Vivre sa retraite au soleil ne se résume pas à choisir un pays. Il faut organiser la prise en charge de ses soins, recevoir sa pension sans interruption, prouver chaque année qu’on est en vie et savoir quel État impose ses revenus. Ce guide transversal vaut quel que soit le pays choisi.
- Dans l’UE, l’EEE et en Suisse : le formulaire S1 permet au retraité d’un régime français de se faire soigner dans son pays de résidence aux frais de la France, et de retrouver ses droits lors de séjours en France.
- Hors d’Europe : la prise en charge des soins lors des séjours en France passe par le Cnarefe et suppose, sauf convention, au moins 15 ans de cotisations à des régimes français.
- Sur place : CFE et complémentaire, ou assurance santé au premier euro, selon le pays et le système local.
- Certificat de vie : une fois par an pour toutes les caisses, désormais possible par reconnaissance biométrique ; faute de réponse, la pension est suspendue.
- Impôts : la convention fiscale décide quel État impose la pension ; côté français, retenue à la source et cotisation d’assurance maladie peuvent s’appliquer.
- Retraite dans l’UE, l’EEE ou en Suisse : le formulaire S1
- Retraite hors d’Europe : Cnarefe, CFE ou premier euro
- Versement de la pension et certificat de vie
- Fiscalité de la pension : ce que prévoient les conventions
- Préparer son départ : démarches et protection du conjoint
- Top 5 des erreurs à éviter
- FAQ — 6 questions clés
Portugal, Espagne, Grèce, Maroc, Thaïlande, Île Maurice : chaque année, des retraités français choisissent de s’installer à l’étranger pour le climat, le coût de la vie ou la proximité de leurs enfants. Les guides pays détaillent les visas, la fiscalité locale et le système de santé de chaque destination. Mais un socle de règles est commun à tous : il dépend de vos caisses de retraite françaises, de l’Assurance maladie et des conventions internationales, et c’est lui qui conditionne votre sécurité au quotidien. Decaux Assurances, courtier indépendant immatriculé à l’ORIAS et installé à Neuilly-sur-Seine, conseille des retraités expatriés sur leur couverture santé internationale et leur prévoyance. Voici les règles transversales à connaître avant et après le départ, quel que soit votre pays d’installation.
1. Retraite dans l’UE, l’EEE ou en Suisse : le formulaire S1
Le S1 : s’inscrire dans le système de santé de son pays de résidence
Selon ameli.fr, le retraité d’un régime français qui part vivre dans un autre État de l’Union européenne, de l’EEE ou en Suisse doit demander le formulaire S1 (ex-E121) à sa caisse de retraite avant son départ. Une fois sur place, il le remet à l’organisme de sécurité sociale de son lieu de résidence. Il bénéficie alors de la prise en charge de ses soins selon la législation et les formalités en vigueur dans ce pays, comme un assuré local. Le formulaire est individuel : si votre conjoint vous accompagne, chaque membre de la famille doit disposer de son propre S1.
Deux conséquences importantes. D’abord, vous êtes remboursé au niveau du système local, qui peut être plus ou moins généreux que le français : ticket modérateur, franchises, délais d’accès aux spécialistes et reste à charge varient fortement d’un pays à l’autre. Une complémentaire santé adaptée à l’expatriation ou une assurance santé expatrié peut donc rester utile, surtout pour l’hospitalisation en chambre particulière, le dentaire ou l’optique. Ensuite, la règle vaut pour les retraités qui ne perçoivent pas de pension du pays d’installation. Si vous êtes polypensionné, c’est-à-dire si vous percevez aussi une retraite de votre nouvel État de résidence, ce dernier prend en charge vos soins.
