Retraite en Grèce : découvrez la fiscalité à 7 %, le formulaire S1, l’assurance santé, le coût de la vie et les démarches pour vous expatrier.
Prendre sa retraite en Grèce séduit un nombre croissant de retraités français en quête d’un climat agréable, d’une qualité de vie méditerranéenne et, sous certaines conditions, d’une fiscalité avantageuse. Le pays a mis en place un régime fiscal à 7 % pour attirer de nouveaux résidents fiscaux, ce qui en fait aujourd’hui l’une des destinations les plus étudiées par les futurs expatriés d’Europe du Nord et de France.
Mais s’expatrier en Grèce à la retraite ne se résume pas à choisir une île et à profiter du soleil. Avant de partir, il est essentiel d’étudier sa résidence fiscale, l’imposition de ses pensions françaises, sa couverture santé, son logement et les formalités administratives.
Dans ce guide, nous répondons aux questions que se posent la plupart des futurs expatriés : Est-il vraiment intéressant de prendre sa retraite en Grèce ? Quelle fiscalité pour une pension française perçue en Grèce ? Comment fonctionne le formulaire S1 ? Où s’installer ? Quelles démarches effectuer avant le départ ?
Pourquoi prendre sa retraite en Grèce ?
La Grèce présente de nombreux atouts pour les retraités français.
Le premier est évidemment son climat méditerranéen. Les hivers sont généralement doux et les régions côtières ainsi que les îles bénéficient d’un ensoleillement important. Le pays offre également une grande diversité de cadres de vie : Athènes pour ceux qui recherchent une vie urbaine, la Crète pour un environnement plus insulaire, ou encore le Péloponnèse et certaines régions du nord pour un mode de vie plus tranquille.
Le coût de la vie peut également constituer un avantage par rapport à certaines régions françaises, même si les écarts varient fortement selon la ville ou la région et selon le type de dépenses. Le logement, notamment, peut représenter une part importante du budget dans les secteurs touristiques et les zones les plus recherchées.
Enfin, la proximité géographique avec la France et les nombreuses liaisons aériennes facilitent les déplacements entre les deux pays.
Cependant, le choix d’une expatriation ne doit pas reposer uniquement sur le climat ou le coût de la vie. La fiscalité et la protection sociale sont deux éléments essentiels à étudier avant de s’installer.
Fiscalité en Grèce pour un retraité français
La fiscalité constitue l’un des principaux sujets à étudier avant une expatriation en Grèce.
Depuis 2020, la législation grecque prévoit un régime d’imposition forfaitaire de 7 % destiné à certains nouveaux résidents fiscaux percevant des revenus de source étrangère. Ce régime, prévu par l’article 5B du Code fiscal grec, peut présenter un intérêt particulier pour les retraités français qui envisagent de transférer leur résidence fiscale en Grèce.
Le régime fiscal grec à 7 % est-il automatique ?
Non. Le taux de 7 % n’est pas accordé automatiquement à toute personne qui s’installe en Grèce à la retraite. Il faut en faire la demande et remplir plusieurs conditions cumulatives.
Selon l’administration fiscale grecque, le contribuable doit notamment :
- Transférer sa résidence fiscale en Grèce ;
- Ne pas avoir été résident fiscal grec durant 5 des 6 années précédant le transfert ;
- Transférer sa résidence depuis un État avec lequel la Grèce dispose d’un accord de coopération fiscale approprié (ce qui est le cas de la France) ;
- Percevoir des revenus de source étrangère ;
- Respecter les autres conditions et formalités prévues par la législation grecque.
Lorsque les conditions sont remplies, l’imposition forfaitaire de 7 % peut s’appliquer aux revenus de source étrangère pendant 15 années fiscales consécutives. Notez que les revenus de source grecque restent soumis aux règles fiscales qui leur sont propres. Par ailleurs, le non-paiement de l’impôt dans les conditions prévues peut entraîner la perte du bénéfice du régime et l’application du régime fiscal ordinaire.
Quelle fiscalité pour une retraite française en Grèce ?
Le taux grec de 7 % ne suffit pas, à lui seul, à déterminer l’imposition d’une pension française. Il faut également examiner :
- La convention fiscale entre la France et la Grèce, destinée à éviter les doubles impositions ;
- La nature exacte de la pension perçue (privée, sécurité sociale, fonction publique) ;
- La situation personnelle du retraité (nationalité, historique de résidence, autres revenus).
La convention fiscale franco-grecque prévoit notamment que les pensions et rémunérations similaires versées au titre d’un emploi antérieur sont, en principe, imposables exclusivement dans l’État de résidence. Elle prévoit toutefois des règles spécifiques pour les pensions relavant des fonctions publiques.
La distinction entre pension privée, pension relevant de la sécurité sociale et pension versée au titre d’un emploi public peut donc être déterminante dans le calcul final de l’impôt.
