Le Morning Café
de Decaux Assurances
Cette semaine, les prix de la réassurance s’effondrent au moment même où le risque, lui, s’intensifie. Au renouvellement du 1ᵉʳ juillet, les tarifs de réassurance de catastrophe reculent de 16 % dans le monde et de 19 % en Asie-Pacifique — la plus forte baisse depuis la fin des années 1990. En cause : une abondance de capital record, des cat bonds et ILS qui affluent, et une sinistralité clémente. Mais derrière ce reflux, les dangers montent : le ransomware pèse désormais 76 % des sinistres cyber, l’IA arme l’attaque autant que la souscription, et le climat ne désarme pas. Notre lecture de courtier : la couverture n’a jamais été aussi accessible — encore faut-il la calibrer avant que le cycle ne se retourne.
En bref cette semaine
Le tour du monde de l’édition
De Pékin à New York, de Tokyo à Sydney : cette édition couvre 40 pays où l’abondance de capital fait refluer les prix de la réassurance — et où cyber, IA et catastrophes redessinent la carte du risque assurable.
🧭 Le décryptage de la semaine
De la revue de presse à la lecture du risque
☕ Ce que cela signifie pour nos clients
Le capital n’a jamais été aussi abondant — et il fait chuter les prix. Au 1ᵉʳ juillet, la réassurance catastrophe recule de 16 % (monde) et 19 % (Asie-Pacifique), pendant que les cat bonds signent un semestre record en nombre d’émissions. Pour les entreprises, c’est une fenêtre rare pour relever capitaux et limites à coût maîtrisé.
Mais ce marché « mou » masque des risques qui montent. Le ransomware concentre 76 % des sinistres cyber du semestre, les coûts médicaux progressent de 10,3 %, et le climat ne désarme pas. Des prix bas ne signifient pas un risque faible : la sélection des garanties prime désormais sur le prix.
La régulation se cale sur l’IA et la résilience. L’ACPR se prépare à superviser l’AI Act et la directive IRRD ; en France, la vente d’assurance à distance est mieux encadrée depuis le 1ᵉʳ juin. Le « silent AI » et la conformité deviennent des clauses de contrat, pas seulement des sujets théoriques. Cette semaine, la gouvernance de l’IA passe à l’échelle mondiale — l’ONU ouvre son premier dialogue à Genève — tandis que les assureurs eux-mêmes deviennent des cibles (piratage du régulateur américain NAIC). La discipline de souscription et l’audit des clauses IA n’ont jamais été aussi décisifs.
L’Indice Morning Café du Risque
Notre lecture du risque pour la semaine du 27 juin au 3 juillet : les prix chutent, mais le risque monte. La réassurance signe une détente tarifaire historique (−16 %), quand le cyber et le climat, eux, s’intensifient — et que la bataille de l’IA se joue désormais dans les data centers, l’énergie et les terres rares.
« Only when the tide goes out do you discover who’s been swimming naked. »
« Ce n’est qu’à marée basse que l’on découvre qui se baignait nu. » — Warren Buffett, lettre aux actionnaires de Berkshire Hathaway, 2008
À mon sens, la chute spectaculaire des prix de la réassurance — la plus forte depuis vingt-cinq ans — est une bonne nouvelle pour nos clients, mais elle porte un piège. Quand le capital est abondant et que la couverture coûte moins cher, la discipline se relâche : on sous-tarife, on élargit les garanties sans toujours mesurer le risque. Or les risques, eux, ne reculent pas — cyber, climat, IA, géopolitique. Comme l’écrivait Kissinger, « l’histoire ne connaît ni lieux de repos ni plateaux » : ce marché « mou » finira par se retourner. Mon conseil de courtier : profitez de la fenêtre pour relever vos capitaux et renégocier, mais ne confondez jamais prix bas et risque faible. Quand la marée se retirera, on verra qui était vraiment bien couvert.
⚠️ Les 3 risques à surveiller
Le piège de la sous-tarification
Marché « mou » : capacité abondante et primes en baisse incitent à élargir les garanties et casser les prix sans toujours mesurer le risque. Le retournement du cycle est certain — seule sa date est inconnue.
