Vidéo. Entreprendre à Dubaï en 2026 : corporate tax, visas, santé et convention France–EAU

Corporate tax à 9 %, Golden et Green Visa, assurance santé obligatoire, convention France–EAU : ce que tout entrepreneur, freelance ou cadre doit sécuriser avant de s’installer à Dubaï.
Entreprendre à Dubaï en 2026 : corporate tax, visas Golden et Green, assurance santé et convention France–EAU — le guide des entrepreneurs et cadres français

Pas d’impôt sur le revenu des personnes physiques, un impôt sur les sociétés à 9 % au-delà d’un seuil, des visas longue durée pour les talents et les freelances : Dubaï reste une place de choix pour créer ou développer une activité. Mais la corporate tax, l’assurance santé obligatoire et une clause méconnue de la convention fiscale France–EAU changent la façon de préparer son installation.

📌 En bref — 5 points clés pour entreprendre à Dubaï
  • Corporate tax : depuis les exercices ouverts à compter du 1er juin 2023, le bénéfice est imposé à 0 % jusqu’à 375 000 AED, puis à 9 % sur la seule fraction qui dépasse ce seuil. Une personne physique qui exerce une activité y entre au-delà de 1 million d’AED de chiffre d’affaires.
  • Santé : l’assurance santé est obligatoire pour obtenir ou renouveler un titre de séjour. L’employeur paie celle de son salarié ; le freelance, l’investisseur et le fondateur qui se « sponsorisent » eux-mêmes s’assurent seuls, ainsi que leur famille.
  • Visas : Golden Visa (5 ou 10 ans selon la catégorie), Green Visa de 5 ans pour les indépendants, visa de travail à distance d’un an pour les salariés d’une entreprise étrangère.
  • Convention France–EAU de 1989 : son article 19 permet à la France de continuer à imposer une personne restée fiscalement domiciliée en France, ou une société émirienne contrôlée à plus de 50 % depuis la France.
  • Pas d’accord de sécurité sociale entre la France et les Émirats : ni détachement conventionnel, ni prise en charge par l’Assurance maladie. La CFE et la santé internationale prennent le relais.
9 %Corporate tax sur la fraction du bénéfice au-delà de 375 000 AEDFederal Decree-Law n° 47 de 2022
5 %Taux de TVA aux Émirats depuis le 1er janvier 2018Federal Tax Authority
183 jPrésence sur 12 mois ouvrant la résidence fiscale émirienneCabinet Decision n° 85 de 2022
0Accord de sécurité sociale entre la France et les ÉmiratsCLEISS
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Dubaï n’est plus seulement une destination de cadres en contrat local. Fondateurs de start-up, consultants indépendants, dirigeants de PME qui ouvrent une filiale, investisseurs immobiliers : les profils d’entrepreneurs français s’y sont multipliés. Le cadre a pourtant beaucoup changé depuis 2023. Les Émirats ont introduit un impôt fédéral sur les sociétés, généralisé l’assurance santé des salariés du privé à tous les émirats et refondu leurs visas longue durée. Côté français, la résidence fiscale, l’exit tax et l’absence de convention de sécurité sociale imposent de préparer le départ avec méthode. Decaux Assurances, courtier indépendant immatriculé à l’ORIAS et installé à Neuilly-sur-Seine, accompagne les entrepreneurs, freelances et cadres qui s’installent aux Émirats arabes unis. Voici les 5 blocs à sécuriser, dans l’ordre où ils se posent.

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1. Santé : l’assurance obligatoire et qui doit la payer

Réponse courte Aux Émirats, l’assurance santé conditionne la délivrance et le renouvellement du titre de séjour. Abu Dhabi l’impose depuis sa loi n° 23 de 2005, Dubaï depuis sa loi n° 11 de 2013 (déploiement progressif entre 2014 et 2016), et depuis le 1er janvier 2025 une obligation fédérale couvre les salariés du secteur privé dans tous les émirats, à la charge de l’employeur. Le freelance, le fondateur ou l’investisseur qui porte lui-même son visa doit en revanche s’assurer seul, avec sa famille.
Hall lumineux et vide d'une clinique privée moderne à Dubaï, sans personne - assurance santé obligatoire aux Émirats arabes unis pour entrepreneurs, freelances et cadres français - Decaux Assurances courtier ORIAS Neuilly-sur-Seine
Santé à Dubaï — une clinique privée moderne, sans personne : aux Émirats, pas de titre de séjour sans assurance santé, et l’entrepreneur qui se sponsorise lui-même la finance seul.

