Le Morning Café
de Decaux Assurances
L’ASIC constate que 52 % des offres de règlement en espèces reposaient sur un seul devis ; à Baltimore, un assureur paie 350 millions de dollars, la limite entière de sa police, quand six autres ne récupèrent rien. Cette semaine, ce n’est pas le sinistre qui décide de l’indemnité.
En bref cette semaine
Le tour du monde de l’édition
Cette édition cartographie 17 pays.
🧭 Le décryptage de la semaine
De la revue de presse à la lecture du risque
☕ Ce que cela signifie pour nos clients
Le calcul de la perte n’est pas neutre. L’ASIC, régulateur australien, publie le 31 août une revue portant sur environ 65 % du marché de l’assurance habitation : 63 % des sinistres examinés ont été réglés en espèces en tout ou partie, 52 % des offres reposaient sur un seul devis, et 73 % de ces devis provenaient du réparateur privilégié de l’assureur. Un sinistre sur quatre a été réglé en espèces au motif de défauts d’entretien préexistants — autrement dit pour solder un désaccord sur la cause. À ce stade, aucune fraude n’est en cause et aucun contrat n’est violé : c’est la manière d’établir le montant qui produit l’écart.
Le prix retenu n’est pas un prix accessible. Un assuré australien a demandé à l’entreprise ayant établi le devis de réaliser les travaux à ce prix : « The builder said they could not — they had undercut their costs by 40 % for the insurer. » L’ASIC le formule sans détour : il est d’usage que les fournisseurs agréés consentent des remises à l’assureur en échange d’un volume d’affaires, mais si le consommateur ne peut pas obtenir ce tarif, « the cash settlement may not be enough to cover the cost of repairs ». Le même mécanisme apparaît en France sous une forme industrielle : Covéa affiche un objectif de 56 % de pièces de réemploi d’ici 2028, sur un poste — les pièces remplacées — qui pèse 55 % du coût d’un sinistre automobile.
Et parfois ce n’est pas le montant qui se discute, c’est le nom de l’événement. À Baltimore, un arrêt de 1927 a suffi au juge Bredar pour écarter, le 25 août, les recours de Markel, Liberty Mutual, QBE, AXA XL, Evanston et Canopius : sans intérêt propriétaire direct, pas de réparation économique. Pendant ce temps, ACE American a transigé pour 350 millions de dollars — la limite entière de sa police — tandis que l’armateur invoque une loi de 1851 pour plafonner sa responsabilité à environ 44 millions. À New York, une exclusion de pollution fait tomber la garantie sur 26 sites miniers parce que la contamination est lente et non soudaine. Au Népal, la couverture paramétrique d’un projet hydroélectrique se déclenche sur l’intensité d’un séisme, quand l’USGS décrit un effondrement glaciaire. Le dommage est constant ; sa qualification décide du paiement.
En France, le même geste se lit dans une page publiée le 1ᵉʳ septembre par l’Assurance Maladie : le patient qui refuse la substitution par un biosimilaire « ne peut plus bénéficier du tiers payant », et le remboursement se fait « dans certains cas, sur la base du prix du médicament biosimilaire ou du médicament hybride le plus cher du groupe concerné ». La garantie ne change pas ; la forme du paiement déplace la charge. Deux contrepoints, pour ne pas transformer un constat en procès. La vitesse existe : au Laos, SEADRIF a versé 1,14 million de dollars en cinq jours ouvrés, sur un seuil de population affectée et sans expertise — mais rien ne garantit que la somme couvre le dommage. Et la contestation a un coût mesurable : la Médiation de l’assurance annonce avoir franchi les 60 000 saisines en 2026. Le litige ne naît presque jamais de l’existence de la garantie ; il naît de son exécution.
L’Indice Morning Café du Risque
Notre lecture du risque pour la semaine du 29 août au 4 septembre 2026 : ce n’est pas le sinistre qui décide de l’indemnité, c’est la façon dont on le chiffre et le nom qu’on lui donne.
☕ Notre regard de la semaine
« A man who knows the price of everything and the value of nothing. »
— Lord Darlington, dans L’Éventail de Lady Windermere d’Oscar Wilde, acte III, 1892.
À mon sens, cette semaine ne parle pas seulement du coût d’un sinistre, mais de ce que nous mesurons lorsque nous décidons de le régler. Quand le régulateur australien constate que plus de la moitié des offres de règlement en espèces reposaient sur un seul devis, et que près des trois quarts de ces devis provenaient du réparateur privilégié de l’assureur, une question apparaît : le montant versé mesure-t-il réellement le coût de la réparation ? Le prix d’un dommage et la valeur de ce qu’il faut pour le réparer ne sont pas toujours la même chose. Aristote avait posé le problème il y a vingt-trois siècles, dans le livre V de l’Éthique à Nicomaque : la justice corrective consiste à rétablir l’équilibre entre la perte de l’un et le gain de l’autre. L’indemnisation n’est donc pas seulement un calcul exact ; elle est censée rétablir une situation. Une assurance qui paie exactement ce que prévoit son calcul a-t-elle nécessairement réparé le dommage ?
— Kevin Decaux
⚠️ Les 3 risques à surveiller
Le mode de règlement, pas seulement son montant
Sur un sinistre dommages important, la première question n’est pas « combien » mais « comment ». L’ASIC établit que 63 % des sinistres habitation examinés ont été réglés en espèces en tout ou partie, et que quatre assureurs sur cinq n’avaient pas appliqué de façon cohérente leurs propres politiques d’accompagnement des clients vulnérables.
Le réflexe Decaux Assurances : relire, avant le sinistre, qui a l’initiative du choix entre réparation en nature et règlement en espèces — et sur quelle base l’indemnité se calcule.
La qualification, pas seulement la garantie
Trois décisions de la semaine font dépendre l’indemnité du nom donné au dommage : à Baltimore, un arrêt de 1927 écarte six assureurs faute d’intérêt propriétaire direct ; à New York, une exclusion de pollution tombe sur 26 sites parce que la contamination est lente ; en Arizona, la Cour suprême fait dépendre le caractère fortuit d’un sinistre de ce que l’assuré savait à la souscription.
Le réflexe Decaux Assurances : sur les risques de transport et d’expatriation, relire la clause de guerre et ses exclusions. Dans le détroit d’Ormuz, la prime corps de navire risque de guerre est passée de 0,15 %-0,25 % de la valeur assurée à 3 %-10 % en quelques semaines.
