Vivre avec un diabète, être en rémission d’un cancer ou suivre une dialyse n’interdit pas de s’expatrier. Mais cela change la façon de construire sa couverture santé : questionnaire médical, exclusions, surprimes, maintien de la CFE, continuité des traitements. Et une confusion fréquente doit être levée d’emblée : la convention AERAS ne concerne que l’emprunt, pas l’assurance santé.
- Questionnaire médical : les contrats santé internationaux individuels sélectionnent en général les risques ; une pathologie chronique peut entraîner surprime, exclusion ou refus.
- Sincérité obligatoire : une fausse déclaration peut réduire l’indemnité ou annuler le contrat. Mieux vaut une exclusion connue qu’un contrat fragile.
- La CFE accepte tous les profils, sans questionnaire de santé ni exclusion : c’est le socle le plus sûr pour un malade chronique.
- Traitements : l’Assurance maladie peut autoriser, par dérogation, la délivrance d’un traitement jusqu’à 6 mois pour un départ à l’étranger, sous conditions.
- AERAS : la convention facilite l’accès à l’assurance emprunteur et au crédit ; elle ne s’applique pas à l’assurance santé internationale.
- Le questionnaire médical des contrats internationaux
- Exclusions, surprimes, préexistence : lire entre les lignes
- La CFE, socle des malades chroniques
- Continuité des traitements : médicaments, dialyse, suivi
- Convention AERAS : ce qu’elle couvre et ce qu’elle ne couvre pas
- Top 5 des erreurs à éviter
- FAQ — 6 questions clés
Une maladie chronique ne se met pas entre parenthèses le temps d’une expatriation. Le diabète demande un suivi régulier et un accès permanent à l’insuline ou aux antidiabétiques ; un cancer, même en rémission, impose des contrôles et parfois des traitements d’entretien ; une insuffisance rénale peut nécessiter plusieurs séances de dialyse par semaine. Or, en quittant la France, l’expatrié quitte aussi la Sécurité sociale française et le cadre protecteur qu’il connaissait, notamment la prise en charge des affections de longue durée. France Diplomatie le rappelle : les droits ouverts auprès de l’Assurance maladie sont automatiquement échus du fait de l’expatriation. Decaux Assurances, courtier indépendant immatriculé à l’ORIAS et installé à Neuilly-sur-Seine, accompagne des expatriés et des retraités à l’étranger qui vivent avec une pathologie chronique. Ce guide explique comment les assureurs évaluent le risque, pourquoi la CFE joue un rôle central, comment organiser la continuité des traitements et pourquoi la convention AERAS, souvent citée, ne répond pas à la question de l’assurance santé.
1. Le questionnaire médical des contrats internationaux
Ce que l’assureur cherche à évaluer
Le questionnaire médical d’un contrat international porte en général sur les maladies en cours ou passées, les traitements suivis, les hospitalisations et interventions chirurgicales, les examens prévus et parfois les habitudes de vie. Pour une pathologie chronique, l’assureur cherche à apprécier trois éléments : la nature de la maladie, sa stabilité (équilibre du diabète, absence de complication, ancienneté de la rémission) et le coût prévisible des soins dans la zone géographique choisie. Un diabète de type 2 équilibré sans complication, un cancer en rémission depuis plusieurs années ou une insuffisance rénale sous dialyse ne présentent évidemment pas le même profil.
Certains assureurs demandent des pièces complémentaires : compte rendu du médecin traitant, derniers bilans biologiques, rapport d’oncologie, parfois un examen médical. Ces demandes ne sont pas un mauvais signe : elles permettent souvent d’obtenir une décision plus favorable qu’une réponse brute au questionnaire. Préparer un dossier médical à jour avant de solliciter les assureurs, et idéalement traduit en anglais pour les contrats internationaux, fait gagner du temps et améliore la qualité de l’analyse.
Chaque pathologie soulève des questions propres. Pour un diabète, l’assureur s’intéresse au type de diabète, au traitement (comprimés, insuline, pompe), à l’équilibre glycémique et à l’existence de complications. Pour un cancer, il regarde la localisation, le stade, la date de fin des traitements, l’existence de traitements d’entretien et le calendrier de surveillance. Pour une insuffisance rénale, le stade de la maladie et le recours à la dialyse ou à une greffe pèsent lourdement. Dans tous les cas, un courrier du spécialiste qui décrit précisément la situation actuelle est plus utile qu’une liste d’examens sans commentaire.