Qui paie l’assurance santé : salarié, freelance ou fondateur ?

La logique émirienne repose sur le « sponsor » du visa. Lorsqu’une entreprise vous embauche, elle obtient votre permis de travail et votre visa de résidence : c’est elle qui doit vous assurer. Le ministère des Ressources humaines et de l’Émiratisation (MoHRE) précise que le coût de cette couverture de base ne peut pas être retenu sur le salaire. En revanche, à Dubaï, l’employeur n’est pas tenu de couvrir le conjoint et les enfants du salarié : c’est le salarié, sponsor de sa famille, qui doit les assurer, sauf si son contrat de travail prévoit mieux. Ce point se négocie avant la signature.

La situation est différente pour l’entrepreneur. Le consultant titulaire d’un permis freelance, le fondateur qui obtient son visa via sa propre société de free zone, l’investisseur immobilier ou le titulaire d’un Golden Visa sont leurs propres sponsors. Ils doivent souscrire eux-mêmes une assurance conforme aux exigences de l’émirat de résidence, pour eux et pour chaque personne à charge. Sans attestation valide, le dossier de visa ou de renouvellement est bloqué. Pour un fondateur, la question se pose aussi pour ses premiers salariés : dès la première embauche, l’entreprise devient redevable de leur couverture.

Il faut enfin distinguer les régulateurs. À Dubaï, la Dubai Health Authority (DHA) fixe les règles ; à Abu Dhabi, c’est le Department of Health ; les émirats du Nord relèvent de l’autorité fédérale. Un contrat conforme à Dubaï ne l’est pas forcément à Abu Dhabi. Si vous vivez à Dubaï et travaillez à Abu Dhabi, ou l’inverse, faites vérifier la conformité de votre contrat avec l’émirat qui délivre votre visa.

Couverture minimale locale ou santé internationale : l’arbitrage du dirigeant

Les contrats d’entrée de gamme conformes à la réglementation locale remplissent l’obligation administrative. Ils ne répondent pas toujours aux besoins d’un entrepreneur mobile. Leurs limites typiques : un réseau de soins restreint, une couverture géographique limitée aux Émirats, des plafonds modestes pour l’hospitalisation, peu ou pas de prise en charge lors de vos séjours en France ou chez vos clients à l’étranger, et rarement de rapatriement. Or un dirigeant qui passe une partie de l’année en Europe, en Asie ou en Afrique a besoin d’une couverture qui voyage avec lui.

L’alternative est un contrat de santé internationale, souvent qualifié de contrat « au 1er euro ». Il prend en charge les frais dès le premier euro, sans passer par un régime obligatoire, sur une zone géographique que vous choisissez. Avant de souscrire, deux vérifications s’imposent : que le contrat soit accepté comme justificatif par l’autorité de votre émirat, et que la zone de couverture inclut bien les pays où vous voyagez régulièrement. L’autre solution consiste à conserver un lien avec la protection sociale française via la Caisse des Français de l’Étranger, complétée par une complémentaire CFE. Ce montage est pertinent si vous envisagez un retour en France à moyen terme.

La qualité de l’offre privée à Dubaï et à Abu Dhabi est élevée, mais les frais y sont nettement supérieurs à ceux pratiqués en France. Une hospitalisation imprévue, une maternité ou une maladie chronique pèsent vite sur la trésorerie d’un indépendant. C’est pourquoi le choix du contrat se fait avant le départ, en fonction de votre âge, de vos antécédents, de votre famille et de vos déplacements, et non dans l’urgence du dossier de visa. Nos solutions santé au 1er euro sont conçues pour ce type de profil.

