Vidéo. S’installer à Singapour en 2026 : Employment Pass, fiscalité territoriale et santé des dirigeants

Employment Pass, EntrePass ou ONE Pass, fiscalité quasi territoriale, MediShield Life réservé aux résidents, convention France–Singapour sans accord de sécurité sociale : le guide des dirigeants et cadres.
S’installer à Singapour en 2026 : Employment Pass, EntrePass, ONE Pass, fiscalité territoriale et santé — le guide des dirigeants et cadres français

Hub financier et technologique de l’Asie du Sud-Est, Singapour attire dirigeants, cadres et fondateurs par sa stabilité, sa fiscalité modérée et son efficacité administrative. Mais les critères des titres de travail se durcissent chaque année, le système de santé public est pensé pour les citoyens et résidents permanents, et l’absence d’accord de sécurité sociale avec la France impose de construire sa propre protection.

📌 En bref — 5 points clés pour s’installer à Singapour
  • Titres de travail : l’Employment Pass exige un salaire minimum de 5 600 SGD par mois (6 200 SGD dans la finance), croissant avec l’âge, et 40 points au barème COMPASS ; les seuils augmentent au 1er janvier 2027.
  • Fondateurs et profils seniors : l’EntrePass vise les créateurs de start-up innovantes ; le ONE Pass, 5 ans renouvelables, les profils rémunérés au moins 30 000 SGD par mois.
  • Fiscalité : barème progressif de 0 à 24 % pour les résidents, revenus de source étrangère en règle générale non imposés, pas d’impôt sur les plus-values, impôt sur les sociétés à 17 %, GST à 9 %.
  • Santé : MediShield Life et les subventions hospitalières sont réservés aux citoyens et résidents permanents ; un titulaire d’Employment Pass paie le plein tarif et dépend de son assurance.
  • France : la convention fiscale de 2015 évite la double imposition, mais aucun accord de sécurité sociale n’existe : détachement limité et CFE à étudier.
5 600 SGDSalaire mensuel minimum pour un Employment Pass (hors finance, en 2026)Ministry of Manpower
24 %Taux marginal maximal de l’impôt sur le revenu des résidentsIRAS
17 %Taux de l’impôt sur les sociétésIRAS
0Accord de sécurité sociale avec la FranceCLEISS
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Siège régional de nombreux groupes français, place financière de premier plan, porte d’entrée vers l’Asie du Sud-Est : Singapour occupe une place à part dans les parcours de carrière internationaux. Les Français y sont environ 13 000 inscrits au registre consulaire, auxquels s’ajoutent plusieurs milliers de non-inscrits selon le ministère des Affaires étrangères. Le profil type est celui d’un cadre muté par son groupe, d’un dirigeant chargé d’un hub régional, d’un fondateur de start-up ou d’un investisseur, souvent accompagné de sa famille. La cité-État est réputée pour sa sécurité, la qualité de ses infrastructures et de ses hôpitaux, mais elle applique des règles strictes, et son système de protection sociale ne s’adresse pas aux étrangers. Decaux Assurances, courtier indépendant immatriculé à l’ORIAS et installé à Neuilly-sur-Seine, accompagne les dirigeants et cadres qui s’installent en Asie. Ce guide fait le point sur les titres de travail, la fiscalité, la santé et les conventions avec la France, avec les règles en vigueur à l’automne 2026.

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1. Employment Pass, EntrePass, ONE Pass : quel titre choisir ?

Réponse courte Le cadre ou dirigeant salarié obtient en général un Employment Pass (EP), sous double condition de salaire minimum et de score COMPASS. Le fondateur d’une start-up innovante vise l’EntrePass. Les profils les mieux rémunérés (au moins 30 000 SGD par mois) ou aux réalisations exceptionnelles peuvent obtenir le ONE Pass, valable 5 ans et non lié à un employeur unique.
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Marina Bay au lever du soleil — le quartier d’affaires concentre les sièges régionaux ; le titre de travail conditionne aussi les droits de la famille.