Les issues possibles et la règle de sincérité
À l’issue de l’analyse, cinq réponses sont possibles. L’acceptation standard lorsque la pathologie est jugée sans incidence. La surprime, qui majore la cotisation pour couvrir un risque plus élevé. L’exclusion, qui retire de la garantie la pathologie déclarée et, souvent, ses complications. L’ajournement, lorsque l’assureur attend un résultat ou la fin d’un traitement. Le refus, enfin, en particulier pour les pathologies les plus lourdes ou instables. Les assureurs n’ont pas tous la même approche : un refus chez l’un ne préjuge pas de la réponse d’un autre, d’où l’intérêt de passer par un courtier qui connaît les politiques d’acceptation de plusieurs partenaires.
La tentation de minimiser une pathologie est réelle, et elle est dangereuse. Pour un contrat soumis au droit français, le Code des assurances impose de répondre exactement aux questions posées. Une fausse déclaration intentionnelle peut entraîner la nullité du contrat ; une omission non intentionnelle peut réduire l’indemnité en proportion. À l’étranger, la découverte d’une omission intervient souvent au pire moment : lors d’une hospitalisation coûteuse, quand l’assureur demande le dossier médical. Pour les contrats relevant d’un droit étranger, les règles diffèrent mais le principe reste le même : la sincérité conditionne la garantie.
Pour un contrat soumis au droit français, l’assuré doit répondre exactement aux questions posées par l’assureur (article L113-2 du Code des assurances). La fausse déclaration intentionnelle entraîne la nullité du contrat (article L113-8) ; l’omission ou la déclaration inexacte non intentionnelle permet à l’assureur de réduire l’indemnité en proportion des cotisations qui auraient été dues (article L113-9).
Réf : Code des assurances, art. L113-2, L113-8 et L113-9- Acceptation, surprime, exclusion, ajournement ou refus : cinq issues possibles.
- Un dossier médical à jour et traduit améliore l’analyse.
- Répondre exactement : une omission peut coûter la garantie au pire moment.
Decaux Assurances présente votre dossier à plusieurs partenaires assureurs spécialisés en santé internationale et vous explique chaque proposition, exclusions comprises.
Demander une étude personnalisée →2. Exclusions, surprimes, préexistence : lire entre les lignes
Le périmètre réel d’une exclusion
Une exclusion peut être rédigée de manière étroite ou très large. « Exclusion du diabète » peut viser uniquement le traitement du diabète lui-même, ou s’étendre à toutes ses complications : cardiovasculaires, rénales, ophtalmologiques, neurologiques. Pour une personne diabétique, la différence est considérable, car ce sont précisément les complications qui génèrent les hospitalisations les plus coûteuses. De même, l’exclusion d’un cancer traité peut viser la seule récidive, ou toute pathologie oncologique. Demandez toujours la formulation exacte de l’exclusion avant d’accepter une proposition.
La durée compte aussi. Certaines exclusions sont définitives, d’autres peuvent être revues après une période sans symptôme ni traitement, à la demande de l’assuré et sur présentation de justificatifs médicaux. Certains contrats prévoient également des clauses dites de préexistence ou de moratoire, qui encadrent la prise en charge des pathologies antérieures à la souscription selon des conditions de durée. Ces mécanismes varient fortement d’un contrat à l’autre : ils doivent être lus dans les conditions générales et particulières, pas déduits d’une plaquette commerciale.
Surprimes, plafonds et contrats collectifs
Lorsque l’assureur accepte la pathologie moyennant une surprime, la question devient celle de la durée de cette surprime et de son évolution. Vérifiez aussi les sous-plafonds : un contrat peut couvrir une maladie chronique tout en limitant fortement certains postes, comme les médicaments de spécialité, la dialyse, les traitements anticancéreux innovants ou la rééducation. Pour une pathologie qui génère des dépenses régulières et élevées, un plafond annuel serré sur les soins courants peut rendre la garantie théorique.
La situation est souvent différente pour les salariés expatriés couverts par un contrat collectif de leur employeur. Selon l’effectif et les conditions négociées, ces contrats peuvent être mis en place sans sélection médicale individuelle ou avec des règles d’acceptation plus souples. Pour un salarié atteint d’une maladie chronique, une offre d’expatriation assortie d’une couverture collective peut donc représenter un avantage déterminant. Attention toutefois à la sortie : à la fin du contrat de travail, la couverture collective prend fin, et il faudra retrouver une solution individuelle, avec un questionnaire de santé. C’est l’une des raisons pour lesquelles de nombreux salariés conservent une adhésion à la CFE en parallèle.
