Même soleil, même proximité, même appartenance à l’Union européenne : entre Lisbonne et Madrid, Porto et Valence, l’Algarve et la Costa del Sol, le choix se joue sur des détails qui pèsent lourd. Depuis la fermeture du régime des résidents non habituels (RNH), l’avantage fiscal portugais a changé de nature. Voici un comparatif point par point pour décider selon votre profil.
- Régimes spéciaux : le RNH portugais est fermé aux nouveaux arrivants depuis 2024. Son successeur, l’IFICI, taxe à 20 % certains revenus d’activité qualifiés pendant 10 ans, mais exclut les pensions. En Espagne, le régime Beckham taxe les revenus d’activité à 24 % jusqu’à 600 000 € pendant 6 ans.
- Barèmes : Portugal de 12,5 % à 48 % (plus une contribution de solidarité au-delà de 80 000 €) ; Espagne jusqu’à 47 % sur l’échelle de référence, avec une part régionale variable.
- Retraités : sans régime de faveur au Portugal pour les nouvelles pensions, l’écart fiscal s’est resserré. Les pensions publiques françaises restent imposables en France dans les deux cas.
- Santé : deux systèmes publics universels, accessibles aux retraités via le formulaire S1, mais avec des délais qui justifient une couverture privée complémentaire.
- Coût de la vie : selon Eurostat, le niveau des prix à la consommation est d’environ 85 % de la moyenne européenne au Portugal et 91 % en Espagne, contre 108 % en France.
- Régimes fiscaux des nouveaux résidents : IFICI contre Beckham
- Impôt sur le revenu, patrimoine et succession
- Santé : deux SNS, deux logiques de complément
- Coût de la vie et villes d’installation
- Démarches, visas D7, nomades et golden visas
- Tableau comparatif Portugal vs Espagne
- Top 5 des erreurs à éviter
- FAQ — 6 questions clés
Le Portugal et l’Espagne sont, avec la Belgique et la Suisse, les destinations européennes les plus demandées par les Français qui s’expatrient. Les deux pays partagent beaucoup : l’appartenance à l’Union européenne, qui dispense les Français de visa, un climat méditerranéen ou atlantique doux, des liaisons aériennes quotidiennes avec la France et un système de santé public universel. Pourtant, les situations concrètes divergent vite dès que l’on regarde la fiscalité d’un salaire élevé, d’une pension de retraite ou de dividendes, le coût d’un appartement à Lisbonne ou à Madrid, ou encore les délais d’accès à un spécialiste. Decaux Assurances, courtier indépendant immatriculé à l’ORIAS et installé à Neuilly-sur-Seine, accompagne chaque année des familles, des retraités et des cadres qui hésitent entre les deux pays. Ce comparatif ne remplace pas un conseil fiscal personnalisé, mais il vous donne les clés pour poser les bonnes questions, profil par profil.
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Voir la Fiche Pays Portugal →1. Régimes fiscaux des nouveaux résidents : IFICI contre Beckham
Portugal : du RNH à l’IFICI, un changement de cible
Pendant plus de dix ans, le régime des résidents non habituels a fait du Portugal la destination fiscale préférée des retraités français : les pensions étrangères y étaient taxées à 10 %, et certaines activités à haute valeur ajoutée à 20 %. La loi de finances portugaise pour 2024 a fermé ce régime aux nouveaux entrants, avec des conditions transitoires pour les personnes devenues résidentes en 2024. Les bénéficiaires déjà inscrits conservent leurs droits jusqu’au terme de leurs 10 ans.
Le successeur s’appelle IFICI (Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação), souvent surnommé « RNH 2.0 ». Il vise des personnes qui deviennent résidentes fiscales portugaises, n’ont pas été résidentes au Portugal au cours des cinq années précédentes et exercent une activité éligible au sein d’une entité éligible : enseignement supérieur et recherche, start-up certifiées, postes qualifiés dans certaines entreprises, notamment. Les revenus d’activité éligibles sont imposés à 20 %, et la plupart des revenus de source étrangère (salaires, revenus professionnels, dividendes, intérêts, loyers, plus-values) sont exonérés pendant 10 ans, à l’exception des pensions et des revenus provenant de juridictions à fiscalité privilégiée. La demande doit être déposée au plus tard le 15 janvier de l’année qui suit celle où l’on devient résident.