L’Employment Pass et le barème COMPASS

Selon le Ministry of Manpower, l’EP repose sur deux conditions cumulatives. La première est un salaire mensuel fixe minimum, calé sur le tiers supérieur des rémunérations locales des cadres : 5 600 SGD pour les candidats les plus jeunes, progressivement plus élevé avec l’âge jusqu’à 10 700 SGD à partir de 45 ans ; dans les services financiers, le seuil démarre à 6 200 SGD et monte jusqu’à 11 800 SGD. Ces seuils augmentent pour les nouvelles demandes déposées à compter du 1er janvier 2027 : 6 000 SGD au minimum, 11 500 SGD à partir de 45 ans, et 6 600 à 12 700 SGD dans la finance. Les renouvellements seront concernés pour les passes expirant à partir de 2028.

La seconde condition est d’obtenir au moins 40 points au barème COMPASS, qui évalue le salaire au regard du secteur, le diplôme, la diversité des nationalités dans l’entreprise et son effort d’emploi local. Les candidats rémunérés au moins 22 500 SGD fixes par mois, ceux mutés au sein d’un groupe et les missions d’un mois au plus en sont dispensés. L’EP est accordé pour deux ans au plus à la première demande, puis trois ans au renouvellement. Il est attaché à l’employeur : changer d’entreprise impose une nouvelle demande. Pour un groupe français qui mute un cadre, la dispense de COMPASS pour les transferts intra-groupe simplifie beaucoup les choses, mais la condition de salaire reste incontournable.

Ces critères ont une conséquence directe sur la négociation d’un package d’expatriation. Un cadre français d’une quarantaine d’années doit être rémunéré nettement au-dessus du seuil d’entrée, et la hausse programmée pour 2027 peut rendre un renouvellement plus délicat si le salaire n’a pas évolué. Il est donc prudent de vérifier l’éligibilité non seulement à la date de la première demande, mais aussi à celle du futur renouvellement. Dans le même esprit, les avantages en nature (logement, scolarité, assurance santé) ne comptent pas nécessairement dans le salaire fixe retenu par le ministère : ils doivent être analysés séparément, car ils pèsent lourd dans l’équilibre financier du foyer.

EntrePass, ONE Pass et titres de la famille

L’EntrePass s’adresse aux fondateurs d’une société privée enregistrée auprès de l’ACRA (ou en cours de création) qui détiennent au moins 30 % du capital et remplissent un critère d’innovation : levée d’au moins 100 000 SGD auprès d’investisseurs, soutien d’un incubateur ou accélérateur reconnu, propriété intellectuelle enregistrée, collaboration de recherche avec une institution singapourienne ou expérience entrepreneuriale reconnue. Aucun salaire minimum n’est exigé, mais le titre est d’abord accordé pour un an, et son renouvellement suppose d’atteindre des niveaux croissants de dépenses locales et d’emplois de Singapouriens. C’est un titre exigeant, conçu pour les projets à forte croissance plutôt que pour une activité de conseil individuelle.

Le ONE Pass (Overseas Networks & Expertise Pass) vise les profils seniors rémunérés au moins 30 000 SGD fixes par mois, chez un employeur établi à l’étranger ou chez un futur employeur à Singapour, ainsi que des personnalités aux réalisations exceptionnelles dans les arts, le sport ou la recherche. Il est valable cinq ans, renouvelable par périodes de cinq ans, et permet de travailler pour plusieurs sociétés ou d’en créer. Côté famille, le Dependant’s Pass est ouvert au conjoint marié et aux enfants célibataires de moins de 21 ans du titulaire d’un EP qui gagne au moins 6 000 SGD par mois. Le conjoint titulaire d’un Dependant’s Pass qui souhaite être salarié doit obtenir son propre titre de travail, sauf pour le ONE Pass, où il peut travailler sur simple lettre d’autorisation.

⚖️ Ce que dit la loi

Les titres de travail des étrangers sont régis par l’Employment of Foreign Manpower Act 1990 et administrés par le Ministry of Manpower. Les critères de l’Employment Pass (salaire qualifiant et COMPASS), de l’EntrePass et du ONE Pass sont publiés et mis à jour par le ministère.

