Vidéo. S’installer aux États-Unis en 2026 : visas E-2 et L-1, santé, fiscalité et FATCA

Visa E-2 d’investisseur ou L-1 intra-groupe, système de santé à 18 % du PIB, convention fiscale, accord de totalisation et FATCA : ce que les entrepreneurs et cadres français doivent sécuriser avant de partir.
S’installer aux États-Unis en 2026 : visas E-2 et L-1, système de santé, convention fiscale, totalisation et FATCA — le guide des entrepreneurs et cadres français

Créer ou racheter une entreprise avec un visa E-2, être muté par son groupe avec un L-1, comprendre un système de santé parmi les plus chers au monde, articuler la convention fiscale de 1994 et l’accord de sécurité sociale de 1987, gérer la citoyenneté américaine d’un conjoint ou d’un enfant : les États-Unis récompensent les projets préparés et sanctionnent l’improvisation.

📌 En bref — 5 points clés pour s’installer aux États-Unis
  • Visa E-2 : la France est pays signataire d’un traité avec les États-Unis ; l’investisseur doit détenir au moins 50 % d’une entreprise réelle, non marginale, financée par un investissement « substantiel ». Le visa est délivré aux Français pour 48 mois, l’admission est de 2 ans renouvelables.
  • Visa L-1 : réservé aux salariés d’un groupe ayant travaillé au moins 1 an sur les 3 dernières années dans l’entité étrangère ; 7 ans maximum pour les dirigeants (L-1A), 5 ans pour les experts (L-1B).
  • Santé : 5 300 milliards de dollars de dépenses en 2024, soit 18 % du PIB et plus de 15 000 dollars par habitant ; l’assurance passe surtout par l’employeur ou le marché individuel.
  • Sécurité sociale : l’accord de 1987 permet un détachement de 5 ans et la totalisation des périodes pour la retraite.
  • Binationaux : les États-Unis imposent leurs citoyens où qu’ils vivent ; FBAR, formulaire 8938 et FATCA s’appliquent aux comptes français.
18 %Part des dépenses de santé dans le PIB américain en 2024CMS — National Health Expenditure
15 474 $Dépense de santé par habitant aux États-Unis en 2024CMS — National Health Expenditure
5 ansDurée maximale du détachement France–États-UnisCLEISS
168 529Français inscrits au registre consulaire aux États-Unis fin 2025Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
▶ Abonnez-vous à notre chaîne YouTube

Les États-Unis sont le deuxième pays d’accueil des Français inscrits au registre consulaire, derrière la Suisse, avec près de 170 000 inscrits fin 2025. Derrière ce chiffre, beaucoup d’entrepreneurs qui ouvrent une filiale ou reprennent une affaire, de cadres mutés par leur groupe, d’investisseurs et de familles binationales. Le marché américain offre une profondeur exceptionnelle, mais il repose sur des règles très différentes des nôtres : pas de visa « entrepreneur » universel, une couverture santé largement liée à l’emploi, une fiscalité à trois niveaux (fédéral, État, parfois ville) et une imposition des citoyens américains où qu’ils résident. Decaux Assurances, courtier indépendant immatriculé à l’ORIAS et installé à Neuilly-sur-Seine, accompagne les entrepreneurs et cadres qui partent outre-Atlantique. Ce guide présente les points techniques à maîtriser avant de signer un bail à New York, Miami, Austin ou San Francisco.

📋

Consultez notre Fiche Pays États-Unis

Notre page Assurance Expatrié États-Unis détaille les solutions adaptées aux entrepreneurs et cadres installés aux États-Unis : santé au 1er euro, prévoyance, rapatriement et couverture de la famille, avec une étude personnalisée.

Voir la Fiche Pays États-Unis →

1. Visas E-2 et L-1 : lequel pour votre projet ?

Réponse courte Le visa E-2 vise l’entrepreneur français qui investit personnellement dans une entreprise américaine qu’il contrôle (au moins 50 %) et dirige. Le visa L-1 vise le salarié d’un groupe transféré dans une entité américaine liée : L-1A pour les dirigeants et managers, L-1B pour les experts. Le programme d’exemption de visa (ESTA) ne permet que des séjours d’affaires de 90 jours, sans travailler.
Skyline de Manhattan au lever du soleil vue depuis un bureau vide avec une table de réunion, sans personne - s'installer aux États-Unis, visa E-2 investisseur et visa L-1 transfert intra-groupe pour entrepreneurs et cadres français - Decaux Assurances courtier ORIAS Neuilly-sur-Seine
Manhattan au lever du soleil — New York reste le premier bassin des Français aux États-Unis ; le choix entre E-2 et L-1 dépend de la structure de votre projet.

