Depuis le Brexit, un Français qui veut travailler à Londres doit obtenir un visa, payer une surcharge santé pour accéder au NHS et composer avec une fiscalité profondément réformée : le statut de non-domicilié a disparu le 6 avril 2025, remplacé par un régime de quatre ans pour les nouveaux arrivants. Pour les entrepreneurs, cadres, investisseurs et familles actives, le Royaume-Uni reste une destination majeure — à condition d’en maîtriser les nouvelles règles.
- Visas : depuis 2021, les Français arrivés après le Brexit ont besoin d’un visa pour travailler. Skilled Worker (salaire d’au moins 41 700 £ en règle générale), Global Talent, Innovator Founder et visas de mobilité intra-groupe sont les principales voies.
- Santé : l’Immigration Health Surcharge (1 035 £ par an et par adulte) donne accès au NHS ; les listes d’attente restent longues, d’où le recours fréquent à une assurance santé privée.
- Fiscalité : fin du régime non-dom au 6 avril 2025 ; le régime FIG exonère les revenus et gains étrangers pendant les 4 premières années de résidence, pour les personnes non résidentes les 10 années précédentes.
- Convention fiscale : la convention France–Royaume-Uni de 2008 élimine la double imposition ; une clause spécifique vise les revenus imposés au Royaume-Uni sur la base du rapatriement.
- Sécurité sociale : le protocole de l’accord UE–Royaume-Uni permet un détachement de 24 mois et coordonne maladie et retraite.
- Visas post-Brexit : quelles voies pour travailler au Royaume-Uni ?
- NHS et Immigration Health Surcharge
- Fin du régime non-dom : le nouveau régime FIG de 4 ans
- Convention fiscale France–Royaume-Uni et fiscalité locale
- Sécurité sociale : le protocole UE–Royaume-Uni
- Top 5 des erreurs à éviter
- FAQ — 6 questions clés
Avec plus de 141 000 inscrits au registre consulaire fin 2025, le Royaume-Uni est le troisième pays d’accueil des Français à l’étranger, derrière la Suisse et les États-Unis. Londres reste une place financière, juridique et technologique de premier plan, à deux heures et quart de Paris en train. Mais le cadre a profondément changé : la libre circulation a pris fin avec le Brexit, l’accès au NHS se paie d’une surcharge au moment du visa, et la réforme fiscale entrée en vigueur en avril 2025 a mis fin au célèbre statut de « non-dom ». Pour un cadre muté, un fondateur de start-up, un investisseur ou une famille qui s’installe, la préparation fait toute la différence. Decaux Assurances, courtier indépendant immatriculé à l’ORIAS et installé à Neuilly-sur-Seine, accompagne les Français qui partent travailler outre-Manche. Voici les cinq chantiers à traiter, avec les règles en vigueur à l’automne 2026.
Consultez notre Fiche Pays Royaume-Uni
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Voir la Fiche Pays Royaume-Uni →1. Visas post-Brexit : quelles voies pour travailler au Royaume-Uni ?
Skilled Worker, mobilité intra-groupe et Global Talent
Le visa Skilled Worker suppose une offre d’emploi d’un employeur titulaire d’une licence de sponsor, pour un poste éligible. Depuis le 22 juillet 2025, le salaire minimum général est de 41 700 £ par an, ou le « taux habituel » du métier s’il est plus élevé ; un plancher réduit existe dans certaines situations, par exemple pour les jeunes diplômés. Les métiers éligibles sont désormais principalement les postes hautement qualifiés, les emplois de qualification intermédiaire n’étant admis que s’ils figurent sur des listes spécifiques. Pour un cadre muté par un groupe, le visa Senior or Specialist Worker (mobilité intra-groupe) exige un salaire d’au moins 52 500 £ ; le visa UK Expansion Worker permet d’envoyer un salarié ouvrir une première implantation britannique.