Le S1 suit votre résidence, pas votre nationalité ni votre passeport. Si vous déménagez d’un pays européen à un autre, par exemple de l’Espagne vers le Portugal, il faut demander un nouveau document et vous réinscrire auprès de l’organisme du nouveau pays. Si vous rentrez vivre en France, vous êtes de nouveau rattaché à l’Assurance maladie française en tant que titulaire d’une pension, en vous adressant à la CPAM de votre nouvelle résidence. Pensez à signaler chaque changement à votre caisse de retraite : c’est elle qui émet le S1 et qui finance, in fine, vos soins à l’étranger.
Séjours en France et voyages : vos droits continuent
C’est l’un des grands avantages du S1. ameli.fr précise que votre caisse d’assurance maladie en France reste compétente pour les soins reçus lors de vos séjours temporaires en France et dans d’autres pays, et que vous retrouvez l’intégralité de vos droits en France. Service-Public.fr ajoute que vous n’êtes pas obligé de rendre votre carte Vitale au départ, ce qui facilite la prise en charge lors de vos séjours. Pour être soigné en France, adressez-vous à la caisse à laquelle vous étiez affilié en dernier lieu, à celle du département de votre caisse de retraite ou, à défaut, à celle de votre lieu de séjour.
Pour voyager dans un autre pays européen, demandez à votre caisse française la carte européenne d’assurance maladie : elle est individuelle, gratuite et valable deux ans au maximum. Hors d’Europe, les soins reçus lors d’un voyage doivent être avancés ; seuls les soins urgents et imprévus peuvent éventuellement être remboursés, de façon forfaitaire, au retour. Une assurance voyage avec assistance reste donc indispensable pour un circuit en Asie ou aux Amériques.
Le règlement (CE) n° 883/2004 sur la coordination des systèmes de sécurité sociale organise la prise en charge des soins des titulaires de pension résidant dans un autre État membre (document portable S1) et leurs droits lors de séjours dans l’État débiteur de la pension.
Réf : Règlement (CE) n° 883/2004 · Règlement (CE) n° 987/2009- Demander un S1 par personne auprès de la caisse de retraite avant le départ.
- Soins pris en charge selon les règles locales ; complémentaire souvent utile.
- Droits intégraux lors des séjours en France ; CEAM pour les voyages en Europe.
Decaux Assurances compare les complémentaires santé internationales et les contrats au premier euro de nos partenaires assureurs, en fonction de votre pays, de votre âge et de votre régime.
Demander mon étude santé retraité →2. Retraite hors d’Europe : Cnarefe, CFE ou premier euro
Les soins en France : le Cnarefe et la condition des 15 ans
Le Centre national des retraités de France à l’étranger (Cnarefe) gère la prise en charge des soins reçus en France par les retraités du régime général ou d’un régime spécial intégré qui vivent hors d’Europe. L’inscription se fait en ligne sur ameli-rfe.fr ; une fois les droits ouverts, le retraité est affilié à la CPAM de Seine-et-Marne, qui gère ce centre. ameli.fr précise que, depuis le 1er juillet 2019, lorsque le pays de résidence hors UE, EEE, Suisse et Royaume-Uni n’a pas signé de convention de sécurité sociale prévoyant cette prise en charge, le remboursement des soins lors des séjours temporaires en France suppose d’avoir cotisé au moins 15 ans à un ou plusieurs régimes obligatoires français. Un régime transitoire à 10 ans existe pour les personnes affiliées avant cette date.
Deux points de vigilance. Le Cnarefe ne concerne que les soins reçus en France, pas ceux reçus dans le pays de résidence. Et il vise le retraité lui-même : pour le conjoint, ameli.fr indique que, sauf convention particulière, il doit adhérer à la CFE ou souscrire un contrat privé pour être couvert lors des séjours en France. Si vous ne percevez pas de pension du régime général, ou si vous avez cotisé moins de 15 ans, il faut vous adresser à l’organisme qui verse votre pension ou vous assurer à titre privé.
