Délai de trois mois pour la PUMa, fin de la CFE, indemnités journalières qui ne tombent pas tout de suite, double déclaration de revenus, comptes étrangers à déclarer : rentrer en France se prépare autant que partir. Voici la feuille de route pour ne perdre ni droits ni garanties.
- Avec un emploi : l’affiliation à l’Assurance maladie est acquise dès la première heure travaillée, sans délai de carence pour les frais de santé.
- Sans activité : il faut en principe justifier de 3 mois de résidence ininterrompue avant l’ouverture des droits à la PUMa, sauf exceptions (maintien de droits européen, CFE, chômage indemnisé, retour de volontariat international…).
- Indemnités journalières : elles supposent un minimum d’heures ou de cotisations ; les périodes accomplies dans l’UE ou dans certains pays conventionnés peuvent être totalisées.
- Impôts : l’année du retour, on déclare ses revenus de source française de janvier jusqu’au retour, puis l’ensemble de ses revenus mondiaux jusqu’au 31 décembre.
- Protection privée : mutuelle, prévoyance et complémentaire doivent prendre le relais de la couverture internationale sans trou de garantie.
- Réaffiliation à l’Assurance maladie : la règle des 3 mois et ses exceptions
- CFE, contrat international, mutuelle : organiser la transition
- Indemnités journalières, prévoyance, retraite : les angles morts du retour
- La fiscalité de l’année du retour
- Consulat, France Travail, CAF : les formalités à ne pas oublier
- Top 5 des erreurs à éviter
- FAQ — 6 questions clés
Après plusieurs années à Dubaï, Singapour, Montréal ou Lisbonne, le retour en France est souvent vécu comme une simple formalité : on connaît le pays, la langue, les administrations. C’est précisément là que se glissent les erreurs. Pendant l’expatriation, vous avez cessé d’être assuré social en France, votre dossier fiscal a été transféré au service des non-résidents, votre couverture santé reposait sur un contrat international ou sur la Caisse des Français de l’étranger. Au retour, chacun de ces fils doit être renoué dans le bon ordre, et parfois avant même de prendre l’avion. Decaux Assurances, courtier indépendant immatriculé à l’ORIAS et installé à Neuilly-sur-Seine, accompagne des expatriés au départ comme au retour. Ce guide se concentre sur la protection sociale, la santé, la prévoyance et la fiscalité ; les assurances du quotidien (habitation, auto, responsabilité civile) font l’objet d’un article dédié.
1. Réaffiliation à l’Assurance maladie : la règle des 3 mois et ses exceptions
Vous reprenez un travail : l’affiliation est immédiate
La bonne nouvelle concerne la majorité des personnes qui rentrent : celles qui reprennent un emploi salarié ou une activité indépendante. Depuis la création de la protection universelle maladie, l’affiliation sur critère d’activité professionnelle est acquise dès la première heure travaillée. Aucune durée minimale de travail ni aucun montant de cotisations n’est exigé pour la prise en charge des frais de santé. Concrètement, dès la signature de votre contrat, vous adressez à la CPAM de votre lieu de résidence le formulaire S1106 (demande d’ouverture des droits), accompagné d’une copie du contrat ou d’un bulletin de salaire, d’une pièce d’identité et d’un justificatif de domicile. Une fois réinscrit, vous mettez à jour votre carte Vitale, ou vous en demandez une nouvelle si l’ancienne a été désactivée.
Deux conseils pratiques. D’abord, si vous étiez déjà immatriculé avant votre départ, rappelez votre numéro de Sécurité sociale : il est permanent, et la caisse retrouvera votre historique. Ensuite, les délais de traitement varient d’une caisse à l’autre. Pendant quelques semaines, vous pouvez avancer des frais sans carte Vitale active ; conservez toutes les feuilles de soins, elles seront remboursées une fois les droits ouverts. Les membres de votre famille sans activité peuvent être rattachés à votre dossier dans les conditions de droit commun.