Le réflexe Decaux Assurances : profiter de la fenêtre pour relever capitaux et limites (cat-nat, RC, dommages) plutôt que pour rogner les primes, et verrouiller de bonnes conditions avant le durcissement.
Le cyber, premier poste de sinistres
Le ransomware pèse 76 % des sinistres cyber du semestre, avec des rançons calibrées par IA et le vol des polices. Les limites traditionnelles sont sous tension.
Le réflexe Decaux Assurances : passer en revue les garanties cyber et RC pro, contrôler les sous-limites ransomware et les clauses « silent AI », et sensibiliser les équipes au hameçonnage.
Climat et santé : les coûts de long terme montent
Inondations en Asie, saison cyclonique, coûts médicaux +10,3 % : les risques de fond renchérissent, même quand la réassurance baisse à court terme.
Le réflexe Decaux Assurances : revoir les capitaux cat-nat et les franchises, et pour les TNS et expatriés, anticiper la hausse santé en arbitrant garanties et réseaux de soins.
Au renouvellement du 1ᵉʳ juillet, les tarifs de réassurance catastrophe reculent de 16 % dans le monde et 19 % en Asie-Pacifique — la plus forte baisse depuis la fin des années 1990, portée par l’abondance de capital.
Avec des prix au plus bas depuis 25 ans, est-ce le bon moment pour relever vos capitaux et renégocier vos couvertures avant que le cycle ne se retourne ?
Nos 5 publications de la semaine
Cette semaine, Decaux Assurances décrypte en vidéo le retour d’expatriation en France, l’Analyse du Cycle de Vie (ACV) OPQIBI 1333 des bureaux d’études, la RC Produits après livraison, l’assurance des collections privées (vins, montres, art), et le bon moment pour revoir ses contrats quand l’entreprise grandit.
📊 La prime « war-risk » à Ormuz : du pic à la décrue
Coût de l’assurance « risque de guerre », en % de la valeur de coque — contrat 7 jours (survolez les barres)
Soit 800 000 $ à 2 M$ par voyage de superpétrolier (VLCC). Source : Lloyd’s List / World Economic Forum.
Chine : Shanghai veut devenir un hub mondial de la réassurance
Au Forum financier de Lujiazui, le régulateur chinois (NFRA) a confirmé des essais à Shanghai sur la réassurance et l’assurance maritime, et appelé les (ré)assureurs domestiques à parrainer des sidecars ILS à Hong Kong. Pékin accélère sur le transfert de risque vers les marchés de capitaux.
Marsh teste l’appétit du Golfe : 800 M$ de violence politique pour SABIC
Marsh cherche à renouveler au 1ᵉʳ juillet la tour de violence politique de 800 M$ du géant saoudien SABIC, dont le site de Jubail a été touché par des missiles iraniens en avril — l’un des tests les plus clairs de l’appétit du marché « political violence » dans le Golfe (Sompo, Canopius, Mosaic parmi les principaux porteurs). Enjeu assurantiel : la couverture violence politique / terrorisme devient stratégique pour les grands industriels de la région.
Inde : 100 % d’investissement étranger et distribution sous surveillance
L’Inde a notifié l’ouverture à 100 % des capitaux étrangers (route automatique, LIC à part). Le 30 juin, l’IRDAI a annoncé de nouvelles règles contre la mévente en bancassurance et le lancement de la plateforme Bima Sugam (auto, santé, temporaire décès) d’ici septembre.
Corée du Sud : le régulateur déploie l’IA contre la fraude
La FSS prépare pour 2026 un système national de détection de la fraude à l’assurance fondé sur l’IA. Depuis le 22 juin, les assureurs coréens doivent aussi notifier les assurés avant tout changement des critères d’indemnisation.
Japon : Tokio Marine émet un cat bond séisme via Singapour
Tokio Marine parraine Kizuna Re III (100 M$) pour couvrir le risque sismique japonais — secousse, tsunami, incendie, inondation — émis depuis Singapour. Une nouvelle illustration du recours croissant des assureurs asiatiques aux cat bonds.