Sur place : CFE et complémentaire, ou contrat au premier euro
Dans le pays de résidence, le retraité hors d’Europe dépend du système de santé local, auquel il n’a pas toujours accès, ou dans des conditions limitées. Deux architectures dominent. La première associe la Caisse des Français de l’étranger, qui rembourse les soins sur une base proche de la Sécurité sociale, à une complémentaire CFE qui complète jusqu’aux frais réels. Elle présente l’avantage de conserver un lien avec le système français et de faciliter un éventuel retour. La seconde repose sur une assurance santé au premier euro, qui prend directement en charge les dépenses, sans régime de base, selon les plafonds et la zone géographique choisis.
Pour un retraité, l’âge à l’adhésion est déterminant. De nombreux contrats internationaux fixent un âge limite de souscription, appliquent des exclusions ou des surprimes pour les pathologies préexistantes, et demandent un questionnaire de santé. Mieux vaut donc s’assurer avant le départ, ou dès les premiers mois, plutôt qu’à la première alerte de santé. Vérifiez aussi la garantie viagère : un contrat qui peut être résilié par l’assureur à un âge avancé laisserait le retraité sans solution au moment où il en a le plus besoin. Enfin, une assistance rapatriement adaptée à l’âge est indispensable, tout comme une réflexion sur la dépendance.
La qualité de l’offre de soins locale doit aussi guider le choix du contrat. Dans certaines destinations prisées des retraités, les hôpitaux privés des grandes villes offrent un excellent niveau, mais les zones rurales ou insulaires en sont éloignées ; une évacuation sanitaire vers un pays voisin ou vers la France peut alors s’imposer. Vérifiez que votre contrat prévoit ces transferts, la prise en charge directe des frais d’hospitalisation sans avance, et la possibilité de vous faire soigner en France lors de vos séjours. Un contrat bien calibré est celui qui correspond à votre lieu de vie réel, pas à la carte postale.
- Cnarefe pour les soins en France, avec condition de 15 ans de cotisations sauf convention.
- Conjoint : CFE ou contrat privé, sauf convention particulière.
- Sur place : CFE et complémentaire, ou premier euro, souscrits tôt.
3. Versement de la pension et certificat de vie
Compte français ou étranger : organiser les paiements
L’Agirc-Arrco rappelle qu’il est essentiel de signaler vos changements d’adresse et de coordonnées bancaires à vos caisses de retraite, avec les justificatifs demandés. Vous pouvez percevoir votre retraite sur votre compte bancaire français ou demander un virement directement sur un compte à l’étranger ; renseignez-vous auprès de votre banque sur les éventuels frais et sur le change si le compte est tenu dans une autre devise. Beaucoup de retraités conservent un compte en France pour les prélèvements qui y restent (impôts, assurances, charges d’un bien conservé) et transfèrent ensuite les sommes nécessaires.
Un conseil de prudence : ne modifiez pas simultanément votre adresse, votre banque et votre situation fiscale au même moment, sans calendrier. Une incohérence entre les informations transmises aux différentes caisses peut retarder un paiement. Faites les démarches dans l’ordre, conservez les accusés de réception et vérifiez les premiers versements. Si vous êtes propriétaire d’un bien en France, pensez à adapter son assurance, par exemple avec une assurance propriétaire non occupant si vous le louez.
Si vous vous installez dans un pays qui n’utilise pas l’euro, intégrez aussi le risque de change dans votre budget. Votre pension est calculée et versée en euros ; sa valeur en monnaie locale variera au fil des années, parfois fortement. Dans certaines destinations, les frais de santé privés sont libellés en dollars ou indexés sur l’inflation locale. C’est une raison supplémentaire de choisir une couverture santé dont les remboursements sont exprimés dans une devise et avec des plafonds cohérents avec le coût réel des soins dans votre pays de résidence.