Le principe vaut aussi pour les indépendants. Si vous créez votre entreprise ou reprenez une activité libérale en rentrant, votre immatriculation déclenche l’affiliation au régime de sécurité sociale des travailleurs indépendants, sans attendre trois mois de résidence. Attention toutefois au calendrier : entre la décision de vous installer et l’immatriculation effective, plusieurs semaines peuvent s’écouler. Si vous arrivez en France avant d’avoir démarré officiellement votre activité, cette période intermédiaire n’est pas couverte par l’Assurance maladie au titre du travail. C’est typiquement le cas du consultant qui rentre en juillet, prend le temps de s’installer et ne facture qu’à la rentrée. Dans ce scénario, mieux vaut garder sa couverture internationale jusqu’à l’immatriculation.
Sans activité : le délai de 3 mois et ses exceptions
La situation est différente si vous rentrez sans emploi, en année sabbatique, pour accompagner un conjoint ou pour préparer un projet. La PUMa repose alors sur la résidence stable et régulière en France. Selon Service-Public.fr, il faut attendre 3 mois de présence avant l’ouverture des droits, puis vivre en France au moins 6 mois par an pour les conserver. La preuve de résidence se fait par tout moyen : trois quittances de loyer successives, des factures d’énergie, une attestation d’hébergement. Pendant ces trois mois, sans couverture relais, chaque consultation, examen ou hospitalisation est à votre charge.
Plusieurs exceptions réduisent ou suppriment ce délai. Si vous étiez affilié à la sécurité sociale d’un pays de l’Union européenne, de l’EEE ou de Suisse, renseignez-vous avant de partir sur un éventuel maintien de droits : il se matérialise par une carte européenne d’assurance maladie ou un document S1. Si vous étiez adhérent de la Caisse des Français de l’étranger, vous pouvez, sous conditions, continuer à bénéficier de ses prestations pendant les 3 mois suivant votre retour. Si vous percevez des allocations chômage (par exemple grâce à l’assurance chômage des expatriés), celles-ci vous ouvrent des droits sans attendre. Enfin, la condition de résidence est réputée remplie sans délai pour certaines personnes, dont celles qui rentrent d’un volontariat international. Les titulaires d’une pension de retraite française sont rattachés via leur statut de pensionné.
À surveiller aussi : la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit une participation financière pour certains bénéficiaires de la PUMa sans activité et non redevables de la CSG. Service-Public.fr précise que ses modalités sont encore en attente de textes d’application : si vous rentrez sans revenus d’activité, interrogez votre CPAM sur votre situation exacte.
Les conditions de résidence stable et régulière ouvrant droit à la protection universelle maladie sont fixées par les articles R111-1 à R111-4 du Code de la sécurité sociale. Pour les personnes venant d’un État de l’UE, de l’EEE ou de Suisse, la coordination des droits relève du règlement (CE) n° 883/2004.
Réf : CSS art. R111-1 à R111-4 · Règlement (CE) n° 883/2004- Emploi en France : affiliation dès la première heure, formulaire S1106 à la CPAM.
- Sans activité : 3 mois de résidence avant la PUMa, sauf exceptions.
- CFE, maintien de droits européen ou chômage indemnisé peuvent couvrir la transition.
Decaux Assurances organise la transition entre votre couverture internationale et votre future mutuelle, pour éviter tout trou de garantie pendant les premiers mois.
Demander mon étude mutuelle de retour →2. CFE, contrat international, mutuelle : organiser la transition
Quand arrêter sa CFE et son contrat de santé internationale
Pendant l’expatriation, votre santé reposait sans doute sur deux étages : la CFE, qui reproduit le socle de la Sécurité sociale, complétée par une complémentaire CFE ; ou un contrat de santé au premier euro, qui rembourse directement les frais réels sans passer par un régime de base. Au retour, la tentation est de tout résilier en même temps que l’on rend les clés de son logement à l’étranger. C’est une erreur fréquente. Tant que la CPAM n’a pas ouvert vos droits, votre contrat international reste votre seule protection.