Commerce mondial : la fracture États-Unis/Chine s’accentue
Les deux premières économies continuent de se détourner l’une de l’autre au profit de partenaires « géopolitiquement proches ». Ce rebattage des chaînes d’approvisionnement accroît le risque politique et le risque de crédit export pour les entreprises.
Apple négocie l’achat de puces mémoire chinoises (CXMT, YMTC)
Face à la pénurie mondiale de mémoire et à la flambée des coûts (Apple a relevé le prix de plusieurs Mac et iPad), le groupe négocie l’achat de DRAM et de NAND auprès des chinois CXMT et YMTC, tous deux inscrits sur la liste noire du Pentagone, et fait pression sur l’administration américaine pour obtenir une dérogation. Enjeu assurantiel : risque de chaîne d’approvisionnement, risque politique et de crédit export, forte concentration des fournisseurs stratégiques.
IA : la vraie bataille se joue dans les data centers et l’électricité
Le goulot d’étranglement de l’IA n’est plus la puce mais l’électricité : McKinsey chiffre à 7 000 Md$ les investissements en data centers d’ici 2030, Goldman Sachs voit la demande d’énergie des centres bondir de 165 %. Les États parlent du « compute » comme jadis du pétrole — une dépendance stratégique et un risque industriel et cyber à assurer.
Anthropic lance Claude Sonnet 5, plus agentique et moins cher
Anthropic a lancé Claude Sonnet 5, son modèle le plus « agentique » (planification, navigateur et terminal en autonomie), à des performances proches d’Opus 4.8 pour un coût réduit et un risque cyber abaissé. Enjeu assurantiel : la banalisation des agents IA autonomes ravive la question du « silent AI » et de la responsabilité (RC Pro, E&O) en cas d’erreur d’un agent.
Travelers lance son propre LLM d’assurance (« TravelersLLM »)
L’assureur américain Travelers a dévoilé TravelersLLM, un grand modèle de langage propriétaire entraîné sur des millions de documents internes pour la souscription et la recherche en dommages (property casualty) — il surpasserait les modèles commerciaux sur les questions d’assurance, à moindre coût (prix CIO 100). Enjeu assurantiel : les assureurs internalisent l’IA métier — souscription accélérée, mais nouvelle dépendance et enjeu de gouvernance (« silent AI »).
Gouvernance de l’IA : l’ONU ouvre son premier dialogue mondial (Genève)
L’ONU lance à Genève le Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA (dès le 6 juillet) et un panel scientifique international indépendant : pour la première fois, presque tous les États disposent d’un forum pour débattre des normes et des risques de l’IA. Enjeu assurantiel : une gouvernance mondiale qui se structure encadrera à terme la responsabilité et l’assurabilité de l’IA — le pendant réglementaire du « silent AI ».
Anthropic rétablit Fable 5 et Mythos 5 après la levée des contrôles export US
Suspendus le 12 juin sur ordre de contrôle export (faille de sécurité signalée par des chercheurs d’Amazon), les modèles Fable 5 et Mythos 5 d’Anthropic ont été rétablis après la levée des restrictions le 30 juin ; Fable 5 est de nouveau accessible mondialement depuis le 1ᵉʳ juillet. Enjeu assurantiel : les contrôles export deviennent un risque opérationnel et de continuité pour les entreprises dépendantes de l’IA — un cousin réglementaire du « silent AI ».
Le Golfe se rêve en superpuissance du calcul
Émirats, Arabie saoudite et Qatar ont engagé près de 2 000 Md$ dans l’IA ; l’Arabie, via Humain, pourra acheter jusqu’à 600 000 GPU Nvidia, et les Émirats bâtissent un campus de 5 GW, le plus grand hors États-Unis. De nouveaux hubs de risque — énergie, construction, cyber — émergent au Moyen-Orient.