Le certificat de vie : une fois par an, pour toutes les caisses
Selon Service-Public.fr, vos caisses de retraite françaises peuvent vous demander chaque année une preuve d’existence, quelle que soit votre nationalité, et un seul certificat suffit pour toutes vos caisses. Le moyen le plus simple est désormais l’application sécurisée « Mon certificat de vie » : vous recevez un QR code par courrier ou par mail, vous installez l’application, photographiez votre pièce d’identité et validez par reconnaissance biométrique ; une fois la démarche commencée, vous disposez de 4 jours pour la terminer, et le certificat est transmis automatiquement à toutes vos caisses. Sinon, le certificat peut être visé par l’autorité locale compétente puis renvoyé en ligne depuis votre compte retraite sur info-retraite.fr, ou par courrier au centre de traitement Retraite à l’étranger, à Tours.
Le délai est court : le certificat doit être renvoyé dans le mois suivant la notification de sa mise à disposition, faute de quoi le versement des pensions peut être suspendu. L’Agirc-Arrco précise que les résidents de certains pays en sont dispensés grâce à des échanges automatiques de données d’état civil : Allemagne, Suisse, Belgique, Espagne, Luxembourg, Portugal, Danemark, ainsi que les Pays-Bas depuis mars 2026. Les titulaires d’une pension de réversion doivent en outre fournir une attestation de situation maritale. Surveillez votre messagerie, y compris les courriers indésirables, et prévenez un proche de confiance de cette échéance annuelle.
Les articles L161-24 à L161-24-3 du Code de la sécurité sociale et les articles D161-2-27 et D161-2-28 encadrent la justification d’existence des bénéficiaires de pensions résidant hors de France et la mutualisation de ce contrôle entre les régimes.
Réf : CSS art. L161-24 à L161-24-3 · D161-2-27 et D161-2-28- Compte français ou étranger : signaler tout changement aux caisses.
- Un certificat de vie par an pour toutes les caisses, à renvoyer sous un mois.
- Application biométrique « Mon certificat de vie » ; dispense dans certains pays européens.
4. Fiscalité de la pension : ce que prévoient les conventions
Pensions privées, pensions publiques : quel État impose ?
Les conventions fiscales signées par la France s’inspirent pour la plupart du modèle de l’OCDE. Dans ce modèle, les pensions versées au titre d’un emploi privé, comme celles du régime général et de l’Agirc-Arrco, sont en principe imposables dans l’État de résidence du retraité. Les pensions publiques, versées au titre de services rendus à l’État ou à une collectivité, sont en principe imposables dans l’État qui les verse, donc en France pour un ancien fonctionnaire. Mais chaque convention peut s’écarter de ce modèle : certaines prévoient une imposition partagée, d’autres une imposition exclusive dans l’État de la source pour certaines pensions, et plusieurs ont été renégociées ces dernières années. Il faut donc lire la convention qui vous concerne, disponible sur impots.gouv.fr, et ne pas se fier à ce qui vaut pour un voisin installé dans un autre pays.
Attention aussi aux régimes fiscaux locaux favorables aux retraités étrangers, mis en avant dans certaines destinations : ils peuvent évoluer, être limités dans le temps ou soumis à conditions, et ne changent rien à la convention. Enfin, rappelez-vous que la résidence fiscale ne se décrète pas : elle s’apprécie selon les critères de l’article 4 B du CGI et de la convention. Un retraité qui garde sa maison en France, y revient six mois par an et y conserve l’essentiel de son patrimoine peut rester résident fiscal français.
Côté France : retenue à la source, taux minimum et cotisation maladie
Lorsque vous êtes non-résident et que la France conserve un droit d’imposer, vos revenus de source française sont soumis au barème avec un taux minimum de 20 % jusqu’à 29 579 € et de 30 % au-delà, selon Service-Public.fr, sauf si le taux moyen calculé sur vos revenus mondiaux est plus favorable. L’Agirc-Arrco indique qu’une retenue à la source est opérée sur la retraite complémentaire des retraités domiciliés fiscalement à l’étranger, sauf si la convention avec le pays de résidence en dispose autrement. Vous déclarez chaque année vos revenus de source française au service des impôts des particuliers non-résidents.
