Le Morning Café
de Decaux Assurances
Les réassureurs réunis à Monte-Carlo concèdent sur le prix mais tiennent leurs points d’attachement, et Lockton Re modélise 20 % d’écart de ratio sinistres à primes au retour cinquantennal selon la seule rédaction des clauses. Cette semaine, ce n’est pas l’événement qui décide qui paie, c’est le texte.
En bref cette semaine
Le tour du monde de l’édition
Cette édition cartographie 17 pays.
🧭 Le décryptage de la semaine
De la revue de presse à la lecture du risque
☕ Ce que cela signifie pour nos clients
Le prix baisse, le texte tient. Deux lectures opposées du même marché à trois jours d’écart : MS Reinsurance estime que « the excess margin has been squeezed out » et que certains segments sont déjà passés sous le seuil techniquement adéquat ; Hannover Re juge la cat nat « technically risk adequate » et se dit prêt à déployer davantage de capacité. Leur point d’accord est le plus instructif : les conditions, elles, ne bougent pas.
La négociation se déplace du prix vers la structure. « It won’t just be a negotiation around price; it’s also going to be a negotiation around structure », résume David Duffy (Marsh Re). Les réassureurs ont concédé sur le tarif mais largement maintenu les points d’attachement relevés ; les acheteurs se rattrapent sur les agrégats et la fréquence. Ce qui se négocie n’est plus combien on paie, mais à partir de quel seuil et pour quel événement.
La définition de l’événement devient le paramètre décisif. « Defining the event is not merely a matter of classification. It can shape how losses accumulate across portfolios, territories and classes of business », écrit Jen Daffron (Willis Research Network). Ariel Re attend un 1er janvier 2027 arbitré sur « structure, attachment, and event definition » plutôt que sur le prix.
En France, ce qui bouge est procédural. Ni l’ACPR, ni l’AMF, ni France Assureurs n’ont publié entre le 5 et le 9 septembre. Mais l’article 16 de la loi n° 2025-391 du 30 avril 2025 refond l’action de groupe — registre public des actions en cours, rejet d’une action manifestement infondée dès l’introduction de l’instance, et action directe contre l’assureur de responsabilité civile du responsable — le décret n° 2025-734 en fixant la procédure depuis le 1er août 2025 ; et la transposition de la directive sur la responsabilité du fait des produits défectueux est attendue d’ici décembre 2026. Deux avocats de DLA Piper France y voient un véhicule procédural plus efficace pour des réclamations diffuses. Le risque n’est pas la gravité individuelle, c’est la capacité d’agrégation.
L’Indice Morning Café du Risque
Notre lecture du risque pour la semaine du 5 au 11 septembre 2026 : ce n’est pas une humeur de marché, c’est une lecture concrète du risque assurable, catégorie par catégorie, sans jamais additionner des risques sans rapport.
☕ Notre regard de la semaine
« L’univers dure. Plus nous approfondirons la nature du temps, plus nous comprendrons que durée signifie invention, création de formes, élaboration continue de l’absolument nouveau. »
— Henri Bergson, L’Évolution créatrice, chapitre I, 1907.
À mon sens, un contrat est une photographie : il fixe, à une date, ce que les parties étaient capables d’imaginer ce jour-là. Ce qui arrive ensuite n’est pas sur la photographie. La semaine en a donné un cas presque pur : les réassureurs tiennent leurs points d’attachement — et c’est parce qu’ils les tiennent que le texte se met à dire autre chose. Le montant écrit n’est pas indexé ; à clause inchangée, le partage réel du sinistre moyen se déplace. La volonté s’est exprimée sur le chiffre, pas sur ce que le chiffre ferait. Ce qui m’intéresse n’est donc pas de savoir si un contrat est bien écrit. C’est de savoir ce qu’il fait le jour où le monde lui présente quelque chose qu’il n’avait pas prévu — et si son silence, à ce moment-là, est encore neutre.
— Kevin Decaux
⚠️ Les 3 risques à surveiller
Des rétentions qui se déplacent à clause inchangée
Le montant écrit au traité n’est pas indexé. Les réassureurs tiennent fermement leurs points d’attachement, mais AXA XL relève qu’à clause inchangée l’inflation peut leur faire absorber une part croissante des sinistres de moyenne intensité. Personne n’a besoin de rouvrir la clause pour que le partage réel change.
Le réflexe Decaux Assurances : sur un programme à franchise ou à seuil exprimé en montant fixe, demander ce que ce seuil représentait à la souscription et ce qu’il représente aujourd’hui. Un chiffre qui n’a pas bougé dans un monde qui a bougé n’a pas la même portée.
Des clauses écrites pour un monde antérieur
Lockton Re modélise « a potential 20% relative decrease in industry loss ratios at the 1-in-50 return period » selon la seule rédaction des clauses d’infrastructures critiques, et relève que « insurance policy language has failed to keep up with the changes in the ways technology is used ». Côté cyber, 61 764 vulnérabilités connues rempliraient les conditions d’une exclusion de correctif, dont 1,1 % seulement sont confirmées activement exploitées.
Le réflexe Decaux Assurances : sur une police cyber, lire le délai de la clause de correctif avant le sinistre, pas après. Vingt-trois jours d’écart, dans le dossier Mathspace, suffisent à changer de payeur selon la rédaction retenue.
L’agrégation procédurale, en France
L’action de groupe refondue par l’article 16 de la loi n° 2025-391 et la directive sur les produits défectueux ne créent aucun risque nouveau : elles donnent à des réclamations diffuses un chemin pour se rassembler — et, depuis ce texte, un chemin qui mène directement à l’assureur du responsable. Deux avocats de DLA Piper France écrivent que le danger n’est pas la gravité individuelle du sinistre, mais sa capacité d’agrégation.
Le réflexe Decaux Assurances : sur une RC professionnelle ou une RC produits, regarder si la police raisonne par réclamation ou par fait générateur, et ce qu’elle appelle un sinistre sériel. C’est cette définition, pas le plafond, qui décidera du nombre de limites mobilisables.