Golfe : l’ADGM crée le « Synthetic Sidecar », l’assurance émiratie se réforme
Les Émirats consolident leur régulation (décret fédéral n°6 de 2025 intégrant l’assurance à la banque centrale, transition jusqu’en septembre 2026) et l’ADGM lance un « Synthetic Sidecar », véhicule de transfert alternatif de risque (ART) à actifs cantonnés. Le marché santé du Golfe croît de 10 à 15 % par an. Enjeu assurantiel : le Golfe se pose en hub d’ILS et d’ART, en écho à l’afflux de capital sur le marché mondial.
Terres rares : l’Europe sous dépendance chinoise
La Chine traite 90 % des terres rares mondiales et fournit 98 % des aimants de l’UE. Ses contrôles à l’export (octobre 2025, suspendus jusqu’en novembre 2026) ont fait flamber les prix jusqu’à ×6 — un risque de rupture pour l’industrie, la transition climatique et l’assurance-crédit export.
États-Unis : les enquêtes « Section 232 » sur puces et minerais critiques arrivent à échéance
Les enquêtes américaines Section 232 sur les semi-conducteurs et les minerais critiques atteignent des jalons décisifs en juillet — de nouveaux droits de douane ou quotas d’importation sont possibles. Enjeu assurantiel : durcissement du risque politique et de crédit export pour les industriels dépendants des chaînes tech (écho direct au dossier Apple/CXMT et aux terres rares).
Afrique : l’assurance se digitalise et part à la conquête de nouveaux assurés
Le marché africain (98,5 Md$ en 2025) vise 166 Md$ en 2034. Porté par les réformes (NAICOM au Nigeria) et la microassurance mobile et WhatsApp (3,5 M d’assurés, sinistres réglés en 4 h), il reste très sous-pénétré — 0,4 % du PIB au Nigeria contre 12 % en Afrique du Sud. Un vrai relais de croissance pour l’assurance inclusive.
Asie du Sud-Est : les typhons poussent l’assurance paramétrique
Après une saison 2025 meurtrière (typhons aux Philippines, Vietnam, Thaïlande et Malaisie : plus de 500 morts, 5 Md$ de pertes), la région muscle sa couverture. Les Philippines déploient des dispositifs paramétriques (Banque mondiale, déclenchés par le vent ou la pluie) et la microassurance mobile gagne le Vietnam.
Égypte et Maroc : le takaful, moteur de l’inclusion assurantielle
L’Égypte dote le takaful (assurance conforme à la charia) d’un nouveau cadre réglementaire (FRA), pendant que le Maroc voit ses primes takaful bondir de +44 %. Le takaful africain devrait dépasser 2 Md$ en 2026 — un levier d’inclusion financière.
Réassurance : la plus forte baisse de tarifs depuis 25 ans
Au renouvellement du 1ᵉʳ juillet, le tarif de la réassurance catastrophe recule de 16 % dans le monde et 19 % en Asie-Pacifique (Guy Carpenter) — la plus forte baisse depuis la fin des années 1990. Capacité abondante et sinistralité faible, mais les conditions tiennent.
KBW : la baisse approche 20 % à la mi-année
Selon KBW, les taux de réassurance catastrophe reculent de près de 20 % à mi-année, mais les termes et conditions (rétentions, exclusions) restent fermes — le marché s’assouplit sans revenir aux excès d’avant 2023.
Fusions-acquisitions : le rythme ralentit, l’appétit demeure
Le secteur a annoncé 29,6 Md$ d’opérations sur six mois (191 deals), en léger repli. Dernière en date : l’acquisition d’Ordinance Holdings (Bermudes) par Pinnacle, effective le 30 juin. L’IA s’invite dans les stratégies de rapprochement.
Lloyd’s alerte : l’assouplissement des prix va trop vite
Lloyd’s juge la baisse des tarifs « problématique » par sa vitesse et prévoit −1,5 % de primes ; les taux en responsabilité passent en territoire négatif et le cyber croît plus vite que la capacité. Mais Rachel Turk y voit « des tonnes d’opportunités pour une souscription avisée » — à condition de garder la discipline.