Espagne : le régime Beckham, élargi par la loi Start-up
Le régime des impatriés espagnol, surnommé régime Beckham, permet à une personne qui n’a pas été résidente fiscale en Espagne au cours des cinq années précédentes d’être imposée comme un non-résident, l’année de son arrivée et les cinq suivantes. Concrètement, ses revenus d’activité sont taxés à 24 % jusqu’à 600 000 € et 47 % au-delà, tandis que ses revenus de source étrangère autres que les salaires (dividendes, intérêts, loyers d’un bien situé hors d’Espagne) ne sont en principe pas imposés en Espagne. La loi Start-up de 2022 a élargi le dispositif aux travailleurs à distance, aux entrepreneurs, aux professionnels hautement qualifiés au service de start-up, ainsi qu’au conjoint et aux enfants de moins de 25 ans sous conditions. La demande doit être déposée dans les 6 mois suivant l’inscription à la sécurité sociale espagnole : un délai à ne pas manquer.
Qui gagne selon votre profil ?
Pour un cadre ou un entrepreneur aux revenus élevés, les deux régimes sont puissants mais ne s’adressent pas au même public : Beckham est plus accessible (un contrat de travail en Espagne ou un visa de télétravail suffit souvent), l’IFICI plus sélectif mais plus long (10 ans contre 6). Pour un retraité, la donne a changé : aucun des deux régimes n’offre désormais de taux réduit sur une pension de source française nouvellement perçue. Pour un investisseur vivant de dividendes, l’IFICI exonère les revenus étrangers, mais il suppose d’exercer une activité éligible ; Beckham ne taxe pas les dividendes étrangers, mais il suppose une activité en Espagne. Dans tous les cas, le régime spécial doit être intégré à une analyse globale incluant la sortie de France, la convention fiscale et la couverture sociale.
L’IFICI a été créé par la loi de finances portugaise pour 2024 (Lei n.º 82/2023), qui a mis fin au régime RNH pour les nouveaux entrants. Le régime Beckham figure à l’article 93 de la Ley 35/2006 de l’IRPF, modifié par la Ley 28/2022 dite « loi Start-up ».
Réf : Lei n.º 82/2023 (Orçamento do Estado 2024) · Ley 35/2006, art. 93 · Ley 28/2022 du 21/12/2022- RNH fermé depuis 2024 ; l’IFICI taxe à 20 % les activités qualifiées pendant 10 ans, pensions exclues.
- Beckham : 24 % jusqu’à 600 000 € pendant 6 ans, demande dans les 6 mois suivant l’affiliation.
- Pour un retraité, ni le Portugal ni l’Espagne n’offrent désormais de taux de faveur sur une nouvelle pension.
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Demander mon étude Portugal ou Espagne →2. Impôt sur le revenu, patrimoine et succession
Barèmes, revenus du capital et pensions
Au Portugal, le barème 2026 de l’IRS comporte neuf tranches, de 12,5 % jusqu’à 8 342 € à 48 % au-delà de 86 634 €, et une contribution de solidarité s’ajoute sur la fraction du revenu dépassant 80 000 € (2,5 %) puis 250 000 € (5 %). Les revenus du capital (dividendes, intérêts) et les plus-values mobilières sont en principe taxés à un taux libératoire de 28 %, avec une option pour le barème. En Espagne, l’impôt sur le revenu distingue la base générale, taxée selon l’échelle étatique (19 % à 47 %) combinée à l’échelle régionale, et la base de l’épargne (dividendes, intérêts, plus-values), taxée de 19 % à 30 % selon le montant. Pour un investisseur, l’Espagne est donc plus douce sur les petits montants d’épargne, le Portugal plus lisible sur les gros montants.