Les réserves de responsabilité civile américaines
Moody’s écrit qu’« a further strengthening of US casualty reserves is likely », AM Best signale un assouplissement qui porte désormais sur les rédactions de police plus que sur le prix, et Prime Insurance vient d’être abaissée d’A- à B après 78 millions de dollars de réserves ajoutées au seul premier semestre 2026.
Le réflexe Decaux Assurances : sur un portefeuille de responsabilité civile professionnelle, la question n’est pas le tarif de ce renouvellement — c’est la solidité du porteur au suivant.
C’est la part des offres de règlement en espèces qui reposaient sur un seul devis, dans la revue publiée le 31 août par l’ASIC — et 73 % de ces devis provenaient du réparateur privilégié de l’assureur, à un tarif que l’assuré ne peut pas obtenir.
Parmi les sinistres que vos clients ont réglés cette année, combien l’ont été sur la base d’un seul devis — et qui l’avait établi ?
63 % réglés en espèces, 52 % sur un seul devis
Dans la revue publiée le 31 août, l’ASIC constate que 63 % des sinistres habitation examinés comportaient un règlement en espèces total ou partiel, et que 52 % des offres reposaient sur un seul devis. Parmi ces dernières, 73 % émanaient du réparateur privilégié de l’assureur.
Ce que la semaine déplace n’est pas le niveau de la garantie, c’est l’endroit où se fixe le prix de la réparation : un devis, un fournisseur agréé, un seuil contractuel ou un tribunal — et, en amont, la structure de réassurance qui rend cette garantie possible.
Nos 5 publications de la semaine
Cette semaine, nous avons publié cinq vidéos : la retraite en Grèce et le formulaire S1, la RC Pro spécifique des assistants à maîtrise d’ouvrage, les cinq risques que doit couvrir la RC Pro d’un consultant indépendant, la question des trottinettes et vélos électriques en assurance habitation, et les quatre réflexes de la loi Châtel pour résilier à temps.
L’ASIC constate que 52 % des offres de règlement reposaient sur un seul devis
L’ASIC, régulateur australien des marchés financiers, publie le 31 août une revue couvrant environ 65 % du marché de l’assurance habitation et cinq assureurs nommés — IAG, AAI, QBE Australia, Allianz Australia et Sure Insurance. Ses constats : 63 % des sinistres examinés comportaient un règlement en espèces total ou partiel ; deux assureurs sur cinq y recouraient dans plus de 80 % des sinistres du cyclone Jasper ; 52 % des offres reposaient sur un seul devis, dont 73 % émanaient du réparateur privilégié de l’assureur ; et un sinistre sur quatre a été réglé en espèces au motif de défauts d’entretien préexistants. Alan Kirkland, commissaire de l’ASIC : « The easy option for insurers can be the expensive one for homeowners. » La revue porte sur le cyclone Jasper, survenu en 2023 ; c’est la publication qui date du 31 août 2026.
Trois engins incendiaires, un calcul faux, et 3 000 dollars pour le stress causé par l’assureur
Cinq semaines après son ouverture, un salon de beauté australien subit trois attaques à l’engin incendiaire — les 17, 30 et 31 mai 2024. QBE règle 52 054 dollars au titre des pertes d’exploitation ; l’assurée en réclame 113 000, intérêts en sus. L’AFCA, médiateur australien des services financiers, lui donne raison sur la méthode : le liquidateur de l’assureur a commis des erreurs fondamentales dans le calcul de l’indemnité, et l’assurée n’a jamais été informée qu’elle disposait d’une garantie frais de préparation de sinistre de 35 000 dollars. L’AFCA impose le recours à un expert-comptable pour recalculer la perte, et condamne QBE à 3 000 dollars pour préjudice non financier : « The insurer’s poor claim handling unnecessarily caused [the business owner] major stress. » Le sinistre était couvert. C’est le règlement qui a fait le dommage.
Le devis de l’assureur, le constructeur ne peut pas le tenir
Le mécanisme fin, rapporté par Daniel Wood. Un assuré demande à l’entreprise qui a établi le devis retenu par son assureur de réaliser les travaux à ce prix : « The builder said they could not — they had undercut their costs by 40 % for the insurer. » Le tarif négocié entre l’assureur et son réparateur agréé n’est pas accessible à l’assuré qui reçoit le chèque. Après réclamation, l’offre a été relevée de 16,5 %, puis de 20 % supplémentaires au titre des aléas. Les chargements varient d’un assureur à l’autre : « One applied 10 % to a single claim and not to others », « One applied 20 %, but only after a complaint. » L’ASIC le formule ainsi : si le consommateur ne peut pas obtenir le tarif du fournisseur privilégié, « the cash settlement may not be enough to cover the cost of repairs ».
« Transférer un risque à celui qui vient de vivre la catastrophe »
Les associations de défense répondent à l’ASIC, et l’une d’elles dit exactement ce dont il s’agit. Louise Hayes, coordinatrice catastrophes de Financial Counselling Australia : le règlement en espèces « can also transfer significant financial and practical risk from the insurer to the person who has just experienced the disaster ». Julia Davis, du Financial Rights Legal Centre, ajoute la conséquence pratique : « Many people don’t realise that once they accept the payment, they may be responsible for any additional repair costs. » Le paiement solde l’obligation de l’assureur ; il ouvre, pour l’assuré, un chantier dont il devient le maître d’ouvrage.
Cinq mois après le cyclone Narelle, les devis dépassent le capital assuré
Le constat de terrain, à Exmouth, à 1 250 kilomètres au nord de Perth. Cinq mois après le cyclone tropical sévère Narelle, des habitants sont toujours déplacés ; l’Insurance Council of Australia recense plus de 1 100 sinistres déclarés depuis la commune, dont plus de 600 en habitation. Dempsey Morgan, avocate chez Regional Alliance West, décrit l’enchaînement : « Those quotes have come back higher than what the properties were insured for and that is leading to cash settlements. » Autrement dit, l’écart entre le coût réel de la reconstruction et le capital souscrit se règle en espèces — et l’écart reste chez l’assuré. Darryl Byatt, sinistré : « We had concerns the insurance might take a little bit of time to process, we just did not expect five months. »
Au Népal, c’est le nom donné à l’événement qui décidera du paiement
L’effondrement glaciaire du 26 août au-dessus du parc national de Langtang a provoqué une coulée de débris dans la vallée de la Trishuli. La Nepal Insurance Authority recense 25,87 milliards de roupies népalaises de sinistres déclarés sur 583 polices, dont 20,51 milliards au seul titre des risques ingénierie et chantiers (52 polices). Le PNUD chiffre à 158,6 millions de dollars les seuls dommages aux bâtiments. Et c’est là qu’apparaît la question du fil : le projet hydroélectrique Upper Trishuli-1, de 216 MW, porte une couverture paramétrique séisme structurée par Swiss Re Corporate Solutions avec Aon, qui se déclenche sur l’intensité des secousses mesurée sur site. Or l’USGS décrit l’événement comme « likely triggered by rapid slope failure involving a glacier ». Le dommage est là ; l’indice, peut-être pas.