Enfin, regardez l’avenir du contrat et pas seulement sa photographie à la souscription. Que devient la couverture si vous changez de pays de résidence, si vous passez d’une zone géographique à une autre, ou si vous souhaitez augmenter votre niveau de garantie ? Dans de nombreux contrats, une modification à la hausse peut donner lieu à une nouvelle sélection médicale sur la partie ajoutée. Pour une personne atteinte d’une maladie chronique, il est donc souvent préférable de choisir d’emblée un niveau de garantie suffisant, plutôt que de compter sur une amélioration ultérieure qui pourrait être refusée ou assortie d’exclusions.
- Faire préciser si l’exclusion couvre aussi les complications de la pathologie.
- Distinguer exclusions définitives et exclusions révisables.
- Contrat collectif employeur : souvent plus souple, mais prévoir la sortie.
3. La CFE, socle des malades chroniques
Pourquoi la CFE change la donne
La CFE est un organisme de Sécurité sociale de droit privé chargé d’une mission de service public. Sur son site, elle indique que l’adhésion se fait sans questionnaire médical préalable, que tous les expatriés peuvent adhérer quels que soient leur âge et leur état de santé, et qu’aucune exclusion n’est opposée pour la prise en charge des frais de santé. Une fois adhérent, on ne peut pas être exclu. Pour une personne diabétique, en rémission d’un cancer ou insuffisante rénale, cette absence de sélection est un avantage que le marché privé ne peut pas garantir.
La CFE rembourse les soins selon ses barèmes, en fonction du pays où ils sont réalisés. Elle garantit en outre la continuité avec la Sécurité sociale française : prise en charge des soins en France lors des séjours temporaires, pendant trois mois selon France Diplomatie, et maintien des droits pendant trois mois au maximum en cas de retour définitif, avant la bascule vers la Protection universelle maladie. Pour un malade chronique qui envisage de revenir se faire soigner en France, ou qui sait qu’il rentrera un jour, cette continuité est précieuse.
Un point mérite d’être anticipé : le régime des affections de longue durée, qui permet en France une prise en charge renforcée des soins liés à certaines maladies chroniques, relève de l’Assurance maladie française. En quittant ce régime, l’expatrié perd le cadre dans lequel ce dispositif s’appliquait. Avant de partir, interrogez la CFE sur la façon dont vos soins seront pris en charge, en France comme à l’étranger, compte tenu de votre pathologie, et conservez l’ensemble des documents attestant de votre prise en charge actuelle : ils faciliteront vos démarches en cas de retour.
Adhérer au bon moment et compléter intelligemment
Le calendrier est essentiel. Selon la CFE, l’adhésion avant le départ ou dans les trois mois qui suivent l’installation permet une prise en charge immédiate. Au-delà, un délai de carence de trois mois s’applique pour les moins de 45 ans, de six mois au-delà. Pour une personne sous traitement, trois ou six mois sans prise en charge représentent un risque réel : l’adhésion doit donc être faite dès la préparation du départ.
La CFE seule laisse souvent un reste à charge important dans les pays où les soins sont chers, en particulier pour des traitements de spécialité. La solution la plus fréquente consiste à lui adjoindre une complémentaire CFE. Même si cette complémentaire applique, selon le contrat, une sélection médicale ou une exclusion sur la pathologie chronique, la part CFE continue de jouer sans restriction : le malade n’est jamais sans couverture sur sa pathologie principale. Ce montage est généralement plus sûr qu’un contrat au premier euro assorti d’une exclusion, qui laisserait la pathologie entièrement à la charge de l’assuré.
Pour le reste de la protection, pensez aussi à la prévoyance : une maladie chronique peut entraîner des arrêts de travail ou une invalidité, et les contrats de prévoyance appliquent eux aussi une sélection médicale. La CFE propose, pour les salariés, une option indemnités journalières, invalidité et décès, qu’il faut étudier au même titre que les contrats privés.
- Pas de questionnaire, pas d’exclusion, pas de limite d’âge : le socle le plus sûr.
- Adhérer avant le départ ou dans les 3 mois pour éviter la carence.
- CFE + complémentaire : la part CFE couvre la pathologie même si la complémentaire l’exclut.