Pour les retraités, le point décisif vient des conventions fiscales. Avec le Portugal (convention du 14 janvier 1971, modifiée en 2016) comme avec l’Espagne (convention du 10 octobre 1995), les pensions privées sont imposables dans l’État de résidence, tandis que les pensions publiques (fonctionnaires, militaires) restent imposables en France, sauf si le retraité a la nationalité du pays d’accueil. Un ancien cadre du privé installé à Porto sera donc imposé au Portugal au barème progressif ; un ancien fonctionnaire installé à Séville restera imposé en France sur sa pension.
Patrimoine et transmission : l’avantage portugais
L’Espagne prélève un impôt sur la fortune (Impuesto sobre el Patrimonio), géré par les régions avec de fortes différences d’une communauté à l’autre, complété depuis 2022 par un impôt temporaire de solidarité sur les grandes fortunes. Le Portugal n’a pas d’impôt général sur la fortune ; il applique seulement un impôt additionnel sur les biens immobiliers urbains de grande valeur. En matière de succession, le Portugal ne connaît pas de droits de succession à proprement parler mais un impôt du timbre de 10 % sur les transmissions gratuites, dont sont exonérés le conjoint, les descendants et les ascendants. L’Espagne applique l’impôt sur les successions et donations, dont les régions fixent réductions et abattements : quasi nul en ligne directe dans certaines communautés, significatif dans d’autres.
Détail important pour les familles françaises : la France a signé une convention en matière de successions avec l’Espagne (1963) et un accord successions et donations avec le Portugal (1994). Ces textes évitent la double imposition, mais ne suppriment pas les droits français lorsque des héritiers résident en France : l’impôt français reste dû, sous déduction de l’impôt étranger selon les cas.
Quitter la France : la condition préalable à tout avantage
Aucun régime portugais ou espagnol ne produit d’effet si vous restez résident fiscal français. L’article 4B du Code général des impôts retient le foyer ou le lieu de séjour principal, l’activité professionnelle principale et le centre des intérêts économiques. Un cadre qui part seul à Lisbonne en laissant conjoint et enfants à Paris reste, en pratique, résident français. En cas de double résidence, les conventions départagent selon le foyer permanent, le centre des intérêts vitaux puis le séjour habituel. Pour les chefs d’entreprise et les détenteurs de portefeuilles importants, le transfert du domicile fiscal peut aussi déclencher l’exit tax sur les plus-values latentes. Le calendrier compte : l’année du départ, vous déposez une déclaration de revenus spécifique, et la date de prise d’effet de l’IFICI ou du régime Beckham dépend de la date à laquelle vous devenez résident dans le pays d’accueil. Un départ mal daté peut faire perdre une année entière d’avantage.
La convention franco-portugaise du 14 janvier 1971 (modifiée par l’avenant du 25 août 2016) et la convention franco-espagnole du 10 octobre 1995 attribuent les pensions privées à l’État de résidence et les pensions publiques à l’État payeur. La France est également liée à l’Espagne par la convention du 8 janvier 1963 (successions) et au Portugal par l’accord du 3 juin 1994 (successions et donations).
Réf : conventions fiscales France–Portugal (1971) et France–Espagne (1995) · conventions successions de 1963 (Espagne) et 1994 (Portugal) · impots.gouv.fr- Portugal : 12,5 % à 48 % + solidarité ; revenus du capital à 28 %. Espagne : jusqu’à 47 % (échelle de référence) + épargne de 19 % à 30 %.
- Pensions privées imposées dans le pays de résidence ; pensions publiques en France.
- Pas d’impôt sur la fortune au Portugal ; ligne directe exonérée d’impôt du timbre. En Espagne, tout dépend de la région.