Le visa E-2 : investir et diriger sa propre entreprise

La France bénéficie d’un traité de commerce avec les États-Unis qui ouvre à ses ressortissants le visa E-2 d’investisseur. Selon l’USCIS, le demandeur doit avoir investi, ou être en train d’investir activement, un capital « substantiel » dans une entreprise réelle et en activité, qu’il détient au moins à 50 % ou dont il a le contrôle opérationnel. Aucun montant minimal n’est fixé : l’administration apprécie la proportionnalité de l’investissement au coût total de l’entreprise, avec une règle simple — plus l’entreprise est modeste, plus la part investie doit être élevée. L’entreprise ne doit pas être « marginale » : elle doit dégager davantage qu’un simple revenu de subsistance pour son dirigeant, ou démontrer qu’elle le pourra dans les cinq ans.

Pour un Français, le visa E-2 est délivré avec une validité de 48 mois et des entrées multiples, selon le tableau de réciprocité du Département d’État. La durée d’admission est de deux ans à chaque entrée, renouvelable sans limite tant que l’entreprise remplit les conditions. Le conjoint obtient un statut dérivé qui l’autorise à travailler de plein droit, et les enfants célibataires de moins de 21 ans l’accompagnent. Le consulat à Paris demande un plan d’affaires sur cinq ans pour les entreprises récentes, et l’entretien est obligatoire pour tous les demandeurs depuis septembre 2025. L’E-2 reste un visa non-immigrant : il n’ouvre pas directement à la carte verte, ce qui doit être intégré dès le départ dans la stratégie familiale et patrimoniale.

Le visa L-1 : la mutation au sein d’un groupe

Le visa L-1 s’adresse aux salariés d’une entreprise ayant une filiale, une maison mère ou un établissement aux États-Unis. Le salarié doit avoir travaillé au moins un an sans interruption au cours des trois dernières années dans l’entité étrangère. Le L-1A concerne les dirigeants et managers, avec une durée maximale de séjour de sept ans ; le L-1B concerne les salariés détenant une connaissance spécialisée, avec un maximum de cinq ans. Lorsqu’il s’agit d’ouvrir un bureau américain (« new office »), l’autorisation initiale est limitée à un an, le temps de démontrer que l’activité démarre réellement. Les grands groupes peuvent obtenir une approbation globale (« blanket L ») qui simplifie les transferts successifs.

Pour un Français, le visa L-1 est délivré pour 17 mois selon le tableau de réciprocité, sa durée de séjour étant fixée par la pétition approuvée. Les frais de 100 000 dollars instaurés en septembre 2025 pour certaines nouvelles pétitions H-1B ne concernent pas le L-1. Un point pratique : le L-1 est lié à l’employeur, contrairement à l’E-2 qui est lié à votre propre entreprise. Il convient particulièrement aux cadres expatriés par leur groupe, qui bénéficient souvent d’un package incluant la santé. L’entrepreneur qui crée seul sa filiale américaine préférera généralement l’E-2, parfois après une première phase en L-1 « new office » lorsque la société française existe depuis plusieurs années.

Dans les deux cas, le calendrier est souvent sous-estimé. Entre la constitution de la société américaine, l’ouverture d’un compte bancaire, la signature d’un bail commercial, la préparation du dossier et l’obtention d’un rendez-vous consulaire, plusieurs mois s’écoulent. Pendant cette période, l’entrepreneur multiplie les allers-retours sous ESTA, qui autorise les réunions, les négociations et la prospection, mais pas le travail productif ni la perception d’une rémunération américaine. C’est aussi pendant cette phase que la question de la couverture santé se pose : l’assurance voyage d’une carte bancaire, conçue pour de courts séjours, a des plafonds et des exclusions qui la rendent souvent inadaptée à des séjours répétés et prolongés aux États-Unis.