4. Continuité des traitements : médicaments, dialyse, suivi
Emporter son traitement : la dérogation de l’Assurance maladie
En principe, les pharmacies délivrent les médicaments pour un mois, ou trois mois pour certains conditionnements adaptés aux maladies chroniques. Selon Ameli, une procédure permet d’accorder exceptionnellement une dérogation lorsque l’assuré doit se rendre à l’étranger pour une durée supérieure à un mois : la durée du traitement délivré en une seule fois ne peut alors excéder six mois, dans la limite de la durée totale prescrite. Cette procédure est réservée aux situations où l’accès au traitement risque d’être difficile dans le pays de destination. L’assuré remplit une attestation sur l’honneur, et la caisse notifie son accord ou son refus après avis du service médical.
Deux limites sont à connaître. D’abord, certaines règles de prescription restent applicables : Ameli rappelle par exemple des durées maximales de prescription pour les anxiolytiques, les hypnotiques ou les stupéfiants, et le maintien de la surveillance des traitements qui imposent des examens réguliers. Ensuite, cette dérogation s’adresse à des assurés du régime français : elle permet de préparer le départ ou un long séjour, mais ne constitue pas une solution durable pour un expatrié qui a quitté la Sécurité sociale. Sur place, il faudra trouver un prescripteur et une pharmacie capables de prendre le relais.
Transporter, vérifier, organiser le suivi sur place
Pour passer les contrôles sans difficulté, Ameli recommande de garder sur soi une ordonnance précisant le nom des substances en dénomination commune internationale, en particulier pour les molécules classées comme stupéfiants, et, le cas échéant, une attestation médicale justifiant l’usage de stylos injecteurs, de seringues et d’aiguilles, en français et si possible en anglais. Les médicaments et le matériel se transportent en cabine, avec une réserve en soute lorsque c’est possible ; l’insuline et les produits sensibles à la température nécessitent un conditionnement adapté. L’Agence nationale de sécurité du médicament rappelle que certains médicaments peuvent être soumis à contrôle selon le pays de destination : vérifiez leur statut auprès des autorités du pays avant de partir.
Le suivi médical se prépare avant le départ. Identifiez un endocrinologue, un oncologue ou un néphrologue dans votre futur pays de résidence, demandez à votre médecin actuel un compte rendu complet et traduit, et vérifiez que vos médicaments, ou leurs équivalents, sont disponibles localement. Pour la dialyse, la réservation des séances auprès d’un centre sur place est indispensable, y compris pour un séjour temporaire en Europe, où les règles européennes prévoient une organisation préalable avec l’établissement pour ce type de soins. Enfin, gardez la possibilité de revenir vous faire soigner en France : c’est l’un des atouts de la CFE pour les soins lourds.
- Dérogation Ameli : jusqu’à 6 mois de traitement délivré en une fois, sous conditions, avant le départ.
- Ordonnance en DCI, attestation pour le matériel d’injection, médicaments en cabine.
- Identifier les spécialistes sur place et réserver la dialyse à l’avance.
5. Convention AERAS : ce qu’elle couvre et ce qu’elle ne couvre pas
Ce que prévoit la convention AERAS
Le site officiel de la convention, édité par la Direction générale du Trésor, la présente comme un dispositif permettant un meilleur accès à l’assurance emprunteur et au crédit des personnes présentant un risque aggravé de santé. Elle s’applique lorsque le questionnaire de santé fait apparaître un risque aggravé et que la demande ne peut pas être acceptée aux conditions standard. La demande est alors examinée à trois niveaux successifs, le dernier faisant intervenir un pool de réassureurs pour les dossiers les plus complexes. Une proposition peut être assortie d’une surprime ou d’une exclusion à chaque niveau.
La convention comporte aussi le droit à l’oubli : les personnes ayant eu un cancer ou une hépatite virale C n’ont plus à le déclarer cinq ans après la fin du protocole thérapeutique, en l’absence de rechute. Pour les autres situations, une grille de référence permet, pour certaines pathologies et dans les conditions prévues, de ne pas appliquer de surprime ou d’exclusion, ou de les plafonner. Le site AERAS précise enfin que la convention n’ouvre pas un droit à l’assurance : elle repousse les limites de l’assurabilité, et un refus reste possible. Des garanties alternatives peuvent alors être proposées au prêteur : caution, hypothèque, nantissement d’un contrat d’assurance-vie ou de prévoyance.