Le visa Global Talent s’adresse aux leaders ou futurs leaders dans la recherche, les arts et la culture ou le numérique. Il nécessite l’aval (« endorsement ») d’un organisme reconnu, sauf pour les lauréats de certains prix prestigieux, et n’exige pas d’offre d’emploi : c’est le visa le plus souple, qui permet de travailler pour plusieurs employeurs ou à son compte. Pour les jeunes diplômés, le visa High Potential Individual est ouvert aux diplômés des universités figurant dans un classement mondial publié chaque année ; quelques établissements français y figurent. En revanche, la France n’est pas éligible au Youth Mobility Scheme, et le futur programme de mobilité des jeunes entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, dont le principe a été acté en 2025, n’était pas encore en vigueur à la date de rédaction.
Entrepreneurs, investisseurs et règles d’entrée
Le visa Innovator Founder vise les créateurs d’une entreprise innovante, viable et susceptible de croître, dont le projet est validé par un organisme d’endorsement agréé. Il est accordé pour trois ans, avec des points de contrôle réguliers de l’avancement du projet, et peut mener à l’installation définitive. Il n’existe plus de visa « investisseur » au sens de l’ancien Tier 1 Investor, fermé en 2022 : un investisseur qui souhaite vivre au Royaume-Uni doit donc s’appuyer sur l’une des voies professionnelles ou familiales existantes. Les Français installés avant le 31 décembre 2020 qui ont obtenu le statut « settled » ou « pre-settled » au titre de l’EU Settlement Scheme n’ont pas besoin de visa ; le pre-settled status est désormais prolongé et converti automatiquement dans de nombreux cas.
Pour les déplacements, l’autorisation électronique de voyage (ETA) est obligatoire pour les Français depuis le 2 avril 2025, sauf pour les titulaires d’un visa ou d’un statut EUSS ; elle coûte 20 £, est valable deux ans et couvre des séjours de six mois au plus, sans droit de travailler. La perspective d’installation durable a par ailleurs été rendue plus exigeante : le livre blanc sur l’immigration de mai 2025 propose de porter de cinq à dix ans la durée ordinaire de séjour avant l’obtention du droit de résidence permanente (ILR). À la date de rédaction, cette réforme restait en cours de mise en œuvre : un projet familial à long terme doit intégrer cette incertitude.
La famille suit en principe le titulaire du visa principal : le conjoint ou partenaire et les enfants mineurs peuvent obtenir un visa de personne à charge, qui les autorise en général à travailler ou à étudier, sous réserve des règles propres à chaque catégorie. Chaque membre de la famille paie ses propres frais de visa et sa propre surcharge santé, et le titre de chacun dépend de celui du titulaire principal. En cas de perte d’emploi d’un salarié Skilled Worker, le foyer dispose d’un délai limité pour trouver un nouvel employeur sponsor ou quitter le pays. C’est une donnée à intégrer dans la réflexion sur la protection des revenus du foyer et sur la durée de la couverture santé souscrite.
Les visas de travail sont régis par les Immigration Rules du Home Office, modifiées par déclarations successives devant le Parlement. Le seuil général du Skilled Worker a été relevé à 41 700 £ pour les certificats de parrainage délivrés depuis le 22 juillet 2025 ; l’ETA a été étendue aux ressortissants européens le 2 avril 2025.
Réf : Immigration Rules (Appendix Skilled Worker, Global Talent, Innovator Founder) · gov.uk — ETA- Skilled Worker : employeur sponsor et salaire d’au moins 41 700 £ en règle générale.
- Global Talent et Innovator Founder pour les profils reconnus et les créateurs d’entreprise.
- ETA obligatoire pour les courts séjours ; la réforme de l’ILR à 10 ans reste à surveiller.