Réf : Employment of Foreign Manpower Act 1990 · Ministry of Manpower — critères 2026 et 2027
✅ À retenir sur les titres de travail
  • Employment Pass : salaire minimum selon l’âge et 40 points COMPASS ; seuils relevés au 1er janvier 2027.
  • EntrePass pour les fondateurs innovants ; ONE Pass de 5 ans dès 30 000 SGD par mois.
  • Le Dependant’s Pass suppose un salaire d’au moins 6 000 SGD par mois.
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2. Fiscalité singapourienne : un système quasi territorial

Réponse courte Singapour impose principalement les revenus de source singapourienne. Un résident fiscal (183 jours de présence ou d’emploi) est imposé selon un barème progressif de 0 à 24 % ; les revenus de source étrangère reçus par un particulier sont en règle générale exonérés, et les plus-values ne sont en principe pas imposées. L’impôt sur les sociétés est de 17 % et la GST de 9 %.

Résidence fiscale et barème

Pour l’IRAS, un étranger est résident fiscal s’il a séjourné ou travaillé au moins 183 jours à Singapour au cours de l’année civile, s’il y réside trois années consécutives, ou si son emploi chevauche deux années civiles pour un total d’au moins 183 jours. Le résident bénéficie d’un barème progressif : 0 % jusqu’à 20 000 SGD de revenu annuel, puis des tranches successives jusqu’à 22 % entre 320 000 et 500 000 SGD, 23 % jusqu’à 1 million et 24 % au-delà. Le non-résident voit ses salaires imposés au plus élevé de deux montants : 15 % forfaitaire ou l’impôt calculé selon le barème des résidents ; ses autres revenus, comme les jetons de présence, sont taxés à 24 %.

L’ancien régime NOR (Not Ordinarily Resident), qui offrait des avantages aux cadres expatriés, a été supprimé ; les derniers statuts accordés ont expiré. Il n’existe pas non plus de rabais d’impôt pour les particuliers au titre de l’année d’imposition 2026, contrairement aux années précédentes. En revanche, Singapour ne prélève pas de cotisations sociales obligatoires sur les salaires des étrangers titulaires d’un EP : le CPF, la caisse de prévoyance obligatoire, ne concerne que les citoyens et résidents permanents. Cela allège le coût du travail, mais cela signifie aussi qu’aucune retraite ni couverture santé publique n’est constituée pour le cadre étranger.

Revenus étrangers, plus-values et sociétés

Les revenus de source étrangère reçus par un particulier résident sont, en règle générale, exonérés d’impôt à Singapour, même lorsqu’ils sont versés sur un compte singapourien. Il existe des exceptions : revenus perçus via une société de personnes singapourienne, travail effectué à l’étranger mais accessoire à un emploi exercé à Singapour, ou rémunération versée par un employeur étranger pour un travail effectué à Singapour, qui reste imposable localement. Les plus-values sur immobilier ou titres ne sont en principe pas imposées, sauf lorsqu’elles relèvent d’une activité de négoce. Ce cadre explique en partie l’attractivité de Singapour pour les investisseurs et les family offices.

Pour les sociétés, le taux d’impôt est de 17 %, avec des dispositifs d’exonération partielle et des rabais ponctuels : pour l’année d’imposition 2026, le rabais d’impôt sur les sociétés a été porté à 50 %, dans la limite d’un plafond. La GST, équivalent de la TVA, est de 9 %. Pour un dirigeant qui crée une holding ou une filiale à Singapour, l’enjeu n’est pas seulement le taux : la substance réelle de la structure (dirigeants présents, décisions prises sur place, moyens humains) conditionne l’application de la convention fiscale et la position de l’administration française.

Le dirigeant français qui s’installe à Singapour tout en restant mandataire social de sa société française doit aussi examiner la répartition de ses rémunérations. Un salaire versé par la société française pour un travail effectué physiquement à Singapour relève en principe de l’impôt singapourien, tandis que les jetons de présence d’un conseil d’administration français restent imposables en France. Les dividendes de la société française, eux, supportent une retenue à la source en France dans les limites de la convention, puis ne sont en principe pas taxés à Singapour. Cette combinaison peut être avantageuse, à condition d’être documentée et cohérente avec la réalité des fonctions exercées de part et d’autre.

⚖️ Ce que dit la loi

L’impôt sur le revenu est régi par l’Income Tax Act 1947, administré par l’IRAS. Le barème des résidents culmine à 24 % depuis l’année d’imposition 2024 ; le taux normal de la GST est de 9 % depuis le 1er janvier 2024.