Renouvellements : le marché bascule nettement en faveur des acheteurs
Au 1ᵉʳ juillet, les réassureurs se montrent plus flexibles sur les structures et les prix (Gallagher Re) : jusqu’à −20 à −25 % sur les meilleurs comptes nord-américains. Moody’s confirme un marché durablement favorable aux acheteurs, la capacité ILS atteignant 135 Md$. Le bon moment pour renégocier.
Lemonade réduit sa cession en réassurance au 1ᵉʳ juillet
L’assureur insurtech Lemonade abaisse sa cession en quote-part à ~18 % des primes (contre ~20 %) au renouvellement du 1ᵉʳ juillet, porté par la croissance de son portefeuille, et étend son programme cat XL européen. Enjeu assurantiel : signe de maturité des insurtech, qui conservent davantage de risque à mesure qu’elles grossissent.
Cat bonds : record du nombre d’émissions au 1ᵉʳ semestre
16,1 Md$ de cat bonds émis depuis janvier, pour un nombre record de transactions au 1ᵉʳ semestre (≈78) — 2ᵉ plus gros premier semestre de l’histoire. Les capitaux affluent vers le risque assurantiel.
Singapour rouvre son « ILS Grant Scheme » aux cat bonds mondiaux
La MAS a prolongé (2026-2028) et élargi son dispositif d’aide aux titres liés à l’assurance : les subventions couvrent de nouveau les cat bonds hors Asie-Pacifique (50 à 70 % des coûts d’émission). Avec 29 cat bonds déjà émis, Singapour renforce son statut de hub ILS asiatique. Enjeu assurantiel : la place capte l’afflux de capital alternatif vers le risque catastrophe.
Japon : la facture de réassurance creuse le déficit des services
Les paiements de réassurance du Japon vers l’étranger gonflent et creusent le déficit national des services — illustration de la dépendance des marchés exposés aux catastrophes au capital de réassurance mondial.
Asie-Pacifique : géopolitique, catastrophe et IA, le triptyque 2026
Les assureurs d’Asie-Pacifique affrontent en 2026 un triptyque de risques — géopolitique, catastrophe et IA (S&P) — dans un marché où la capacité abondante comprime les prix.
Brésil : premier ILS, nouveau chapitre pour l’Amérique latine
IRB Brasil Re a émis, avec Itaú, le premier ILS du pays (adossé à des risques de caution) — signe que l’abondance de capital qui fait refluer les prix gagne désormais les marchés émergents. Le régulateur SUSEP encadre par ailleurs la rétrocession au-delà de 70 %.
Indonésie : l’OJK relève les exigences de capital face au risque catastrophe
Sur la « ceinture de feu » (séismes, tsunamis, volcans), l’OJK porte le capital minimum des réassureurs à 500 Md IDR dès 2026 et s’attaque à un déficit de réassurance de 12,1 Tn IDR (~733 M$). Comme le Japon, l’archipel dépend lourdement du capital de réassurance mondial.
Mexique : la couverture catastrophe paramétrique double à 575 M$
Le Mexique double sa protection catastrophe paramétrique à ~575 M$ (séismes, volcans, ouragans, inondations), déclenchée par des capteurs sismiques (Safehub, LM Re). L’Amérique latine s’appuie de plus en plus sur les marchés de capitaux pour transférer son risque catastrophe.
Argentine, Chili, Colombie : l’assurance latino-américaine accélère
Le marché latino-américain vise 1 030 Md$ en 2026. L’Argentine bondit (+33,6 %, portée par les réformes pro-marché de Milei), devant le Chili (+11,5 %) et la Colombie (+10,6 %) — un vrai relais de croissance pour les assureurs.
Venezuela : séisme de magnitude 7,5, plus de 1 700 morts
Un séisme de magnitude 7,5 (doublet avec une secousse de 7,2) a frappé le nord du Venezuela près de Morón le 24 juin ; le bilan dépasse 1 700 morts et des milliers de disparus. Enjeu assurantiel : dans un pays où la pénétration de l’assurance est très faible, l’écart de protection (protection gap) est quasi total — un rappel de l’utilité des couvertures paramétriques cat-nat en Amérique latine.