Comparatif E-2, L-1 et ESTA

CritèreVisa E-2Visa L-1ESTA (VWP)
Profil viséEntrepreneur ou investisseur françaisSalarié transféré au sein d’un groupeVoyageur d’affaires ou touriste
Condition cléInvestissement substantiel, contrôle d’au moins 50 %1 an d’emploi dans le groupe sur les 3 dernières annéesPasseport électronique, autorisation en ligne
Validité du visa (Français)48 mois17 mois (durée de séjour fixée par la pétition)—
Durée de séjour2 ans par entrée, renouvelable sans limite7 ans max (L-1A), 5 ans max (L-1B)90 jours
Travail autoriséOui, pour l’entreprise E-2Oui, pour l’employeur pétitionnaireNon (réunions et prospection seulement)
ConjointAutorisé à travaillerStatut dérivé L-2—
⚖️ Ce que dit la loi

Les visas E-2 et L-1 sont prévus par l’Immigration and Nationality Act (section 101(a)(15)(E)(ii) et (L)). Les critères de l’E-2 (investissement substantiel, entreprise non marginale, contrôle d’au moins 50 %) sont précisés au 8 CFR 214.2(e), ceux du L-1 au 8 CFR 214.2(l). Le traité franco-américain ouvrant l’E-2 est en vigueur depuis le 21 décembre 1960.

Réf : INA § 101(a)(15)(E) et (L) · 8 CFR 214.2 · Département d’État — réciprocité France
✅ À retenir sur les visas
  • E-2 : entreprise réelle, non marginale, détenue à 50 % au moins ; visa de 48 mois pour les Français.
  • L-1 : un an d’emploi dans le groupe sur les trois dernières années ; 7 ans maximum (L-1A), 5 ans (L-1B).
  • L’ESTA permet des réunions d’affaires de 90 jours, jamais un travail productif.
Vous préparez votre installation aux États-Unis ?

Decaux Assurances construit la couverture santé internationale de votre famille, adaptée à votre visa, à votre État de résidence et à vos déplacements.

Demander mon étude santé expatrié →

2. Système de santé américain : fonctionnement et coûts

Réponse courte Les États-Unis n’ont pas d’assurance maladie universelle. La majorité des actifs sont couverts par une assurance proposée par l’employeur ; les autres passent par le marché individuel (Marketplace de l’Affordable Care Act) ou une assurance internationale. Les dépenses de santé atteignent 18 % du PIB, et le reste à charge (franchises, participations, soins hors réseau) peut être élevé même lorsqu’on est assuré.

Un système privé, organisé par réseaux

Selon les Centers for Medicare & Medicaid Services, les dépenses nationales de santé ont atteint 5 300 milliards de dollars en 2024, en hausse de 7,2 %, soit 15 474 dollars par habitant et 18 % du PIB. Les programmes publics Medicare (seniors) et Medicaid (foyers modestes) ne concernent pas, en pratique, un expatrié récemment arrivé. L’essentiel des actifs est couvert par une assurance de groupe souscrite par l’employeur, dont le contenu varie beaucoup d’une entreprise à l’autre. Les contrats fonctionnent par réseaux de médecins et d’hôpitaux : dans les formules les plus fermées, consulter hors réseau ou sans passer par le médecin référent peut entraîner un remboursement très réduit, voire nul.

Le vocabulaire est différent du nôtre. La « deductible » est la franchise annuelle que l’assuré paie avant que le contrat n’intervienne ; le « copay » est un forfait par acte ; le « coinsurance » est un pourcentage de la facture laissé à la charge de l’assuré ; l’« out-of-pocket maximum » est le plafond annuel de reste à charge au-delà duquel l’assureur prend tout en charge, pour les soins couverts et dans le réseau. Pour les contrats du Marketplace, ce plafond est fixé chaque année par l’administration fédérale et dépasse 10 000 dollars par personne en 2026. Autrement dit, être assuré aux États-Unis ne signifie pas être protégé contre des dépenses importantes : il faut lire la structure du contrat.

Urgences, maternité et familles : les points de vigilance

La loi fédérale EMTALA de 1986 oblige les hôpitaux participant à Medicare à examiner et stabiliser toute personne se présentant aux urgences, y compris une femme en travail, quelle que soit sa capacité à payer. Elle n’impose pas la gratuité : la facture arrive ensuite, et elle peut être lourde en l’absence d’assurance adaptée. Pour une famille qui s’installe, trois sujets méritent une attention particulière : la maternité (souvent soumise à un délai d’attente dans les contrats individuels), la pédiatrie et la santé mentale, et les soins dentaires et optiques, généralement couverts par des contrats séparés.

