Le Morning Café
de Decaux Assurances
Quatre décrets publiés au Journal officiel du 22 août déplacent entre 1,5 et 1,7 milliard d’euros de dépenses de santé de l’Assurance maladie vers les complémentaires, à compter du 1ᵉʳ janvier 2027. La même semaine à Londres, Aviva rend la garantie terrorisme automatique pour ses clients PME — parce que le réassureur public Pool Re, devant un marché où seules 4 % des PME britanniques sont couvertes, a consenti une remise que le privé n’aurait jamais faite seul. Riyad négocie une couverture de guerre maritime adossée à l’État, et le régulateur britannique prépare un régime de captives exempté de Solvency UK. Cette semaine, la question n’est pas de savoir combien coûte le risque : c’est de savoir qui le porte quand le marché ne suffit plus.
En bref cette semaine
Le tour du monde de l’édition
Cette édition cartographie 13 pays.
🧭 Le décryptage de la semaine
De la revue de presse à la lecture du risque
☕ Ce que cela signifie pour nos clients
Le remboursement change de payeur, pas de coût. Quatre décrets publiés au Journal officiel du 22 août — n°2026-809 sur les soins dentaires, n°2026-810 sur les dispositifs médicaux, n°2026-812 sur les transports sanitaires, et un quatrième sur les médicaments — déplacent, à compter du 1ᵉʳ janvier 2027, entre 1,5 et 1,7 milliard d’euros de dépenses de santé de l’Assurance maladie vers les complémentaires. Sur les soins dentaires, l’Assurance maladie ne remboursera plus que 40 à 50 %, au lieu de 55 à 65 % aujourd’hui. Les contrats responsables, qui représentent 95 % des contrats commercialisés, en absorberont l’essentiel. Le réflexe Decaux Assurances : vos contrats santé collectifs à échéance du 1ᵉʳ janvier se re-tarifent maintenant, pas en décembre — la charge est connue, le devis de renouvellement ne l’est pas encore.
Sans l’État, une partie du risque n’est tout simplement pas vendable. Le réassureur public britannique Pool Re constate que 4 % seulement des PME du pays détiennent un produit dédié d’assurance terrorisme, alors qu’elles forment 99 % du tissu d’entreprises. Son régime incitatif a suffi à faire bouger le marché privé : depuis le 24 août, Aviva intègre la garantie terrorisme en standard dans ses contrats PME dès lors que la somme assurée dommages et pertes d’exploitation reste sous dix millions de livres — l’assureur indique que la réassurance lui a été consentie avec une remise atteignant 90 %. Le réflexe Decaux Assurances : sur les multirisques professionnelles de vos clients, vérifiez si la garantie attentats est incluse ou reste en option — la réponse tient rarement en une ligne du tableau de garanties.
Quand le marché se retire, l’assuré redevient son propre assureur. Le 14 juillet, les deux régulateurs britanniques ont ouvert une consultation proposant un régime sur mesure pour les captives : exclusion de Solvency UK et de la Consumer Duty, exigences de capital et de reporting réduites, agrément visé en quatre à six semaines. La consultation se clôt le 14 octobre 2026, le régime serait lancé à l’été 2027. En Alberta, une quarantaine de captives sont déjà agréées, certains dossiers en moins d’une semaine. Le réflexe Decaux Assurances : la captive cesse d’être un outil de grand groupe. Sur une exposition que le marché tarife mal — franchise élevée, sinistralité atypique —, la question de la rétention organisée mérite d’être posée avant le prochain renouvellement.
L’Indice Morning Café du Risque
Notre lecture du risque pour la semaine du 22 au 28 août 2026 : quand le marché ne suffit plus, la question n’est plus combien coûte le risque, mais qui le porte — et cette semaine, la réponse a changé quatre fois.