C’est l’écart de ratio sinistres à primes que Lockton Re modélise au retour cinquantennal, selon la seule manière dont sont rédigées les clauses d’infrastructures critiques. Même événement, même portefeuille : c’est le texte qui fait la différence.
Dans un contrat, que vaut une clause que personne n’a relue depuis qu’elle a été écrite ?
84 %, 83 %, 82 % — la part qui s’effrite
Fitch Ratings situe la part du capital traditionnel dans le capital de réassurance mondial à 84 % en 2024, 83 % en 2025 et 82 % à mi-2026. L’abondance de capital dont parle tout Monte-Carlo ne vient donc pas, pour l’essentiel, du bilan des réassureurs : elle vient d’ailleurs.
Ce que la semaine déplace n’est pas le niveau de la capacité de réassurance, c’est son origine — et une capacité qui vient d’ailleurs ne se négocie pas dans les mêmes termes.
Nos 5 publications de la semaine
Cette semaine, nous avons publié cinq vidéos : l’expatriation en Italie et sa flat tax, la RC Pro des grands groupes de contrôle face à celle des BET indépendants, les limites de la RC Pro classique pour un coach ou un formateur, les garanties d’un plan d’épargne retraite, et la déclaration d’une catastrophe naturelle.
La Chine porterait le capital minimum de ses assureurs de 200 millions à 1 milliard de yuans
Le projet publié le 4 septembre par la NFRA serait la première refonte de la loi sur l’assurance depuis 2015 : 214 articles, environ 200 assureurs licenciés concernés, capital minimum libéré multiplié par cinq. Le texte autoriserait aussi actions, or, matières premières et dérivés, et renforcerait les pouvoirs d’intervention du régulateur — restriction d’activité, plafonnement des rémunérations, blocage des dividendes, injection de capital obligatoire. Objectif affiché : « to squeeze out undercapitalized entrants ». Le texte est au stade de la consultation ; rien n’est adopté à ce jour.
Les quatre premiers assureurs vie coréens ont réduit de 13 860 milliards de wons leurs obligations d’État
À fin juin 2026, Samsung Life, Hanwha Life, Kyobo Life et Shinhan Life détenaient 151 300 Md KRW d’obligations d’État et publiques, quand leurs portefeuilles actions passaient de 81 594 à 189 900 Md KRW en un an. En toile de fond, le rendement du Trésor coréen à dix ans est passé de 3,385 % à 4,36 % depuis la fin d’année. Des observateurs du secteur cités par le quotidien évoquent un risque de ventes d’obligations ultra-longues pour piloter le ratio de solvabilité.
En Inde, les primes vie d’affaires nouvelles bondissent de 33 % en un mois
41 197,78 crores INR en août 2026, soit +33,07 % sur un an. LIC progresse de 45,26 % à 23 275,43 crores ; les assureurs privés d’environ 20 % à 17 922,25 crores, avec de fortes disparités — Bajaj Life +31,6 %, HDFC Life +17,8 %, ICICI Prudential Life +10 %, SBI Life +2,83 %. Sur avril-août de l’exercice 2027, la collecte atteint 1,96 trillion INR, en hausse de 20,4 %.
Le sinistre du MV Dali, provisionné à plus de 2,8 milliards de dollars, entre dans la couche mutualisée du P&I
Plus gros sinistre unitaire de l’histoire du P&I, il épuise la réassurance de l’International Group et entre dans la couche collective d’overspill, où il reste environ 300 M USD. Un réassureur a d’abord refusé de payer 180 M USD, les clubs finançant temporairement le manque à la place de leurs membres. Le programme a été relevé de 250 M USD en février, à 3,35 Md USD dont 1 Md de collective overspill ; le pool affiche un déficit de 250 M USD en 2025-26, un ratio combiné de 105 à 108 % et 6,8 Md USD de réserves libres. Gallagher Specialty attend des hausses de 2,5 à 5 % pour 2027/28 : « The prospect of a loss to these higher layers is no longer theoretical but is a reality. » L’édition précédente traitait le même événement sous l’angle de la subrogation ; c’est ici la mutualisation qui est en cause.
Sans assureur, la facture de dépollution revient à l’État côtier le plus proche
Les 18 nations maritimes du Consultative Shipping Group, qui représentent « more than a fifth of global trade by tonnage », alertent sur un « two-tier system, one governed by rules, the other by opacity, ultimately weakening both ». Elles citent la fermeture du détroit d’Ormuz et l’incident du Caroline Bezengi, touché par une mine-ventouse au large d’Oman avec environ 800 000 barils de brut russe à bord et sans aucune assurance P&I : la dépollution est restée à la charge du gouvernement omanais. « These are not episodic shocks. They are signals of a structural shift in the operating environment of global trade. »
Samsung réclame 186 millions de dollars à CMA CGM au nom d’un contrat « store-door »
Plainte déposée le 1er septembre 2026 devant la Federal Maritime Commission : au moins 186 M USD, dont 148 M de surestaries, détention et stockage ferroviaire jugés indus sur plus de 121 000 facturations, 8,1 M de coûts repris en propre et au moins 30 M d’intérêts. Un seul conteneur Busan-Texas aurait accumulé 162 799 USD de stockage ferroviaire. Samsung soutient que ces difficultés relevaient de la responsabilité de CMA CGM au titre de ses contrats « store-door ». Congestion portuaire et pénurie de châssis sont extérieures aux deux parties : c’est la rédaction du contrat qui désignera le payeur.
Au Moyen-Orient, la branche guerre et violence politique se dirigerait vers sa première année déficitaire depuis 2001
Les sinistres guerre, terrorisme et violence politique de la région sont « being discussed at north of $2bn », pour une assiette de primes brutes annuelles d’« approximately $2.5bn » : « likely the first loss-making year for the class since 9/11 », écrit Marsh Re. Le courtier a placé en juin un consortium capable de déployer jusqu’à 47,5 M USD par risque au Moyen-Orient et 345 M USD dans le monde, dans un marché où « demand is outpacing pricing, with submissions surging as Middle East-based insureds seek war-on-land cover not previously purchased ».