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Demander mon étude santé expatrié →2. NHS et Immigration Health Surcharge
Ce que couvre la surcharge santé
L’Immigration Health Surcharge est payée d’avance, pour toute la durée du visa, par le demandeur et chacun des membres de sa famille. Son montant est de 1 035 £ par an pour un adulte et de 776 £ pour un enfant de moins de 18 ans, un étudiant ou un titulaire du Youth Mobility Scheme ; il n’a pas évolué en 2026. Pour une famille de quatre personnes qui s’installe pour cinq ans, l’enjeu financier est donc significatif et doit être intégré au budget d’installation, ou négocié avec l’employeur. En contrepartie, la surcharge donne accès au NHS dans les mêmes conditions qu’un résident britannique.
Concrètement, l’inscription auprès d’un médecin généraliste (GP) est gratuite et se fait en ligne ; le GP est la porte d’entrée vers les spécialistes et l’hôpital. Les consultations et l’hospitalisation sont gratuites au point d’utilisation, mais certains frais restent à la charge du patient : en Angleterre, chaque médicament prescrit coûte 9,90 £, et les soins dentaires du NHS sont facturés selon des forfaits par catégorie de traitement. Les règles diffèrent légèrement en Écosse, au pays de Galles et en Irlande du Nord, où les ordonnances sont gratuites. Pour une famille française, la découverte du fonctionnement du GP et du système d’orientation est souvent la première étape de l’intégration.
Délais d’attente et assurance santé privée
La principale limite du NHS est l’accès aux soins programmés. Selon les statistiques publiées par NHS England en septembre 2026, la liste d’attente pour les traitements hospitaliers programmés comptait fin juillet 2026 environ 7,3 millions de parcours de soins ; seuls 65,4 % des patients attendaient depuis moins de 18 semaines, alors que l’objectif légal est de 92 %, et plus de 110 000 attendaient depuis plus d’un an. Pour un cadre ou un entrepreneur, un délai de plusieurs mois pour une consultation spécialisée, une IRM ou une intervention orthopédique a des conséquences directes sur l’activité professionnelle.
C’est pourquoi l’assurance santé privée est courante chez les cadres britanniques, souvent via l’employeur. Elle permet un accès rapide aux consultations spécialisées et aux établissements privés, le NHS restant compétent pour les urgences. Pour un Français, deux logiques coexistent : un contrat local, souvent limité au territoire britannique, ou une assurance santé internationale au 1er euro, qui couvre aussi les séjours en France et ailleurs, utile pour les familles qui gardent des attaches ou des soins suivis à Paris. Le choix dépend de vos déplacements, de votre âge et de la durée du projet ; dans tous les cas, les conditions d’adhésion et les maladies préexistantes doivent être examinées avant le départ.
- IHS : 1 035 £ par an et par adulte, 776 £ par enfant, payée d’avance pour toute la durée du visa.
- NHS gratuit au point d’utilisation, mais ordonnances et dentaire payants en Angleterre.
- Listes d’attente longues : une assurance privée ou internationale garantit un accès rapide.
3. Fin du régime non-dom : le nouveau régime FIG de 4 ans
Comment fonctionne le régime FIG
Pendant des décennies, les résidents britanniques « non domiciliés » pouvaient n’être imposés sur leurs revenus étrangers que s’ils les rapatriaient au Royaume-Uni (« remittance basis »). Ce régime a été supprimé le 6 avril 2025. Selon le HMRC, le nouveau régime FIG permet à une personne qui devient résidente fiscale après au moins dix années consécutives de non-résidence de demander l’exonération totale de ses revenus et plus-values de source étrangère pendant ses quatre premières années de résidence, qu’ils soient rapatriés ou non. L’option se fait année par année, dans la déclaration Self Assessment, et elle a un coût : l’année où elle est exercée, le contribuable perd certains abattements personnels.