3. Santé : deux SNS, deux logiques de complément
Actifs, indépendants, retraités : comment on entre dans le système
En tant que citoyen européen, un Français relève des règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale. Le salarié local cotise au régime du pays et accède au SNS. L’indépendant s’affilie au régime des travailleurs autonomes : RETA en Espagne, sécurité sociale portugaise pour les travailleurs indépendants. Le retraité qui perçoit uniquement une pension française demande à sa caisse le formulaire S1, qu’il fait enregistrer auprès de l’organisme local : l’INSS en Espagne, la sécurité sociale portugaise puis le centre de santé (avec le número de utente) au Portugal. La France rembourse ensuite le pays d’accueil. La CEAM, elle, ne couvre que les séjours temporaires et ne remplace jamais une affiliation.
Un inactif non retraité, par exemple un conjoint ou un rentier, doit justifier de ressources suffisantes et d’une assurance maladie complète pour s’enregistrer comme résident au-delà de trois mois : c’est souvent le moment où un contrat au 1er euro devient indispensable.
Délais, dentaire, langue : pourquoi un complément reste utile
Côté espagnol, les chiffres officiels du ministère de la Santé publiés pour décembre 2025 font état d’un délai moyen de 121 jours pour une chirurgie programmée et de 102 jours pour une première consultation de spécialiste. Côté portugais, les délais varient fortement selon les régions, et l’accès à un médecin de famille reste difficile dans certaines zones, notamment autour de Lisbonne et en Algarve. Dans les deux pays, le dentaire adulte et l’optique sont peu pris en charge, et la barrière de la langue compte : les cliniques privées de Lisbonne, Porto, Madrid, Barcelone ou Malaga offrent souvent un accueil en anglais, parfois en français. Une assurance santé expatrié ou une complémentaire CFE donne accès à ce secteur privé, avec des garanties hospitalisation, dentaire et rapatriement.
CFE, S1 + complémentaire ou 1er euro : quel montage ?
Trois configurations dominent, dans les deux pays. Le S1 complété par une assurance privée locale ou internationale convient aux retraités qui s’installent durablement. La CFE avec une complémentaire préserve un lien avec la Sécurité sociale française et une prise en charge lors des séjours en France. Le contrat au 1er euro couvre directement l’ensemble des frais, en public comme en privé, sans dépendre d’un régime de base. Le bon choix dépend moins du pays que de votre statut, de votre âge au moment de la souscription et de la fréquence de vos retours en France.
Deux points de vigilance valent pour les deux destinations. D’abord, les contrats internationaux fixent des limites d’âge à l’adhésion : souscrire avant 60 ou 65 ans élargit nettement le choix. Ensuite, le questionnaire médical conditionne la prise en charge des pathologies connues : mieux vaut le remplir avec soin avant le départ que découvrir une exclusion au moment d’une hospitalisation.
- Deux SNS universels, accessibles aux retraités français via le formulaire S1.
- Délais pour les spécialistes et faible prise en charge dentaire et optique dans les deux pays.
- S1 + complémentaire, CFE + complémentaire ou 1er euro : le montage dépend du statut, pas du pays.
4. Coût de la vie et villes d’installation
Portugal : Lisbonne, Porto, Algarve et l’intérieur
Lisbonne concentre les emplois internationaux, les écoles françaises et les meilleurs hôpitaux privés, mais le logement y est devenu cher au regard des salaires locaux. Porto offre une vie plus abordable et un tissu d’entreprises dynamique. L’Algarve attire les retraités pour son climat et ses golfs, avec une offre médicale privée correcte à Faro, Portimão ou Albufeira. Les villes moyennes du centre (Coimbra, Aveiro, Caldas da Rainha) et l’Alentejo séduisent ceux qui cherchent un coût de la vie plus bas, au prix d’un accès plus limité aux soins spécialisés.
Espagne : métropoles, côtes et fiscalité régionale
Madrid et Barcelone offrent le marché de l’emploi le plus large et une offre médicale de premier plan, mais les prix du logement y sont élevés. Valence, Alicante, Malaga et la Costa del Sol combinent coût de la vie plus modéré, forte communauté française et bonnes liaisons aériennes. Particularité espagnole : la région de résidence change la fiscalité (échelle régionale de l’impôt sur le revenu, impôt sur la fortune, droits de succession). Deux retraités aux revenus identiques ne paieront pas le même impôt à Madrid et à Barcelone. Choisir sa ville, c’est donc aussi choisir sa fiscalité.