☕ Notre regard de la semaine
« …those public institutions and those public works, which, though they may be in the highest degree advantageous to a great society, are, however, of such a nature that the profit could never repay the expence to any individual or small number of individuals. » — « …ces institutions publiques et ces travaux publics qui, bien qu’ils puissent être au plus haut degré avantageux à une grande société, sont cependant de telle nature que le profit n’en rembourserait jamais la dépense à un individu ou à un petit nombre d’individus. »
— Adam Smith, An Inquiry into the Nature and Causes of the Wealth of Nations, livre V, chapitre premier, partie III, 1776
En 1776, Adam Smith décrivait une catégorie de choses à part : celles qui sont si utiles à la société entière qu’aucun acteur privé ne peut espérer en tirer assez de profit pour en supporter seul la dépense. Deux cent cinquante ans plus tard, l’assurance bute exactement sur cette frontière — et cette semaine, elle l’a franchie quatre fois. En France, quatre décrets du 22 août déplacent entre 1,5 et 1,7 milliard d’euros de dépenses de santé de l’Assurance maladie vers les complémentaires : la puissance publique recule, et la charge atterrit sur la cotisation de votre client au 1ᵉʳ janvier. Au Royaume-Uni, le mouvement est rigoureusement inverse. Parce que 4 % seulement des PME détenaient une couverture terrorisme, il a fallu qu’un réassureur public consente une remise pour qu’Aviva ose enfin l’inclure en standard : sans ce coup de pouce, la garantie n’était pas vendable. À Riyad, on négocie une couverture de guerre maritime adossée à l’État parce que le marché refuse désormais certaines traversées. Et à Londres, le régulateur s’apprête à laisser les entreprises redevenir leur propre assureur, hors Solvency UK. À mon sens, ces quatre mouvements disent tous la même chose, et Smith l’avait posée avant nous : la mutualisation privée a des bords. Le débat utile n’est pas de savoir si on les atteint — on les atteint — mais de décider, en connaissance de cause, qui porte ce qu’il y a au-delà. Le réflexe Decaux Assurances : sur chacun de vos contrats, sachez lequel de vos risques ne tient que grâce à un régime public. Le jour où ce régime change de règle, votre garantie change avec lui — et vous l’apprendrez au sinistre si vous ne l’avez pas vu venir.
— Kevin Decaux
⚠️ Les 3 risques à surveiller
Une charge qui change de bilan
Quatre décrets publiés au Journal officiel du 22 août font qu’au 1ᵉʳ janvier 2027 l’Assurance maladie ne remboursera plus que 40 à 50 % des soins dentaires, au lieu de 55 à 65 %, et 5 à 15 % des médicaments à service médical rendu modéré, au lieu de 25 à 30 %. Le plafond des franchises médicales passe par ailleurs de 100 à 140 euros au 1ᵉʳ octobre.
Le réflexe Decaux Assurances : la hausse de cotisation de janvier n’est pas une dérive de l’assureur, c’est un transfert de charge daté et chiffré. Vos clients entreprise l’apprendront par leur appel de prime s’ils ne l’apprennent pas par vous d’abord.
Une garantie qui n’existe que soutenue
Devant un marché où 4 % seulement des PME britanniques détiennent une couverture terrorisme dédiée, le régime incitatif du réassureur public Pool Re a conduit Aviva à intégrer la garantie en standard sous dix millions de livres de somme assurée, à compter du 24 août. Sans ce soutien public, la garantie restait invendable à cette clientèle.
Le réflexe Decaux Assurances : une garantie qui n’existe que parce qu’un régime public la soutient est une garantie dont il faut surveiller le régime autant que le contrat.
Un régime encore en négociation
L’Arabie Saoudite négocie, selon le Financial Times, un dispositif d’assurance des risques de guerre maritimes adossé à l’État : jusqu’à 700 millions de riyals de couverture par événement assuré — saisie de navire, frappe de missile —, porté par un consortium mené par Saudi Re et Riyadh Re, avec une capacité de dernier recours de la banque publique d’export-import. Les termes et la part de risque assumée par l’État restent en discussion et peuvent évoluer, voire échouer.
Le réflexe Decaux Assurances : sur les flux qui traversent une zone de conflit, la couverture de guerre se vérifie avant chaque expédition, pas à l’échéance annuelle — elle se restreint et se retire en quelques jours.
C’est la part des PME britanniques couvertes par un produit dédié d’assurance terrorisme, selon le réassureur public Pool Re — alors que les PME représentent 99 % du tissu d’entreprises du pays. Il a fallu un régime public incitatif pour qu’un assureur, Aviva, décide enfin d’inclure la garantie en standard.
Parmi les garanties que vous vendez, lesquelles n’existent que parce qu’un régime public les rend possibles — cat-nat, terrorisme, risques de guerre, une part de la santé ? Et si ce régime changeait de règle l’an prochain, le sauriez-vous avant votre client, ou après son sinistre ?
99 % de l’économie, 4 % de la couverture
Les PME britanniques forment 99 % du tissu d’entreprises du pays, mais seules 4 % d’entre elles détiennent un produit dédié d’assurance terrorisme. C’est ce constat, publié par Pool Re le 13 avril, qui a justifié un régime incitatif public : depuis le 24 août, Aviva inclut la garantie en standard dans ses contrats PME sous dix millions de livres, avec une réassurance consentie jusqu’à 90 % moins cher.