Pour un cadre ou un entrepreneur français qui arrive à Londres, le régime est potentiellement très favorable : dividendes d’une société française, loyers d’un appartement parisien ou plus-values sur un portefeuille peuvent échapper à l’impôt britannique pendant quatre ans, tout en restant, le cas échéant, imposables en France selon la convention. Au-delà de la quatrième année, le résident est imposé sur ses revenus mondiaux, comme tout résident britannique. Les personnes arrivées avant la réforme et qui avaient utilisé le régime de remittance peuvent, par ailleurs, rapatrier des revenus étrangers antérieurs à un taux réduit grâce à la Temporary Repatriation Facility : 12 % pour 2025-26 et 2026-27, puis 15 % pour 2027-28.
Revenus d’activité, succession et résidence fiscale
La réforme a aussi aménagé l’Overseas Workday Relief, qui permet d’exonérer la part de salaire correspondant aux jours travaillés hors du Royaume-Uni : elle est désormais disponible pendant les quatre premières années, dans la limite du plus faible de 300 000 £ ou de 30 % de la rémunération. Pour un dirigeant qui partage son temps entre Londres, Paris et d’autres pays, c’est un paramètre important de la négociation du contrat. Les droits de succession (Inheritance Tax), enfin, ne dépendent plus du domicile mais de la résidence de long terme : une personne résidente au moins dix années sur les vingt précédentes est soumise à l’impôt britannique sur son patrimoine mondial, et le reste pendant plusieurs années après son départ.
La résidence fiscale elle-même est déterminée par le Statutory Residence Test, qui combine le nombre de jours de présence, les attaches (famille, logement, travail) et les années antérieures. Une personne présente 183 jours ou plus dans l’année fiscale est automatiquement résidente, mais bien d’autres situations conduisent à la résidence avec un nombre de jours inférieur. L’année fiscale britannique court du 6 avril au 5 avril : la date d’arrivée conditionne donc le point de départ des quatre années FIG, et un mauvais calage peut « consommer » une année pour quelques semaines de présence. Une planification avec un conseil fiscal britannique est vivement recommandée.
Le Finance Act 2025 a aboli, à compter du 6 avril 2025, le régime de remittance fondé sur le domicile et créé le régime FIG de quatre ans, la Temporary Repatriation Facility et un assujettissement aux droits de succession fondé sur la résidence de long terme (10 ans sur 20). Le Statutory Residence Test détermine la résidence fiscale.
Réf : Finance Act 2025 · HMRC — FIG regime (HS266) · HMRC — RDR3 Statutory Residence Test- Régime FIG : 4 ans d’exonération des revenus et gains étrangers après 10 ans de non-résidence.
- Overseas Workday Relief plafonnée au plus faible de 300 000 £ ou 30 % de la rémunération.
- Droits de succession sur le patrimoine mondial après 10 ans de résidence sur 20.
4. Convention fiscale France–Royaume-Uni et fiscalité locale
Les clauses qui comptent pour un expatrié
La convention franco-britannique de 2008, modifiée par la convention multilatérale de l’OCDE, applique les critères classiques de départage de la résidence : foyer permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité. Les pensions privées sont imposables uniquement dans l’État de résidence, tandis que les pensions publiques restent en principe imposables dans l’État qui les verse, sauf si le bénéficiaire est résident et ressortissant de l’autre État. L’élimination de la double imposition est organisée par l’article 24.
L’article 29 mérite une attention particulière dans le nouveau contexte : lorsque le Royaume-Uni n’impose un revenu que sur la base des sommes rapatriées, la France n’accorde son exonération ou sa réduction d’impôt conventionnelle que sur la part effectivement imposée au Royaume-Uni. Cette règle, pensée pour l’ancien régime non-dom, peut s’appliquer à des situations résiduelles ; avec le régime FIG, qui exonère sans condition de rapatriement, la question de l’articulation avec la convention se pose différemment et doit être analysée au cas par cas par un conseil maîtrisant les deux droits. Côté français, le départ doit être formalisé au regard de l’article 4 B du CGI, et les dirigeants détenant des participations importantes doivent examiner l’exit tax.