L’AFCA valide un doublement de prime sans obliger l’assureur à montrer son calcul
Un propriétaire australien conteste devant l’AFCA, l’instance de médiation du secteur, une prime plus que doublée après un sinistre. L’AFCA tranche en faveur d’Allianz, en retenant qu’« an insurer is not obliged to provide customers with detailed calculations regarding exactly how a premium is arrived at ». Devant l’instance, un souscripteur senior de l’assureur explique que l’écart entre le tarif technique et la prime effectivement facturée, jusque-là plafonné, atteignait 70,04 % en 2024 et 50,62 % en 2025. Le sinistre antérieur n’a pas seulement fait perdre un bonus : il a changé la base de calcul. Le prix de la garantie se forme, lui aussi, hors de la vue de l’assuré.
À Wellington, l’amende n’est pas assurable, la réparation l’est
Un docker employé par une société d’acconage indépendante est mort sur le port de CentrePort, à Wellington ; Maritime NZ a ouvert une enquête. La Transport Accident Investigation Commission situe la mortalité du secteur autour de 1,8 décès par an sur la dernière décennie, soit environ 20 pour 100 000 travailleurs, et le Port Health and Safety Leadership Group estime le taux néo-zélandais deux à trois fois supérieur à celui de ports comparables au Royaume-Uni et à Hong Kong. L’intérêt assurantiel est dans la ventilation du jugement de 2019 visant le même port : 506 048 dollars néo-zélandais d’amende et 150 952 de réparation à la famille. « HSWA fines have never been insurable in New Zealand; that’s been settled law since 2003. » La sanction reste à la charge de l’entreprise ; l’indemnisation de la victime, elle, peut être transférée.
Le ROE affiché est de 19,9 %. Le ROE sous-jacent est de 13,8 %, et il baisse
C’est le chiffre le plus instructif de la semaine, et ce n’est pas celui des communiqués. Gallagher Re mesure un rendement des fonds propres composite de 19,9 % au premier semestre 2026 et un ratio combiné record de 85,8 %. Mais une fois neutralisés l’effet des catastrophes et les plus-values de placement, le ROE sous-jacent tombe à 13,8 % — en recul depuis 15,3 % au premier semestre 2025. La raison est dans la même page : 46 milliards de dollars de pertes catastrophes assurées au premier semestre, soit 28 % sous la moyenne décennale et 45 % sous la moyenne quinquennale. La performance vient d’une année calme, pas d’une amélioration technique.
688 milliards de dollars de capital, et une prévision de rendement relevée
Le HY 2026 Reinsurance Market Report de Gallagher Re porte le capital dédié à la réassurance à 688 milliards de dollars, en hausse de 5 % : traditionnel +4 %, capital alternatif non-vie +9 %, à 147 milliards. Le courtier relève sa prévision de rendement des fonds propres 2026 de 14-15 % à 16,5-17,5 %. Michael van Wegen, Head of International, estime que le secteur pourrait absorber « a USD50-75 billion insured loss event… and still earn its cost of equity for 2026 », et résume le problème du moment : « The challenge facing the industry is increasingly becoming one of capital deployment rather than capital generation. »
Aon rachète USI 17 milliards de dollars, KKR sort à six fois sa mise
Aon confirme l’acquisition d’USI Insurance Services auprès de KKR pour 17 milliards de dollars, avec un prix net de 16,7 milliards après attributs fiscaux. Aon annonce « $395 million in annual run-rate net adjusted EBITDA impact from revenue and cost synergies », un effet relutif en 2028 et une clôture visée au quatrième trimestre 2026. USI, dixième courtier américain, revendique « more than 10 500 employees across nearly 200 US offices ». Côté vendeur, KKR chiffre sa sortie à « approximately 6.0 times the original equity KKR invested in 2017 » et « 3.4 times the total KKR balance sheet capital » : deux producteurs de chiffres distincts dans la même opération.
Les obligations catastrophe battent un record, l’offre dépasse la demande de plus de 25 %
Les chiffres sont ceux d’AM Best : 17,3 milliards de dollars d’émissions d’obligations catastrophe property au format 144A au premier semestre 2026, dont 11,3 milliards au seul deuxième trimestre, un record trimestriel, pour un encours d’environ 64 milliards. À mi-année, l’offre de capacité dépasse la demande de plus de 25 %. Conséquence tarifaire : l’indice Guy Carpenter US Property Cat Rate-on-Line recule de 16 % sur les renouvellements 2026, et les renouvellements floridiens du 1er juin de 15 à 20 %. Onze émetteurs primo-accédants sont apparus, dont la République kirghize et le Tadjikistan, pour 80 millions de dollars chacun, via la Banque asiatique de développement.
Trois agences confirment une perspective stable, et deux ajoutent la même réserve
S&P Global Ratings maintient une perspective stable sur la réassurance mondiale : 85 % du groupe de référence est en perspective stable, 10 % positive, 5 % négative, pour une notation moyenne dans le haut de la catégorie « A ». L’agence projette un rendement des fonds propres de 12 à 15 % en 2026, puis 10 à 13 % en 2027. Johannes Bender, analyste crédit : « Abundant capacity and lower-than-expected catastrophe losses in recent years suggest that reinsurance pricing will remain under pressure through 2027. » Moody’s et AM Best tiennent la même position, mais assortie d’un avertissement : Moody’s écrit qu’« a further strengthening of US casualty reserves is likely », et AM Best signale que l’assouplissement porte désormais moins sur le prix que sur les rédactions de police et le rétrécissement des exclusions.