L’année du départ demande une attention particulière. Selon Service-Public.fr, vous déclarez au printemps suivant l’ensemble de vos revenus, français et étrangers, perçus du 1er janvier à la date de votre départ, puis vos seuls revenus de source française de votre départ au 31 décembre. Indiquez clairement votre date de départ et votre nouvelle adresse : c’est à partir de cette déclaration que votre dossier bascule vers le service des non-résidents. Et n’oubliez pas le pays d’accueil : même si la France continue d’imposer une partie de vos revenus, vous devez vérifier auprès de l’administration fiscale locale quelles déclarations y sont attendues.
Sur le plan social, une cotisation d’assurance maladie peut être prélevée sur les pensions des non-résidents, en contrepartie de leurs droits aux soins financés par la France. L’Agirc-Arrco précise qu’aucun prélèvement n’est effectué sur la retraite complémentaire si vous résidez dans l’EEE, en Suisse, au Royaume-Uni ou en Andorre et percevez une pension de votre pays de résidence ; qu’une cotisation de 4,2 % s’applique si vous y résidez sans pension locale, ainsi que si vous résidez dans la plupart des autres pays. La retraite de base supporte également une cotisation d’assurance maladie selon des règles propres à chaque régime. Ces informations sont générales : rapprochez-vous du service des impôts des non-résidents et de vos caisses pour votre situation personnelle.
Les non-résidents sont imposés en France sur leurs seuls revenus de source française (article 164 A et suivants du CGI), avec un taux minimum (article 197 A), sous réserve des conventions fiscales. Le domicile fiscal est apprécié selon l’article 4 B du CGI.
Réf : CGI art. 4 B, 164 A et 197 A · Conventions fiscales bilatérales- La convention fiscale décide quel État impose la pension.
- Pensions privées souvent imposées dans l’État de résidence, publiques dans l’État payeur, avec exceptions.
- Retenue à la source et cotisation maladie possibles côté français.
5. Préparer son départ : démarches et protection du conjoint
Les démarches à engager avant de partir
Idéalement, demandez votre retraite avant de quitter la France, ou au moins préparez le dossier. Si vous êtes déjà installé à l’étranger au moment de la liquidation, l’Agirc-Arrco précise que les résidents d’un pays de l’EEE déposent leur demande auprès de l’organisme de retraite de leur État de résidence, qui la transmet au régime français ; hors d’Europe, la demande de retraite complémentaire s’adresse au centre de réception de l’Agirc-Arrco. Dans tous les cas, créez votre compte sur info-retraite.fr : il centralise vos paiements, vos attestations fiscales et le service « ma retraite à l’étranger » qui sert à transmettre certificats de vie et attestations.
Côté santé, demandez à votre caisse un S1 pour chaque membre du foyer si vous partez en Europe, ou préparez l’inscription au Cnarefe si vous partez ailleurs. Souscrivez votre couverture santé internationale avant le départ, tant que votre état de santé et votre âge le permettent dans de bonnes conditions. Informez votre service des impôts de votre départ et de votre nouvelle adresse, et, si vous le souhaitez, inscrivez-vous au registre des Français établis hors de France auprès du consulat : l’inscription est gratuite, valable 5 ans, et facilite les démarches administratives à l’étranger.
Protéger son conjoint et ses proches
Le retraité expatrié oublie souvent que sa protection ne vaut que pour lui. Son conjoint, s’il n’a pas de pension propre, n’est pas toujours couvert dans les mêmes conditions : S1 individuel en Europe, CFE ou contrat privé hors d’Europe. En cas de décès, la pension de réversion suppose d’être demandée, et son versement est suivi par l’attestation de situation maritale annuelle. Anticipez aussi les conséquences pratiques d’un décès à l’étranger : frais d’obsèques ou de rapatriement du corps, démarches consulaires, succession internationale.