Une garantie que le marché privé ne vendait pas devient un standard dès lors qu’un régime public en absorbe la pointe : ce qui change n’est pas le coût du risque, mais le prix de la réassurance. Pour un dirigeant français, la question n’est pas le tarif mais la présence : vérifier si la garantie attentats de sa multirisque professionnelle est incluse ou reste en option — et à quel plafond.
Nos 5 publications de la semaine
Cette semaine, nous avons publié cinq vidéos : assurance voyage ou assurance santé internationale pour un digital nomad, l’audit énergétique tertiaire face au résidentiel, la RC Pro du bureau de contrôle sur les missions L et SH, l’assurance du syndic bénévole en copropriété, et l’indice FFB et l’indice INSEE qui font grimper votre prime chaque année.
En Australie, le pool public cyclone a fait reculer les primes de 17 à 37 %
NRMA Insurance ouvre une deuxième vague de subventions résilience climatique — 500 000 dollars répartis en quatre bourses de croissance de 100 000 et quatre bourses de démarrage de 25 000. Le contexte donne la mesure de ce que fait la puissance publique : l’Australian Reinsurance Pool Corporation a rapporté en mai que les primes moyennes des contrats en zone de risque cyclonique moyen à élevé avaient reculé de 17 à 37 % entre octobre 2022 et janvier 2026 depuis le lancement du pool, le taux d’aboutissement des devis progressant de 25 à 27 %. Dans son cinquième et dernier rapport de suivi, l’ACCC relève des baisses de 11 % en habitation, 8 % en copropriété et 24 % en petits locaux professionnels après l’entrée des assureurs dans le pool.
La Nouvelle-Zélande passe au crible les assurances vendues en accessoire
La Financial Markets Authority publie sa revue des assurances « add-on » — panne mécanique, garantie de valeur à neuf, protection des paiements, extensions de garantie —, des produits vendus par des canaux très intermédiés comme les concessionnaires et les distributeurs. Le contexte est sévère : les assureurs néo-zélandais ont fait face à près de 29,8 millions de dollars de sanctions et d’engagements exécutoires sur douze mois, dont une pénalité de 19,5 millions contre IAG New Zealand en octobre 2025 pour manquements au devoir de loyauté sur plusieurs marques.
L’IRDAI sanctionne quatre assureurs indiens sur leurs frais de gestion
Le rapport annuel de l’IRDAI pour l’exercice 2025 relève que 23 sociétés d’assurance — huit en vie et quinze en non-vie — ont dépassé les plafonds de frais de gestion prescrits. Le régulateur indien a interdit à quatre d’entre elles — Edelweiss Life, Pramerica Life, ACKO General et Niva Bupa Health — d’ouvrir de nouveaux points de vente pendant six mois. Le plafond est de 30 % des primes brutes émises pour les assureurs généralistes et de 35 % pour les assureurs santé autonomes. L’arsenal prévoit aussi le transfert des dépenses excédentaires au compte de résultat des actionnaires et des restrictions sur la rémunération variable des dirigeants.
À Singapour, les anciens contrats maladies redoutables resteront sur leurs définitions
La Monetary Authority of Singapore confirme que les assurés déjà couverts restent soumis aux définitions médicales en vigueur au moment de leur souscription : les mises à jour ne s’appliqueront qu’aux nouveaux contrats. Le régulateur estime que modifier une couverture existante sans ajuster la prime compromettrait la viabilité du produit. La pression est pourtant réelle : la sinistralité des maladies redoutables est passée d’environ 4 déclarations pour 1 000 assurés en 2020 à 17 pour 1 000 en 2025, et les assureurs vie ont versé 1,14 milliard de dollars singapouriens au premier semestre 2026 en maladies redoutables, décès et invalidité totale, en hausse de 11,1 %. Le versement mensuel rehaussé de CareShield Life, 689 dollars, ne couvre qu’environ 23 % du coût moyen de la dépendance.
En Indonésie, la brume est assurable, la saisie ne l’est pas
Depuis le début de 2025, 5,88 millions d’hectares de plantations de palmiers à huile ont été saisis par l’État indonésien, le président Prabowo valorisant les actifs confisqués à près de 22 milliards de dollars, assortis de 8,5 milliards d’amendes potentielles. Au même moment, la saison des feux s’emballe : plus de 3 500 points chauds recensés sur le seul mois d’août, plus de quatre fois le total de juillet et le plus haut niveau pour un mois d’août depuis 2015, avec 72 arrestations dimanche pour 89 affaires d’incendies dans cinq provinces. L’asymétrie est exemplaire : il existe des produits paramétriques contre l’interruption d’activité due à la brume, aucun contre le risque politique de confiscation.