Prime Insurance dégradée de A- à B : 78 millions de dollars de réserves ajoutées au seul premier semestre
L’avertissement des agences sur les réserves de responsabilité civile américaines a cette semaine un cas d’espèce. AM Best abaisse la notation de solidité financière de Prime Insurance d’A- (Excellent) à B (Fair) et la note de crédit émetteur de « a- » à « bb+ », le tout sous surveillance négative. Le motif est un développement défavorable répété : 111 millions de dollars en 2024, soit 31 % des réserves antérieures, 29 millions en 2025 (6 %) et déjà 78 millions au premier semestre 2026. L’agence déclasse également l’évaluation de la gestion des risques d’« appropriate » à « marginal ».
Les Bermudes inscrivent 197,5 milliards de dollars, avec deux membres de plus dans le périmètre
L’Association of Bermuda Insurers and Reinsurers publie son 2025 Global Underwriting Report : 197,5 milliards de dollars de primes brutes et revenus en 2025, contre 188,8 milliards en 2024, soit +4,6 %. Résultat net 32,8 milliards (+22,4 %), produits financiers 23,4 milliards (+34,8 %), fonds propres 207,7 milliards (+16,6 %). Une précision de périmètre à ne pas perdre : l’enquête porte sur 27 membres en 2025 contre 25 en 2024, et les deux participants supplémentaires expliquent à eux seuls environ 850 millions de la hausse. Mark Cloutier, président de l’ABIR : « 2025 was one of the strongest years ever recorded for the Bermuda market. »
Peak Re quitte l’ombre de crédit de sa maison mère
Le réassureur hongkongais Peak Re affiche une croissance de ses revenus de réassurance de 25,0 % et de ses primes brutes de 11,8 % au premier semestre, pour un résultat net de 89,70 millions de dollars — chiffres publiés par sa maison mère Fosun International. Moody’s avait relevé sa notation de Baa1 à A3 en avril 2026, en la découplant de celle du groupe. Victor Kuk, directeur général de Peak Re : « This A3 upgrade is an unequivocal validation of Peak Re’s formidable financial foundation, our resilient business model, and our unwavering commitment to prudent risk management. » Le contexte de marché est donné par Aon : 785 milliards de dollars de capital mondial de réassurance au 1er avril 2026.
Le marché cyber pèse 16,4 milliards de dollars, et les tarifs baissent pour la quatrième année
Swiss Re chiffre les primes cyber mondiales à 16,4 milliards de dollars en 2026 et attend 17,1 milliards en 2027, pour une croissance annuelle moyenne de 5 % depuis 2022 — mais avec une quatrième année consécutive de baisse des taux. La répartition est très concentrée : Amérique du Nord environ 10,7 milliards (deux tiers du marché), Europe 3,42 milliards (21 %), Asie-Pacifique environ 1,7 milliard (10 %). Et la pénétration reste le vrai sujet : 5 à 20 % chez les TPE et PME, 40 à 50 % sur le mid-market, 60 à 70 % chez les grandes entreprises. Le point qui nous intéresse est ailleurs dans le rapport : Swiss Re observe que les sinistres liés à l’intelligence artificielle restent à ce jour limités, et que les polices commerciales existantes pourraient déjà couvrir certains incidents impliquant l’IA. C’est la définition même du Silent AI : une garantie qui joue sans avoir été tarifée. Réserve : ces deux constats sont rapportés par Reinsurance News à partir de l’analyse de Swiss Re ; nous n’avons pas lu le rapport original et ne les présentons pas comme des citations.
Lloyd’s encaisse plus et gagne moins : résultat en recul de 16,8 %, tarifs en baisse de 6,7 %
Au premier semestre 2026, Lloyd’s encaisse 34,7 milliards de livres de primes brutes, en hausse de 6,9 % — mais uniquement parce que les volumes compensent une baisse des tarifs de 6,7 %. Le ratio combiné s’améliore à 90,8 %, contre 92,5 % un an plus tôt, et pourtant le résultat avant impôts recule de 16,8 %, à 3,5 milliards de livres : le marché a absorbé 1,4 milliard de livres de pertes liées au conflit au Moyen-Orient — le même conflit qui fait passer la prime de guerre maritime de 0,15 % à 10 % dans le détroit d’Ormuz. Patrick Tiernan, directeur général de Lloyd’s, place l’avertissement exactement là : « While our assessment of long-term rate adequacy remains above the level required to deliver a 95 % net combined ratio, the continuing erosion of adequacy in core markets comes as an array of risk signals are flashing more urgently. » Et il ajoute, à propos des menaces qui arrivent ensemble — climat, cyber, terrorisme, géopolitique — que « the industry has much less experience of managing so many of them simultaneously ».
À Baltimore, un assureur paie 350 millions de dollars, les six autres ne récupèrent rien
Le juge fédéral James K. Bredar a rejeté le 25 août l’essentiel des demandes économiques nées de l’effondrement du pont Francis Scott Key, sur le fondement de Robins Dry Dock & Repair Co. v. Flint — un arrêt de 1927. Les demandeurs sans intérêt propriétaire direct « are precluded from recovering economic losses ». Sont écartés les recours de Markel, Liberty Mutual, QBE, AXA XL, Evanston et Canopius. Survivent la conduite d’eau de 72 pouces de la ville, les cours d’eau du comté et quatre demandes cargaison. Le contraste est saisissant : ACE American (Chubb) a transigé pour 350 millions de dollars, soit la limite entière de sa police, pendant que l’armateur invoque le Limitation of Liability Act de 1851 pour plafonner sa responsabilité à environ 44 millions, la valeur du navire. Payer le maximum prévu, et ne pas reconstruire le pont.
Dans le détroit d’Ormuz, la prime de guerre passe de 0,15 % à 10 % de la valeur du navire
L’Iran a lancé mercredi des frappes de missiles et de drones sur des cibles militaires américaines en Jordanie, au Koweït, en Irak et à Bahreïn, mettant fin à un cadre de cessez-le-feu de juin. Le marché avait déjà réagi à la première séquence, ouverte le 28 février. Marcus Baker, responsable mondial du maritime chez Marsh : les taux corps de navire risque de guerre, qui se situaient entre 0,15 % et 0,25 % de la valeur assurée, ont bondi entre 3 % et 10 % — soit, pour un pétrolier de 150 millions de dollars, jusqu’à 15 millions de dollars de prime pour un seul transit. Le trafic, de 178 navires par jour avant les hostilités, a reculé d’environ 95 %. Un rapport Howden Re de mars 2026 évaluait l’exposition potentielle à 2 à 3 milliards de dollars de sinistres guerre, terrorisme et violences politiques, pour un volume de primes annuel mondial du segment estimé entre 1,5 et 2 milliards. L’AIE rappelle que le détroit voit passer environ 25 % du commerce maritime pétrolier et 20 % du GNL.