✅ À retenir sur la santé aux Émirats
  • Pas de visa ni de renouvellement sans assurance santé conforme à l’émirat de résidence.
  • L’employeur assure son salarié ; le freelance, le fondateur et l’investisseur s’assurent seuls, avec leur famille.
  • Un contrat international (ou CFE + complémentaire) couvre les déplacements hors des Émirats et le rapatriement.
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2. Corporate tax, TVA et free zones : la nouvelle donne fiscale

Réponse courte Les salaires ne supportent aucun impôt sur le revenu aux Émirats. Les entreprises sont en revanche soumises, depuis les exercices ouverts à compter du 1er juin 2023, à une corporate tax : 0 % jusqu’à 375 000 AED de bénéfice imposable, 9 % au-delà. Les free zones gardent un taux de 0 % sur leur revenu « qualifiant », sous conditions strictes. La TVA est de 5 % et l’immatriculation devient obligatoire au-delà de 375 000 AED de chiffre d’affaires taxable.

Ce que taxe réellement la corporate tax

La corporate tax a été créée par le Federal Decree-Law n° 47 de 2022. Le mécanisme est progressif : la première tranche de 375 000 AED de bénéfice imposable est taxée à 0 %, et seule la fraction qui dépasse ce seuil est taxée à 9 %. Une société qui dégage un bénéfice un peu supérieur au seuil ne paie donc 9 % que sur l’excédent. Toutes les personnes imposables doivent s’enregistrer auprès de la Federal Tax Authority (FTA), y compris lorsque l’impôt dû est nul.

Le point le plus méconnu concerne les indépendants. Une personne physique qui exerce une activité commerciale ou libérale aux Émirats, par exemple sous licence freelance, entre dans le champ de l’impôt dès que son chiffre d’affaires d’activité dépasse 1 million d’AED sur une année civile. Les salaires, les revenus de placements personnels et les loyers perçus à titre privé restent en dehors. Pour un consultant à forte facturation, le « zéro impôt » n’est donc plus automatique.

Les petites structures bénéficient d’un régime de faveur, la Small Business Relief. Elle permet d’être traité comme n’ayant pas de bénéfice imposable si le chiffre d’affaires ne dépasse pas 3 millions d’AED pour la période et pour les périodes précédentes. Attention : dans sa version actuelle, ce régime ne vaut que pour les périodes fiscales qui se terminent au plus tard le 31 décembre 2026, et il interdit de reporter les pertes. Pour un entrepreneur qui s’installe fin 2026, la question de l’après-2026 doit être posée à un expert-comptable local.

Free zones, mainland et TVA : les arbitrages de structure

Les free zones restent attractives : détention de 100 % du capital par un étranger, formalités rapides, écosystèmes sectoriels (finance, technologies, commerce, médias). Sur le plan fiscal, une société de free zone peut conserver un taux de 0 % si elle a le statut de Qualifying Free Zone Person. Il faut pour cela disposer d’une substance réelle sur place, réaliser un revenu dit « qualifiant » et respecter un seuil de tolérance pour les revenus non qualifiants (5 % du chiffre d’affaires ou 5 millions d’AED, le plus faible des deux). Au-delà, l’entité perd ce statut et bascule à 9 %. Les prestations facturées à des clients du mainland émirien sont en général exclues du revenu qualifiant : c’est un piège fréquent pour les sociétés de conseil.

La TVA, introduite le 1er janvier 2018, s’applique au taux de 5 %. L’immatriculation est obligatoire lorsque les opérations taxables dépassent 375 000 AED sur 12 mois, et facultative à partir de 187 500 AED. Pour les groupes multinationaux dont le chiffre d’affaires consolidé atteint 750 millions d’euros, un impôt complémentaire domestique de 15 % s’applique depuis les exercices ouverts en 2025, dans le cadre des règles mondiales de l’OCDE. Il concerne peu d’entrepreneurs individuels, mais les cadres de grands groupes le croiseront dans les échanges avec leur direction fiscale.

⚖️ Ce que dit la loi

Le Federal Decree-Law n° 47 de 2022 institue la corporate tax pour les exercices ouverts à compter du 1er juin 2023. La Ministerial Decision n° 73 de 2023 organise la Small Business Relief (chiffre d’affaires ≤ 3 millions d’AED, périodes se terminant au plus tard le 31/12/2026). La résidence fiscale des personnes physiques est définie par la Cabinet Decision n° 85 de 2022.

Réf : Federal Decree-Law 47/2022 · Ministerial Decision 73/2023 · Cabinet Decision 85/2022 · Federal Tax Authority

Comparatif des profils : qui paie quoi à Dubaï ?