À retenir : un ancien fonctionnaire ne doit pas partir du principe que sa pension sera automatiquement imposée en Grèce au taux de 7 %. La convention fiscale prévoit des règles particulières pour les rémunérations et pensions versées par un État ou une personne morale de droit public, avec notamment une exception liée à la nationalité du bénéficiaire.
Avant tout changement de résidence fiscale, une analyse personnalisée, idéalement réalisée avec un fiscaliste ou un avocat spécialisé en fiscalité internationale, est donc indispensable.
Résidence fiscale en Grèce : attention aux règles
Le fait de passer une partie de l’année en Grèce ne signifie pas automatiquement que l’on devient résident fiscal grec.
La détermination de la résidence fiscale dépend notamment :
- De la durée de présence physique sur le territoire grec ;
- Du lieu où se situe le centre des intérêts vitaux du contribuable (foyer, famille, activités) ;
- Des liens économiques et personnels entretenus avec chaque État.
Une expatriation à la retraite doit donc être préparée en amont afin d’éviter une situation de résidence fiscale mal déterminée, une double imposition non anticipée, ou des obligations déclaratives inattendues des deux côtés de la frontière.
Il est également important de ne pas confondre :
|
Notion |
Ce qu’elle détermine |
|
Le lieu où l’on séjourne |
La présence physique, pas nécessairement le statut fiscal |
|
Le pays où l’on est résident fiscal |
L’obligation déclarative principale et le régime d’imposition applicable |
|
Le pays qui impose une pension donnée |
Dépend de la convention fiscale et de la nature de la pension |
|
Le pays responsable de la couverture maladie |
Dépend des règles européennes de coordination de sécurité sociale (formulaire S1) |
Ces quatre notions peuvent être liées, mais elles ne sont pas nécessairement identiques — c’est d’ailleurs l’une des erreurs les plus fréquentes chez les candidats à l’expatriation.
Que se passe-t-il après 15 ans ?
À l’issue des 15 années, le régime préférentiel prend fin. L’article 5B ne prévoit ni prolongation automatique ni renouvellement du taux de 7 %. Le contribuable, s’il reste résident fiscal grec, revient alors au régime ordinaire d’imposition grec, dont les taux sont progressifs et sensiblement plus élevés. Il est donc utile d’anticiper cette échéance dans sa planification patrimoniale à long terme.
Quelle assurance santé pour un retraité français en Grèce ?
La question de la santé est probablement l’un des principaux sujets de préoccupation lorsqu’on envisage de passer sa retraite à l’étranger.
Pour un retraité français qui s’installe durablement en Grèce, il faut distinguer le régime légal d’assurance maladie auquel il est rattaché, l’accès au système de santé grec grâce au formulaire S1 et les éventuelles assurances privées destinées à couvrir le reste à charge ou l’accès au secteur privé.
Le formulaire S1 : le point de départ pour de nombreux retraités français
Le formulaire S1 est un document européen qui permet à une personne assurée dans un État de bénéficier de la couverture maladie dans son pays de résidence lorsqu’elle relève d’un autre État pour son assurance maladie.
C’est notamment le cas d’un retraité français qui s’installe dans un autre État de l’Union européenne et dont la couverture maladie reste à la charge du régime français.
Le retraité doit demander le document S1 à l’organisme compétent qui lui verse sa pension ou gère ses droits, puis le faire enregistrer auprès de l’organisme d’assurance maladie du pays de résidence.
Que permet le S1 en Grèce ?
Une fois le S1 enregistré en Grèce, le retraité bénéficie de l’accès aux soins dans les conditions prévues par la législation grecque, comme les personnes relevant du système grec dans une situation comparable.
Le S1 ne signifie donc pas que la CPAM française rembourse directement tous les soins réalisés en Grèce sur la base des tarifs français.
Il permet de transférer le droit aux prestations en nature vers le pays de résidence, lequel applique ses propres règles de prise en charge.
Cela signifie également que le S1 ne garantit pas une prise en charge identique à celle dont le retraité bénéficiait en France. Les systèmes de santé, les tarifs, les règles de remboursement et les conditions d’accès aux soins peuvent être différents d’un pays à l’autre.
La Grèce figure par ailleurs parmi les États pour lesquels certaines règles européennes permettent aux pensionnés relevant d’un autre État de bénéficier également de droits élargis lors de séjours dans l’État qui verse la pension, sous réserve des conditions applicables.
S1, CFE et assurance au 1er euro : trois mécanismes différents
C’est un point essentiel pour éviter les confusions.
Le S1 n’est pas une assurance complémentaire.
Il s’agit d’un document européen permettant l’inscription auprès du régime d’assurance maladie du pays de résidence lorsque l’intéressé reste couvert par le régime d’un autre État.