Sur les risques guerre liés à Ormuz, les sinistres approchent 200 % des primes
Willis Re chiffre les sinistres guerre, terrorisme et violence politique liés au détroit d’Ormuz à « as much as $3 billion », pour une prime mondiale de violence politique et terrorisme d’environ 1,5 Md USD, soit « a loss ratio nearing 200 % » sur ce seul périmètre. Le courtier note en parallèle un recul du cyber « by up to 20 % » aux renouvellements de juillet, contre −30 % au 1er janvier sur les excédents de sinistre en agrégat.
« Définir l’événement n’est pas une simple affaire de classification »
« Defining the event is not merely a matter of classification. It can shape how losses accumulate across portfolios, territories and classes of business », dit Jen Daffron, scenario & future trends lead du Willis Research Network. Un même déclencheur peut produire pertes cyber, interruption d’activité, rupture de chaîne d’approvisionnement et impacts financiers chez plusieurs assurés et sur plusieurs branches ; une atteinte à des câbles sous-marins peut être « physically limited while still disrupting communications, cloud services, financial transactions and international trade ». Lloyd’s a renforcé sa supervision depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, par stress tests, exigences de validation de modèles et orientations de capital.
Au Kenya, le taux de pénétration de l’assurance atteint 2,63 %, au plus haut depuis dix ans
Primes directes brutes en hausse de 16,5 % à 466,58 Md KES (3,61 Md USD) en 2025, contre 400,59 Md un an plus tôt ; densité de 8 675 KES par habitant. La vie progresse de 23,20 % à 236,29 Md KES, la non-vie de 9,37 % à 224,24 Md, la santé de 22,30 % à 93,20 Md, et la microassurance passe de 234,23 M à 2,17 Md KES. Les actifs du secteur atteignent 1,51 trillion KES, en hausse de 20,45 %.
Le Nigeria lance un programme en six piliers pour élargir son marché de l’assurance
L’Insurance Sector Strengthening Programme de la NAICOM repose sur le plaidoyer et la politique publique, la sensibilisation et l’éducation, le renforcement des capacités, l’inclusion des femmes, l’engagement des jeunes, et les MSME et chaînes de valeur. « Insurance uptake is directly linked to public understanding and trust. No insurance market can flourish where consumers do not appreciate insurance as a practical tool for financial protection and risk management », déclare Ayo Omosehin, Commissioner for Insurance.
Seules 5 à 6 % des captives mondiales ont un actionnaire asiatique
Le chiffre est donné par Lim Cheng Khai, directeur exécutif de la MAS, à l’Asia Pacific Captive Forum 2026. Willis y déploie Trevor Madden, responsable captives de Dublin, comme responsable APAC à Singapour au 1er novembre 2026. Les primes des captives de Labuan ont progressé de 7,2 % à 726 M USD en 2025, mais leur charge sinistres nette a bondi de 52,6 % à 251,5 M USD. La MAS a lancé en juillet 2026 une consultation sur un cadre de Protected Cell Company.
BHSI lance en Australie une police de responsabilité dédiée au capital-risque
Elle réunit responsabilité civile professionnelle, D&O et fraude, avec une extension automatique aux nouveaux fonds levés : le périmètre de la garantie suit la structure de l’assuré sans avenant.
« La plupart des polices commerciales ne définissent pas l’IA du tout »
La revue des wordings menée par Howden Re constate que la plupart des polices commerciales ne définissent pas l’intelligence artificielle, laissant l’assureur avec une promesse de payer sans réponse claire dans le texte. « Coverage decisions are moving faster than liability doctrine. The challenge therefore shifts towards aggregation », dit Josh Everdell, head of global clients and casualty. George Harris Hughes rappelle qu’« in London, a professional relying on a flawed AI output still faces a standard professional indemnity case. The AI element changes how a loss is generated, not the underlying legal principle. » Au 9 décembre, la directive UE 2024/2853 classera le logiciel, IA comprise, comme un produit soumis à la responsabilité sans faute, en remplacement du cadre de 1985 — « is it the designer, the developer, the seller or the user who becomes liable ? », interroge Wolfram-Ferdinand Schultz. Le renouvellement de janvier 2027 est attendu comme pivot.
« Les compagnies ne devraient pas être l’assureur en dernier ressort de pannes qu’elles n’ont pas causées »
La panne du système de traitement des vols de NATS a entraîné l’annulation de plus de 1 750 vols, dont 200 chez British Airways. Tim Aldersdale, directeur général d’Airlines UK, chiffre un coût qui « will run into tens of millions of pounds, falling entirely on airlines » et pose la question de la charge : « Airlines should not be left as the insurer of last resort for failures they did not cause. » Le groupement réclame une enquête et une révision du cadre de responsabilité. La ministre des Transports Heidi Alexander : « I do not believe this issue was unavoidable. »
À Miami, c’est le modèle contractuel qui décide si Amazon répond de l’accident
Le Boeing 767 cargo aux couleurs Amazon, exploité par 21 Air, a dépassé la piste de 1 300 pieds le 6 septembre, tuant cinq salariés d’une société de nettoyage au sol. Selon l’avocat aéronautique Steven Marks, Amazon est fortement protégé faute d’« operational control » de l’appareil — un seuil qualifié de « very difficult legal threshold ». Le groupe recourt à des transporteurs indépendants pour l’aérien et à des Delivery Service Partners au sol. Mary Schiavo rappelle le précédent de 2019 : « Prime was emblazoned on the plane. But Atlas Air was to blame. »
Au Laos, c’est le franchissement d’un seuil qui déclenche le paiement, pas la catastrophe
SEADRIF a versé 1 137 500 USD supplémentaires au gouvernement laotien et au Programme alimentaire mondial dans les deux jours ouvrés suivant la réception des données d’impact, portant le total à 2 275 000 USD ; plus de 375 000 personnes sont affectées. Le déclencheur #PEOPLE « tracks the cumulative number of people affected across eligible disasters and releases financing as successive pre-agreed thresholds are reached » : les fonds sont libérés au franchissement de seuils convenus à l’avance, sans attendre l’évaluation post-catastrophe.