ProfilVisa typeAssurance santéImpôt aux EAUPoint de vigilance
Cadre salarié d’une société émirienneVisa de travail (employeur sponsor)Payée par l’employeur pour le salarié0 % sur le salaireFamille à assurer soi-même à Dubaï
Salarié à distance d’une entreprise étrangèreVisa de travail à distance (1 an)À souscrire soi-même0 % sur le salaireRisque d’établissement stable pour l’employeur
Freelance / consultantPermis freelance, Green Visa possibleÀ souscrire soi-mêmeCorporate tax si CA d’activité > 1 M AEDRC Pro et prévoyance à organiser seul
Fondateur en free zoneVisa investisseur / associéÀ souscrire soi-même, puis pour les salariés0 % sur revenu qualifiant, sinon 9 % au-delà de 375 000 AEDSubstance et nature des clients
Investisseur immobilierGolden Visa (bien ≥ 2 M AED)À souscrire soi-mêmeLoyers privés hors corporate taxSuccession et testament
✅ À retenir sur la fiscalité émirienne
  • 0 % jusqu’à 375 000 AED de bénéfice, 9 % sur l’excédent, enregistrement obligatoire à la FTA.
  • Un freelance devient imposable au-delà de 1 million d’AED de chiffre d’affaires d’activité.
  • Small Business Relief limitée aux périodes se terminant au plus tard le 31/12/2026 : à anticiper.

3. Visas et licences : Golden Visa, Green Visa, travail à distance

Réponse courte Trois voies dominent pour un entrepreneur ou un cadre : le visa de travail classique, parrainé par l’employeur ; le Green Visa de 5 ans pour les indépendants titulaires d’un permis freelance ; le Golden Visa, de 5 ou 10 ans selon la catégorie (investisseurs, entrepreneurs, talents, professionnels qualifiés). Le visa de travail à distance d’un an vise les salariés d’une entreprise étrangère. Après annulation du visa, le délai de grâce est en principe de 60 jours, porté à 180 jours pour les titulaires de Golden et Green Visa.
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Quartier d’affaires de Dubaï — vue sans personne au lever du soleil : le choix de la licence (free zone ou mainland) conditionne votre visa, votre fiscalité et vos obligations d’assurance.

Golden Visa et Green Visa : les visas des entrepreneurs et des indépendants

Le Golden Visa est un titre de résidence longue durée, sans employeur sponsor. Il est ouvert à plusieurs catégories : investisseurs, entrepreneurs, talents reconnus, professionnels qualifiés et investisseurs immobiliers. Pour ces derniers, le seuil de référence est un bien d’une valeur d’au moins 2 millions d’AED. Pour les professionnels qualifiés, les conditions publiées reposent notamment sur un diplôme de niveau licence et un salaire de base mensuel d’au moins 30 000 AED. La durée varie selon la catégorie : consultez la page officielle u.ae au moment de votre demande, car les critères évoluent régulièrement.

Le Green Visa, valable 5 ans, s’adresse notamment aux travailleurs indépendants. Selon la direction de l’immigration de Dubaï (GDRFA), il suppose un permis freelance délivré par le MoHRE, un diplôme ou une spécialisation, et un revenu d’au moins 360 000 AED sur chacune des deux années précédentes, ou une preuve de solvabilité. Son intérêt : il ne dépend d’aucun employeur, permet de parrainer sa famille et offre un délai de grâce allongé. Sa contrepartie : vous êtes seul responsable de votre assurance santé, de celle de vos proches, et de la couverture de votre activité.

Licence, visa de travail à distance et délais de grâce

Créer une société à Dubaï passe par une licence commerciale, délivrée soit par l’autorité d’une free zone, soit par le département économique de l’émirat pour le mainland. Le choix dépend de vos clients : une société de free zone vise surtout l’international et les autres entreprises de sa zone, tandis qu’une société mainland peut travailler librement sur tout le marché émirien. La licence ouvre droit à un certain nombre de visas pour les associés et les salariés, et donc à autant d’obligations d’assurance santé à la charge de la société.