Le commerce vietnamien dépasse largement son assurance-crédit
Le commerce extérieur du Vietnam a dépassé 930 milliards de dollars en 2025 et devrait franchir 1 000 milliards en 2026. En face, le marché de l’assurance-crédit commercial y est estimé à 30 à 35 millions de dollars de primes par an seulement. Le décalage se paie déjà : 25 % des organisations vietnamiennes déclarent une perte liée à la gestion d’un fournisseur ou au risque de tiers, et seules 46,7 % disposent d’une politique formelle de supervision des risques arrêtée par leur conseil d’administration, contre 61,4 % dans le monde.
Prudential : la bancassurance capte la croissance du besoin de protection en Asie
Prudential publie un profit sur affaires nouvelles de 1,38 milliard de dollars au premier semestre, en hausse de 8 % à taux de change constants, avec une marge portée à 40 % (+2 points). La croissance du profit sur affaires nouvelles en ASEAN atteint 13 %, tirée par la bancassurance. Le groupe acquiert 75 % de Bharti Life en Inde, aux côtés de sa coentreprise ICICI Prudential Life. L’écart de couverture santé et prévoyance sur les marchés asiatiques clés est estimé par Swiss Re à environ 300 milliards de dollars en équivalent primes : le gisement est immense, mais il se capte de plus en plus au guichet bancaire.
Generali absorbe la hausse des sinistres climatiques
Generali publie des primes brutes en hausse de 5,8 % à 53,4 milliards d’euros au premier semestre — non-vie +6,3 %, vie +5,5 % — avec une collecte nette vie de 8,3 milliards et une valeur des affaires nouvelles en progression de 21,1 % à 1,9 milliard. Le ratio combiné non-vie se dégrade légèrement à 91,5 %, en hausse de 0,5 point, les événements climatiques y pesant 1,9 point. Le résultat opérationnel progresse de 11,2 % à 4,5 milliards et le résultat net ajusté de 13,7 % à 2,5 milliards. Les encours gérés atteignent 944 milliards et le ratio de solvabilité s’établit à 216 %, contre 219 % fin 2025.
Sun Life et Wilton Re créent un réassureur vie de 900 millions de dollars
Wilton Re et Sun Life lancent Windsor Life Re, véhicule de réassurance vie et rentes domicilié aux États-Unis et aux Bermudes. Le partenariat prévoit de déployer environ 900 millions de dollars de capital, chacun des deux partenaires apportant approximativement un tiers des fonds propres. Windsor Life Re réassurera auprès de Wilton Re un portefeuille en cours initial d’environ 1,7 milliard de dollars, les affaires futures étant cédées en quote-part, pour une cible d’environ 10 milliards de dollars d’actifs à terme. Une illustration de plus du déplacement du risque long vers des structures dédiées.
Verdicts nucléaires : 25,6 milliards de dollars et une hausse de 40,7 %
Le cabinet Marathon Strategies recense aux États-Unis près de 200 verdicts ayant abouti à une condamnation d’au moins 10 millions de dollars en 2025, pour un total d’environ 25,6 milliards de dollars. La progression atteint 40,7 % sur un an — le niveau le plus élevé observé par le cabinet depuis 2009 — et 40 dossiers franchissent le seuil qu’il qualifie de « thermonucléaire », soit 100 millions de dollars ou plus. Une inflation du coût du droit qui pèse directement sur les branches de responsabilité et sur leurs réserves.
Ageas : le climat ajoute cinq points au ratio combiné
Ageas affiche une collecte nette de 12,1 milliards d’euros au premier semestre, en hausse de 17 %, un résultat net de 846 millions d’euros contre 677 millions un an plus tôt, et un résultat opérationnel net de 776 millions (+6 %). Le ratio combiné se dégrade en revanche à 95,2 %, contre 92,1 % au premier semestre 2025 : les sinistres climatiques en Belgique et au Portugal y ajoutent à eux seuls environ cinq points. La collecte non-vie progresse de 26 % à 4,48 milliards, la vie de 12 % à 7,6 milliards.