Le calendrier compte aussi. Sur le Marketplace, l’inscription se fait pendant une période annuelle — du 1er novembre 2026 au 15 janvier 2027 pour la couverture 2027 — ou lors d’un événement de vie (arrivée dans un État, naissance, perte d’emploi). Un entrepreneur E-2 qui arrive hors période, ou un conjoint qui n’est pas couvert par le contrat du salarié L-1, peut se retrouver sans solution locale pendant plusieurs semaines. Une assurance santé internationale au 1er euro, souscrite avant le départ, couvre alors la famille dès l’arrivée, avec un accès aux hôpitaux américains et une couverture lors des retours en France. Attention : la Caisse des Français de l’Étranger rembourse sur la base des tarifs français, sans commune mesure avec les factures américaines ; seule, elle ne suffit pas aux États-Unis.

Pour le cadre muté en L-1, la question se pose différemment : il est souvent couvert par le contrat de groupe de la filiale américaine, parfois complété par un contrat international prévu dans sa politique de mobilité. Il faut alors vérifier ce que ce contrat prévoit pour le conjoint et les enfants, pour les séjours en France pendant les vacances, pour le rapatriement et pour la période de fin de mission. L’entrepreneur E-2, lui, est à la fois l’assuré et le décideur : c’est à lui de choisir entre un contrat local souscrit par sa société, une assurance santé internationale ou une combinaison des deux, en fonction de ses déplacements, de son âge et de ses antécédents médicaux. Dans tous les cas, la lecture des exclusions compte davantage que le libellé commercial.

✅ À retenir sur la santé
  • 18 % du PIB et plus de 15 000 dollars par habitant : le système le plus coûteux du monde développé.
  • L’assurance passe surtout par l’employeur ; le Marketplace ouvre des inscriptions à dates fixes.
  • Franchises, réseaux et plafonds de reste à charge déterminent la vraie protection.

3. Fiscalité : résidence américaine et convention France–États-Unis

Réponse courte Vous devenez résident fiscal américain par la carte verte ou par le test de présence substantielle (183 jours pondérés sur trois ans). Le résident est imposé sur ses revenus mondiaux au niveau fédéral (taux de 10 % à 37 % en 2026), et souvent au niveau de l’État. La convention fiscale du 31 août 1994 évite la double imposition avec la France, mais sa « saving clause » permet aux États-Unis d’imposer leurs citoyens comme si elle n’existait pas.
Bureau vide avec vue sur les gratte-ciel de Miami au coucher du soleil, dossier fiscal et ordinateur portable, sans personne - fiscalité aux États-Unis, convention fiscale France–États-Unis, accord de totalisation et FATCA pour binationaux - Decaux Assurances
Miami au coucher du soleil — le choix de l’État de résidence pèse sur la fiscalité : certains États, comme la Floride ou le Texas, ne prélèvent pas d’impôt sur le revenu des personnes.

Devenir résident fiscal américain

L’IRS considère comme résident fiscal toute personne titulaire d’une carte verte, ou présente au moins 31 jours dans l’année et 183 jours sur trois ans selon un calcul pondéré : tous les jours de l’année en cours, un tiers de ceux de l’année précédente et un sixième de ceux de l’année d’avant. Un cadre en L-1 ou un investisseur E-2 installé à plein temps devient donc résident dès la première année. Le résident est imposé sur ses revenus mondiaux selon un barème fédéral progressif, de 10 % à 37 % pour 2026, auquel s’ajoute le plus souvent un impôt d’État, voire municipal (New York City, par exemple). Côté entreprises, l’impôt fédéral sur les sociétés est de 21 %, à taux unique, auquel s’ajoutent les impôts des États.

Le choix de l’État a donc un impact réel : quelques États ne prélèvent pas d’impôt sur le revenu des personnes, quand d’autres appliquent des taux marginaux élevés. Mais la fiscalité n’est qu’un critère parmi d’autres : marché, écoles, coût du logement et offre médicale pèsent autant dans la décision. Côté France, le départ doit être formalisé : l’article 4 B du CGI peut maintenir une résidence fiscale française si le foyer, l’activité principale ou le centre des intérêts économiques restent en France, et les dirigeants détenant d’importantes participations doivent examiner l’exit tax avant le départ.