S&P attend une baisse des tarifs de réassurance en 2027, « même si les grands sinistres atteignent les budgets annuels »
« We expect pricing pressure to persist through 2027. Rate reductions could match those seen in 2026, even if large losses reach annual budget levels. » L’agence ajoute que « ample reinsurance and retrocession capacity is likely to exert additional pressure on terms and conditions, including coverage provisions and attachment points », tout en attendant un secteur qui continue de gagner au-dessus de son coût du capital.
« Cela ne passera peut-être pas entièrement par le tarif ; cela passera par les conditions »
« It may not all come through as pure rate; it may come through as terms and conditions », dit David Govrin, Group President et CEO Global Reinsurance & London Market Specialty de SiriusPoint. Il relève cette année « more flexibility around terms and conditions, market drop-down covers, aggregate features, some expansion of coverage terms », après deux exercices dommages profitables pour les assureurs comme pour les réassureurs.
Fitch attend un marché encore plus mou en 2027, et des rapprochements portés par l’abondance de capital
« Market pricing to soften further and terms and conditions to offer growing flexibility to cedants », pour des rendements sur fonds propres qui devraient « still be attractive in the low-teens », selon Brian C. Schneider. Le capital alternatif dépasse 144 Md USD au 30 juin 2026, dont 63 Md de cat bonds à cette même date. Côté rapprochements, Zurich a annoncé en mars 2026 le rachat de Beazley pour 10,9 Md USD (8,1 Md£) ; l’opération, approuvée à 99,9 % par les actionnaires de Beazley en avril et autorisée par la Commission européenne en juillet, reste soumise aux agréments prudentiels et à la sanction de la High Court, et est attendue au second semestre 2026. Sompo a de son côté finalisé le rachat d’Aspen pour 3,5 Md USD, soit 1,3 fois la valeur comptable.
À Monte-Carlo, Marsh Re chiffre à 20 % la surcapacité du marché européen
Après des baisses de prix d’environ 5 % en 2025 puis de 10 à 15 % en 2026 — au-delà de 15 % en Asie-Pacifique aux renouvellements d’avril —, Christophe Gaudron, CEO de Marsh Re, évalue la surcapacité du marché européen à environ 20 % de la demande au 1er janvier 2026, date qui concentre 95 % des renouvellements. Aon Reinsurance Solutions France anticipe des prix qui baisseront « autant, voire davantage, que ce que nous avons observé au 1er janvier 2026 ». S&P Global Ratings évoque des baisses moyennes de 3, 4, 5 % sur certaines couvertures non proportionnelles. Fitch voit la rentabilité des réassureurs revenir de 17,3 % à 13,8 % en 2027, pour un ratio combiné passant de 88,1 % à 94,2 %.
« Nous sommes beaucoup plus proches d’un point de rupture »
Jörg Bruniecki, CUO de MS Reinsurance : « There is definitely an abundance of capital in the market », et certains segments sont déjà passés sous le niveau techniquement adéquat — « We are therefore much closer to a breaking point. The excess margin has been squeezed out and the rules are changing. » Il met en garde contre le biais de récence : « a softer market does not mean a safer world ».
Trois jours plus tard, Hannover Re juge la cat nat « technically risk adequate »
« Growing uncertainties combined with intensifying competition are causing increasing headwinds for the reinsurance industry », dit Clemens Jungsthöfel, son directeur général, tandis que Sven Althoff précise : « We grow where prices are commensurate with the risks and relinquish business that does not meet our profitability requirements. » Le réassureur attend des prix « leicht rückläufige » au 1er janvier 2027, mais des conditions « überwiegend stabilen » — « Terms and conditions will likely remain broadly unchanged. » Le prix bouge, le texte tient.
« Le prix ne devrait jamais être la base des négociations »
Anshuman Srivastava, global chief broking officer réassurance d’Aon, rappelle un ROE des réassureurs à 17 % depuis plusieurs années et juge que « there’s an abundance of capital that’s out there. It doesn’t mean that price is going to sink to the floor ». Il ajoute : « We have not seen enough innovation or change in the past year. » Dans l’enquête courtiers d’Aon, la qualité de la communication arrive en tête, devant le prix.
Le capital de réassurance mondial atteint 800 milliards de dollars
+15 Md USD au premier semestre 2026, dont 656 Md de capital traditionnel et 144,5 Md d’ILS au deuxième trimestre, contre 136 Md fin 2025 — les sidecars pesant 23 Md, en hausse de 50 % depuis fin 2024, selon Brian Schneider (Fitch Ratings). La part du capital traditionnel recule à 82 %, contre 83 % en 2025 et 84 % en 2024. « We would expect double-digit returns for the ILS space for the fourth consecutive year. »
La perte attendue moyenne des cat bonds est passée de 1,86 % à environ 2,85 %
Maren Josefs, analyste crédit chez S&P Global Ratings, constate que « the cat bond market is really breaking all records », tout en rappelant que « investors don’t like surprises ». La dérive de la perte attendue reflète des points d’attachement plus bas. Les sidecars casualty s’écrivent sur « five to seven, up to 10 years », contre un à trois ans pour les sidecars dommages.
Les limites d’excédent de sinistre en agrégat échangées progressent de 50 %
Près de 40 % des acheteurs intègrent désormais une protection en fréquence, contre un peu plus de 25 % il y a deux ans. « It won’t just be a negotiation around price; it’s also going to be a negotiation around structure », dit David Duffy, responsable mondial dommages de Marsh Re : les réassureurs ont baissé les prix mais ont largement maintenu les points d’attachement relevés. Chez Hannover Re, Ralf Weyand privilégie la réassurance structurée plutôt que les couvertures agrégées conventionnelles.