Peak Re : +25 % de revenus de réassurance au premier semestre
Le réassureur hongkongais Peak Re, détenu par Fosun International, publie un revenu de réassurance de 825,7 millions de dollars au premier semestre, en hausse de 25 %, des primes brutes émises de 1,186 milliard de dollars (+11,8 %) et un résultat net après impôt de 89,7 millions de dollars. Le résultat technique de réassurance reste stable à 70,4 millions et l’actif net atteint 1,76 milliard. Moody’s avait relevé sa note de solidité financière de Baa1 à A3 en avril, perspective stable.
Aviva rend la garantie terrorisme automatique pour les PME, grâce à Pool Re
Depuis le 24 août, Aviva intègre la garantie terrorisme en standard dans ses contrats PME digitaux dès lors que la somme assurée combinée dommages et pertes d’exploitation reste inférieure à 10 millions de livres — une première pour un assureur britannique sur ce segment. Le mouvement est rendu possible par le SME Incentive Scheme du réassureur adossé à l’État Pool Re, dont Aviva indique qu’il a réduit les tarifs de réassurance jusqu’à 90 % pour la plupart des polices. Le communiqué de Pool Re du 13 avril, à l’origine du dispositif, donne la mesure du problème qu’il cherche à corriger : 4 % seulement des PME britanniques détiennent un produit dédié d’assurance terrorisme, alors qu’elles représentent 99 % du tissu d’entreprises du pays.
Le Royaume-Uni prépare un régime de captives hors Solvabilité II
AM Best estime que le futur régime britannique des captives soutiendra la comparaison avec les domiciles établis. La consultation ouverte par la PRA et la FCA prévoit une exemption des exigences de Solvabilité II britannique, avec des exigences de capital et de reporting proportionnellement réduites. Le texte des régulateurs précise que la consultation se clôt le 14 octobre 2026, que le régime serait lancé à l’été 2027 et que l’agrément vise un délai de quatre à six semaines. Le périmètre est pour l’instant limité aux captives à actionnaire unique, avec une extension envisagée aux captives de groupe et aux sociétés à compartiments.
Riyad négocie une couverture de guerre maritime adossée à l’État
Selon le Financial Times, repris par Enterprise, l’Arabie Saoudite discute d’un dispositif d’assurance des risques de guerre maritimes soutenu par l’État, offrant jusqu’à 700 millions de riyals de couverture commerciale par événement assuré — saisie de navire ou frappe de missile. Une version du projet verrait Saudi Re et Riyadh Re mener un consortium de réassureurs, la banque publique d’export-import apportant une capacité de dernier recours. Le contexte est explicite : les assureurs ont relevé les prix, restreint les garanties et parfois refusé de vendre la couverture guerre pour les navires franchissant certains points de passage. Les termes et la part de risque assumée par l’État restent en négociation et peuvent évoluer, voire échouer.
Fitch : ratio combiné à 86,1 %, mais une charge catastrophes trois fois moindre
Les 18 réassureurs suivis par Fitch affichent un ratio combiné de 86,1 % au premier semestre 2026, contre 92,7 % un an plus tôt. L’amélioration doit beaucoup au ciel : la charge catastrophes n’y pèse que 3,5 points, contre 10,9 points au premier semestre 2025. Dans le même temps, les primes nettes de réassurance non-vie reculent de 6 % sur un an. Le groupe des sept réassureurs bermudiens suivis par l’agence ressort à 85,3 % de ratio combiné, avec un retour sur fonds propres de 15,7 % — en repli depuis les 18,6 % de 2025.
Un jury américain recommande 604 millions de dollars contre un courtier de fret
Un jury du comté de Dallas a recommandé 604 millions de dollars de dommages contre l’un des plus grands courtiers de fret américains et deux autres défendeurs, les demandeurs soutenant que le courtier exerçait un contrôle suffisant sur l’expédition pour porter la responsabilité de l’accident et n’avait pas pris les mesures raisonnables pour qu’elle se déroule en sécurité. L’action de CH Robinson Worldwide, le courtier concerné, a reculé de près de 30 % depuis l’annonce du verdict. L’effet se lit déjà dans le secteur, un courtier interrogé étant passé de 15 000 à 18 000 transporteurs mobilisables à un peu plus de 8 000, dans une industrie du courtage de fret d’environ 16 milliards de dollars où plus de 90 % des transporteurs exploitent dix camions ou moins.