Pour un expatrié : utile pour emprunter, pas pour se soigner
La confusion vient du vocabulaire commun : « risque aggravé de santé », « questionnaire », « droit à l’oubli ». Mais un assureur santé international n’est pas tenu par la convention AERAS lorsqu’il examine une demande d’adhésion à un contrat de frais de santé. Le droit à l’oubli, par exemple, vaut pour le questionnaire d’assurance emprunteur, pas pour le questionnaire d’une assurance santé internationale, qui peut interroger sur des antécédents plus anciens selon ses propres règles.
AERAS redevient pertinente dès que l’expatrié emprunte : achat d’une résidence en France, investissement locatif, financement d’un projet professionnel. Dans ce cas, il faut articuler la convention, la délégation d’assurance et les contraintes spécifiques des non-résidents. Decaux Assurances accompagne ces dossiers via ses solutions d’assurance de prêt pour expatriés et d’assurance de prêt en cas de santé aggravée. En cas de sinistre sur un contrat d’assurance emprunteur comme sur un contrat santé, c’est votre assureur qui instruit le dossier et indemnise ; votre courtier vous accompagne dans la déclaration et le suivi.
La convention AERAS, signée par l’État, les professionnels de la banque et de l’assurance et les associations de malades et de consommateurs, s’applique à l’assurance emprunteur et au crédit. La loi n° 2022-270 du 28 février 2022 (dite loi Lemoine) a ramené le droit à l’oubli à cinq ans après la fin du protocole thérapeutique pour les cancers et l’hépatite C. Ces règles ne s’appliquent pas aux contrats d’assurance santé.
Réf : Convention AERAS et son avenant de 2024 · Loi n° 2022-270 du 28/02/2022 · aeras-infos.fr (DG Trésor)- AERAS = assurance emprunteur et crédit uniquement, jamais l’assurance santé.
- Droit à l’oubli à 5 ans (cancer, hépatite C) et grille de référence : valables pour l’emprunt.
- Expatrié qui emprunte : articuler AERAS, délégation et contraintes des non-résidents.
| Solution | Sélection médicale | Maladie chronique | Point clé |
|---|---|---|---|
| CFE | Aucune | Prise en charge selon les barèmes CFE, sans exclusion | Adhérer avant le départ ou dans les 3 mois |
| CFE + complémentaire | Aucune sur la part CFE ; selon le contrat pour la complémentaire | Part CFE toujours active, complément selon acceptation | Montage le plus sûr en cas d’antécédents |
| Contrat au 1er euro individuel | Questionnaire de santé en général | Acceptation, surprime, exclusion ou refus | Lire le périmètre exact de l’exclusion |
| Contrat collectif employeur | Souvent allégée, selon le contrat | Souvent couverte, selon les conditions négociées | Prévoir la sortie à la fin du contrat de travail |
| Convention AERAS | Sans objet pour la santé | Ne concerne que l’assurance emprunteur | Utile uniquement en cas de prêt |
Top 5 des erreurs à éviter avec une maladie chronique à l’étranger
- Minimiser sa pathologie dans le questionnaireUne omission peut réduire l’indemnité ou annuler le contrat. Solution : déclarer exactement, avec un dossier médical à jour.
- Accepter une exclusion sans en lire le périmètreLes complications peuvent être exclues avec la pathologie. Solution : exiger la rédaction exacte de l’exclusion.
- Adhérer à la CFE trop tardUn délai de carence de 3 à 6 mois peut s’appliquer. Solution : adhérer avant le départ ou dans les 3 mois.
- Partir sans stock de traitement ni relais médicalUne rupture de traitement est un risque médical majeur. Solution : dérogation Ameli, ordonnance en DCI et médecin identifié sur place.
- Croire qu’AERAS s’applique à l’assurance santéLa convention ne vise que l’emprunt. Solution : raisonner CFE et contrats santé pour les soins, AERAS pour le prêt.
- Constituer un dossier médical à jour, traduit, avec comptes rendus et ordonnances en DCI.
- Adhérer à la CFE avant le départ ou dans les 3 mois suivant l’installation.
- Faire étudier une complémentaire CFE ou un contrat au 1er euro par plusieurs assureurs.
- Vérifier le périmètre des exclusions, les surprimes et les sous-plafonds.
- Demander la dérogation de délivrance de traitement et organiser le transport des médicaments.
- Identifier les spécialistes et, si besoin, le centre de dialyse sur place avant l’arrivée.