Trois profils, trois arbitrages
Le retraité du privé, sans activité, avec une pension de complémentaire et de base : dans les deux pays, sa pension privée est imposée localement au barème. Le Portugal l’emporte souvent sur le coût de la vie hors Lisbonne et sur l’absence d’impôt sur la fortune ; l’Espagne sur l’offre médicale privée des grandes villes côtières et, dans certaines régions, sur une succession en ligne directe quasi exonérée. Le cadre en mobilité recruté par une entreprise locale ou en télétravail pour un employeur étranger : le régime Beckham est souvent plus simple à obtenir, l’IFICI plus long mais plus sélectif. La famille avec enfants regardera d’abord l’offre scolaire francophone (lycées français de Lisbonne, Porto, Madrid, Barcelone, Valence, Malaga), le logement et l’accès à un pédiatre. Pour chacun de ces profils, le pays « le moins taxé » n’est pas forcément celui où la vie sera la plus simple ni la mieux protégée.
- Portugal ~85 %, Espagne ~91 %, France ~108 % de la moyenne européenne (Eurostat, 2024).
- Le logement dans les grandes villes réduit fortement l’écart avec la France.
- En Espagne, la région choisie modifie l’impôt sur le revenu, la fortune et la succession.
5. Démarches, visas D7, nomades et golden visas
Citoyens européens : l’enregistrement, pas le visa
Au Portugal, la première étape est l’obtention d’un NIF (numéro fiscal), indispensable pour louer, ouvrir un compte ou signer un contrat. Au-delà de trois mois de séjour, le citoyen européen demande un certificat d’enregistrement auprès de la mairie (Câmara Municipal) de son lieu de résidence. En Espagne, le NIE et le certificat d’enregistrement de citoyen de l’Union s’obtiennent auprès de l’Oficina de Extranjería ou de la police, en justifiant d’un emploi, d’une activité ou, pour un inactif, de ressources suffisantes et d’une assurance maladie. Dans les deux pays, pensez aussi à l’inscription à la mairie (padrón en Espagne), au registre des Français établis hors de France et à votre déclaration de départ auprès de l’administration fiscale française.
D7, nomades, non lucratif : pour qui ?
Ces visas intéressent surtout un conjoint non européen ou un projet familial mixte. Au Portugal, le visa D7 s’adresse aux titulaires de revenus passifs (pensions, loyers, placements) au moins équivalents au salaire minimum portugais, et le visa de nomade numérique aux travailleurs à distance justifiant de revenus d’environ quatre fois ce salaire minimum. En Espagne, le visa de résidence non lucrative exige des ressources de 400 % de l’IPREM (indicateur de référence) et une assurance santé privée sans franchise ; le visa de télétravail international créé par la loi Start-up, environ deux fois le salaire minimum. Les montants exacts sont révisés chaque année : vérifiez-les auprès du consulat compétent avant de constituer le dossier.
Les « golden visas » par l’immobilier ont disparu : le Portugal a retiré l’achat immobilier des investissements éligibles en 2023, et l’Espagne a supprimé ses visas pour investisseurs immobiliers avec la loi organique 1/2025, entrée en vigueur en avril 2025. Pour un Français, cela ne change rien, mais c’est un signal : les deux pays cherchent à freiner la pression étrangère sur le logement.
Travailler sur place : salarié, indépendant ou détaché
Le statut professionnel conditionne à la fois la fiscalité, la protection sociale et l’assurance. Un salarié local cotise dans le pays d’accueil et relève de son système de santé ; un salarié détaché par son employeur français peut rester affilié en France pendant une durée limitée, grâce au formulaire A1. Un indépendant s’affilie au régime local : en Espagne, les cotisations des autónomos dépendent désormais des revenus réels ; au Portugal, les travailleurs indépendants cotisent à la sécurité sociale sur une base calculée à partir de leurs revenus déclarés. Dans tous les cas, les indemnités journalières locales en cas d’arrêt de travail restent souvent inférieures à celles attendues par un cadre français : une prévoyance individuelle adaptée à l’expatriation comble cet écart, et une RC Pro reste indispensable si vous facturez des clients en tant que consultant. En cas de sinistre, c’est votre assureur qui instruit et indemnise ; votre courtier vous accompagne dans la déclaration et le suivi.