Ottawa invité à soutenir une captive d’assurance des Premières Nations
La Défenseure fédérale du logement et l’Assemblée des Premières Nations recommandent au gouvernement canadien d’aider à créer une captive d’assurance pilotée par les Premières Nations, parmi dix recommandations d’un rapport sur le droit au logement dans un climat qui change. Le constat : la saison des incendies 2025, deuxième pire de l’histoire du pays, a touché 134 Premières Nations, provoqué l’évacuation d’au moins 83 communautés et déplacé plus de 40 000 personnes ; le déficit d’infrastructures atteint 349,2 milliards de dollars, dont 30 milliards fléchés sur l’adaptation climatique ; et la mortalité liée aux incendies dans les réserves est plus de dix fois supérieure à celle des Canadiens non autochtones. À ce stade, la captive reste une recommandation : aucun engagement fédéral n’a été pris.
AM Best : l’offre de capital dépasse la demande de plus de 25 %
Le capital tiers atteint 123 milliards de dollars fin 2025 et devrait approcher 130 milliards fin 2026, selon AM Best. Les émissions de titres catastrophe ont battu un record trimestriel au deuxième trimestre 2026, avec 11,3 milliards de dollars sur 48 transactions, et le marché 144A des cat bonds dommages a atteint 17,3 milliards sur le seul premier semestre. Aux renouvellements de mi-année, l’offre de capacité dépassait la demande de plus de 25 %, ce qui a fait reculer les tarifs. L’agence précise que c’est encore le capital traditionnel, et non l’ILS, qui pèse le plus dans cet assouplissement.
Quatre décrets transfèrent la charge santé vers les complémentaires
Quatre décrets signés le 21 août et publiés au Journal officiel du 22 août modifient, à compter du 1ᵉʳ janvier 2027, la répartition de la prise en charge des soins dentaires (décret n°2026-809), des dispositifs médicaux (n°2026-810), des transports sanitaires (n°2026-812) et des médicaments. Le texte relève la part susceptible d’être couverte par les organismes complémentaires dans le cadre des contrats responsables, qui représentent 95 % des contrats commercialisés. La prise en charge intégrale est maintenue pour les affections de longue durée, le panier « 100 % santé » et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, et les quelque 4 000 médicaments jugés les plus efficaces ne sont pas concernés.
Ce que les décrets déplacent, poste par poste
Le Quotidien du Médecin détaille les bornes retenues par les quatre décrets. Sur les soins dentaires, la fourchette de remboursement de l’Assurance maladie tombe à 40-50 % au 1ᵉʳ janvier 2027, au lieu de 55-65 % ; c’est l’Uncam qui fixe le taux à l’intérieur de cette fourchette, et le gouvernement a annoncé 50 %, contre 60 % aujourd’hui sur les soins conservateurs. Sur les médicaments à service médical rendu modéré, le remboursement n’est plus que de 5 à 15 %, au lieu de 25 à 30 % ; sur ceux à service médical rendu faible, il tombe à 3 à 7 %. Les dispositifs médicaux voient leur ticket modérateur porté à 50 et 60 %. En parallèle, le plafond global des franchises médicales passe de 100 à 140 euros au 1ᵉʳ octobre — 70 euros pour les consultations, 70 euros pour les boîtes de médicaments. Le transfert vers les complémentaires est estimé entre 1,5 et 1,7 milliard d’euros par la Mutualité française — l’estimation vient des organismes complémentaires eux-mêmes, pas du gouvernement.
Aides auditives : 40 à 80 euros de remboursement en moins par appareil
Le décret n°2026-810 du 21 août modifie l’article R.160-5 du Code de la sécurité sociale : pour les produits et prestations inscrits à la LPP, les bornes du ticket modérateur passent au 1ᵉʳ janvier 2027 de 40 et 50 % à 50 et 60 %. Aujourd’hui, une aide auditive est remboursée par l’Assurance maladie à 60 % d’une base de 400 euros, soit 240 euros par oreille. À 50 %, la prise en charge tomberait à 200 euros ; à 60 %, à 160 euros — soit 40 à 80 euros de moins par appareil, que la complémentaire devra absorber ou laisser au reste à charge.
La MGP confie 80 % de ses demandes à des agents vocaux
La MGP, mutuelle de la protection sociale complémentaire santé des agents du ministère de l’Intérieur, étend l’automatisation engagée en 2024 avec Rizlum. La collaboration a permis de traiter l’affiliation de 185 000 agents et de leurs ayants droit en deux mois, ainsi que quelque 500 000 justificatifs administratifs. Les agents vocaux déployés, accessibles en continu, prennent en charge de manière autonome 80 % des demandes selon les deux partenaires, et certains remboursements en médecine douce et en psychologie sont traités en moins d’une minute. Le dispositif repose sur des modèles de langue spécialisés et souverains.