Le bon réflexe consiste à caler la date de fin sur votre situation. Si vous reprenez un emploi à une date connue, vous pouvez viser une fin de contrat quelques jours après votre première journée de travail. Si vous rentrez sans activité, anticipez le délai de trois mois : maintien de la CFE si vous y êtes éligible, prolongation temporaire du contrat international ou souscription d’une couverture transitoire. Lisez vos conditions générales : certains contrats internationaux cessent automatiquement lorsque vous résidez à nouveau durablement dans votre pays d’origine, d’autres prévoient une couverture limitée pendant les séjours dans ce pays. Votre courtier vérifie ces clauses et vous indique la date de résiliation la plus sûre.
Choisir sa mutuelle de retour : famille, carences, besoins réels
Une fois la Sécurité sociale rétablie, vous retrouvez le fonctionnement classique : l’Assurance maladie rembourse une part des dépenses et la complémentaire santé prend en charge tout ou partie du reste. Si vous devenez salarié, votre employeur du secteur privé doit en principe vous proposer une mutuelle collective ; il faut alors vérifier si ses garanties suffisent ou s’il faut une surcomplémentaire. Si vous êtes indépendant, sans emploi ou retraité, vous souscrivez une complémentaire santé individuelle.
Plusieurs points méritent une attention particulière après une longue période à l’étranger. Les délais d’attente (ou « stages ») prévus par certains contrats sur l’optique, le dentaire ou la maternité peuvent retarder la prise en charge : demandez s’ils peuvent être supprimés sur présentation de votre attestation de couverture précédente. Les soins entrepris à l’étranger et poursuivis en France, un traitement orthodontique par exemple, doivent être signalés. Enfin, pensez aux voyages : si vous continuez à vous déplacer souvent à l’étranger, une mutuelle française ne remplace pas une assurance voyage ou une assistance rapatriement adaptée.
Le retour en famille ajoute une couche de complexité. Il arrive que les membres du foyer ne rentrent pas tous à la même date : un conjoint termine son contrat sur place, les enfants finissent leur année scolaire. Chaque personne doit alors disposer d’une couverture cohérente avec sa propre situation, et votre contrat international doit pouvoir être maintenu pour ceux qui restent tandis que la mutuelle française démarre pour ceux qui arrivent. Demandez à votre courtier de construire un calendrier bénéficiaire par bénéficiaire : c’est souvent là que se nichent les semaines sans protection.
- Ne jamais résilier la couverture internationale avant l’ouverture des droits français.
- Faire démarrer la mutuelle à la date de réaffiliation, sans délai d’attente si possible.
- Vérifier la couverture des soins en cours et des futurs déplacements.
3. Indemnités journalières, prévoyance, retraite : les angles morts du retour
Arrêt de travail : pourquoi les indemnités ne sont pas immédiates
Être affilié ne signifie pas être indemnisé en cas d’arrêt de travail. Les indemnités journalières maladie ou maternité ne sont versées qu’aux assurés qui justifient d’un certain nombre d’heures travaillées ou d’un certain montant de cotisations sur une période de référence. Or, au retour, votre compteur français est à zéro. Si une maladie ou un accident survient dans les premières semaines, vous risquez de ne rien percevoir, alors même que vos charges courent.
La coordination internationale atténue ce risque. Si vous avez travaillé dans un pays de l’Union européenne, de l’EEE, en Suisse ou au Royaume-Uni, votre CPAM peut demander à votre ancienne caisse un récapitulatif de vos périodes d’assurance (document S041, anciennement E104) et les totaliser avec vos périodes françaises. Le Cleiss indique qu’une totalisation comparable est prévue pour une liste de pays liés à la France par une convention bilatérale, parmi lesquels l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, le Brésil, l’Argentine, la Turquie, Monaco, Andorre ou le Québec. En revanche, pour un retour des États-Unis, du Japon, des Émirats ou de Singapour, il faudra en principe attendre de remplir les conditions françaises. Si vous êtes indépendant, les règles d’indemnisation de votre régime s’appliquent également avec des conditions d’ancienneté.