Une prévoyance individuelle adaptée à l’âge peut prévoir un capital décès pour le conjoint, et certaines garanties d’assistance incluent le rapatriement. Pensez enfin au risque de dépendance : les solutions de maintien à domicile ou d’hébergement varient énormément d’un pays à l’autre, et un retour en France peut s’imposer. Faire le point avec votre courtier avant le départ, puis tous les deux ou trois ans, permet d’ajuster les garanties à l’évolution de votre situation. Pour les aspects propres à chaque destination, consultez nos guides pays, par exemple sur la retraite en Grèce ou l’expatriation au Portugal.
- Compte info-retraite, S1 ou Cnarefe, santé internationale souscrite avant le départ.
- Conjoint : couverture santé propre, réversion et attestation maritale.
- Prévoyance décès, assistance et dépendance à anticiper.
| Question | Résidence dans l’UE, l’EEE ou en Suisse | Résidence hors d’Europe |
|---|---|---|
| Soins dans le pays de résidence | Système local via le S1, aux frais de la France (monopensionné) | Système local si accessible ; CFE + complémentaire ou premier euro |
| Soins lors des séjours en France | Droits intégraux | Cnarefe ; 15 ans de cotisations sauf convention |
| Conjoint sans pension | S1 individuel | CFE ou contrat privé, sauf convention |
| Certificat de vie | Dispense dans certains pays (échange de données) | Annuel, application biométrique ou autorité locale |
| Imposition de la pension | Selon la convention fiscale | Selon la convention fiscale ; retenue à la source possible |
| Cotisation maladie sur la complémentaire | Nulle si pension locale, 4,2 % sinon | 4,2 % dans la plupart des pays |
Top 5 des erreurs à éviter pour un retraité expatrié
- Partir en Europe sans formulaire S1Sans S1, pas d’inscription au système local aux frais de la France. Solution : un S1 par personne demandé avant le départ.
- Compter sur la Sécurité sociale lors des séjours en France hors EuropeCnarefe et 15 ans de cotisations requis sauf convention. Solution : vérifier sa durée de cotisation et s’inscrire.
- Souscrire sa santé internationale trop tardÂge limite, exclusions et questionnaire de santé. Solution : s’assurer avant le départ.
- Manquer le certificat de vieSuspension des pensions après un mois. Solution : application « Mon certificat de vie » et rappel annuel.
- Se fier à la fiscalité d’un autre paysChaque convention est différente. Solution : lire sa convention et interroger le service des non-résidents.
- Créer son compte retraite sur info-retraite.fr et préparer la liquidation.
- Demander les S1 (Europe) ou préparer l’inscription au Cnarefe (hors Europe).
- Souscrire une couverture santé internationale et une assistance avant le départ.
- Transmettre adresse et coordonnées bancaires à toutes les caisses.
- Vérifier la convention fiscale et informer le service des impôts.
- Organiser la protection du conjoint : santé, réversion, prévoyance.
FAQ — Pension de retraite à l’étranger : 6 questions clés
Comment être soigné quand on prend sa retraite dans un pays européen ?
Le retraité d’un régime français qui ne perçoit pas de pension de son pays d’installation demande un formulaire S1 à sa caisse avant le départ et le remet à la sécurité sociale locale. Ses soins sont pris en charge selon les règles du pays, aux frais de la France, et il conserve ses droits lors de ses séjours en France.
Un retraité vivant hors d’Europe peut-il se faire soigner en France ?
Oui, via le Cnarefe s’il est retraité du régime général ou d’un régime intégré. Sauf convention prévoyant la prise en charge, il doit avoir cotisé au moins 15 ans à des régimes obligatoires français.
Ma pension peut-elle être versée sur un compte étranger ?