Orages violents sur l’Ouest : grêle jusqu’à cinq centimètres
Météo-France place l’ouest du pays en vigilance orange orages pour ce mercredi, avec un risque de grêle de taille moyenne à grosse, entre 2 et 5 centimètres, de fortes pluies aux cumuls horaires pouvant atteindre 30 mm, des rafales de 80 à 100 km/h, localement plus, et une activité électrique intense. Les orages seront particulièrement virulents en fin de journée entre le Poitou-Charentes, les Pays de la Loire, l’est de la Bretagne, le Perche et la Sologne. Des phénomènes tourbillonnaires ne sont pas exclus mercredi et jeudi.
Assurance scolaire : regarder d’abord son contrat habitation
MoneyVox rappelle que l’assurance scolaire n’est pas obligatoire pour suivre les cours dans un établissement public, mais qu’elle est nécessaire pour de nombreuses activités facultatives, comme la cantine ou certaines sorties. Son coût varie de 10 à 15 euros par an et peut atteindre une cinquantaine d’euros selon les garanties. Avant de souscrire, le contrat d’assurance habitation mérite d’être ouvert : il couvre généralement la responsabilité civile de l’enfant et peut parfois inclure une assurance scolaire complète, tandis qu’une garantie accidents de la vie couvre les dommages corporels.
Audiens affiche un taux de résiliation inférieur à 1,5 %
Audiens, groupe de protection sociale des secteurs de la création, de l’information et des loisirs, revendique pour 2025 des comptes équilibrés, un taux de redistribution aux assurés parmi les plus élevés du secteur des complémentaires santé et un taux de résiliation inférieur à 1,5 %. Son activité santé-prévoyance absorbe en partie la hausse structurelle des dépenses de santé tout en réduisant son taux de frais de gestion. L’action sociale reste un pilier du modèle : plus de 16 000 personnes accompagnées et près de 4 000 aides attribuées en 2025.
Perte d’autonomie : les Français se disent prêts à payer
Christophe Heck, directeur des marchés vie et santé de Swiss Re pour la France, le Benelux et la Suisse, présente les enseignements d’une étude menée en France et en Allemagne auprès de 1 200 personnes : les Français se déclarent prêts à consacrer un budget à la couverture de la perte d’autonomie. L’enjeu démographique est posé — un Français sur quatre aura plus de 65 ans d’ici quinze ans.
Record absolu de température des océans le 22 août
La température moyenne de surface des océans a atteint un record de 21,1 °C le 22 août, selon l’agence européenne d’observation de la Terre Copernicus, qui suit cet indicateur quotidiennement depuis 1979. Le précédent record sur une journée, 21,09 °C, datait de mars 2024. Samantha Burgess, de Copernicus, situe la cause sans ambiguïté : « El Niño ajoute de la chaleur au système, mais il le fait par-dessus des décennies de réchauffement d’origine humaine. » L’agence s’attend à ce que la tendance se poursuive, les températures océaniques étant désormais dopées par El Niño.
Au Royaume-Uni, l’orage tombe sur un sol trop sec pour l’absorber
Des alertes orages couvrent l’Angleterre et le pays de Galles, sur des sols desséchés qui n’absorberont pas la pluie. Le Met Office annonce des cumuls de 20 à 30 mm en moins d’une heure, localement 40 à 50 mm en deux à trois heures, avec une faible probabilité de plus de 75 mm en douze heures sur les reliefs exposés à l’est. Les données de LexisNexis Risk Solutions rappellent l’enjeu assurantiel : 70 % des sinistres inondation en habitation britannique relèvent du ruissellement de surface et non du débordement de rivière, cette part dépassant 90 % l’été contre environ 55 % l’hiver — et 90 % de ces sinistres valent moins de 5 000 livres. Une sinistralité d’attrition, sous le radar des modèles de catastrophe.
Crue himalayenne : la garantie voyage tient à la date d’achat
L’effondrement d’un pan de roche et de glace glaciaires dans une rivière himalayenne a provoqué, le 26 août, une crue et une coulée de débris au Népal et au Tibet. Al Jazeera rapportait le 27 août 165 morts confirmés et plus de 1 300 disparus — 826 au Népal, 558 dans le comté de Gyirong —, dont plus de 700 étrangers. Allianz Partners Nouvelle-Zélande indique qu’aucune extension « catastrophe naturelle » n’est nécessaire pour couvrir un événement imprévu au titre d’un contrat voyage classique, hors activités d’aventure spécialisées, mais rappelle la règle qui décide de tout : une fois l’événement connu, il n’est plus imprévu — les contrats souscrits après la crue ne la couvrent pas.