Réf : Income Tax Act 1947 · Goods and Services Tax Act · IRAS — taux 2026

Comparatif fiscalité et protection sociale : France vs Singapour

SujetFranceSingapour (titulaire d’EP)
Principe d’impositionRevenus mondiaux des résidentsRevenus de source singapourienne ; revenus étrangers en règle générale exonérés
Taux marginal maximal de l’impôt sur le revenu45 % + contributions24 %
Plus-values des particuliersImposéesEn principe non imposées
Impôt sur les sociétés25 %17 %
TVA / GST20 %9 %
Cotisations sociales obligatoiresOuiNon (CPF réservé aux citoyens et résidents permanents)
Couverture santé publiqueAssurance maladie universellePas de MediShield Life ni de subventions hospitalières
✅ À retenir sur la fiscalité
  • Résidence fiscale à partir de 183 jours ; barème de 0 à 24 %.
  • Revenus étrangers et plus-values en règle générale non imposés, sauf exceptions.
  • Pas de CPF pour les titulaires d’EP : ni retraite ni santé publique constituées.

3. Système de santé : ce qui est réservé aux résidents

Réponse courte Le système singapourien combine hôpitaux publics et privés de haut niveau. Mais MediShield Life, l’assurance maladie de base, ne couvre que les citoyens et résidents permanents, tout comme les subventions hospitalières. Un titulaire d’Employment Pass paie le plein tarif, y compris à l’hôpital public, et son employeur n’a pas l’obligation de l’assurer : la couverture dépend de son contrat.
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Hôpital à Singapour — des établissements de très haut niveau, mais sans subvention pour les étrangers : la qualité de l’assurance fait la différence.

MediShield Life, MediSave et subventions : hors de portée des expatriés

Le financement de la santé à Singapour repose sur plusieurs piliers : l’épargne médicale obligatoire (MediSave, alimentée par le CPF), l’assurance de base MediShield Life, les contrats privés qui s’y greffent et les subventions publiques. Selon le ministère de la Santé, MediShield Life ne couvre que les citoyens et les résidents permanents ; les contrats qui la complètent sont donc eux aussi réservés à ces publics. Dans les hôpitaux publics, les subventions peuvent atteindre 80 % de la facture pour un citoyen et 50 % pour un résident permanent ; un étranger, lui, n’y a pas droit et règle le plein tarif. Le programme de prévention Healthier SG est également réservé aux citoyens et résidents permanents.

Il en résulte une situation paradoxale : un cadre expatrié vit dans l’un des systèmes de santé les plus performants d’Asie, mais sans aucun filet public. L’obligation légale d’assurance médicale imposée aux employeurs concerne les titulaires de S Pass et de Work Permit, avec une couverture minimale fixée par la réglementation ; elle ne s’applique pas à l’Employment Pass. En pratique, beaucoup d’employeurs proposent un contrat de groupe, mais son contenu est très variable : plafonds par hospitalisation, couverture limitée à Singapour, exclusions liées à la maternité ou aux maladies préexistantes, absence de rapatriement. France Diplomatie rappelle d’ailleurs qu’il est impératif de souscrire une assurance couvrant l’ensemble des frais médicaux et le rapatriement.

Construire une couverture adaptée à un dirigeant et à sa famille

Pour un dirigeant ou un cadre, la bonne question n’est pas « suis-je assuré ? » mais « que se passe-t-il si ma femme accouche, si mon enfant est hospitalisé ou si je dois être soigné en France ? ». Une assurance santé internationale au 1er euro apporte une réponse cohérente : prise en charge directe dans les hôpitaux privés et publics de Singapour, couverture dans la zone Asie ou dans le monde entier selon vos déplacements, rapatriement, et continuité lors des séjours en France. Elle peut être souscrite à titre individuel ou compléter un contrat employeur jugé insuffisant.

La Caisse des Français de l’Étranger constitue une autre brique : elle rembourse sur la base des tarifs français et maintient un lien avec la Sécurité sociale, ce qui facilite le retour et les soins en France. À Singapour, où les coûts hospitaliers privés sont élevés, elle se combine presque toujours avec une complémentaire. Enfin, les fondateurs sous EntrePass, qui n’ont pas d’employeur pour négocier un contrat de groupe, doivent traiter la question avant leur arrivée : une souscription tardive, après l’apparition d’un problème de santé, expose à des exclusions durables.