Ce que prévoit la convention fiscale de 1994

Signée le 31 août 1994 et modifiée par les avenants de 2004 et 2009, la convention fiscale franco-américaine tranche les conflits de résidence et limite les retenues à la source. Les dividendes versés par une société française à un résident américain supportent au plus 15 % de retenue (5 % pour une société détenant au moins 10 %, voire 0 % sous conditions pour une participation d’au moins 80 %). La double imposition est éliminée par un système de crédits d’impôt. La convention contient aussi une règle spécifique : la France ne considère un citoyen américain ou un titulaire de carte verte comme résident des États-Unis que s’il y séjourne à titre principal.

Surtout, l’article 29 contient la clause dite de sauvegarde (« saving clause ») : les États-Unis se réservent le droit d’imposer leurs citoyens et résidents comme si la convention n’existait pas, sous réserve de quelques exceptions. C’est la clé de voûte de la situation des binationaux. En contrepartie, la convention prévoit un crédit d’impôt spécifique pour les résidents de France qui sont citoyens américains. Pour un couple franco-américain ou un entrepreneur qui garde une holding en France, la modélisation avec un fiscaliste des deux pays n’est pas un luxe : c’est la condition pour éviter la double imposition effective et les pénalités déclaratives.

⚖️ Ce que dit la loi

La convention fiscale France–États-Unis du 31 août 1994, entrée en vigueur le 30 décembre 1995 et modifiée par les avenants du 8 décembre 2004 et du 13 janvier 2009, prévoit à son article 29, paragraphe 2, que les États-Unis peuvent imposer leurs citoyens comme en l’absence de convention. Son article 24 organise l’élimination de la double imposition.

Réf : impots.gouv.fr — conventions internationales · BOFiP BOI-INT-CVB-USA
✅ À retenir sur la fiscalité
  • Résidence fiscale : carte verte ou 183 jours pondérés sur trois ans.
  • Impôt fédéral de 10 % à 37 %, plus l’impôt de l’État : le lieu d’installation compte.
  • La convention de 1994 évite la double imposition, mais les citoyens américains restent imposés aux États-Unis.

4. Accord de sécurité sociale et totalisation

Réponse courte L’accord de sécurité sociale France–États-Unis, signé le 2 mars 1987 et en vigueur depuis le 1er juillet 1988, évite de cotiser deux fois : un salarié détaché peut rester affilié au régime français jusqu’à 5 ans. Il permet aussi de totaliser les périodes d’assurance des deux pays pour ouvrir des droits à la retraite américaine.

Le détachement : rester au régime français

Un salarié envoyé aux États-Unis par son employeur français peut, grâce à l’accord, rester affilié à la Sécurité sociale française et être exempté des cotisations sociales américaines pendant une période initiale de cinq ans au maximum, selon le CLEISS. Aucune prolongation n’est prévue au-delà, sauf dérogation exceptionnelle accordée conjointement par les autorités des deux pays. Le salarié détaché conserve ses droits à l’assurance maladie française : ses soins aux États-Unis lui sont remboursés sur présentation des factures, mais sur la base des tarifs français. C’est pourquoi le CLEISS lui-même recommande d’adapter sa complémentaire santé : l’écart entre le remboursement français et la facture américaine est considérable.

Les travailleurs indépendants peuvent également rester à leur régime d’origine si leur activité aux États-Unis ne dépasse pas deux ans. Au-delà, ou pour un entrepreneur E-2 qui dirige et se rémunère depuis sa société américaine, l’affiliation au régime américain devient la règle : cotisations à la Social Security et à Medicare, sans couverture maladie universelle en contrepartie avant 65 ans. Dans cette situation, l’adhésion volontaire à la Caisse des Français de l’Étranger pour la retraite et, le cas échéant, pour la santé, peut maintenir un lien avec le système français, en complément d’une assurance santé locale ou internationale.

La totalisation des droits à la retraite

La Social Security américaine exige 40 crédits (environ dix années de cotisation, à raison de quatre crédits maximum par an) pour ouvrir un droit à la retraite. Un Français qui travaille quelques années aux États-Unis n’atteindrait donc jamais ce seuil sans l’accord. Grâce à la totalisation, la Social Security Administration peut tenir compte des trimestres français, à condition d’avoir acquis au moins six crédits américains, soit environ un an et demi de cotisation. Chaque pays verse ensuite une pension calculée au prorata des périodes accomplies sous sa législation.