Prévoyance et retraite : reconstruire sa protection long terme
C’est ici que la prévoyance individuelle prend tout son sens. Un contrat bien construit peut verser des indemnités en cas d’arrêt de travail, une rente en cas d’invalidité et un capital aux proches en cas de décès. Pendant l’expatriation, ces garanties étaient parfois intégrées à votre package employeur local ou à votre contrat international ; elles s’arrêtent souvent avec lui. Au retour, il faut vérifier ce que prévoit la prévoyance collective de votre nouvel employeur, et combler l’écart. Les travailleurs non salariés sont particulièrement exposés : leurs indemnités de base sont limitées et la couverture complémentaire repose entièrement sur des contrats facultatifs. Les questionnaires de santé seront étudiés au moment de l’adhésion : mieux vaut souscrire tôt.
La retraite mérite aussi un audit. Selon Service-Public.fr, les périodes travaillées dans l’UE, l’EEE, en Suisse, au Royaume-Uni ou dans un pays conventionné sont prises en compte pour le calcul de la retraite française, chaque pays versant ensuite sa part. Les périodes accomplies dans un pays sans convention ne comptent pas, sauf si vous avez cotisé volontairement à l’assurance vieillesse via la CFE et à la retraite complémentaire via la caisse Agirc-Arrco dédiée à l’international. Consultez votre relevé de carrière sur info-retraite.fr, signalez les trous et conservez vos justificatifs étrangers. Pour compléter vos droits, un plan d’épargne retraite peut s’envisager avec votre conseiller, en fonction de votre fiscalité retrouvée.
L’article 6 du règlement (CE) n° 883/2004 organise la totalisation des périodes d’assurance accomplies dans les différents États membres pour l’ouverture des droits, notamment aux prestations en espèces de l’assurance maladie. Les conventions bilatérales de sécurité sociale prévoient, pour certaines, un mécanisme équivalent.
Réf : Règlement (CE) n° 883/2004, art. 6 et 11 · Conventions bilatérales (liste Cleiss)- Indemnités journalières : conditions d’heures ou de cotisations à remplir en France.
- Totalisation possible depuis l’UE et certains pays conventionnés, pas depuis les autres.
- Prévoyance individuelle et audit du relevé de carrière dès le retour.
4. La fiscalité de l’année du retour
Deux périodes, deux déclarations, un prélèvement à la source à régler
La logique est simple, l’exécution moins. Selon impots.gouv.fr, si vous perceviez des revenus de source française pendant votre expatriation, vous dépendiez du service des impôts des particuliers non-résidents. Dès votre retour, signalez-lui votre nouvelle adresse depuis votre espace Finances publiques et mettez à jour vos coordonnées bancaires. Au printemps de l’année suivante, votre déclaration en ligne s’adapte dès que vous indiquez votre déménagement : une partie « non-résident » pour les revenus de source française imposables en France du 1er janvier à votre arrivée, une partie « résident » pour tous vos revenus de votre arrivée au 31 décembre. Votre dossier est ensuite transmis au service des impôts de votre nouveau domicile.
Si vous n’aviez aucun revenu de source française pendant l’expatriation, vous n’étiez pas connu du service des non-résidents : une seule déclaration 2042 suffit, pour les revenus perçus de votre retour au 31 décembre. Dans tous les cas, anticipez le prélèvement à la source. Sans taux personnalisé, votre employeur appliquera un taux non personnalisé, dit taux par défaut, qui ne tient pas compte de votre situation familiale. Vous pouvez actualiser votre taux en ligne ou, si vous n’étiez pas connu de l’administration, transmettre un formulaire 2043 à votre nouveau service des impôts. À défaut, l’excédent ou le solde sera régularisé l’année suivante. Les revenus étrangers perçus après le retour, loyers d’un bien conservé à l’étranger ou dividendes, se déclarent sur l’annexe 2047 et relèvent de la convention fiscale applicable.
Ce dernier point est essentiel pour éviter une double imposition. Lorsque vous conservez un appartement loué dans votre ancien pays, un plan d’épargne salariale local ou des bonus différés versés après votre départ, c’est la convention fiscale conclue entre la France et cet État qui décide lequel des deux pays peut imposer, et selon quelle méthode l’impôt payé à l’étranger est pris en compte en France. Les rémunérations différées liées à votre ancien poste, par exemple, peuvent rester imposables dans l’État où l’activité a été exercée. Rassemblez les attestations fiscales étrangères avant votre première déclaration de résident et faites-vous accompagner si votre situation comporte plusieurs pays.