- Pas de visa pour un Français : NIF et certificat d’enregistrement au Portugal ; NIE et certificat de citoyen de l’Union en Espagne.
- D7, nomade et non lucratif concernent les membres de la famille non européens.
- Golden visas immobiliers supprimés au Portugal (2023) et en Espagne (2025).
Tableau comparatif : Portugal vs Espagne en 2026
| Critère | 🇵🇹 Portugal | 🇪🇸 Espagne |
|---|---|---|
| Régime pour nouveaux résidents | IFICI : 20 % sur activités qualifiées, 10 ans (pensions exclues) | Beckham : 24 % jusqu’à 600 000 €, 6 ans |
| Ancien régime de faveur | RNH fermé aux nouveaux entrants depuis 2024 | — |
| Barème de l’impôt sur le revenu | 12,5 % à 48 % + solidarité 2,5 % / 5 % | 19 % à 47 % (échelle de référence) + variations régionales |
| Dividendes et intérêts | 28 % libératoire (option barème) | 19 % à 30 % (base de l’épargne) |
| Pension privée française | Imposée au Portugal, au barème | Imposée en Espagne, au barème |
| Pension publique française | Imposée en France | Imposée en France |
| Impôt sur la fortune | Non (taxe additionnelle sur l’immobilier de grande valeur) | Oui, régional + impôt de solidarité sur les grandes fortunes |
| Succession en ligne directe | Exonérée d’impôt du timbre | Variable selon la région |
| Santé publique | SNS universel, S1 pour les retraités | SNS universel, S1 pour les retraités |
| Niveau des prix (UE = 100) | ~85 | ~91 |
| TVA (taux normal, continent) | 23 % | 21 % |
| Démarche pour un Français | NIF + certificat d’enregistrement (mairie) | NIE + certificat de citoyen de l’Union |
Top 5 des erreurs à éviter en choisissant entre Portugal et Espagne
- Choisir le Portugal pour un RNH qui n’existe plusLes nouvelles pensions ne bénéficient plus du taux de 10 %. Solution : simuler l’impôt au barème et vérifier l’éligibilité réelle à l’IFICI.
- Rater le délai de 6 mois du régime BeckhamPassé ce délai, l’option est perdue. Solution : préparer la demande dès l’affiliation à la sécurité sociale espagnole.
- Ignorer la région en EspagneImpôt sur le revenu, fortune et succession varient selon la communauté autonome. Solution : comparer les régions avant de signer un bail ou d’acheter.
- Compter sur la CEAM une fois installéElle ne couvre que les séjours temporaires. Solution : S1, affiliation locale ou contrat au 1er euro actif dès l’arrivée.
- Oublier la fiscalité française au départSans déclaration de départ, vous risquez d’être considéré comme toujours résident. Solution : formaliser le départ et faire le point sur vos revenus de source française.
- J-9 mois — Lister vos revenus (salaire, pension privée ou publique, dividendes, loyers) et simuler l’impôt dans chaque pays.
- J-8 mois — Vérifier l’éligibilité à l’IFICI ou au régime Beckham et, en Espagne, comparer les régions.
- J-6 mois — Choisir le montage santé : S1 + complémentaire, CFE + complémentaire ou contrat au 1er euro.
- J-3 mois — Sécuriser la France : PNO du logement conservé, prévoyance, assurance emprunteur si vous gardez un crédit.
- J-1 mois — Obtenir le NIF (Portugal) ou le NIE (Espagne) et déposer la déclaration de départ en France.