L’inflation a érodé des rétentions restées nominalement identiques
Les points d’attachement bas et fixes produisent un « gearing effect » : le montant écrit au traité n’étant pas indexé, à texte inchangé le partage réel du sinistre peut se déplacer et faire absorber aux réassureurs une part croissante des sinistres de moyenne intensité. « I believe reinsurers’ primary value is preserving capacity for true catastrophic years rather than mild changes to frequency and severity », dit Jonathan Gale, chief underwriting officer réassurance d’AXA XL, qui plaide pour tenir les points d’attachement.
Le run-off cumule 2,57 milliards de dollars de passifs cédés depuis janvier
Dix-huit opérations auprès de huit acquéreurs, après un premier semestre à treize transactions pour environ 780 M USD — contre vingt-trois opérations et 1,537 Md USD au premier semestre 2025. L’Amérique du Nord n’apporte que 150 M USD sur sept transactions, sa plus faible contribution régionale, quand l’Europe continentale pèse 538 M USD sur six. PwC y voit un déplacement stratégique net, des bilans plus solides et des tarifs plus mous éloignant les cédants de la seule recherche d’allègement de capital.
Compre reprend 200 millions de livres de provisions d’un syndicat du Lloyd’s
Soit environ 270 M USD, portant sur les exercices de souscription 2023 et antérieurs d’un portefeuille multibranches. Un contrat de réassurance rétrospective réattribue le payeur final de sinistres déjà survenus, sans que rien ne change ni pour l’assuré ni pour l’événement.
Swiss Re Corporate Solutions finalise le rachat de l’activité crédit commercial de QBE
L’opération, annoncée en février 2026, porte sur l’activité mondiale de crédit commercial et de caution de QBE, soit environ 200 M USD (279 M AUD) de revenus annuels, sur un marché mondial d’environ 19 Md USD (26,5 Md AUD) de primes par an. QBE présente la cession comme un recentrage de son portefeuille.
1 273 assureurs ont fait défaut dans le monde depuis 2000
La quatrième édition du catalogue PACICC recense 1 273 défaillances dans 98 pays depuis 2000 : 843 en IARD, 372 en vie, 27 composites et 31 réassureurs. Le recensement progresse à mesure des recherches — 568 en 2024, 965 en 2025. Plus de 65 % des défaillances surviennent en grappes, trois ou plus en trois ans. Grant Kelly, chef économiste : « It would be very risky to assume that, because an insurer has not failed recently in a given jurisdiction, it never will. » Le Canada n’a plus connu de défaillance en IARD depuis 2003.
Le Lloyd’s dégage 22 % de rendement des capitaux, mais moins de 10 % en moyenne sur dix ans
Résultat avant impôt de 10,6 Md£ et rendement des capitaux de 22 % en 2025, troisième exercice consécutif au-dessus de 20 %, pour un bénéfice technique cumulé de 20,8 Md£ sur 2021-2025 — mais le rendement moyen sur dix ans reste inférieur à 10 %. Les dix premiers syndicats concentrent 37 % des primes brutes. Tim Prince, Director of Analytics chez AM Best : « The attritional loss ratio is a good indicator of the underlying market cycle, with peaks during the softest parts of the cycle. »
La rétrocession revient, et c’est la structure du programme qui change
S&P écrit que « retrocession is set for a comeback as market conditions evolve ». Au 1er janvier 2026, son groupe de référence de réassureurs cédait en moyenne environ 50 % de son exposition à un événement 1 sur 250 ans. La protection de queue collatéralisée reste « largely stable, in line with prior year levels » : ce qui progresse, c’est la rétrocession traditionnelle, portée par « softer pricing and increased capacity ».
Sur les sidecars, l’appétit des investisseurs ne dit rien de la structure
Anthony McKelvy, managing partner de Northern Re, décrit des véhicules qui « vary widely in terms of underwriting margin, the asset strategies used to generate yield, and the level of visibility carriers have into those assets », et dont certains fonctionnent « as financial products sitting behind insurance balance sheets, rather than as reinsurance businesses in their own right ». Il pointe une asymétrie inscrite dans le montage : le porteur reçoit le capital d’emblée, mais « once capital is released back to investors, it generally can’t be recalled if reserves develop adversely ».
« Les réclamations diffuses ont désormais un véhicule procédural plus efficace »
Dans une tribune publiée le 8 septembre, Luc Bigel et Hamza Akli, avocats chez DLA Piper France, écrivent que « la réforme française de l’action de groupe et la refonte européenne du droit des produits défectueux donnent aux réclamations diffuses un véhicule procédural plus efficace ». Le danger, selon eux, ne tient pas à la gravité individuelle du sinistre mais à « sa capacité d’agrégation » — cyber, intelligence artificielle, PFAS, microplastiques.
La cour administrative d’appel de Paris annule quatorze jugements indemnisant des entreprises pillées en Nouvelle-Calédonie
Les jugements du tribunal administratif de Nouméa indemnisaient des entreprises pillées et incendiées lors des émeutes de mai 2024. Dans sa chronique, l’avocat à la cour Stéphane Choisez y voit une « casuistique pour contourner l’application du régime spécial » de responsabilité de l’État prévu par le code de la sécurité intérieure.
L’action de groupe passe à un régime unifié, avec registre public et rejet des demandes manifestement infondées
L’article 16 de la loi n° 2025-391 du 30 avril 2025 refond l’action de groupe en transposant la directive (UE) 2020/1828 : il institue « un registre public des actions de groupe en cours devant l’ensemble des juridictions », prévoit qu’« une action manifestement infondée peut être rejetée par décision motivée de la juridiction saisie dès l’introduction de l’instance », et ouvre au demandeur la possibilité d’agir directement contre l’assureur de responsabilité civile du responsable (C. assur., art. L. 124-3). Le décret n° 2025-734 du 30 juillet 2025, publié au JORF du 1er août, en fixe la procédure et entre en vigueur au lendemain de sa publication. Ceux qui remplissaient déjà les conditions pour agir conservent cette faculté deux ans.