✅ À retenir sur la santé
  • MediShield Life, MediSave et les subventions sont réservés aux citoyens et résidents permanents.
  • Un titulaire d’Employment Pass paie le plein tarif ; l’employeur n’a pas d’obligation légale de l’assurer.
  • Santé internationale au 1er euro et CFE sont les deux briques à étudier avant le départ.

4. Convention France–Singapour et protection sociale

Réponse courte La convention fiscale du 15 janvier 2015, en vigueur depuis le 1er juin 2016, répartit le droit d’imposer et élimine la double imposition. Elle contient une clause spécifique liée au rapatriement des revenus. En revanche, il n’existe aucun accord de sécurité sociale entre la France et Singapour : le détachement relève du droit interne français (3 ans, renouvelable une fois), et la CFE est la voie volontaire pour garder une protection française.

Les règles clés de la convention fiscale

La convention fiscale franco-singapourienne, qui a remplacé celle de 1974, prévoit que les salaires sont imposables dans l’État où l’activité est exercée, sauf exception pour les missions de courte durée (moins de 183 jours sur douze mois, sous conditions). Les jetons de présence sont imposables dans l’État de la société qui les verse. Les dividendes supportent une retenue à la source plafonnée à 5 % pour une société détenant au moins 10 % du capital, 15 % dans les autres cas. Les pensions privées sont imposables uniquement dans l’État de résidence, les rémunérations publiques dans l’État qui les verse.

Deux articles méritent une attention particulière. L’article 22 contient une clause dite de « remittance » : lorsque la France accorde une exonération ou une réduction d’impôt sur un revenu de source française, et que Singapour n’impose ce revenu que lorsqu’il y est rapatrié, l’avantage français ne vaut que pour la part effectivement transférée ou perçue à Singapour. L’article 23 organise l’élimination de la double imposition : côté français, les salaires imposés à Singapour sont exonérés mais retenus pour calculer le taux effectif applicable aux autres revenus, tandis que les dividendes et jetons de présence ouvrent droit à un crédit d’impôt plafonné. Pour un dirigeant qui garde des revenus en France, ces mécanismes doivent être modélisés en amont.

Sans accord de sécurité sociale : détachement interne et CFE

Singapour ne figure pas parmi les pays liés à la France par un accord de sécurité sociale, selon le CLEISS. Un salarié envoyé par son employeur français peut rester affilié au régime français dans le cadre du détachement prévu par le droit interne : trois ans, renouvelable une fois. Ses soins à l’étranger sont alors remboursés sur la base des tarifs français. Mais faute d’accord, il n’est pas dispensé des éventuelles obligations locales — et surtout, ce maintien n’apporte aucune couverture adaptée aux coûts singapouriens.

Au-delà, ou lorsque le cadre est recruté en contrat local, il sort du régime français : pas de cotisations singapouriennes pour un étranger, mais pas non plus de retraite, d’assurance maladie ou de prévoyance publiques. L’adhésion volontaire à la Caisse des Français de l’Étranger permet de rester couvert pour la maladie et, selon les options, les accidents du travail ; une assurance volontaire vieillesse peut aussi être souscrite pour continuer à valider des trimestres. Elle se combine avec un plan d’épargne retraite, une prévoyance individuelle couvrant décès et invalidité, et une santé internationale. C’est ce montage, plus que le salaire affiché, qui détermine la vraie qualité d’une offre d’expatriation.

⚖️ Ce que dit la loi

La convention fiscale France–Singapour signée le 15 janvier 2015 est en vigueur depuis le 1er juin 2016 ; elle est modifiée par la convention multilatérale de l’OCDE. Son article 22 subordonne certains avantages au rapatriement des revenus, son article 23 élimine la double imposition. Aucun accord bilatéral de sécurité sociale n’existe entre les deux pays.

Réf : impots.gouv.fr — conventions internationales · CLEISS — détachement hors accord
✅ À retenir sur les conventions
  • Convention fiscale de 2015 : salaires imposés là où le travail est exercé ; clause de « remittance » à l’article 22.
  • Aucun accord de sécurité sociale : détachement interne de 3 ans renouvelable une fois.
  • En contrat local, CFE, PER et prévoyance individuelle remplacent la protection française.

5. Famille, patrimoine et vie quotidienne : les points d’attention

Réponse courte S’installer à Singapour en famille suppose d’anticiper le statut du conjoint (qui ne peut pas travailler librement avec un Dependant’s Pass), la scolarité, le logement, la gestion des biens restés en France et le respect de règles locales très strictes. Côté français, la sortie de la résidence fiscale et l’éventuelle exit tax se préparent avant le départ.