Le visa de travail à distance (virtual work) cible un autre profil : le salarié d’une entreprise étrangère qui souhaite vivre à Dubaï tout en conservant son contrat. D’une durée d’un an, il exige selon la GDRFA un revenu d’au moins 3 500 USD par mois. Il règle la question du séjour, pas celle de l’emploi : votre employeur français doit analyser le risque d’établissement stable aux Émirats et votre rattachement social, puisqu’aucun accord ne permet de rester affilié au régime français de droit commun. Dernier point pratique : en cas de perte d’emploi ou d’annulation du visa, le délai pour quitter le pays ou régulariser sa situation est en principe de 60 jours, et de 180 jours pour les titulaires d’un Golden ou d’un Green Visa. Pendant cette période, l’assurance santé de l’employeur a en général cessé : un contrat personnel évite la rupture de couverture.

⚖️ Ce que dit la loi

Le droit du travail privé relève du Federal Decree-Law n° 33 de 2021 : tous les contrats sont désormais à durée déterminée et renouvelables, avec une indemnité de fin de service calculée sur le salaire de base. L’assurance chômage (ILOE), créée par le Federal Decree-Law n° 13 de 2022, est obligatoire pour les salariés du privé depuis le 1er janvier 2023.

Réf : Federal Decree-Law 33/2021 · Federal Decree-Law 13/2022 · MoHRE · GDRFA Dubaï · ICP
✅ À retenir sur les visas
  • Golden Visa : 5 ou 10 ans selon la catégorie ; bien immobilier d’au moins 2 millions d’AED pour les investisseurs immobiliers.
  • Green Visa freelance : 5 ans, permis MoHRE et 360 000 AED de revenus annuels (ou solvabilité).
  • Délai de grâce : 60 jours en principe, 180 jours pour Golden et Green Visa.

4. Quitter la France : résidence fiscale, convention de 1989, exit tax

Réponse courte S’installer à Dubaï ne fait pas perdre automatiquement la résidence fiscale française : l’article 4 B du CGI suffit d’un seul critère (foyer, activité principale ou centre des intérêts économiques). La convention France–EAU du 19 juillet 1989 contient une clause rare : son article 19, paragraphe 2, permet à la France d’imposer une personne restée fiscalement domiciliée en France au sens du droit interne, ou une filiale émirienne contrôlée à plus de 50 % par une société dirigée depuis la France. Les détenteurs de participations importantes doivent aussi anticiper l’exit tax.

Résidence fiscale : pourquoi la clause de l’article 19 change tout

Dans la plupart des conventions fiscales, lorsqu’une personne est résidente des deux États, des critères successifs départagent la situation : foyer permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel. La convention France–EAU, signée le 19 juillet 1989 et modifiée par un avenant du 6 décembre 1993, prévoit ces critères. Mais son article 19, paragraphe 2, ajoute une règle protectrice pour la France : si une personne résidente ou établie aux Émirats reste fiscalement domiciliée en France au sens du droit français, ses revenus restent imposables en France, avec un crédit égal à l’impôt émirien. Comme cet impôt est souvent nul sur les revenus personnels, l’effet est considérable.

Concrètement, l’entrepreneur qui laisse sa famille en France, qui continue de diriger depuis Paris une société française dont il tire l’essentiel de ses revenus, ou dont le patrimoine reste centré en France, risque d’être toujours considéré comme résident fiscal français. Obtenir un certificat de résidence fiscale émirien (délivré par la FTA après 183 jours de présence sur 12 mois, ou 90 jours sous conditions) ne suffit pas à écarter cette analyse. Le même paragraphe vise les filiales émiriennes contrôlées à plus de 50 % par une société dont le siège de direction est en France : créer une société à Dubaï détenue par votre holding française ne la met pas à l’abri de l’impôt français.

Le reste de la convention est plus classique. Les loyers d’un bien situé en France restent imposables en France. Les dividendes sont en principe imposables dans le seul État de résidence du bénéficiaire effectif. Les salaires sont imposables là où le travail est exercé. Côté formalités, il n’existe pas de « formulaire de départ » spécifique : l’année suivant votre départ, vous déclarez sur la déclaration n° 2042 vos revenus du 1er janvier à la date de départ, en indiquant la nouvelle adresse, puis vos revenus de source française perçus après le départ sur une déclaration n° 2042-NR. Le service des impôts des particuliers non-résidents devient votre interlocuteur.