Impôt sur le revenu, cotisations et immobilier
En Angleterre, au pays de Galles et en Irlande du Nord, l’impôt sur le revenu 2026-27 applique un abattement personnel de 12 570 £, puis des taux de 20 %, 40 % et 45 % ; l’abattement diminue au-delà de 100 000 £ de revenu et disparaît totalement à 125 140 £. L’Écosse applique son propre barème, plus progressif. Les seuils sont gelés jusqu’en avril 2031, ce qui alourdit progressivement l’imposition. Les salariés versent des cotisations de National Insurance de 8 % sur la tranche principale, et les employeurs de 15 %. Depuis avril 2026, les taux sur les dividendes ont été relevés de deux points, et des hausses sur les revenus fonciers et l’épargne sont prévues à partir d’avril 2027.
Pour un investisseur ou une famille qui achète, les droits de mutation (Stamp Duty Land Tax, en Angleterre et en Irlande du Nord) progressent par tranches jusqu’à 12 %, avec une surcharge de 5 % pour une résidence supplémentaire et une surcharge de 2 % pour les acheteurs non-résidents, remboursable si la condition de résidence est remplie dans les douze mois. Acheter avant d’être résident peut donc coûter plus cher. Pour un entrepreneur, la création d’une société britannique s’accompagne d’un impôt sur les sociétés de 25 %, ramené à 19 % pour les petits bénéfices, et d’obligations déclaratives auprès de Companies House et du HMRC. La répartition entre salaire et dividendes, qui influe à la fois sur l’impôt et sur les cotisations, se raisonne différemment de la France. Si vous conservez un bien en France, pensez à adapter son assurance en propriétaire non occupant, et à vérifier votre assurance de prêt au regard de votre nouveau pays de résidence.
| Sujet | France | Royaume-Uni (2026-27) |
|---|---|---|
| Revenus étrangers d’un nouvel arrivant | Imposés (résident) | Exonérés 4 ans sous régime FIG (10 ans de non-résidence préalable) |
| Taux marginal maximal de l’impôt sur le revenu | 45 % + contributions | 45 % (48 % en Écosse) |
| Cotisations salariales | Élevées, multiples | National Insurance 8 % (2 % au-delà du plafond) |
| Impôt sur les sociétés | 25 % | 25 % (19 % pour les petits bénéfices) |
| Accès au système de santé | Assurance maladie obligatoire | NHS via l’IHS (1 035 £ par an et par adulte) |
| Détachement de sécurité sociale | — | 24 mois (protocole UE–RU) |
- Convention de 2008 : départage de la résidence, pensions, crédit d’impôt ; article 29 sur les revenus rapatriés.
- Impôt sur le revenu de 20 % à 45 % (hors Écosse), seuils gelés jusqu’en 2031.
- Surcharges de droits de mutation pour les non-résidents et les résidences supplémentaires.
5. Sécurité sociale : le protocole UE–Royaume-Uni
Détachement, formulaire A1 et soins
Selon le CLEISS, un salarié envoyé au Royaume-Uni par son employeur français peut rester affilié à la Sécurité sociale française pendant 24 mois au maximum, au moyen d’un formulaire A1 délivré par l’Urssaf ou la MSA. Pour les mobilités commencées depuis 2021, aucune prolongation ni dérogation n’est possible au-delà de cette durée. Pendant le détachement, le salarié et sa famille accèdent aux soins au Royaume-Uni avec la carte européenne d’assurance maladie ou un formulaire S1, selon la situation. Au-delà de 24 mois, ou pour un salarié recruté localement, l’affiliation au régime britannique devient la règle, avec paiement des cotisations de National Insurance.
Le protocole garantit aussi l’égalité de traitement et la totalisation des périodes d’assurance pour la retraite : les années travaillées au Royaume-Uni seront prises en compte au moment de liquider la pension française, et chaque pays versera la part correspondant à ses propres périodes. Il diffère en revanche de la coordination européenne sur certains points, comme les prestations familiales, l’invalidité ou le chômage. Pour une famille qui s’installe durablement, il faut donc vérifier, prestation par prestation, ce qui relève du système britannique et ce qui reste attaché à la France.