À Leipzig, l’Allemagne accuse — et c’est la qualification qui décidera de l’indemnité
Le ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt a formellement imputé à la Russie l’attaque du 4 août contre un avion-cargo Antonov An-124 stationné sur l’aire de trafic de l’aéroport de Leipzig/Halle : un drone quadricoptère porteur d’une charge explosive, dont le détonateur n’a pas fonctionné, a heurté l’aile de l’appareil. Il qualifie l’épisode de « daily hybrid warfare » contre l’Allemagne ; Kaja Kallas y voit « all the hallmarks of state-sponsored terrorism » ; l’ambassade de Russie répond « unsubstantiated, absurd and contrary to common sense ». C’est une accusation gouvernementale, contestée. L’enjeu assurantiel n’est pas de désigner un auteur : il est de nommer l’événement. Acte de guerre, terrorisme, malveillance — de la qualification dépendent l’exclusion et le paiement. Une explosion a par ailleurs été signalée mercredi vers 3 h 15 près de la gare centrale d’Augsbourg, faisant deux blessés légers.
Réserve de sources : deux publications donnent une nature et une masse d’explosif différentes. Aucune n’est reprise ici.
En Arizona, la Cour suprême redéfinit ce qu’est un sinistre assurable
Dans Industrial Park Center, LLC v. Great Northern Insurance Co., la Cour suprême de l’Arizona pose un nouveau test : un dommage est fortuit, et donc assurable, sauf si le propriétaire savait déjà, à la prise d’effet de la police, que le dommage « had already occurred, was already in progress, or was certain to occur because no material contingency remained between the facts known to the insured and the loss-causing event ». La cour écarte le standard fédéral fondé sur la prévisibilité objective au profit d’un critère subjectif. Le juge Clint Bolick : « This is a subjective standard that focuses on the insured’s knowledge at the time of contracting », et « insureds who purchase all-risk policies are entitled to the benefit of their bargain ». Le litige portait sur un sinistre dommages aux biens de 2,7 millions de dollars refusé par l’assureur.
L’exclusion de pollution fait tomber la garantie sur 26 sites miniers
Le 27 août, la Appellate Division, First Department de New York confirme le jugement favorable à North River Insurance et United States Fire Insurance : les exclusions de pollution font échec à la prise en charge de la dépollution de 26 sites miniers de Vale Canada, plus 18 sites supplémentaires au titre d’une stipulation du 11 avril 2025. Le motif tient en une phrase : le drainage minier acide est « leaching that plays out gradually, often over decades, rather than in a single event ». La représentante de l’entreprise a témoigné n’avoir eu connaissance d’aucun événement soudain de rejet. Un dommage réel, prouvé, et hors du champ de la garantie parce qu’il s’est produit lentement.
La FCA étend ses règles de conduite à 37 000 entreprises de plus
La règle COCON 1.1.7FR de la FCA est entrée en vigueur le 1er septembre 2026. Elle étend les standards de conduite individuelle à environ 37 000 entreprises réglementées supplémentaires, assureurs, courtiers et acteurs du marché de Lloyd’s compris, en visant les comportements « not of a clearly financial nature » — harcèlement moral, harcèlement, inconduite sexuelle, violence — avec un seuil aligné sur l’Equality Act 2010, et en imposant la divulgation des incidents avérés dans les références réglementaires. Ce que le régulateur britannique demande désormais, ce n’est plus seulement un ratio de solvabilité : c’est la preuve documentée d’un processus interne.
La Libye rend la responsabilité civile professionnelle obligatoire
Trois décisions du ministère libyen de l’Économie et du Commerce réorganisent le marché. La décision n° 315 rend la responsabilité civile professionnelle obligatoire pour les sociétés opérant dans les domaines techniques : « engineering, consulting, contracting, cybersecurity, healthcare, and tourism ». La décision n° 374 fixe les exigences d’enregistrement des réassureurs étrangers, de leurs succursales et bureaux de représentation. La décision n° 460, en automobile, plafonne l’indemnisation à « 120 000 LYD (18 884 USD) per person » en cas de décès ou de dommage corporel. Un État qui impose la garantie d’un côté, et qui borne l’indemnité de l’autre.
Au Laos, 1,14 million de dollars versés en cinq jours ouvrés — sans expertise
Le contrepoint de l’édition. SEADRIF, le dispositif régional de financement du risque de catastrophe pour l’Asie du Sud-Est, a versé 1,14 million de dollars après les inondations de fin juin : 1 million au gouvernement du Laos, sur une couverture annuelle de 8 millions et une police biennale plafonnée à 16 millions en agrégé, et 137 500 dollars au Programme alimentaire mondial. Le paiement est intervenu sous cinq jours ouvrés. Le déclencheur n’est pas un devis : c’est un seuil — le National Disaster Management Office laotien a recensé plus de 260 000 personnes affectées, au-delà du seuil de 200 000 prévu au contrat. L’exact inverse du devis unique australien : ici, personne ne discute le montant, mais personne ne garantit non plus qu’il suffise.
À Asheville, dix-neuf membres du G20 sur vingt — selon Washington
La réunion des ministres des Finances du G20 tenue le 1er septembre à Asheville, en Caroline du Nord, s’est achevée sans communiqué commun : la Chine s’est opposée à quatre sections du texte, dont celle consacrée aux déséquilibres mondiaux et au renforcement du contrôle du FMI. Scott Bessent, secrétaire au Trésor américain : « We believe that the non-market-based economies pushing out a never-ending stream of cheap exports is not sustainable. » Deux réserves à garder en tête : les États-Unis président le G20 cette année et la déclaration est une chair’s statement — l’accord individuel des dix-neuf autres membres n’est pas confirmé — et aucune réaction chinoise n’est rapportée. Pour un courtier, l’enjeu est concret : dépendance aux exportations, assurance-crédit, ruptures de chaîne d’approvisionnement.