Exit tax et protection sociale : deux angles morts

L’exit tax prévue par l’article 167 bis du CGI concerne les personnes domiciliées en France pendant au moins 6 des 10 années précédant le départ, qui détiennent des titres d’une valeur globale supérieure à 800 000 euros ou au moins 50 % des bénéfices d’une société. Les plus-values latentes sont alors constatées au jour du départ. Pour un départ hors de l’Union européenne, le sursis de paiement n’est pas nécessairement automatique et peut exiger des garanties. Un fondateur qui a fait grandir sa société en France doit chiffrer ce point avec son avocat fiscaliste avant de réserver son billet.

Le second angle mort est social. Il n’existe aucun accord de sécurité sociale entre la France et les Émirats. Un salarié envoyé par une entreprise française ne peut pas bénéficier d’un détachement conventionnel ; seul un détachement de droit interne, limité à 3 ans renouvelable une fois, permet de rester au régime français, et il ne dispense pas des obligations locales. Au-delà, le salarié est expatrié. Pour l’indépendant, aucune cotisation n’est prélevée aux Émirats pour la retraite ou la maladie : c’est à lui de reconstruire sa protection. La CFE permet de garder des droits en santé et, selon les options, en retraite et accident du travail. Pensez aussi à votre épargne retraite : l’articulation d’un PER avec la non-résidence mérite une étude dédiée.

⚖️ Ce que dit la loi

L’article 19, paragraphe 2, de la convention France–EAU du 19 juillet 1989 prévoit que les revenus d’une personne résidente ou établie aux Émirats, mais fiscalement domiciliée en France au sens du droit interne, ou d’une filiale contrôlée à plus de 50 % par une société dirigée depuis la France, restent imposables en France, avec imputation de l’impôt émirien. Cette règle ne s’applique pas aux citoyens émiriens.

Réf : convention France–EAU du 19/07/1989, avenant du 06/12/1993 · CGI, art. 4 B, 167 bis et 197 A
✅ À retenir sur le départ de France
  • Un seul critère de l’article 4 B du CGI suffit à rester résident fiscal français.
  • L’article 19 §2 de la convention maintient l’imposition française des personnes restées domiciliées en France et des filiales contrôlées depuis la France.
  • Exit tax au-delà de 800 000 € de titres ; aucun accord de sécurité sociale France–EAU.

5. Protéger l’activité et le patrimoine du dirigeant

Réponse courte Aux Émirats, l’entrepreneur ne bénéficie d’aucun filet social comparable au système français. Il doit organiser lui-même sa prévoyance (arrêt de travail, invalidité, décès), la RC Pro de son activité de conseil ou de services, la protection de l’entreprise face à la perte d’un dirigeant clé, les risques cyber, et la protection des biens et crédits qu’il conserve en France. Un contrat français ne suit pas automatiquement son titulaire à l’étranger : chaque garantie doit être vérifiée.

Prévoyance, homme-clé et associés : sécuriser la continuité de l’entreprise

En France, un dirigeant non salarié cotise à un régime obligatoire qui verse, même modestement, des indemnités en cas d’arrêt et une pension d’invalidité. À Dubaï, rien de tel pour un indépendant. Une maladie longue ou un accident peut interrompre la facturation du jour au lendemain, alors que le loyer, les frais de licence et les salaires continuent de courir. Une prévoyance individuelle adaptée à l’expatriation prévoit des indemnités journalières, une rente d’invalidité et un capital décès, en tenant compte de votre pays de résidence et de vos déplacements.

La société elle-même doit être protégée. Lorsqu’une start-up repose sur un fondateur, un associé technique ou un commercial clé, sa disparition ou son incapacité prolongée peut menacer l’activité. L’assurance homme-clé verse à l’entreprise un capital destiné à compenser la perte d’exploitation et à financer un remplacement. Entre associés, la garantie croisée permet aux survivants de racheter les parts de l’associé décédé sans fragiliser la société ni les héritiers. Ces montages sont d’autant plus utiles que le droit émirien des successions et des sociétés diffère du droit français.

RC Pro, cyber, crédit et biens restés en France

Un consultant, un développeur ou une agence installés à Dubaï travaillent souvent pour des clients européens. Une erreur de conseil, un retard de livraison ou une faille dans un logiciel peuvent déclencher une réclamation devant un tribunal français ou européen. Vérifiez que votre RC Pro couvre bien l’activité exercée depuis les Émirats, la territorialité des réclamations et le droit applicable à vos contrats. Les activités numériques ajoutent le risque de piratage, de rançongiciel ou de fraude au virement : une assurance cyber prend en charge l’assistance technique, la gestion de crise et certaines pertes, selon les contrats. Pour vos missions dans d’autres pays, une assurance déplacements professionnels complète le dispositif.