Comptes à l’étranger et régime des impatriés
Premier piège classique : les comptes bancaires restés ouverts dans votre ancien pays, les contrats d’assurance vie souscrits sur place ou les comptes d’actifs numériques. Dès que votre domicile fiscal est en France, vous devez les déclarer chaque année avec le formulaire 3916 ou 3916-bis, y compris s’ils ont été clôturés dans l’année. impots.gouv.fr rappelle que l’omission est sanctionnée d’une amende de 1 500 € par compte non déclaré, portée à 10 000 € si le compte est situé dans un État qui n’a pas conclu de convention d’assistance administrative avec la France. Faites l’inventaire avant votre première déclaration.
Seconde opportunité, souvent méconnue : le régime des impatriés. Il s’adresse aux personnes appelées de l’étranger à occuper un emploi dans une entreprise établie en France, qui n’étaient pas fiscalement domiciliées en France au cours des cinq années civiles précédant leur prise de fonctions. Il permet notamment d’exonérer la prime d’impatriation, jusqu’au 31 décembre de la huitième année suivant la prise de fonctions pour les arrivées depuis juillet 2016, et prévoit des exonérations partielles sur certains revenus passifs. Un Français rentrant après au moins cinq ans d’expatriation peut donc être concerné, à condition de remplir toutes les conditions : vérifiez-le avec votre employeur et votre conseiller fiscal avant de signer votre contrat.
Le régime des impatriés est prévu par l’article 155 B du Code général des impôts. L’obligation de déclarer les comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos à l’étranger découle de l’article 1649 A du CGI. Les règles de l’année du changement de domicile sont détaillées par impots.gouv.fr.
Réf : CGI art. 155 B et 1649 A · Formulaires 2042, 2042-NR, 2047, 3916- Deux périodes l’année du retour : non-résident puis résident.
- Actualiser son taux de prélèvement à la source dès la reprise d’activité.
- Déclarer tous les comptes et contrats étrangers ; étudier le régime des impatriés.
5. Consulat, France Travail, CAF : les formalités à ne pas oublier
Avant le départ : les documents qui feront gagner des mois
La radiation du registre des Français établis hors de France se demande en ligne, idéalement avant de quitter votre pays de résidence. Service-Public.fr précise qu’un certificat de radiation est alors délivré dans votre espace personnel ; il peut servir à justifier de votre temps de séjour à l’étranger, par exemple auprès de l’administration fiscale ou pour certaines démarches de véhicule et de déménagement. La radiation du registre n’a pas d’effet sur votre inscription électorale : c’est votre nouvelle inscription sur une liste communale qui entraînera la radiation de la liste consulaire.
Réunissez ensuite les preuves de vos droits sociaux. Si vous avez travaillé dans un pays européen, demandez aux services de l’emploi le document portable U1 : il permet à France Travail de totaliser vos périodes d’emploi si vous vous retrouvez au chômage après une reprise d’activité. Si vous perceviez des allocations chômage dans ce pays, le document U2 peut permettre d’en exporter le versement en France pendant 3 mois, sous conditions. Demandez aussi les attestations de périodes d’assurance maladie et retraite, vos derniers bulletins de salaire et, le cas échéant, les attestations d’adhésion à la CFE et à l’assurance chômage des expatriés. Traduisez les documents clés si nécessaire.
Après l’arrivée : l’ordre des démarches
Une fois installé, suivez un ordre logique. D’abord l’Assurance maladie, avec le formulaire S1106 et vos justificatifs, puisque le délai éventuel de trois mois démarre à votre arrivée. Ensuite France Travail si vous cherchez un emploi : l’inscription permet d’examiner vos droits, qu’ils proviennent d’une activité antérieure en France, de l’assurance chômage des expatriés ou de la totalisation européenne. Puis la CAF, si vous avez des enfants, pour connaître vos droits aux prestations familiales. Enfin, l’administration fiscale, comme décrit plus haut. Le simulateur de Service-Public.fr « Comment faire si vous revenez vivre en France ? », relayé par France Diplomatie, dresse la liste personnalisée des démarches selon votre situation.