Le risque lié à l’intelligence artificielle se classe au septième rang de la cartographie prospective de France Assureurs
Le classement figure dans la cartographie 2026 de la fédération, citée dans un dossier consacré à l’intelligence artificielle comme risque émergent de l’assurance de responsabilité civile.
CFDP entre sur le marché espagnol de la protection juridique sous la marque ESPD
La marque sera dirigée par Cristina Gutiérrez, venue de la FECOR. Le marché espagnol de la protection juridique est passé de 315 M€ de cotisations en 2017 à 405 M€ en 2023, avec une projection au-delà de 480 M€ en 2026 ; le marché français pesait 1,83 Md€ en 2023, en hausse de 5,9 % sur un an, les contrats autonomes représentant 60 % des primes en 2024. Le déclencheur est réglementaire : la loi organique 1/2025 du 3 avril 2025 impose la justification d’une tentative de résolution amiable préalable avant de saisir le juge.
78 % des salariés français attendent que le changement climatique devienne un enjeu de santé au travail
Soixante-seize pour cent s’en inquiètent et 46 % déclarent déjà en subir les effets, une proportion qui monte à 55 % chez les travailleurs en extérieur. Effets cités : fatigue 49 %, déshydratation et maux de tête 47 %, malaises liés à la chaleur 44 %, troubles du sommeil 42 %. Seuls 51 % se sentent bien informés, et 15 % sont certains que leur employeur a mené des actions de sensibilisation. Étude VerbaTeam × Viavoice, 27 février au 5 mars 2026, 1 000 salariés représentatifs.
Sur 37 000 verbatims de sinistrés des incendies de Gironde, 74,2 % expriment une émotion douloureuse
Peur 25,8 %, colère 25,8 %, tristesse 22,6 %, contre soulagement 9,7 % et confiance 9,7 %. L’observatoire OSIRIS 2026 relève que les citoyens n’attendent plus seulement des assureurs et des institutions qu’ils réparent après l’incendie, mais aussi qu’ils contribuent à anticiper le risque ; la confiance dépend d’abord de la facilité à joindre un interlocuteur, de la clarté de l’information, de la rapidité de la première réponse et du versement d’acomptes.
Redbridge s’immatricule en France et ouvre un bureau à Paris
Le groupe d’assurance et de réassurance, fondé en 1997, revendique une présence dans 145 pays, plus de 10 millions de clients, plus de 300 collaborateurs et 12 bureaux aux États-Unis, en Amérique latine et dans les Caraïbes. L’immatriculation date d’août 2026 et le bureau se situe avenue d’Iéna. Plus de la moitié du portefeuille est adossée à la vie et à la santé ; le groupe dit vouloir « construire une présence durable et développer directement nos activités sur ce marché ».
La durée d’indemnisation de certains arrêts maladie pourrait passer de trois ans à un an
Le gouvernement envisage de ramener de trois ans à un an la durée maximale d’indemnisation des arrêts pour certaines affections de longue durée non exonérantes, à compter du 1er octobre 2026. La Sécurité sociale a versé 12,1 Md€ d’indemnités journalières maladie en 2025 et 5,8 Md€ au titre des accidents du travail et maladies professionnelles ; l’économie attendue se compte en « plusieurs centaines de millions d’euros ». La mesure s’appliquerait aux nouveaux cas comme aux situations en cours atteignant six mois. Un texte qui déplace la charge : ce que la Sécurité sociale cesse de porter, ce sont les contrats de prévoyance qui le rencontrent.
En collective, la prévoyance passe devant la santé dans les attentes des courtiers
Étude Golder & Partners et JGSC menée auprès de 314 courtiers : les attentes, historiquement centrées sur la santé collective, se déplacent vers la prévoyance, jugée sur la qualité de gestion et le règlement des prestations autant que sur le rapport qualité-prix. La moitié des courtiers considère que l’innovation compte autant qu’un tarif compétitif, mais 11 % seulement la jugent plus importante que le prix. AXA France, Gan Eurocourtage et Malakoff Humanis arrivent en tête de la satisfaction.
Même sinistre, deux rédactions : l’exclusion de correctif décide qui paie
Dans la violation de Mathspace, vingt-trois jours séparent l’avis de vulnérabilité Metabase — noté 10 sur 10 en CVSS, le 6 août — du correctif appliqué le 29 août ; l’intrusion a eu lieu le 10 août, et 1,08 million d’enregistrements d’élèves, de parents et d’enseignants avaient été téléchargés par l’attaquant au 27 août. Or, écrit l’article, au moins un assureur connu exclut les pertes liées à une vulnérabilité notée au-dessus de 8 sur 10 lorsqu’un correctif était disponible depuis trois semaines ou plus sans avoir été appliqué : transposée ici, cette clause bascule l’intégralité du sinistre sur l’assuré. Chubb applique à l’inverse un partage progressif à 45, 90, 180 et 365 jours, qui laisserait l’assuré couvert. Coalition relève que 61 764 vulnérabilités connues rempliraient les conditions d’une exclusion de correctif, dont 1,1 % seulement sont confirmées activement exploitées ; son responsable de souscription Tiago Henriques juge que les exclusions CVE générales placent les entreprises dans « an impossible situation ».