La CFE n’est pas non plus la complémentaire du S1.
La Caisse des Français de l’Étranger (CFE) est une assurance maladie volontaire destinée aux Français expatriés. Elle propose notamment une couverture spécifique pour les retraités expatriés, avec des remboursements déterminés selon les règles de l’offre souscrite et le pays où les soins sont réalisés. La CFE indique également qu’une assurance complémentaire peut être souscrite en complément de cette couverture.
Pour un retraité qui bénéficie déjà d’un S1 et qui s’installe en Grèce, la question n’est donc pas de savoir s’il faut « ajouter la CFE au S1 » de manière automatique. Il faut d’abord déterminer quel régime légal est compétent, puis rechercher, si nécessaire, une couverture privée adaptée aux frais qui restent à charge et aux besoins de soins dans le secteur privé.
Assurance au 1er euro : de quoi parle-t-on ?
Une assurance santé dite « au 1er euro » est une assurance privée qui indemnise les frais de santé directement selon les garanties, plafonds, franchises, exclusions et modalités prévus par le contrat, sans être construite comme une simple complémentaire venant compléter les remboursements d’un régime de base de la CFE.
Elle peut notamment être recherchée par des expatriés qui souhaitent une couverture internationale et un accès plus large au secteur privé.
Mais l’expression « au 1er euro » ne signifie pas que tous les frais médicaux seront intégralement remboursés. Le contenu réel de la couverture dépend du contrat : hospitalisation, consultations, dentaire, optique, médecine courante, soins en France, soins dans d’autres pays, plafonds, exclusions, franchises, délais de carence et prise en charge des antécédents médicaux doivent être examinés.
Faut-il choisir entre S1 et assurance privée ?
Pas nécessairement.
Pour un retraité français installé en Grèce et bénéficiant d’un S1, les deux dispositifs peuvent répondre à des fonctions différentes :
- Le S1 permet l’accès au système légal de santé grec dans le cadre de la coordination européenne ;
- Une assurance privée peut couvrir certains frais restant à la charge du patient et/ou offrir, selon le contrat, une couverture des soins privés ;
- Une assurance privée peut également être utile pour certaines prestations ou certains pays qui ne sont pas couverts par le régime légal dans les mêmes conditions.
Il faut cependant vérifier les conditions de coordination entre les deux couvertures. Une assurance privée ne doit pas être présentée comme un remboursement automatique « en plus » du S1 : c’est le contrat d’assurance qui détermine les frais couverts et les modalités d’indemnisation.
Et si l’on choisit la CFE ?
La CFE répond à une logique différente.
Elle peut constituer une solution de couverture maladie pour certains Français expatriés, notamment dans les situations où les mécanismes européens de coordination ne s’appliquent pas ou lorsqu’une personne souhaite volontairement bénéficier d’une couverture CFE.
Pour les retraités, la CFE propose notamment l’offre RetraitExpat Santé, destinée aux retraités expatriés remplissant les conditions d’adhésion. Cette assurance couvre les soins réalisés à l’étranger selon les garanties et bases de remboursement applicables. La CFE indique qu’une assurance complémentaire peut ensuite compléter ces remboursements.
Il faut donc distinguer clairement :
S1 + assurance privée
Le S1 permet l’accès au régime légal du pays de résidence. L’assurance privée intervient selon son contrat pour compléter ou élargir la couverture, notamment pour certains frais ou soins privés.
CFE + complémentaire CFE
La CFE constitue alors la couverture de base choisie par l’expatrié. Une assurance complémentaire peut compléter les remboursements de la CFE.
Assurance privée au 1er euro
L’assurance privée constitue la couverture principale prévue par le contrat, sans être fondée sur un remboursement préalable de la CFE.
Ces trois schémas ne sont donc pas interchangeables.
Quelle solution privilégier en Grèce ?
Pour un retraité français qui relève du régime français et est éligible au S1, le premier réflexe est généralement de vérifier ses droits au S1 et de procéder à son enregistrement en Grèce.
Une assurance privée peut ensuite être étudiée pour couvrir les besoins que le système légal grec ne satisfait pas suffisamment, notamment si le retraité souhaite recourir régulièrement aux établissements privés.
La CFE constitue une autre voie de couverture et n’est pas le prolongement automatique du S1. Avant de cumuler plusieurs dispositifs, il est indispensable de vérifier leurs règles respectives et d’éviter de payer deux couvertures pour les mêmes risques sans réel bénéfice supplémentaire.
Le choix entre S1 + assurance privée, CFE + complémentaire ou assurance au 1er euro dépend notamment de l’âge, du coût des contrats, des antécédents médicaux, du niveau de couverture souhaité, du recours envisagé au secteur privé et des séjours réguliers en France.