Pour un cadre ou un entrepreneur qui envisage plusieurs années outre-Atlantique, il est utile de reconstituer sa carrière avant le départ, de conserver soigneusement ses relevés américains et d’évaluer l’effet d’une carrière fragmentée sur la pension française. Un plan d’épargne retraite constitué en France avant le départ reste un outil à étudier, en tenant compte de son traitement fiscal au regard de la convention. La prévoyance mérite la même attention : décès et invalidité ne sont pas couverts de façon homogène par les régimes des deux pays, et une prévoyance individuelle valable aux États-Unis sécurise le foyer.

⚖️ Ce que dit la loi

L’accord de sécurité sociale France–États-Unis du 2 mars 1987, en vigueur le 1er juillet 1988, fixe le détachement initial à cinq ans et organise la totalisation des périodes d’assurance vieillesse. Côté américain, le droit à la retraite suppose 40 crédits, ou au moins 6 crédits en cas de totalisation.

Réf : CLEISS — France–États-Unis · Social Security Administration — Agreement with France
✅ À retenir sur la sécurité sociale
  • Détachement de cinq ans maximum, sans prolongation de principe.
  • Remboursement des soins au tarif français seulement : une complémentaire adaptée est indispensable.
  • La totalisation ouvre des droits américains dès six crédits.

5. Citoyens américains et binationaux : FATCA, FBAR, FEIE

Réponse courte Les États-Unis imposent leurs citoyens où qu’ils vivent. Un binational franco-américain doit déposer une déclaration fédérale chaque année, déclarer ses comptes étrangers (FBAR au-delà de 10 000 dollars cumulés) et, au-delà de certains seuils, ses actifs financiers (formulaire 8938). L’accord FATCA, en vigueur depuis 2014, organise la transmission des informations bancaires françaises à l’administration américaine.

Une imposition fondée sur la citoyenneté

C’est une spécificité quasi unique au monde : un citoyen américain reste soumis à l’obligation déclarative fédérale même s’il n’a jamais vécu aux États-Unis. Cela concerne un conjoint américain, des enfants nés sur le sol américain lors d’une précédente expatriation, ou les « Américains accidentels » nés aux États-Unis de parents français. L’exclusion des revenus d’activité étrangers (Foreign Earned Income Exclusion) permet d’exclure jusqu’à 132 900 dollars de revenus professionnels en 2026, sous conditions de résidence à l’étranger, mais la déclaration reste obligatoire. Les revenus du capital, eux, ne bénéficient pas de cette exclusion et relèvent du mécanisme des crédits d’impôt.

À ces obligations fiscales s’ajoutent des obligations déclaratives lourdes de conséquences en cas d’oubli. Le rapport FBAR (FinCEN 114) est dû dès que le total des comptes détenus hors des États-Unis dépasse 10 000 dollars à un moment quelconque de l’année. Le formulaire 8938 s’y ajoute au-delà de seuils plus élevés : pour un contribuable vivant à l’étranger et déclarant seul, plus de 200 000 dollars d’actifs financiers étrangers au 31 décembre ou plus de 300 000 dollars à tout moment de l’année. Assurance-vie française, PEA, comptes-titres et parts de sociétés peuvent entrer dans ces déclarations, avec parfois un traitement fiscal américain défavorable.

FATCA et la renonciation à la nationalité

L’accord intergouvernemental FATCA entre la France et les États-Unis, en vigueur depuis le 14 octobre 2014, oblige les banques et assureurs français à identifier leurs clients « US persons » et à transmettre leurs informations financières à l’administration fiscale française, qui les communique à l’IRS. En pratique, un binational qui ne peut pas justifier de son numéro fiscal américain peut rencontrer des difficultés pour ouvrir un compte, souscrire un contrat d’épargne ou financer un bien. Anticiper ces sujets évite des blocages au moment d’un prêt immobilier ou d’une souscription.

Certains binationaux choisissent de renoncer à la citoyenneté américaine. Depuis le 13 avril 2026, les frais consulaires de renonciation ont été ramenés de 2 350 à 450 dollars, à la suite d’une action de l’Association des Américains Accidentels. La démarche reste lourde : elle suppose d’être en règle avec ses obligations fiscales des années précédentes, elle est irréversible, et la convention prévoit que les anciens citoyens peuvent rester imposables aux États-Unis pendant dix ans dans certaines situations. C’est une décision patrimoniale et familiale, à prendre avec un avocat spécialisé, jamais dans l’urgence.

