatoire. L’adhésion volontaire à la Caisse des Français de l’Étranger peut être utile pour garder un lien avec le système français, notamment en cas de soins en France ou de retour. Elle se combine souvent avec une complémentaire ou une assurance santé internationale.
L’exit tax s’applique-t-elle à un départ vers Israël ?
Elle peut s’appliquer aux plus-values latentes sur titres si les conditions de l’article 167 bis du CGI sont remplies (durée de résidence antérieure et seuils de détention). Les modalités de sursis de paiement dépendent de la situation : une analyse par un fiscaliste avant le départ est indispensable.
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- impots.gouv.fr — Convention fiscale France–Israël (version consolidée) (consulté le 27/09/2026)
- CLEISS — Convention de sécurité sociale France–Israël (consulté le 27/09/2026)
- Bituah Leumi — Taux de cotisation des salariés (consulté le 27/09/2026)
- Bituah Leumi — Cotisation santé des nouveaux immigrants (consulté le 27/09/2026)
- France Diplomatie — Israël : dernières minutes et alertes (consulté le 27/09/2026)
- Légifrance — Article 4 B du Code général des impôts (consulté le 27/09/2026)
- Alyah
- Immigration en Israël au titre de la Loi du retour de 1950.
- Olé hadash (pluriel : olim)
- Nouvel immigrant bénéficiant des droits d’intégration et des avantages fiscaux prévus par la loi israélienne.
- Kupat holim (pluriel : kupot holim)
- Caisse maladie à but non lucratif à laquelle tout résident israélien est affilié.
- Bituah Leumi
- Institut national d’assurance : il gère les prestations sociales et prélève la cotisation santé.
- Sal klita
- Panier d’intégration versé aux nouveaux immigrants, dont le montant dépend de la composition du foyer.
- Shaban
- Assurance complémentaire facultative proposée par chaque caisse maladie.
- Exit tax
- Imposition française des plus-values latentes sur titres lors du transfert du domicile fiscal hors de France (article 167 bis du CGI).
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Publié le 05/11/2026 · 11 rue de Chartres, 92200 Neuilly-sur-Seine
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