Pourquoi envisager une assurance santé privée ?
Le système de santé grec peut être complété par une assurance santé privée lorsque le retraité souhaite disposer d’un accès plus large au secteur privé ou limiter certains restes à charge.
Selon les garanties souscrites, une assurance privée peut notamment permettre :
- L’accès à des médecins et cliniques privées ;
- La prise en charge de consultations dans le secteur privé ;
- Une meilleure couverture de certains frais d’hospitalisation ;
- L’accès à certains établissements privés ;
- Une couverture internationale selon les pays prévus au contrat ;
- Des garanties spécifiques lors des séjours en France ou dans d’autres pays.
Le secteur privé grec peut constituer une alternative intéressante pour les personnes qui privilégient certains établissements ou souhaitent disposer d’une plus grande liberté dans le choix de leurs professionnels de santé.
Avant de souscrire, il faut toutefois examiner attentivement les plafonds, franchises, exclusions, délais de carence, conditions relatives aux antécédents médicaux et modalités de prise en charge directe.
Où s’installer pour sa retraite en Grèce ?
La Grèce ne se résume pas à ses îles. Le choix du lieu de résidence dépend largement du mode de vie recherché.
- Athènes peut convenir aux retraités qui souhaitent bénéficier d’une offre importante en matière de services, de commerces, de transports et de soins.
- La Crète attire ceux qui recherchent davantage de soleil, un environnement méditerranéen et un rythme de vie plus tranquille, tout en disposant de villes suffisamment importantes pour accéder aux principaux services.
- Le Péloponnèse peut également constituer une option intéressante pour les personnes recherchant un environnement moins urbain.
- Quant aux îles grecques, elles offrent un cadre de vie exceptionnel, mais il faut tenir compte de leur accessibilité, de la saisonnalité de certains services et de l’offre médicale disponible localement.
Avant de choisir son lieu de résidence, il est donc conseillé de prendre en compte plusieurs critères : logement, accès aux soins, transports, proximité d’un aéroport, commerces, vie sociale et coût de la vie.
Quelles démarches avant de s’expatrier en Grèce à la retraite ?
Une expatriation réussie nécessite d’anticiper les démarches administratives.
Avant le départ, il est notamment recommandé de :
- Déterminer sa future résidence fiscale ;
- Étudier les conséquences fiscales du changement de résidence ;
- Vérifier son éligibilité au régime fiscal grec à 7 % ;
- Organiser le versement de ses pensions de retraite ;
- Effectuer les démarches relatives au formulaire S1 ;
- Étudier ses besoins en matière d’assurance santé complémentaire ;
- Rechercher un logement adapté ;
- Vérifier les formalités de résidence applicables aux ressortissants français ;
- Anticiper les questions liées aux comptes bancaires, aux assurances et au patrimoine immobilier.
Il est également prudent de conserver une marge financière suffisante pour faire face aux dépenses imprévues, notamment en matière de santé ou de logement.
Retraite en Grèce : les avantages et les points de vigilance
La Grèce présente de sérieux arguments pour les retraités français :
Les principaux avantages :
- Un climat méditerranéen ;
- Une qualité de vie appréciée ;
- La mer et de nombreux espaces naturels ;
- Un patrimoine culturel exceptionnel ;
- Une proximité avec la France ;
- Un régime fiscal potentiellement très avantageux pour certains nouveaux résidents fiscaux ;
- Un accès au système de santé grec dans le cadre des règles européennes.
Les points de vigilance :
- Le régime fiscal à 7 % est soumis à des conditions ;
- Le coût du logement peut être élevé dans certaines zones très touristiques ;
- L’accès aux soins peut varier selon les régions ;
- La maîtrise de la langue grecque peut être utile dans les démarches du quotidien ;
- L’assurance santé privée doit être étudiée en fonction de l’âge, des besoins médicaux et des garanties recherchées ;
- Un changement de résidence fiscale peut avoir des conséquences sur l’ensemble du patrimoine et des revenus.
Conclusion : faut-il prendre sa retraite en Grèce ?
S’expatrier en Grèce à la retraite peut être une excellente option pour un retraité français, à condition de préparer son projet bien en amont.
Le climat, le cadre de vie et la proximité avec la France constituent des arguments importants. Mais le régime fiscal à 7 % et la question de la couverture santé méritent une attention particulière.
Le formulaire S1 permet, sous conditions, de bénéficier d’une couverture maladie dans le pays de résidence, tandis qu’une assurance santé internationale complémentaire peut apporter une protection supplémentaire et faciliter l’accès au secteur privé.
Avant de franchir le pas, il est donc essentiel d’étudier sa situation dans son ensemble : résidence fiscale, pensions, patrimoine, couverture santé, logement et budget quotidien.
Une expatriation réussie est avant tout une expatriation bien préparée.
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