Les clauses d’infrastructures critiques pourraient faire varier de 20 % les ratios S/P du cyber
Le rapport When the Lights Go Out: Cyber’s Infrastructure Blind Spot modélise « a potential 20 % relative decrease in industry loss ratios at the 1-in-50 return period » selon la manière dont ces clauses sont rédigées. « The clauses have been neglected… Clarity of intent for critical infrastructure is key to understanding where the boundary lies of what is insurable », dit Oliver Brew, Head of Cyber Centre of Excellence de Lockton Re, qui ajoute : « There is an urgency to ensure that the intent of these clauses is aligned with the reality of how they can be interpreted. » Laura Betts (Lockton International) : « Insurance policy language has failed to keep up with the changes in the ways technology is used. »
Au 1er janvier 2027, le débat cyber portera sur « structure, attachment, and event definition »
« Capacity remains ample, and in the near term we would expect the market to remain competitive », dit Daniel Carr, Head of Cyber Underwriting d’Ariel Re, qui ajoute que « cyber risk is becoming increasingly systemic by construction ». Le débat attendu aux renouvellements portera sur la structure, l’attachement et la définition de l’événement, plutôt que sur le prix.
Un assureur jugé de mauvaise foi pour avoir refusé en bloc les sinistres d’exploitation liés au covid
La juge en chef Catherine C. Eagles (US District Court, Middle District of North Carolina) a accordé un jugement sommaire en responsabilité contre The Cincinnati Insurance Company au profit de quatre restaurants ; le procès sur les dommages est fixé au 26 octobre 2026. Le tribunal relève que l’assureur « has not explained to either the plaintiffs or the Court any basis for denying the insurance claims after » l’arrêt North State Deli de 2024, à la suite d’« a blanket companywide decision to deny all coronavirus-related business interruption claims ».
Ce n’est pas l’événement soudain qui tranche, c’est l’exclusion de corrosion
L’AFCA confirme le refus de Prevail Insurance sur un Range Rover endommagé par une infiltration, les drains de toit ouvrant s’étant « rusted off ». La police excluait « normal wear and tear, and rust or corrosion » et ne couvrait que le dommage accidentel causé par un « sudden and identifiable event ». Un tel événement pourrait en théorie exister, mais il ne changerait rien : « The expert reports indicate the rust developed over several years », et « If not for the rust, no damage would have occurred. »
La Building Commission NSW inscrit au registre gouvernemental une garantie décennale à responsabilité objective
Introduite en Australie en 2022, la garantie de Resilience Insurance est décrite par l’assureur comme une « strict liability cover for major structural defects for 10 years from completion, claimable directly, with no need to chase a builder or developer through the courts to be made whole ».
Deux cent vingt-huit propriétaires de Canterbury réclament environ 80 millions de dollars néo-zélandais à la Natural Hazards Commission
Le procès, prévu pour 34 jours, s’ouvrira le 12 avril 2027 ; les juges Sarah Katz et Neil Campbell ont fixé une caution pour frais de 628 000 NZD. Les réparations menées après les séismes de 2010-2011 sont jugées non conformes et la remise en état dépasse le plafond légal — « generally $300,000 plus GST per dwelling » au titre du Natural Hazards Insurance Act 2023 —, le dépassement tombant typiquement hors des polices privées, en particulier pour les dommages préexistants. Carol Mathias, 70 ans, plaignante : « I had to get a mortgage to buy this place; two lots of rates and two lots of insurance, which has forced me to keep working. »
L’orage de grêle du 2 septembre sur le Grand Toronto pourrait coûter plusieurs centaines de millions
Gallagher Re attend des pertes assurées « well into the hundreds of millions », après une grêle « golf-ball size, 4,5 centimètres, across much of the urbanized GTA », des pluies de 50 à plus de 100 mm, environ 150 000 clients privés d’électricité et près de 1 500 appels aux pompiers de Toronto en 24 heures. Le courtier note que « five of the past six years have produced billion-dollar-plus annual aggregate severe convective storm losses for Canadian insurers ». Le record reste l’orage de grêle de Calgary de 2024, à 3,349 Md CAD selon CatIQ.
Definity chiffre à 130 millions de dollars canadiens l’impact des catastrophes de juillet et août
L’assureur annonce « a $130 million negative impact to underwriting income for July and August 2026, net of reinsurance recoveries, equivalent to $0.79 per common share after taxes », au titre des pluies et inondations en Ontario et en Alberta en juillet, puis des inondations ontariennes et des incendies de Colombie-Britannique en août. Ses pertes catastrophes du troisième trimestre s’annoncent nettement au-dessus du consensus de marché de 93 M CAD pour le trimestre complet.
Un seul dommage patient lié à l’IA peut déclencher quatre polices à la fois
Le rapport Beazley sur la santé numérique, mené auprès de 600 dirigeants en Europe, en Amérique du Nord et en Asie, décrit une « liability chain » : un unique dommage patient lié à l’intelligence artificielle peut déclencher des réclamations simultanées en responsabilité médicale, en cyber, en tech E&O et en responsabilité civile générale. Conséquence directement contractuelle, l’achat de polices multirisques uniques et sur mesure passe de 40 % en 2024 à 53 % en 2026. Les données de sinistres désignent la négligence médicale et le défaut de supervision, quand les dirigeants citent d’abord le cyber.
Les amendes pénales ne sont pas assurables — et l’employeur avait disparu trois ans avant le procès
Après la mort de Gheorghita Arsene, écrasé dans l’effondrement d’une tranchée, Appledorn Developments a été condamnée à 500 000 £ d’amende et T Vaughan Limited à 650 000 £. En droit britannique, une amende pénale n’est pas assurable : l’assurer ruinerait son effet dissuasif. L’indemnisation des proches passe par une voie distincte, la responsabilité civile employeur — mécanisme décisif ici, Appledorn ayant été liquidée en 2023, trois ans avant la fin du procès. L’Employers’ Liability Tracing Office, créé en 2011 et fort de plus de 40 millions de polices, permet de retrouver l’assureur quand l’employeur n’existe plus.