Une intrusion de mars, détectée en juin, annoncée en septembre : les dossiers judiciaires de onze États
La plateforme C-Track de gestion des dossiers judiciaires, éditée par West Publishing (groupe Thomson Reuters), a fait l’objet d’un accès non autorisé à des fichiers remontant à mars 2026. L’incident a été détecté le 30 juin et rendu public début septembre. Les dossiers concernent onze États américains, les Îles Vierges américaines et le Canada — Alabama, Pennsylvanie, Kentucky, Montana, Nevada, Dakota du Nord, Caroline du Sud, Tennessee, Ohio, New Hampshire et Wyoming — et contiennent les noms et données personnelles de personnes parties à une procédure ou citées dans les pièces. L’éditeur précise : « There has been no operational disruption to C-Track as a result of this incident » et « Our products and services remain fully operational and are safe to continue to use. » Aucun coût, aucune prime, aucune garantie ne sont chiffrés. Le calendrier, lui, dit l’essentiel : entre l’intrusion et l’information des personnes concernées, il s’est écoulé six mois — le préjudice est constitué bien avant que quiconque puisse être indemnisé.
Depuis le 1er septembre, le remboursement se calcule sur le biosimilaire le plus cher du groupe
La page de l’Assurance Maladie publiée le 1er septembre décrit deux transferts, pas un seul. Premier transfert : « si la substitution proposée par le pharmacien d’un médicament d’origine par un médicament hybride ou un médicament biosimilaire est refusée par le patient, celui-ci ne peut plus bénéficier du tiers payant » — « il lui faut alors avancer les frais ». Second transfert, moins commenté : « le remboursement du médicament délivré se fait, dans certains cas, sur la base du prix du médicament biosimilaire ou du médicament hybride le plus cher du groupe concerné », et « le patient peut supporter un reste à charge ». service-public.gouv.fr confirme la date d’entrée en vigueur. Aucune des deux sources institutionnelles ne cite de décret ; nous n’en citons donc aucun.
La Médiation de l’assurance franchit le cap des 60 000 saisines
À l’issue d’une conférence de presse tenue avec l’Anja, la Médiation de l’assurance annonce avoir franchi le cap des 60 000 saisines en 2026, en hausse de 48 % — chiffres rapportés par News Assurances Pro, dont le corps de l’article n’est pas accessible hors abonnement. Le contexte se lit en creux : le litige naît rarement de l’existence de la garantie, il naît de son exécution — montant, délai, expertise, périmètre. À titre de repère, le site de la Médiation affiche 46 830 saisines reçues pour 2025 ; nous n’établissons pas le lien arithmétique entre les deux, faute d’accès au périmètre exact retenu pour 2026.
Covéa centralise l’achat de pièces de réemploi : réparer, mais avec quelle pièce ?
Le pendant industriel du fil de la semaine. Covéa et le Groupe Faubourg ont lancé à l’automne 2025 Carrosity, place de marché professionnelle née de la reprise d’Aniel Marketplace, qui rassemble sur une même interface pièces d’origine, pièces d’équipementiers, pièces de qualité équivalente et pièces de réemploi : 45 millions d’offres auprès d’environ 190 vendeurs, 4 200 garages agréés et 16 recycleurs conventionnés, plus 500 000 à 600 000 références supplémentaires issues des centres de véhicules hors d’usage depuis janvier 2026. L’enjeu économique est explicite : les pièces remplacées représentent 55 % du coût d’un sinistre automobile, et le prix des pièces neuves a progressé de 30 % en cinq ans. Objectif affiché par Covéa : 56 % de pièces de réemploi parmi les pièces réparées ou remplacées d’ici 2028.
Ce que l’Assurance maladie ne remboursera plus au 1er janvier 2027, poste par poste
Le détail, taux par taux, des transferts programmés. Les consultations chez le chirurgien-dentiste et les soins dentaires courants ne seront plus remboursés qu’à hauteur de 50 % de la base de remboursement, au lieu de 60 % aujourd’hui. Les médicaments à service médical rendu modéré passeront à 15 %, au lieu de 30 %. Ceux à service médical rendu faible, aujourd’hui remboursés à 15 %, tomberont dans une fourchette comprise entre 3 % et 7 %. Les dispositifs médicaux et pansements reculent de 60 % vers 50 %, ou de 50 % vers 40 % ; les transports sanitaires de 55 % vers 50 %, ou de 45 % vers 40 %. L’estimation de 1,5 à 1,7 milliard d’euros de charge transférée est produite par les complémentaires santé elles-mêmes. L’article évoque quatre décrets publiés au Journal officiel du 22 août sans en donner les numéros ; nous n’en avançons aucun.
Assurance vie : 18,8 milliards d’euros en juillet, et une collecte nette qui recule
Communiqué de France Assureurs, source primaire. Les cotisations de juillet 2026 atteignent 18,8 milliards d’euros, en hausse de 1 % ; les prestations versées 14,1 milliards, en hausse de 4 %. La collecte nette ressort à +4,7 milliards, soit 0,4 milliard de moins qu’en juillet 2025. Les unités de compte pèsent 42 % des versements du mois. En cumul sur janvier-juillet, les cotisations s’élèvent à 127,8 milliards (+9 %) et la collecte nette à +41,3 milliards. L’encours atteint 2 174 milliards d’euros, en progression de 6,3 % sur un an. La ventilation du mois, publiée par FranceTransactions à partir des mêmes données, donne 11,1 milliards sur les fonds euros et 7,7 milliards sur les unités de compte.
Tégo obtient 30 % de baisse sur les cotisations de ses adhérents
L’association Tégo annonce une baisse de 30 % des cotisations de ses adhérents, obtenue à l’issue d’une mise en concurrence lancée en juillet 2026. Les contrats emprunteur et prévoyance de l’association représentent environ 200 millions d’euros de cotisations annuelles. L’entrée en vigueur est prévue au 1er janvier 2027, sous réserve de l’assemblée générale du 29 septembre 2026. Tous ces chiffres sont produits par Tégo. Pour un courtier en assurance emprunteur, le fait est net : à garantie constante, la remise en concurrence d’un portefeuille collectif déplace le prix d’un tiers.
Une plateforme du ministère du Logement hors service, 149 millions d’enregistrements revendiqués
La plateforme « Zéro logement vacant » est indisponible depuis le dimanche 30 août. Le groupe ZeroBytes revendique le vol de « 149 millions d’enregistrements bruts ». Le même groupe avait visé mi-août les données fiscales, « récoltant des données au sujet de 678 000 particuliers et professionnels ». Le point décisif est dans la phrase suivante de l’article : « Le ministère n’a pour l’instant pas réagi à cette situation, ne confirmant pas avoir fait l’objet d’une cyberattaque. » Le chiffre est une revendication d’attaquants, pas un constat — et c’est exactement le genre de donnée qui circule ensuite sans sa réserve.