Protéger la famille et le dirigeant
Le protocole règle la coordination entre régimes publics, mais il ne comble pas les écarts de niveau de protection. Les prestations britanniques en cas d’arrêt de travail ou d’invalidité sont en général modestes au regard des standards français, et un cadre ou un entrepreneur qui perd sa capacité de travail peut voir le revenu du foyer chuter fortement. Une prévoyance individuelle souscrite avant le départ, valable au Royaume-Uni, sécurise les revenus en cas de décès, d’invalidité ou d’incapacité. Pour une société dont l’activité repose sur un fondateur, l’assurance homme-clé protège la continuité de l’entreprise.
La retraite, enfin, doit être regardée sur toute la carrière. Les droits acquis au Royaume-Uni s’additionnent, mais un passage de plusieurs années hors du système français réduit la pension de base et complémentaire française. Un plan d’épargne retraite ouvert en France, dont le traitement doit être vérifié au regard de la convention fiscale et du régime FIG, et l’adhésion éventuelle à la Caisse des Français de l’Étranger et sa complémentaire font partie des outils à étudier, en particulier pour les indépendants et les dirigeants non salariés.
Le protocole sur la coordination de la sécurité sociale annexé à l’accord de commerce et de coopération entre l’Union européenne et le Royaume-Uni s’applique depuis le 1er janvier 2021. La France ayant accepté le détachement prévu par le protocole, un salarié peut rester affilié au régime français pendant 24 mois au plus. Les situations nées avant 2021 relèvent de l’accord de retrait.
Réf : Accord de commerce et de coopération UE–RU, protocole SSC · CLEISS — Royaume-Uni- Détachement de 24 mois au plus, sans prolongation pour les mobilités depuis 2021.
- Totalisation des périodes pour la retraite et égalité de traitement garanties.
- Prévoyance, homme-clé et épargne retraite comblent les écarts de protection.
Top 5 des erreurs à éviter en s’installant au Royaume-Uni
- Travailler avec une simple ETAL’ETA ne permet pas de travailler. Solution : obtenir le visa adapté avant toute prise de poste.
- Oublier la surcharge santé dans le budgetL’IHS se paie d’avance pour toute la durée du visa et pour chaque membre de la famille. Solution : l’intégrer au budget ou la négocier avec l’employeur.
- Compter uniquement sur le NHS pour les soins programmésLes délais peuvent dépasser plusieurs mois. Solution : une assurance santé privée ou internationale pour un accès rapide.
- Mal caler sa date d’arrivéeLe régime FIG court sur quatre années fiscales à partir du 6 avril. Solution : planifier l’arrivée avec un conseil fiscal britannique.
- Croire le détachement prolongeableDepuis 2021, il est limité à 24 mois. Solution : anticiper la bascule vers le régime britannique et adapter la prévoyance.
- J-6 mois — Identifier le visa adapté (Skilled Worker, Global Talent, Innovator Founder, mobilité intra-groupe) et vérifier son statut EUSS éventuel.
- J-5 mois — Faire le point fiscal : régime FIG, date d’arrivée, résidence française, exit tax.
- J-4 mois — Budgéter l’IHS pour toute la famille et demander le formulaire A1 en cas de détachement.
- J-2 mois — Souscrire une santé privée ou internationale et une prévoyance valables au Royaume-Uni.
- J-1 mois — Adapter les assurances françaises : PNO, prêt, assurance homme-clé.
- J+1 mois — S’inscrire chez un GP et au registre des Français établis hors de France.
FAQ — S’installer au Royaume-Uni : 6 questions clés
Un Français a-t-il besoin d’un visa pour travailler au Royaume-Uni ?