✅ À retenir pour les binationaux
  • Un citoyen américain déclare ses revenus aux États-Unis où qu’il vive.
  • FBAR au-delà de 10 000 dollars cumulés ; formulaire 8938 au-delà de 200 000 / 300 000 dollars pour un résident à l’étranger.
  • FATCA transmet les informations des comptes français ; la renonciation coûte 450 dollars depuis avril 2026 mais reste lourde.

Top 5 des erreurs à éviter en s’installant aux États-Unis

⚠️ Les 5 pièges les plus fréquents (et comment les éviter)
  1. Travailler sous ESTA « en attendant le visa »L’ESTA interdit tout travail productif et peut compromettre les demandes futures. Solution : limiter les séjours ESTA aux réunions et prospections, et lancer le dossier E-2 ou L-1 tôt.
  2. Sous-estimer le reste à charge santéFranchises, soins hors réseau et plafonds peuvent coûter cher. Solution : comparer la structure des contrats et prévoir une santé internationale pour la transition.
  3. Compter sur la CFE seuleElle rembourse sur la base des tarifs français. Solution : la compléter par une assurance adaptée aux coûts américains.
  4. Oublier les obligations d’un conjoint ou d’un enfant américainFBAR et 8938 oubliés exposent à des pénalités. Solution : un bilan avec un fiscaliste franco-américain avant l’installation.
  5. Négliger la prévoyance du dirigeantUn entrepreneur E-2 n’a pas de filet social équivalent à la France. Solution : prévoyance individuelle et assurance homme-clé pour la société.
✅ Check-list — préparer son installation aux États-Unis en 6 étapes
  1. J-12 mois — Choisir le visa (E-2 ou L-1) et structurer la société américaine avec un avocat en immigration.
  2. J-8 mois — Réaliser le bilan fiscal France–États-Unis : résidence, exit tax, statut des membres américains de la famille.
  3. J-6 mois — Demander le certificat de détachement si vous êtes salarié détaché.
  4. J-3 mois — Souscrire une santé internationale au 1er euro et une prévoyance valables aux États-Unis.
  5. J-1 mois — Adapter les assurances françaises : prêt, PNO, assurance homme-clé de la société.
  6. J+1 mois — S’inscrire au registre des Français établis hors de France et au Marketplace si nécessaire.

FAQ — S’installer aux États-Unis : 6 questions clés

Quel montant faut-il investir pour un visa E-2 ?

Aucun montant minimal n’est fixé par la loi. L’investissement doit être « substantiel » au regard du coût total de l’entreprise, qui doit être réelle, active et non marginale. Plus l’entreprise est petite, plus la part investie doit être élevée. Un avocat en immigration évalue le dossier au cas par cas.

Quelle est la différence entre les visas E-2 et L-1 ?

L’E-2 est lié à votre propre investissement dans une entreprise américaine que vous contrôlez à 50 % au moins. Le L-1 est lié à votre employeur : il permet un transfert au sein d’un groupe après au moins un an d’emploi dans l’entité étrangère sur les trois dernières années.

La Sécurité sociale française rembourse-t-elle les soins aux États-Unis ?

Un salarié détaché dans le cadre de l’accord conserve l’assurance maladie française, mais ses soins sont remboursés sur la base des tarifs français, très inférieurs aux coûts américains. Une complémentaire ou une assurance santé internationale adaptée est indispensable.

Combien de temps peut durer un détachement aux États-Unis ?

L’accord de sécurité sociale de 1987 prévoit un détachement initial de cinq ans au maximum. Aucune prolongation n’est prévue, sauf dérogation exceptionnelle accordée par les autorités des deux pays.

Un binational franco-américain vivant en France doit-il déclarer ses revenus aux États-Unis ?

Oui. Les États-Unis imposent leurs citoyens où qu’ils résident. Le binational dépose une déclaration fédérale, peut bénéficier de l’exclusion des revenus d’activité étrangers (132 900 dollars en 2026) et de crédits d’impôt, et déclare ses comptes étrangers via le FBAR.

Qu’est-ce que FATCA pour un Français ?

FATCA est la loi américaine qui impose aux établissements financiers étrangers d’identifier leurs clients américains. L’accord France–États-Unis, en vigueur depuis le 14 octobre 2014, organise la transmission de ces informations à l’IRS via l’administration fiscale française.

Aux États-Unis, la couverture santé se choisit avant le départ.

Decaux Assurances compare pour vous les solutions de santé internationale, de prévoyance et d’assurance homme-clé adaptées à votre visa et à votre famille.