FAQ — Maladie chronique et expatriation : 6 questions clés
Peut-on être refusé par une assurance santé internationale à cause d’un diabète ?
C’est possible, mais pas systématique. Selon la pathologie, sa stabilité et l’assureur, la réponse peut être une acceptation standard, une surprime, une exclusion ou un refus. Présenter le dossier à plusieurs assureurs augmente les chances d’une proposition adaptée.
La CFE couvre-t-elle les maladies préexistantes ?
Oui. Selon la CFE, l’adhésion se fait sans questionnaire médical, quel que soit l’état de santé, et aucune exclusion n’est opposée pour la prise en charge des frais de santé. Les soins sont remboursés selon les barèmes de la CFE par pays.
Le droit à l’oubli s’applique-t-il à l’assurance santé internationale ?
Non. Le droit à l’oubli, prévu par la convention AERAS et la loi du 28 février 2022, concerne l’assurance emprunteur. Un assureur santé international applique ses propres règles de questionnaire.
Combien de mois de traitement peut-on emporter à l’étranger ?
Selon Ameli, par dérogation, la durée du traitement délivré en une seule fois pour un départ à l’étranger ne peut excéder six mois, dans la limite de la prescription. La caisse accorde ou refuse la dérogation après avis du service médical.
Faut-il déclarer une maladie en rémission ?
Il faut répondre exactement aux questions posées, telles qu’elles sont rédigées. Si le questionnaire interroge sur des antécédents couvrant la période de la maladie, ils doivent être déclarés. Un courtier peut vous aider à présenter le dossier avec les justificatifs de rémission.
Que faire si tous les assureurs excluent ma pathologie ?
Adhérer à la CFE, qui ne pratique aucune exclusion, et lui adjoindre une complémentaire qui couvre le reste de vos besoins, même avec une exclusion sur la pathologie. Vous conservez ainsi une prise en charge de base sur votre maladie chronique.
CFE, complémentaire, contrat au 1er euro, prêt immobilier : Decaux Assurances présente votre dossier à plusieurs partenaires assureurs et vous explique chaque proposition.
Demander mon étude →- CFE — qui sommes-nous ? (adhésion sans questionnaire médical, aucune exclusion) (consulté le 26/09/2026)
- CFE — offre santé des expatriés : adhésion et délais de carence (consulté le 26/09/2026)
- Ameli — préparer sa trousse de médicaments et obtenir son traitement pour un séjour à l’étranger (consulté le 26/09/2026)
- AERAS (DG Trésor) — convention, droit à l’oubli et grille de référence (consulté le 26/09/2026)
- France Diplomatie — assurance maladie des expatriés et retour en France (consulté le 26/09/2026)
- Service-Public.fr — assurance maladie d’un Français vivant à l’étranger (consulté le 26/09/2026)
- Questionnaire de santé
- Formulaire par lequel l’assureur recueille les informations médicales nécessaires à l’évaluation du risque.
- Surprime
- Majoration de la cotisation appliquée pour couvrir un risque de santé jugé plus élevé.
- Exclusion
- Pathologie ou situation expressément retirée de la garantie par le contrat.
- DCI
- Dénomination commune internationale : nom scientifique d’une molécule, identique dans tous les pays.
- Convention AERAS
- Dispositif facilitant l’accès à l’assurance emprunteur et au crédit des personnes présentant un risque aggravé de santé.
- Droit à l’oubli
- Faculté, pour l’assurance emprunteur, de ne plus déclarer un cancer ou une hépatite C cinq ans après la fin du protocole, sans rechute.
Pourquoi ce guide vous est utile
Decaux Assurances, courtier indépendant immatriculé à l’ORIAS sous le n° 20005730 et installé à Neuilly-sur-Seine, accompagne des expatriés et des retraités à l’étranger qui vivent avec une maladie chronique. Nous présentons les dossiers à plusieurs partenaires assureurs, analysons les exclusions et les surprimes, articulons CFE et complémentaire, et traitons aussi l’assurance de prêt en cas de risque aggravé de santé.
Publié le 21/10/2026 · 11 rue de Chartres, 92200 Neuilly-sur-Seine
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La CFE, sans questionnaire, se complète d’une complémentaire CFE ou d’une assurance santé expatrié adaptée. Pour un projet immobilier, la convention AERAS s’applique à l’assurance de prêt en risque aggravé et à l’assurance de prêt pour expatriés.