- J+3 mois — S’enregistrer comme résident européen, faire enregistrer le S1 et s’inscrire au registre consulaire.
FAQ — Portugal ou Espagne pour s’expatrier : 6 questions clés
Le régime RNH existe-t-il encore au Portugal ?
Non pour les nouveaux arrivants : il est fermé depuis le 1er janvier 2024, sauf régime transitoire. Les bénéficiaires inscrits le conservent jusqu’au terme de leurs 10 ans. Il est remplacé par l’IFICI, réservé à des activités qualifiées et qui exclut les pensions.
Qu’est-ce que le régime IFICI ?
C’est un régime portugais de 10 ans pour les nouveaux résidents exerçant une activité éligible (recherche, enseignement supérieur, start-up, postes qualifiés). Les revenus d’activité éligibles sont taxés à 20 % et la plupart des revenus étrangers sont exonérés, à l’exception des pensions.
Le régime Beckham est-il accessible aux télétravailleurs ?
Oui, depuis la loi Start-up de 2022, sous conditions. Il faut ne pas avoir été résident fiscal espagnol au cours des cinq années précédentes et déposer la demande dans les 6 mois suivant l’affiliation à la sécurité sociale espagnole. Le taux est de 24 % jusqu’à 600 000 €.
Pour un retraité, vaut-il mieux le Portugal ou l’Espagne ?
Depuis la fin du RNH, l’écart fiscal s’est resserré : dans les deux pays, une pension privée française est imposée au barème local, et une pension publique reste imposée en France. Le choix se fait surtout sur le coût de la vie, la région, l’accès aux soins et l’absence d’impôt sur la fortune au Portugal.
Un Français a-t-il besoin d’un visa D7 pour vivre au Portugal ?
Non. En tant que citoyen européen, il s’enregistre auprès de la mairie après trois mois de séjour. Le visa D7 concerne les ressortissants de pays hors Union européenne, par exemple un conjoint non européen.
Quelle assurance santé pour s’expatrier au Portugal ou en Espagne ?
Les retraités s’appuient sur le formulaire S1 complété par une assurance privée. Les actifs cotisent localement et ajoutent souvent une complémentaire. Les inactifs non retraités doivent justifier d’une assurance maladie complète, souvent un contrat au 1er euro. Decaux Assurances compare les solutions de ses partenaires assureurs selon votre statut.
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Voir la Fiche Pays Espagne →Comparez avec d’autres destinations expat
- PwC Worldwide Tax Summaries — Portugal : RNH et IFICI (consulté le 26/09/2026)
- PwC Worldwide Tax Summaries — Espagne : régime des impatriés (Beckham) (consulté le 26/09/2026)
- impots.gouv.fr — conventions fiscales France–Portugal et France–Espagne (consulté le 26/09/2026)
- Eurostat — niveaux de prix comparés (prc_ppp_ind) (consulté le 26/09/2026)
- BOE — Ley Orgánica 1/2025 (suppression des visas investisseurs immobiliers) (consulté le 26/09/2026)
- CLEISS — protection sociale par pays (consulté le 26/09/2026)
- RNH
- Régime portugais des résidents non habituels, fermé aux nouveaux entrants depuis 2024.
- IFICI
- Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação : régime portugais de 10 ans à 20 % sur les activités qualifiées, souvent appelé « RNH 2.0 ».
- Régime Beckham
- Régime espagnol des impatriés : 24 % jusqu’à 600 000 € de revenus d’activité, pendant 6 ans.
- NIF / NIE
- Numéro fiscal portugais (NIF) et numéro d’identification des étrangers en Espagne (NIE).
- Formulaire S1
- Document européen qui rattache un retraité au système de santé de son pays de résidence, aux frais de la France.
- IPREM
- Indicateur public espagnol servant de référence aux seuils de ressources des visas.
- Base de l’épargne
- En Espagne, catégorie de revenus (dividendes, intérêts, plus-values) taxée de 19 % à 30 %.
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Publié le 08/10/2026 · 11 rue de Chartres, 92200 Neuilly-sur-Seine
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