Viennent ensuite les assurances du quotidien : habitation dès la remise des clés, auto si vous rapatriez ou achetez un véhicule, responsabilité civile familiale, éventuelle assurance de prêt si vous achetez votre résidence principale. Si vous conservez un bien à l’étranger ou si vous prévoyez de repartir, parlez-en à votre courtier : la bonne architecture de contrats dépend de votre horizon, pas seulement de votre adresse du moment.
- Radiation consulaire en ligne avant le départ, certificat à conserver.
- Documents U1, U2, S1 et attestations de périodes à récupérer sur place.
- CPAM, France Travail, CAF, impôts, puis assurances du quotidien.
| Votre situation au retour | Frais de santé (Assurance maladie) | Démarche clé |
|---|---|---|
| Vous reprenez un emploi en France | Droits ouverts dès la première heure travaillée | S1106 + contrat ou bulletin de salaire à la CPAM |
| Retour de l’UE/EEE/Suisse, avec maintien de droits | Prise en charge sur présentation de la CEAM ou du S1 | Demander le document au régime étranger avant le départ |
| Adhérent CFE, sans activité | Prestations CFE possibles pendant 3 mois, sous conditions | Prévenir la CFE et demander la PUMa |
| Chômage indemnisé par France Travail | Droits ouverts du fait des allocations | Inscription à France Travail |
| Sans activité ni maintien de droits | PUMa après 3 mois de résidence ininterrompue | S1106 + preuves de résidence ; couverture relais conseillée |
| Retraité d’un régime français | Rattachement en tant que pensionné | Demande auprès de la CPAM de résidence |
Top 5 des erreurs à éviter lors d’un retour d’expatriation
- Résilier son contrat international trop tôtSans activité, la PUMa peut prendre 3 mois. Solution : caler la fin de contrat sur la date réelle d’ouverture des droits.
- Croire que l’affiliation donne droit aux indemnités journalièresLes IJ exigent heures ou cotisations. Solution : demander la totalisation si possible et souscrire une prévoyance.
- Partir sans les documents U1, S1 ou attestations de périodesLes obtenir depuis la France prend du temps. Solution : les demander avant de quitter le pays.
- Oublier de déclarer ses comptes étrangersAmende de 1 500 € par compte, 10 000 € dans certains États. Solution : formulaire 3916 dès la première déclaration.
- Laisser le taux par défaut du prélèvement à la sourceIl ignore votre situation familiale. Solution : actualiser le taux en ligne ou via le formulaire 2043.
- Trois mois avant : faire le point avec votre courtier sur la date de fin de votre couverture internationale ou CFE.
- Avant le départ : radiation consulaire en ligne et collecte des documents U1, U2, S1 et attestations.
- Semaine d’arrivée : formulaire S1106 à la CPAM avec contrat de travail ou preuves de résidence.
- Dès l’ouverture des droits : mise en place de la mutuelle et de la prévoyance.
- Premier mois : actualisation du prélèvement à la source et adresse transmise aux impôts.
- Printemps suivant : déclaration en deux périodes et formulaires 3916 pour les comptes étrangers.
FAQ — Retour en France après une expatriation : 6 questions clés
Combien de temps faut-il pour retrouver la Sécurité sociale après une expatriation ?
Si vous reprenez un travail, l’affiliation est acquise dès la première heure travaillée. Sans activité, il faut en principe justifier de 3 mois de résidence ininterrompue en France avant l’ouverture de la protection universelle maladie, sauf exceptions (maintien de droits européen, CFE, chômage indemnisé, retour de volontariat international).
Suis-je couvert pendant les 3 mois de carence ?
Pas par l’Assurance maladie, sauf exception. Les adhérents de la CFE peuvent, sous conditions, bénéficier de ses prestations pendant les 3 mois suivant le retour. Sinon, il faut maintenir ou souscrire une couverture privée pour cette période.
Ai-je droit aux indemnités journalières dès mon retour ?