Enfin, beaucoup d’entrepreneurs gardent un appartement ou un investissement locatif en France. Le logement loué ou vacant doit être couvert par une assurance propriétaire non occupant. Si vous avez un crédit immobilier en cours ou en projet, l’assurance emprunteur doit tenir compte de votre résidence à l’étranger : certaines garanties sont limitées hors d’Europe, et les questionnaires tiennent compte du pays de résidence. Nos solutions de prêt pour expatriés répondent à ces cas. En cas de sinistre, c’est votre assureur qui instruit le dossier et indemnise ; notre rôle de courtier est de vous accompagner dans la déclaration et le suivi.

✅ À retenir sur la protection du dirigeant
  • Aucun filet social aux Émirats pour l’indépendant : prévoyance à organiser avant le départ.
  • Homme-clé et garantie croisée sécurisent la société et les associés.
  • RC Pro, cyber, PNO et assurance emprunteur : vérifier la territorialité de chaque contrat.

Top 5 des erreurs à éviter en s’installant à Dubaï

⚠️ Les 5 pièges les plus fréquents (et comment les éviter)
  1. Croire que la résidence émirienne suffit à sortir de l’impôt françaisL’article 19 §2 de la convention maintient l’imposition française si vous restez domicilié en France au sens du CGI. Solution : déplacer réellement foyer, activité et intérêts économiques, et documenter ce départ.
  2. Oublier que la corporate tax concerne aussi les freelancesAu-delà de 1 million d’AED de chiffre d’affaires d’activité, une personne physique devient imposable. Solution : suivre son chiffre d’affaires et s’enregistrer à temps auprès de la FTA.
  3. Se contenter de l’assurance santé minimale du visaElle remplit l’obligation administrative, pas toujours vos besoins de déplacements et de rapatriement. Solution : un contrat international ou CFE + complémentaire, adapté à votre zone de voyage.
  4. Oublier la famille dans la couverture santéÀ Dubaï, l’employeur n’est pas tenu d’assurer le conjoint et les enfants. Solution : négocier le package ou souscrire un contrat famille avant les demandes de visa des personnes à charge.
  5. Partir sans prévoyance ni RC Pro adaptéeAucun régime ne prend le relais en cas d’arrêt de travail, et une RC Pro française peut exclure l’activité exercée depuis l’étranger. Solution : faire auditer ses contrats avant le départ.
✅ Check-list — préparer son installation à Dubaï en 6 étapes
  1. J-6 mois — Faire le point fiscal avec un conseil : résidence (art. 4 B CGI et art. 19 de la convention), exit tax, structure de détention.
  2. J-5 mois — Choisir la licence (free zone ou mainland) et le visa adapté : travail, Green Visa, Golden Visa ou travail à distance.
  3. J-4 mois — Souscrire l’assurance santé internationale (ou CFE + complémentaire) pour vous et votre famille, conforme à votre émirat.
  4. J-3 mois — Mettre en place prévoyance, homme-clé, RC Pro et cyber, en vérifiant leur territorialité.
  5. J-1 mois — Sécuriser la France : PNO du logement conservé, assurance emprunteur, résiliation ou adaptation de la MRH.
  6. J+1 mois — Obtenir l’Emirates ID, s’enregistrer si besoin à la FTA, s’inscrire au registre des Français établis hors de France.

FAQ — Entreprendre à Dubaï : 6 questions clés

Un freelance paie-t-il des impôts à Dubaï ?

Pas d’impôt sur le revenu, mais un freelance qui exerce une activité aux Émirats entre dans le champ de la corporate tax lorsque son chiffre d’affaires d’activité dépasse 1 million d’AED sur l’année civile. Le bénéfice est alors taxé à 0 % jusqu’à 375 000 AED et à 9 % au-delà. La TVA à 5 % s’applique à partir de 375 000 AED d’opérations taxables.

L’assurance santé est-elle obligatoire pour un entrepreneur à Dubaï ?