Oui. Vous pouvez choisir un compte en France ou demander un virement sur un compte à l’étranger. Signalez chaque changement de coordonnées bancaires à toutes vos caisses et renseignez-vous sur les frais bancaires.
Qu’est-ce que le certificat de vie et comment le transmettre ?
C’est la preuve annuelle de votre existence demandée par vos caisses. Un seul certificat suffit pour toutes. Il peut être validé par reconnaissance biométrique avec l’application « Mon certificat de vie », en ligne sur info-retraite.fr après visa d’une autorité locale, ou par courrier. Sans réponse sous un mois, la pension peut être suspendue.
Ma pension française est-elle imposée en France si je vis à l’étranger ?
Cela dépend de la convention fiscale. De nombreuses conventions attribuent l’imposition des pensions privées à l’État de résidence et des pensions publiques à la France, avec des exceptions. En l’absence de convention ou si la France conserve le droit d’imposer, une retenue à la source et un taux minimum peuvent s’appliquer.
Paie-t-on des cotisations sociales sur sa retraite en vivant à l’étranger ?
Une cotisation d’assurance maladie peut être prélevée si vous bénéficiez de soins financés par la France. Sur la retraite complémentaire, l’Agirc-Arrco applique 4,2 % dans la plupart des cas, et aucun prélèvement si vous résidez dans l’EEE, en Suisse, au Royaume-Uni ou en Andorre avec une pension locale.
Complémentaire CFE, premier euro, assistance, prévoyance : Decaux Assurances compare les solutions de ses partenaires assureurs selon votre pays et votre âge.
Demander mon étude retraité expatrié →- ameli.fr — Vous partez vivre votre retraite à l’étranger (S1, Cnarefe) (consulté le 27/09/2026)
- Service-Public.fr — Retraité vivant à l’étranger : quand faut-il présenter un certificat de vie ? (consulté le 27/09/2026)
- Service-Public.fr — Assurance maladie d’un Français vivant à l’étranger (consulté le 27/09/2026)
- Agirc-Arrco — Profiter de ma retraite à l’étranger (consulté le 27/09/2026)
- Service-Public.fr — Impôt sur le revenu d’un Français qui part vivre à l’étranger (consulté le 27/09/2026)
- Info Retraite — compte retraite et service « ma retraite à l’étranger » (consulté le 27/09/2026)
- Formulaire S1
- Document européen qui permet au titulaire d’une pension française de s’inscrire à la sécurité sociale de son pays de résidence, aux frais de la France.
- Cnarefe
- Centre national des retraités de France à l’étranger : gère la prise en charge des soins en France des retraités du régime général vivant hors d’Europe.
- Polypensionné
- Retraité qui perçoit des pensions de plusieurs États ; en Europe, ses soins relèvent en principe de son État de résidence s’il y perçoit une pension.
- Certificat de vie
- Justificatif annuel d’existence exigé par les caisses de retraite françaises des retraités vivant à l’étranger.
- Pension publique
- Pension versée au titre de services rendus à l’État ou à une collectivité, souvent imposable dans l’État qui la verse selon les conventions.
- Assurance au premier euro
- Contrat de santé internationale qui rembourse dès le premier euro, sans régime de base.
Pourquoi ce guide vous est utile
Decaux Assurances, courtier indépendant immatriculé à l’ORIAS sous le n° 20005730 et installé à Neuilly-sur-Seine, accompagne des retraités qui s’installent à l’étranger : complémentaire CFE, assurance santé au premier euro, assistance et prévoyance. Nous comparons les solutions de nos partenaires assureurs en tenant compte de votre âge, de votre pays et de vos droits auprès des régimes français. Ces informations sont générales : pour votre fiscalité et vos droits à pension, rapprochez-vous de vos caisses et du service des impôts des non-résidents.
Publié le 15/10/2026 · 11 rue de Chartres, 92200 Neuilly-sur-Seine
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