L’assuré voulait choisir son réparateur : la police dit que c’est l’assureur qui choisit
Sinistrés par la grêle, des assurés ont refusé le réparateur agréé de Youi après lecture des avis en ligne — 3,0 étoiles contre 4,9 pour celui qu’ils proposaient — et réclamé un règlement en espèces. L’assureur a refusé, la police l’autorisant à organiser les réparations. L’AFCA a tranché en sa faveur, jugeant le libellé non ambigu : « I am not persuaded this is sufficient basis to override the terms of the policy. » Les avis en ligne ne sont pas vérifiés indépendamment, et la police comporte une garantie de qualité lorsque le réparateur de l’assureur intervient.
En Australie, le délai de traitement des sinistres devient le premier motif de plainte
L’AFCA a enregistré 119 949 réclamations en 2025-26, troisième année consécutive au-dessus de 100 000, dont 36 022 en assurance dommages, en hausse de 5 %. Les délais de traitement des sinistres sont désormais le premier motif de plainte, tous produits financiers confondus. Laura Meyer, directrice de MeyerInsure : « there are several insurers with claims turnaround times that are just abysmal » — un problème de systèmes hérités autant que d’effectifs. Depuis janvier 2022, la gestion des sinistres est une obligation de licence, à exercer « efficiently, honestly and fairly ».
🎟️ « Éternel Tintoret » — Musée Jacquemart-André, du 11 septembre 2026 au 24 janvier 2027
Éternel Tintoret
Le musée annonce une quarantaine de peintures et d’œuvres graphiques et présente l’exposition comme le premier panorama en France de l’ensemble de la carrière de Jacomo Robusti dit Tintoret (1518/19-1594). Commissariat Giovanni Carlo Federico Villa, Neville Rowley et Pierre Curie. Elle ouvre la veille de cette parution.
Manolo Millares
Une présentation d’une seule œuvre, Personaje caído I (1970), dans l’espace « Pieza Única » du bâtiment Sabatini. Millares (1926-1972) est l’une des figures de l’informalisme espagnol. Elle a ouvert pendant la fenêtre de cette édition.
Jasper Johns: Night Driver
Rétrospective annoncée « from his early works made in the 1950s to some of his most recent pieces produced in the 2000s » — peintures, sculptures et un large ensemble d’œuvres sur papier, réparties sur sept salles. Commissariat Enrique Juncosa. Il reste un mois avant la fermeture.
🎨 Visuels d’ambiance générés par IA — ils illustrent le thème et ne représentent pas les œuvres exposées.
Vous êtes collectionneur ou amateur d’art ?
Decaux Assurances accompagne collectionneurs, galeries, expositions et particuliers dans la protection de leurs œuvres et objets précieux. Tableaux, sculptures, photographies, bijoux, montres : nos contrats Art & Précieux couvrent les biens les plus rares.
🎟️ Événement — Journées européennes du patrimoine, samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026
Le ministère de l’Éducation nationale annonce l’édition 2026 les samedi 19 et dimanche 20 septembre, autour de deux thèmes : « Patrimoine de la photographie » et « Patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer ». Le réflexe Decaux Assurances : un site qui n’ouvre au public que deux jours par an reçoit, ces deux jours-là, des visiteurs qu’il n’accueille jamais le reste de l’année. La question n’est pas celle du bâtiment, elle est celle de la responsabilité civile pendant l’ouverture exceptionnelle — et de ce que la police dit, ou ne dit pas, d’une fréquentation qui n’a rien d’ordinaire.
Les sources de la semaine
- (Re)in Asia
- Artemis.bm
- Business Insurance
- Business Standard
- Claims Journal
- gCaptain
- Insurance Business
- Insurance Business Asia
- Insurance Business Australia
- Insurance Business Canada
- Insurance Business NZ
- Insurance Business UK
- Insurance Journal
- insuranceNEWS.com.au
- Intelligent Insurer
- Kohen Avocats
- L’Assurance en mouvement
- La Tribune de l’Assurance
- Middle East Insurance Review
- Planète CSCA
- Previssima
- Reinsurance News
- Seoul Economic Daily
- THISDAY
📖 Le glossaire de la semaine
Le fil de la semaine tient dans ces trois mots. Le point d’attachement est le seuil à partir duquel le réassureur intervient ; en deçà, la charge reste à l’assureur, c’est sa rétention. Ce seuil est écrit en montant, et un montant n’est pas indexé : AXA XL relève qu’à clause inchangée, l’inflation peut faire absorber au réassureur une part croissante des sinistres de moyenne intensité. La clause n’a pas changé, et pourtant le partage réel a bougé.
Trois façons dont un texte désigne le payeur avant tout examen des faits. L’exclusion de correctif fixe un délai : sur la violation Mathspace, vingt-trois jours séparent l’avis de vulnérabilité du correctif, et selon que la clause se déclenche à trois semaines ou à quatre-vingt-dix jours, le sinistre change de payeur. La responsabilité objective se passe de la preuve d’une faute. Le store-door étend la garantie de bout en bout, donc la question du transfert ne se pose plus au quai.
En aval du contrat reste la question du nombre. L’action de groupe, refondue par l’article 16 de la loi n° 2025-391 du 30 avril 2025, donne à des réclamations diffuses un chemin pour se rassembler — et ouvre au demandeur l’action directe contre l’assureur du responsable ; l’inflation sociale décrit la dérive du coût des sinistres de responsabilité au-delà de l’inflation économique. Quand le passé remonte, la réassurance rétrospective permet de transférer des engagements déjà souscrits — c’est le sens du rachat du crédit commercial de QBE par Swiss Re Corporate Solutions.
Une actualité a impacté votre activité ?
Étude personnalisée gratuite et sans engagement. Nous vous accompagnons pour ajuster vos couvertures face aux risques émergents.
Ou contactez-nous directement
☕ Le Morning Café est servi tous les samedis matin à 9h. À la semaine prochaine pour l’édition n°21.
Les éditions précédentes du Morning Café
Retrouvez les revues de presse des semaines passées — actualité internationale de l’assurance, résultats des assureurs, régulation, climat, cyber et culture.
Les 3 signaux + le risque macro de la semaine — avant tout le monde.