Conjoint, logement et règles locales

Le conjoint d’un titulaire d’Employment Pass obtient un Dependant’s Pass, mais celui-ci ne l’autorise pas à être salarié : il lui faut obtenir son propre titre de travail, avec les mêmes critères de salaire et de COMPASS, sauf s’il crée ou gère sa propre entreprise sur autorisation. Ce point pèse souvent sur la décision familiale et sur l’équilibre financier du foyer, qui dépend alors d’un seul revenu. La perte d’emploi du titulaire principal entraîne celle des titres de la famille : c’est une raison supplémentaire de sécuriser les revenus par une prévoyance adaptée et de ne pas dépendre exclusivement du contrat de l’employeur pour la santé.

Pour le logement, la réglementation locale interdit les locations de moins de trois mois, et les baux sont généralement signés pour un ou deux ans. France Diplomatie rappelle aussi la sévérité des règles locales : stupéfiants très lourdement réprimés, cigarettes électroniques interdites avec, pour les étrangers, un risque de retrait du titre de travail et d’expulsion, amendes pour de nombreuses infractions du quotidien. Ces règles, qui contribuent à la sécurité de la ville, doivent être connues de toute la famille, adolescents compris, avant l’arrivée.

La scolarité est l’autre grand poste à anticiper. Les écoles publiques singapouriennes accueillent les enfants étrangers dans la limite des places disponibles et après des tests d’admission, si bien que la plupart des familles expatriées se tournent vers les établissements internationaux ou vers l’établissement scolaire français, dont il faut vérifier les disponibilités selon le niveau de l’enfant. Les frais de scolarité, souvent pris en charge dans les packages d’expatriation des grands groupes, le sont beaucoup moins pour un fondateur ou un cadre recruté localement. Mieux vaut engager les démarches d’inscription dès que la mutation est confirmée, en parallèle des formalités de titre de séjour.

Patrimoine en France et résidence fiscale

Beaucoup de cadres conservent leur résidence principale en France et la mettent en location. Le bien reste alors soumis à l’impôt français sur les revenus fonciers, et son assurance doit être adaptée : une assurance propriétaire non occupant prend le relais de l’assurance habitation. Pour ceux qui achètent ou refinancent depuis Singapour, les prêts pour expatriés et l’assurance emprunteur doivent tenir compte du pays de résidence et des déplacements professionnels, qui peuvent modifier les conditions de couverture.

Enfin, le départ doit être formalisé côté fiscal. L’article 4 B du CGI peut maintenir la résidence fiscale française si le foyer, l’activité principale ou le centre des intérêts économiques restent en France : c’est notamment le cas lorsque la famille reste en France pendant la première année. Les dirigeants détenant des participations importantes doivent aussi examiner l’exit tax sur les plus-values latentes avant le transfert de leur domicile fiscal. Et au retour, les mêmes questions se posent en sens inverse : préparer la sortie de Singapour fait partie du projet dès le départ.

✅ À retenir pour la famille
  • Le Dependant’s Pass ne permet pas au conjoint d’être salarié sans son propre titre.
  • Règles locales strictes : à connaître par toute la famille avant l’arrivée.
  • Bien conservé en France : PNO, revenus fonciers imposés en France, prêt et assurance emprunteur à adapter.