Oui. L’assurance santé conditionne la délivrance et le renouvellement du visa de résidence. Un salarié est assuré par son employeur, mais un freelance, un fondateur ou un investisseur qui porte son propre visa doit s’assurer lui-même, ainsi que les personnes à sa charge.

La convention fiscale France–EAU protège-t-elle de l’impôt français ?

Seulement si vous avez réellement quitté la France. Son article 19, paragraphe 2, permet à la France d’imposer une personne restée fiscalement domiciliée en France au sens du droit interne, ainsi qu’une filiale émirienne contrôlée à plus de 50 % par une société dirigée depuis la France, avec imputation de l’impôt émirien.

Peut-on rester affilié à la Sécurité sociale française en travaillant à Dubaï ?

Il n’existe aucun accord de sécurité sociale entre la France et les Émirats. Un salarié peut être détaché selon le droit interne français, pour 3 ans renouvelable une fois. Sinon, la CFE permet d’adhérer volontairement pour garder des droits en santé et, selon les options, en retraite.

Quel visa pour un consultant indépendant à Dubaï ?

Le permis freelance délivré par le MoHRE ou par une free zone est la base. Le Green Visa de 5 ans est accessible aux indépendants qui justifient d’au moins 360 000 AED de revenus sur chacune des deux années précédentes, ou d’une solvabilité équivalente. Le Golden Visa vise les investisseurs, entrepreneurs, talents et professionnels qualifiés.

Que se passe-t-il pour ma couverture santé si je perds mon emploi à Dubaï ?

Le visa annulé ouvre un délai de grâce, en principe de 60 jours (180 jours pour les titulaires de Golden ou Green Visa). L’assurance de l’employeur cesse en général avec le contrat. Un contrat santé personnel, souscrit dès l’installation, évite toute rupture de couverture.

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📖 Glossaire — Entreprendre à Dubaï
AED
Dirham des Émirats arabes unis, arrimé au dollar américain (1 USD = 3,6725 AED).
Corporate tax
Impôt fédéral sur les sociétés : 0 % jusqu’à 375 000 AED de bénéfice imposable, 9 % au-delà.
Qualifying Free Zone Person
Société de free zone qui remplit les conditions de substance et de revenus pour conserver un taux de 0 % sur son revenu qualifiant.
Small Business Relief
Régime qui neutralise l’impôt des entreprises dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 3 millions d’AED, pour les périodes se terminant au plus tard le 31/12/2026.
Green Visa
Visa de résidence de 5 ans sans employeur sponsor, ouvert notamment aux travailleurs indépendants.
Sponsor
Personne ou entreprise qui porte le visa d’un résident et assume les obligations associées, dont l’assurance santé.
CFE
Caisse des Français de l’Étranger : sécurité sociale volontaire des Français expatriés.
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Pourquoi ce guide vous est utile

Decaux Assurances, courtier indépendant immatriculé à l’ORIAS sous le n° 20005730 et installé à Neuilly-sur-Seine, accompagne les entrepreneurs, freelances et cadres qui s’installent à l’étranger. Pour les Émirats, nous articulons santé internationale, prévoyance, RC Pro, homme-clé et protection des biens restés en France, en lisant avec vous les points qui comptent : conformité avec l’émirat de résidence, zone de couverture, rapatriement, exclusions et territorialité des garanties.

Decaux Assurances Courtier en Santé Internationale et Protection du Dirigeant · ORIAS 20005730
Publié le 30/09/2026 · 11 rue de Chartres, 92200 Neuilly-sur-Seine

N’hésitez pas à solliciter Decaux Assurances pour une étude personnalisée sans frais. Nous adaptons votre santé internationale aux Émirats à votre statut, votre famille et vos déplacements, et nous structurons aussi votre prévoyance, votre RC Pro et votre assurance de prêt expatrié. Courtier indépendant immatriculé à l’ORIAS et installé à Neuilly-sur-Seine.

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Courtier en Santé Internationale et Protection du Dirigeant
Publié par Decaux Assurances le 30/09/2026

N’hésitez pas à solliciter Decaux Assurances pour une étude personnalisée sans frais. Nous adaptons votre santé internationale aux Émirats à votre statut et à vos déplacements, et nous structurons votre prévoyance, votre assurance homme-clé et votre RC Pro. Courtier indépendant immatriculé à l’ORIAS (n° 20005730) et installé à Neuilly-sur-Seine.

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