Voir nos solutions expatriés →

Comparez avec d’autres destinations expat

📚 Sources officielles consultées
📖 Glossaire — S’installer aux États-Unis
Visa E-2
Visa d’investisseur réservé aux ressortissants d’un pays lié aux États-Unis par un traité de commerce, dont la France.
Visa L-1
Visa de transfert intra-groupe : L-1A pour les dirigeants et managers, L-1B pour les experts.
Deductible
Franchise annuelle payée par l’assuré avant l’intervention de son assurance santé.
Out-of-pocket maximum
Plafond annuel de reste à charge pour les soins couverts, dans le réseau.
Totalisation
Prise en compte des périodes d’assurance accomplies dans l’autre pays pour ouvrir un droit à pension.
FBAR
Déclaration annuelle des comptes financiers étrangers (FinCEN 114) dès 10 000 dollars cumulés.
FATCA
Foreign Account Tax Compliance Act : loi américaine imposant l’identification des clients américains par les établissements financiers étrangers.
🎯 Notre expertise Decaux Assurances

Pourquoi ce guide vous est utile

Decaux Assurances, courtier indépendant immatriculé à l’ORIAS sous le n° 20005730 et installé à Neuilly-sur-Seine, accompagne les entrepreneurs, cadres et familles qui s’installent aux États-Unis. Nous articulons l’éventuel détachement, la CFE et une assurance santé internationale adaptée aux coûts américains, et nous vérifions avec vous les points qui comptent : réseaux hospitaliers, maternité, délais d’attente, rapatriement, prévoyance du dirigeant et assurance emprunteur des biens conservés en France.

Decaux Assurances Courtier en Santé Internationale et Protection du Dirigeant · ORIAS 20005730
Publié le 14/10/2026 · 11 rue de Chartres, 92200 Neuilly-sur-Seine

N’hésitez pas à solliciter Decaux Assurances pour une étude personnalisée sans frais. Nous adaptons votre assurance santé internationale aux États-Unis à votre visa, votre État d’installation et votre famille, et nous structurons aussi votre prévoyance, votre assurance homme-clé et votre assurance de prêt expatrié. Courtier indépendant immatriculé à l’ORIAS et installé à Neuilly-sur-Seine.

Skyline de Manhattan et Hudson depuis un rooftop à l'heure dorée - Decaux Assurances

Decaux Assurances

Courtier en Santé Internationale et Protection du Dirigeant
Publié par Decaux Assurances le 14/10/2026

N’hésitez pas à solliciter Decaux Assurances pour une étude personnalisée sans frais. Nous adaptons votre santé internationale au 1er euro aux coûts américains et à votre visa, et nous structurons votre prévoyance, votre assurance homme-clé et votre assurance de prêt expatrié. Courtier indépendant immatriculé à l’ORIAS (n° 20005730) et installé à Neuilly-sur-Seine.

  • Tous
  • Actualités assurance
  • Assurance décennale
  • Assurance emprunteur
  • Audit énergétique
  • Dommages
  • Dommages-Ouvrage
  • Éditorial
  • Event
  • Expat
  • Fiscalité
  • Flash Infos
  • Le Morning Café
  • Particuliers
  • Produits
  • Professionnels
  • Qualité de l'air
  • RC Pro
  • Santé
Ciel d'orage et palmiers sur la côte du golfe de Floride - ouragan et expatriés aux États-Unis - Decaux Assurances
Expat

Flash. Ouragan Isaias sur le golfe du Mexique : les réflexes d’assurance des Français installés aux États-Unis

Ouragan Isaias sur le golfe du Mexique (8 octobre 2026) : santé, assistance, habitation, les réflexes des expatriés aux USA, par votre courtier ORIAS.
Ordinateur portable sur une table de café en Méditerranée - nomades, expatriés et assurance-vie - Decaux Assurances
Expat

Flash. Budget 2027 : l’assurance-vie, contrats étrangers compris, sous conditions — ce que les expatriés et nomades doivent savoir

PLF 2027 : l'assurance-vie, contrats étrangers compris, soumise à 3 conditions. Ce que les expatriés et nomades doivent suivre, par votre courtier ORIAS.

États-Unis : protéger sa famille et son entreprise

Aux États-Unis, la santé coûte cher et la CFE seule ne suffit pas. Organisez votre assurance santé expatrié, votre prévoyance, votre assurance homme-clé et votre PER.

Défiler vers le haut
Share via
Copy link