Top 5 des erreurs à éviter en s’installant à Singapour

⚠️ Les 5 pièges les plus fréquents (et comment les éviter)
  1. Croire qu’on bénéficie du système public comme un résidentMediShield Life et les subventions sont réservés aux citoyens et résidents permanents. Solution : une assurance santé couvrant le plein tarif hospitalier.
  2. Se fier au contrat de groupe sans le lirePlafonds, zone géographique, maternité et rapatriement varient fortement. Solution : faire auditer le contrat et le compléter si nécessaire.
  3. Oublier la hausse des seuils de l’Employment PassLes critères de salaire augmentent pour les demandes de 2027 et les renouvellements de 2028. Solution : vérifier l’éligibilité à la date réelle de dépôt ou de renouvellement.
  4. Négliger la retraite et la prévoyanceUn titulaire d’EP ne cotise à aucun régime public. Solution : CFE, PER et prévoyance individuelle.
  5. Mal formaliser la sortie de FranceLa résidence fiscale française peut être maintenue. Solution : analyse de l’article 4 B du CGI et, le cas échéant, de l’exit tax avec un fiscaliste.
✅ Check-list — préparer son installation à Singapour en 6 étapes
  1. J-6 mois — Vérifier l’éligibilité au titre visé (EP, EntrePass, ONE Pass) et au Dependant’s Pass.
  2. J-5 mois — Faire le point fiscal : résidence française, exit tax, revenus conservés en France.
  3. J-4 mois — Auditer le contrat santé de l’employeur ou souscrire une santé internationale au 1er euro.
  4. J-3 mois — Organiser la protection sociale : détachement ou CFE, PER, prévoyance individuelle.
  5. J-1 mois — Adapter les assurances françaises : PNO, prêt, assurance emprunteur.
  6. J+1 mois — S’inscrire au registre des Français établis hors de France auprès de l’ambassade.

FAQ — S’installer à Singapour : 6 questions clés

Quel salaire faut-il pour obtenir un Employment Pass en 2026 ?

Le salaire mensuel fixe minimum est de 5 600 SGD pour les candidats les plus jeunes, 6 200 SGD dans la finance, et augmente avec l’âge jusqu’à 10 700 SGD (11 800 SGD dans la finance). Il faut aussi obtenir 40 points au barème COMPASS. Les seuils augmentent pour les demandes déposées à partir du 1er janvier 2027.

Les revenus étrangers sont-ils imposés à Singapour ?

En règle générale, non : les revenus de source étrangère reçus par un particulier résident sont exonérés, même s’ils sont versés sur un compte singapourien. Des exceptions existent, notamment pour la rémunération d’un travail effectué à Singapour mais versée par un employeur étranger.

Un expatrié a-t-il droit à MediShield Life ?

Non. MediShield Life ne couvre que les citoyens singapouriens et les résidents permanents. Un titulaire d’Employment Pass paie le plein tarif, y compris à l’hôpital public, et doit s’appuyer sur une assurance privée.

Existe-t-il un accord de sécurité sociale entre la France et Singapour ?

Non. Un salarié peut rester affilié au régime français dans le cadre d’un détachement de droit interne de trois ans, renouvelable une fois. Au-delà, ou en contrat local, l’adhésion volontaire à la Caisse des Français de l’Étranger permet de maintenir une protection française.

Mon conjoint peut-il travailler à Singapour ?

Avec un Dependant’s Pass, le conjoint ne peut pas être salarié sans obtenir son propre titre de travail. Il peut en revanche créer ou gérer sa propre entreprise sur autorisation. Pour le conjoint d’un titulaire de ONE Pass, une simple lettre d’autorisation suffit pour travailler.

Qu’est-ce que la clause de « remittance » de la convention fiscale ?

Prévue à l’article 22, elle limite certains avantages accordés par la France sur des revenus de source française à la part effectivement transférée ou perçue à Singapour, lorsque Singapour n’impose ces revenus qu’à raison de leur rapatriement.

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📚 Sources officielles consultées
📖 Glossaire — S’installer à Singapour
Employment Pass (EP)
Titre de travail des cadres, dirigeants et professions qualifiées, soumis à un salaire minimum et au barème COMPASS.
COMPASS
Complementarity Assessment Framework : barème à points évaluant le salaire, le diplôme, la diversité et l’emploi local.
EntrePass
Titre destiné aux fondateurs d’entreprises innovantes enregistrées à Singapour.
ONE Pass
Overseas Networks & Expertise Pass : titre de 5 ans pour les profils seniors rémunérés au moins 30 000 SGD par mois.
MediShield Life
Assurance maladie de base réservée aux citoyens et résidents permanents.
CPF
Central Provident Fund : caisse de prévoyance obligatoire des citoyens et résidents permanents, qui alimente MediSave.
Clause de « remittance »
Règle conventionnelle qui limite un avantage fiscal à la part des revenus effectivement rapatriée dans l’autre État.
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Publié le 22/10/2026 · 11 rue de Chartres, 92200 Neuilly-sur-Seine

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Publié par Decaux Assurances le 22/10/2026

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Table de chevet avec pilulier face à la mer - santé des expatriés et CFE - Decaux Assurances
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