Pas forcément : elles supposent un minimum d’heures travaillées ou de cotisations. Les périodes accomplies dans l’UE, l’EEE, en Suisse, au Royaume-Uni ou dans certains pays conventionnés peuvent être totalisées. Une prévoyance individuelle couvre le risque en attendant.
Comment déclarer mes revenus l’année de mon retour ?
Au printemps suivant, vous déclarez vos revenus de source française du 1er janvier à votre retour comme non-résident (2042-NR), puis tous vos revenus de votre retour au 31 décembre comme résident (2042). Si vous n’aviez aucun revenu français pendant l’expatriation, seule la déclaration 2042 est nécessaire.
Dois-je déclarer mon compte bancaire resté à l’étranger ?
Oui. Dès que votre domicile fiscal est en France, chaque compte, contrat d’assurance vie ou compte d’actifs numériques détenu à l’étranger doit être déclaré chaque année sur le formulaire 3916 ou 3916-bis, sous peine d’amende.
Le régime des impatriés peut-il concerner un Français qui rentre ?
Oui, s’il n’était pas fiscalement domicilié en France au cours des cinq années civiles précédant sa prise de fonctions et s’il est appelé de l’étranger à occuper un emploi dans une entreprise établie en France. Les conditions sont strictes : à vérifier avec l’employeur et un conseiller fiscal.
Fin de la couverture internationale, mutuelle, prévoyance : Decaux Assurances coordonne vos contrats avec la date réelle d’ouverture de vos droits en France.
Demander mon étude retour d’expatriation →- Service-Public.fr — Quelle assurance maladie lors du retour en France après avoir travaillé comme expatrié ? (consulté le 27/09/2026)
- Service-Public.fr — Protection universelle maladie (PUMa) (consulté le 27/09/2026)
- Cleiss — Vous rentrez en France après avoir travaillé à l’étranger (consulté le 27/09/2026)
- impots.gouv.fr — Je suis de retour en France après expatriation, quelles démarches ? (consulté le 27/09/2026)
- impots.gouv.fr — Le régime des impatriés (consulté le 27/09/2026)
- France Diplomatie — Préparation d’un retour en France (consulté le 27/09/2026)
- PUMa
- Protection universelle maladie : droit à la prise en charge des frais de santé pour toute personne qui travaille ou réside en France de manière stable et régulière.
- CFE
- Caisse des Français de l’étranger : régime facultatif qui permet aux expatriés de conserver une protection proche de la Sécurité sociale française.
- Formulaire S1106
- Demande d’ouverture des droits à l’Assurance maladie à adresser à la CPAM.
- Document U1
- Attestation des périodes d’emploi accomplies dans un autre pays européen, utile pour les droits au chômage en France.
- SIPNR
- Service des impôts des particuliers non-résidents, compétent tant que vous êtes domicilié fiscalement hors de France.
- Impatrié
- Salarié ou dirigeant appelé de l’étranger à travailler en France, pouvant bénéficier d’un régime fiscal spécifique (art. 155 B CGI).
Pourquoi ce guide vous est utile
Decaux Assurances, courtier indépendant immatriculé à l’ORIAS sous le n° 20005730 et installé à Neuilly-sur-Seine, accompagne des expatriés à chaque étape de leur mobilité : santé internationale, complémentaire CFE, prévoyance et retour en France. Nous coordonnons la fin de vos contrats internationaux avec l’ouverture de vos droits français et comparons les solutions de nos partenaires assureurs. Ces informations sont générales : pour votre fiscalité personnelle, rapprochez-vous de votre service des impôts ou d’un conseiller fiscal.
Publié le 03/11/2026 · 11 rue de Chartres, 92200 Neuilly-sur-Seine
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N’hésitez pas à solliciter Decaux Assurances pour une étude personnalisée sans frais. Nous organisons la transition entre votre assurance santé expatrié et votre complémentaire santé en France, et nous étudions votre prévoyance individuelle et votre PER. Courtier indépendant immatriculé à l’ORIAS et installé à Neuilly-sur-Seine.

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Rentrer en France sans trou de garantie
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