Préjudice d’anxiété : la Cour de cassation retient la prescription décennale
Signé Pierre-Yves Rossignol, associé chez Herald. En jugeant que la réparation du préjudice d’anxiété lié à une substance toxique relève de la prescription décennale du dommage corporel, la chambre mixte de la Cour de cassation, par un arrêt du 29 mai 2026, n° 24-17.384, allonge la fenêtre pendant laquelle une créance de réparation peut naître. Pour la responsabilité civile professionnelle, l’effet est direct : la durée d’exposition d’un assureur ne se lit plus seulement dans la police, elle se lit dans le régime de prescription applicable au dommage. Article sous abonnement : titre et chapeau seulement, aucun chiffre de corps n’en est tiré.
L’été le plus chaud depuis 1900, et une sécheresse des sols « inédite dans l’absolu »
Le bilan climatique de l’été 2026, publié le 3 septembre, classe l’été écoulé comme le plus chaud depuis 1900 : température moyenne sur 24 h de 24,0 °C, soit +3,6 °C au-dessus de la normale, et une anomalie de 4,8 °C sur les températures maximales. 53 jours de vagues de chaleur, en trois épisodes (17-30 juin, 4-19 juillet, 28 juillet-19 août). Côté pluie, c’est le 2ᵉ été le moins pluvieux depuis 1959, avec 40 % de déficit. Mais le chiffre qui intéresse l’assurance n’est ni la température ni la pluie : c’est le sol. « La sécheresse des sols s’est installée et généralisée à l’ensemble du territoire dès le mois de juin » et, début août, elle atteint « des niveaux inédits dans l’absolu » à l’échelle du pays. C’est la porte d’entrée du retrait-gonflement des argiles. Réserve : Météo-France ne chiffre ni le nombre de sinistres ni le coût assurantiel de cet été, et aucune estimation n’est reprise ici. Le bilan ajoute deux constats : « cet été 2026 a été la saison des feux de forêts la plus sévère jamais enregistrée », et une tornade a provoqué « de très nombreux dégâts dans la commune de Pomas », dans l’Aude.
Verisk porte la perte annuelle moyenne assurée à 171 milliards de dollars
Le 2026 Global Modeled Catastrophe Losses Report de Verisk établit une perte annuelle moyenne assurée modélisée de 171 milliards de dollars, soit 19 milliards de plus que l’estimation de l’an dernier. Les États-Unis en concentrent 68 %. Par péril : orages violents 40 %, cyclones tropicaux 27 %, séismes 10 %, tempêtes hivernales 9 %, inondations 7 %, feux de forêt 6 %. L’écart de protection reste le chiffre à retenir : 38 % seulement des pertes économiques mondiales sont assurées, sur une perte économique annuelle moyenne modélisée supérieure à 450 milliards — et en Europe, 22 % seulement des 110 milliards de pertes économiques annuelles attendues. Rob Newbold, de Verisk : « A quiet hurricane season can lead markets to respond as if risk has eased: rates soften, insurers keep more risk. » Il s’agit d’une sortie de modèle, pas d’un sinistre constaté.
PERILS chiffre les orages de juillet à 2,186 milliards d’euros — la France dans le périmètre
PERILS publie sa première estimation de perte de marché pour les orages convectifs sévères du 13 au 19 juillet 2026 en Allemagne, France, Suisse et Italie : 2,186 milliards d’euros, périmètre « property and motor lines ». Une estimation actualisée est annoncée pour le 19 octobre 2026, trois mois après la fin de l’événement. Rappel de méthode utile : Aon, dans son Weekly Cat Report, évoquait pour une fenêtre différente — du 10 au 17 juillet — « hundreds of millions of euros and the potential for the sequence to become a billion-euro industry event ». Deux périmètres, deux chiffres : ils ne se contredisent pas, ils ne se comparent pas.
La Californie écrit les premières règles de test des dommages de fumée
Deux textes changent la manière dont un sinistre incendie se prouve. L’AB 1642 charge le Department of Toxic Substances Control d’adopter d’ici au 1er juillet 2027 une réglementation d’urgence fondée sur la santé, couvrant le plomb, l’amiante et les autres contaminants liés aux incendies, à l’intérieur comme à l’extérieur des structures restées debout. L’AB 1795, dite Smoke Damage Recovery Act, impose aux assureurs d’appliquer ces standards, d’inspecter un sinistre fumée dans les 30 jours suivant la déclaration, et de ne pas interrompre les frais de relogement tant que le bien n’est pas déclaré sûr. Ordre de grandeur du sujet, selon le California Department of Insurance : plus de 13 000 sinistres de dommages de fumée sur des maisons restées debout pour les seuls incendies d’Eaton et de Palisades de janvier 2025.
Californie : la subrogation conservée, l’assemblée ajournée, le FAIR Plan à +250 %
Le Senate Bill 492 conserve le recours subrogatoire des assureurs contre les compagnies d’électricité, mais l’encadre : honoraires d’avocat « capped at 10 % of the final settlement », interdiction de céder les créances de subrogation à des fonds de private equity ou hedge funds, démarchage interdit pendant 30 jours, et création d’un programme California Wildfire Relief Fast-Pay — qualification sous 60 jours, offre sous 30 jours. L’APCIA, syndicat professionnel partie prenante, avait chiffré à 10 à 20 % la hausse des primes habitation qu’aurait provoquée la suppression pure et simple de la subrogation. Toile de fond : le FAIR Plan californien affiche +43 % d’adhésions entre septembre 2024 et décembre 2025 et une exposition de 768 milliards de dollars en juin, soit +250 % depuis septembre 2022. L’Assemblée s’est ajournée le 2 septembre sans voter le texte.
En Nouvelle-Zélande, l’inflation des primes habitation est retombée à zéro — juste avant l’inondation
Environ 45 habitants de Queenstown ont été évacués dans la nuit du 28 août après quarante-huit heures de pluies soutenues. Le chiffre qui donne l’échelle du risque vient de la Climate Change Commission : 556 000 bâtiments néo-zélandais sont exposés à l’inondation continentale, pour 235 milliards de dollars de valeur de reconstruction — et les épisodes de tempête dommageables sont passés d’environ un par mois il y a quinze ans à environ un par semaine. Le contraste tarifaire est net : la Reserve Bank of New Zealand mesurait 20 % d’inflation des primes habitation en 2024, et zéro en mai 2026. Katherine Wilson, directrice générale de l’IBANZ, rappelle le rôle du courtier : « reviewing policies, clearly explaining the coverage available, taking care of the paperwork to lodge a claim, and advocating on their clients’ behalf to ensure a fast and fair outcome ».