Chubb : la sévérité cyber du marché intermédiaire a triplé en cinq ans
Selon une enquête de Chubb, la sévérité des sinistres cyber du marché intermédiaire au Royaume-Uni et en Europe a progressé de 210 % en cinq ans, pour un coût moyen de 318 820 dollars en 2025. Dans le même temps, la fréquence est tombée à 1,51 sinistre pour 100 polices, le niveau le plus bas jamais enregistré par le rapport. L’écart entre les deux courbes est l’information : moins de sinistres, beaucoup plus chers. L’étude cite un rançongiciel britannique ayant causé environ 568 millions de dollars de pertes chez l’entreprise visée mais 1,4 milliard de dollars sur l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement, avec cinq semaines d’arrêt de production sur des sites au Royaume-Uni, en Slovaquie, au Brésil et en Chine, et plus de 5 000 organisations britanniques affectées.
🎟️ « Cézanne et nous » — Grand Palais, du 23 septembre 2026 au 17 janvier 2027
Paul Cézanne, « Cézanne et nous »
Une traversée de la postérité de Cézanne, de l’obscurité aixoise à sa consécration comme figure fondatrice de l’art moderne : les premières expositions chez le marchand Ambroise Vollard, l’entrée dans les grandes collections, puis sa réception par les mouvements successifs, du symbolisme aux pratiques contemporaines.
James McNeill Whistler, la rétrospective de Tate Britain
Les toiles les plus connues de l’artiste américain réunies avec des œuvres rarement montrées — portraits, dessins, estampes, travaux décoratifs —, de ses années d’apprentissage à ses derniers autoportraits. Tate le présente en innovateur expérimental autant qu’en cosmopolite en rupture avec les conventions victoriennes.
« Orientalism: Between Fact and Fantasy »
Comment les artistes européens et ottomans du XIXᵉ siècle ont représenté et diffusé un « Orient » : partant de la conquête de l’Égypte par Bonaparte en 1798, l’exposition suit le chemin des œuvres islamiques vers les collections et les musées européens, et le langage visuel qu’elles y ont introduit jusque dans l’architecture et le décor, en Europe comme en Amérique.
🎨 Visuels d’ambiance générés par IA — ils illustrent le thème et ne représentent pas les œuvres exposées.
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🎟️ Événement — « Giants of Bordeaux | Finest and Rarest Wines » (Sotheby’s), Paris, vente en ligne du 27 août au 10 septembre
Du 27 août au 10 septembre, Sotheby’s tient à Paris une vente en ligne consacrée aux grands crus de Bordeaux. Le réflexe Decaux Assurances : une cave de collection s’assure sur inventaire et en valeur agréée, transport et conditions de conservation compris.
Les sources de la semaine
- Business Standard
- Carrier Management
- Enterprise
- Insurance Business Asia
- Insurance Business Australia
- Insurance Business Canada
- Insurance Business NZ
- Insurance Business UK
- Insurance Journal
- L’Ouïe Magazine
- La Tribune de l’assurance
- Le Quotidien du Médecin
- Météo-France
- MoneyVox
- Reinsurance News
📖 Le glossaire de la semaine
Cette semaine, la garantie ne change pas de contenu mais de payeur : quatre décrets déplacent entre 1,5 et 1,7 milliard d’euros de dépenses de l’Assurance maladie vers les complémentaires au 1ᵉʳ janvier 2027, en relevant les bornes du ticket modérateur — et ce sont les contrats responsables, 95 % des contrats commercialisés, qui en absorberont l’essentiel.
Quand une garantie n’est pas vendable, elle est portée autrement : un régime public de réassurance rend la garantie terrorisme accessible aux PME britanniques, dont 4 % seulement en détenaient une, et Londres prépare un régime de captives exempté de Solvabilité II britannique, agrément visé en quatre à six semaines.
Côté marché, le coût du risque se déplace : les réassureurs affichent un ratio combiné de 86,1 % au premier semestre grâce à une charge catastrophes trois fois moindre, quand un seul rançongiciel britannique a coûté 568 millions de dollars à l’entreprise visée et 1,4 milliard sur toute sa chaîne d’approvisionnement, avec cinq semaines d’arrêt de production. En art, la valeur agréée reste la seule façon de fixer le prix avant le sinistre.
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