Oui, sauf s’il bénéficie du statut settled ou pre-settled obtenu au titre de l’EU Settlement Scheme pour une installation antérieure au 31 décembre 2020. Les principales voies sont le Skilled Worker, le Global Talent, l’Innovator Founder et les visas de mobilité intra-groupe.
Combien coûte l’accès au NHS pour un expatrié ?
Les titulaires d’un visa de plus de six mois paient l’Immigration Health Surcharge : 1 035 £ par an pour un adulte, 776 £ pour un enfant ou un étudiant, réglés d’avance pour toute la durée du visa. Elle donne accès au NHS dans les mêmes conditions que les résidents.
Qu’est-ce que le régime FIG ?
Le régime Foreign Income and Gains, en vigueur depuis le 6 avril 2025, exonère à 100 % les revenus et plus-values de source étrangère pendant les quatre premières années de résidence fiscale, pour les personnes non résidentes au Royaume-Uni au cours des dix années précédentes.
Le statut de non-dom existe-t-il encore ?
Non. Il a été supprimé le 6 avril 2025. Le domicile n’est plus un critère de l’impôt sur le revenu ni des droits de succession, désormais fondés sur la résidence de long terme (dix années sur vingt).
Combien de temps peut durer un détachement au Royaume-Uni ?
Pour une mobilité commencée depuis 2021, le détachement est limité à 24 mois, sans prolongation possible, en application du protocole de sécurité sociale de l’accord UE–Royaume-Uni. Le salarié reste affilié au régime français grâce au formulaire A1.
Faut-il une assurance santé privée au Royaume-Uni ?
Ce n’est pas obligatoire, mais c’est fréquent chez les cadres : les listes d’attente du NHS pour les soins programmés sont longues. Une assurance privée ou internationale permet un accès rapide aux spécialistes et, pour la seconde, une couverture lors des séjours en France.
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- gov.uk — Skilled Worker visa : conditions de poste et de salaire (consulté le 27/09/2026)
- gov.uk — Immigration Health Surcharge (consulté le 27/09/2026)
- HMRC — Régime Foreign Income and Gains de 4 ans (consulté le 27/09/2026)
- gov.uk — Convention fiscale France–Royaume-Uni de 2008 (consulté le 27/09/2026)
- CLEISS — Détachement de salariés au Royaume-Uni (consulté le 27/09/2026)
- France Diplomatie — Royaume-Uni (consulté le 27/09/2026)
- Skilled Worker
- Visa de travail qualifié soumis au parrainage d’un employeur agréé et à un salaire minimum.
- ETA
- Electronic Travel Authorisation : autorisation électronique obligatoire pour les courts séjours, sans droit de travailler.
- IHS
- Immigration Health Surcharge : surcharge santé payée avec la demande de visa, qui ouvre l’accès au NHS.
- NHS
- National Health Service : système de santé public britannique, gratuit au point d’utilisation.
- Régime FIG
- Foreign Income and Gains : exonération des revenus et gains étrangers pendant 4 ans pour les nouveaux résidents.
- Statutory Residence Test
- Test légal de résidence fiscale britannique, fondé sur les jours de présence et les attaches.
- Formulaire A1
- Certificat attestant du maintien au régime de sécurité sociale français pendant un détachement.
Pourquoi ce guide vous est utile
Decaux Assurances, courtier indépendant immatriculé à l’ORIAS sous le n° 20005730 et installé à Neuilly-sur-Seine, accompagne les entrepreneurs, cadres et familles qui s’installent au Royaume-Uni. Nous articulons l’accès au NHS, une assurance santé privée ou internationale, la prévoyance du foyer et l’assurance homme-clé du dirigeant, en lisant avec vous les exclusions qui comptent : maladies préexistantes, zone de couverture, maternité et séjours en France.
Publié le 20/10/2026 · 11 rue de Chartres, 92200 Neuilly-sur-Seine
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