La calibration ADAS apparaît sur un devis de réparation sur trois
Le coût unitaire de la réparation automobile monte pour une raison qui n’a rien à voir avec l’aléa. Selon Enlyte (2026 Envision Trends, données Mitchell) et CCC Intelligent Solutions (2026 Crash Course), la calibration des aides à la conduite figure sur 34,7 % des devis de réparation en 2025, contre 12,1 % en 2022, pour « $688 per estimate when a calibration was present ». Et l’écart est devant nous : « more than 60 % of vehicles involved in qualifying repairs may actually require it ». Le paradoxe est net dans les données de l’IIHS : les véhicules équipés présentent une sévérité supérieure d’environ 10 %, mais « overall losses were lower, since the safety features reduce how often a claim occurs ». Moins de sinistres, plus chers chacun.
Les codes énergétiques ont rendu les maisons étanches — et les assureurs paient les moisissures
Chez D.R. Horton, les réserves juridiques « climbed 57 % between the end of fiscal 2022 and the end of fiscal 2025, reaching $1.1 billion » — chiffres de l’entreprise. Chez Lennar, la Seminole Tribe of Florida agit sur « more than 450 homes with defective roofs and mold-contaminated walls », et la réserve d’auto-assurance « grew 21 % in fiscal 2025 to $336.9 million ». La cause structurelle avancée est la même partout : « modern energy codes have made homes far more airtight… it leaves little margin for error on moisture management ». Résultat sur le marché de la garantie : les taux de responsabilité civile générale en construction résidentielle sont « two to five times higher than comparable commercial risks ».
🎟️ « Restoration of the Ghent Altarpiece » — MSK Gand, jusqu’au 31 décembre 2026
La restauration du Retable de l’Agneau mystique
Troisième et dernière phase de la restauration du retable de Hubert et Jan van Eyck, conduite par l’Institut royal du Patrimoine artistique. Le musée écrit : « During the week, you can see the restorers of the Royal Institute for Cultural Heritage (KIK) live at work, in the studio behind glass. » Ici l’exposition est la réparation — on ne montre pas le résultat, on montre l’opération. Et elle pose la question la plus dure de l’édition : près de 70 % de la surface du retable avait été recouverte de surpeints. Les retirer, c’est faire disparaître des siècles d’une œuvre pour en retrouver une autre. Aucun calcul n’arbitre ce choix : c’est le débat vétusté déduite contre valeur à neuf, transposé au XVe siècle.
« En transition. La Collection Bührle »
205 œuvres présentées en accrochage dit « pétersbourgeois », que le musée décrit comme « un accrochage courant jusqu’à la fin du XIXe siècle dans les salons et musées d’art ». Le rapport dirigé par Raphael Gross établit, sur le périmètre distinct des 203 œuvres qu’il examine, que 133 proviennent de collections juives et qu’« environ 45 de ces œuvres ont changé de mains entre 1933 et 1945 ». Le musée s’appuie sur la Déclaration de Washington (1998) et celle de Terezín (2009), et écrit : « La Fondation Bührle s’efforce de trouver des solutions équitables et justes. » La norme internationale ne dit pas « restituer » : elle dit « solution juste et équitable ». Des accords ont été conclus avec les ayants droit des collections Max Silberberg et Richard Semmel.
« Patrimoines en résistance »
Commissariat d’Élisabeth Essaïan, Mathilde Leloup et Yves Ubelmann. Le parcours tient en trois séquences, et leurs intitulés disent tout : « Effacer », « Résister », « Réparer ». La troisième sépare la reconstruction matérielle de la restauration des liens et de la mémoire — soit exactement ce que l’indemnisation confond. Le musée annonce « un ensemble exceptionnel de documents graphiques, d’œuvres d’art contemporaines et de répliques numériques des sites perdus ». Et le prolongement nous concerne directement : le patrimoine en zone de conflit est un risque que le marché n’assure pas. Le transfert est impossible ; la réparation revient au politique.
🎨 Visuels d’ambiance générés par IA — ils illustrent le thème et ne représentent pas les œuvres exposées.
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🎟️ Événement — « CLING ! La bande dessinée parle cash », Monnaie de Paris, dernier week-end jusqu’au 6 septembre 2026
La Monnaie de Paris ferme dimanche, quai de Conti, une exposition consacrée à la manière dont la bande dessinée parle d’argent — « du 10 avril au 6 septembre 2026 ». Le sujet tombe juste cette semaine : le prix d’une chose et sa valeur ne sont pas la même grandeur. Le réflexe Decaux Assurances : c’est la question que pose toute déclaration de valeur — celle qu’on écrit au contrat, et celle qu’on découvre au sinistre.
Les sources de la semaine
- ASIC
- Artemis
- Atlas Magazine
- Axios
- Batiactu
- Business Insurance
- France Assureurs
- Insurance Business Asia
- Insurance Business Australia
- Insurance Business NZ
- Insurance Business UK
- Insurance Business US
- Insurance Journal
- insuranceNEWS.com.au
- La Tribune de l’assurance
- L’Assurance en mouvement
- Météo-France
- News Assurances Pro
- Reinsurance News
- Risk & Insurance
- ToutSurMesFinances
- ameli.fr
📖 Le glossaire de la semaine
Le fil de la semaine tient dans ces trois mots. Régler un sinistre suppose de choisir un état de référence : remise en état à neuf, ou valeur d’usage avec vétusté déduite. L’ASIC constate que 52 % des offres de règlement en espèces reposaient sur un seul devis, et qu’un sinistre sur quatre a été réglé en espèces au motif de défauts d’entretien préexistants — c’est-à-dire sur un désaccord d’expertise.
Deux façons de fixer une indemnité coexistent. Au Laos, SEADRIF a payé en cinq jours ouvrés parce qu’un seuil de population affectée était franchi : personne ne discute le montant, personne ne garantit qu’il suffise. Au Népal, la même mécanique se retourne — une couverture paramétrique séisme face à un effondrement glaciaire.
En aval du paiement reste la question du recours. La Californie conserve la subrogation des assureurs contre les compagnies d’électricité mais plafonne les honoraires d’avocat à 10 % ; à Baltimore, un arrêt de 1927 écarte six assureurs de toute réparation économique ; à New York, une exclusion de pollution fait tomber la garantie sur 26 sites parce que le dommage est lent.
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