Amérique latine : le 1ᵉʳ juillet bascule en marché d’acheteurs
Au renouvellement du 1ᵉʳ juillet, les programmes cat XL d’Amérique latine reculent de 15 à 20 %, portés par l’afflux de capacités (Bermudes, Londres, MGA) et des commissions de cession en hausse. Mais l’écart de protection climatique régional reste béant : 81 % des pertes ne sont pas assurées (19 % couvertes seulement). Enjeu assurantiel : une fenêtre tarifaire pour élargir les couvertures cat-nat et structurer du paramétrique avant le retournement.
Pérou : vers une réglementation de l’assurance paramétrique face à El Niño
L’autorité de contrôle péruvienne a mis en consultation (jusqu’au 24 juin) une réglementation de l’assurance paramétrique — indemnisation rapide sur données objectives — alors qu’un « super El Niño » se profile en 2026. Le pays a déjà bénéficié du cat bond Alliance du Pacifique (60 M$ versés après le séisme de 2019). Enjeu assurantiel : le paramétrique gagne du terrain en Amérique latine.
Suisse : Swiss Re chiffre le déficit mondial de protection
Depuis Zurich, le Swiss Re Institute alerte : une large part des pertes de catastrophes naturelles reste non assurée dans le monde, et l’écart se creuse avec le climat. Les grands réassureurs suisses (Swiss Re, Zurich) restent au cœur du transfert de risque mondial.
Turquie : le pool séisme obligatoire (DASK) relève son plafond
Le pool catastrophe turc (DASK/TCIP), assurance séisme obligatoire depuis 2000, a porté son plafond de couverture à 2,27 M TL (mai 2026). Le dispositif mutualise le risque sismique à l’échelle nationale via Türk Reasürans. Enjeu assurantiel : un modèle de pool public souvent cité pour combler l’écart de protection cat-nat.
ACPR : bientôt superviseur du règlement IA pour la banque-assurance
Dans son programme 2026, l’ACPR se prépare à devenir l’autorité de surveillance du règlement IA (AI Act) pour la banque et l’assurance, avec la « value for money » et l’IRRD parmi ses priorités.
IRRD : un cadre européen de résolution des assureurs
L’ACPR prépare l’entrée en vigueur de la directive IRRD (redressement et résolution), qui dote l’UE d’un cadre pour gérer la défaillance d’organismes soumis à Solvabilité II.
Vente à distance : de nouvelles obligations depuis le 1ᵉʳ juin 2026
Depuis le 1ᵉʳ juin, souscrire une assurance en ligne ou par téléphone impose un socle d’explications précontractuelles claires et accessibles, y compris aux personnes en situation de handicap.
Assurance-vie : le fonds euros reste à 2,63 %
Le rendement moyen des fonds euros s’établit à 2,63 % (ACPR), stable, les assureurs puisant dans leur provision pour participation aux bénéfices (≈4 % des encours) pour tenir ce niveau.
Asie-Pacifique : les assureurs revoient leurs méthodes face au climat
Le repricing climatique pousse les assureurs à inventer de nouvelles méthodes (paramétrique, données satellite) pour réduire le déficit de protection en Asie, où l’exposition aux inondations et tempêtes explose.
Saison cyclonique : les fonds cat bonds passent en « soft-close »
À l’ouverture de la saison des ouragans, plusieurs grands fonds cat bonds ferment temporairement leurs souscriptions après un 1ᵉʳ semestre record — le capital se met en réserve avant le pic de risque.
Saison des ouragans 2026 : prévision clémente, assureurs prudents
La NOAA annonce une saison atlantique sous la normale (8 à 14 tempêtes nommées, la prévision la plus favorable depuis dix ans). Mais les assureurs maintiennent leurs franchises tempête en zones côtières — l’ouragan Andrew (1992), survenu lors d’une saison annoncée calme, reste dans les mémoires. Enjeu assurantiel : une seule tempête intense sur une côte densément assurée suffit à faire l’année.
Australie & Nouvelle-Zélande : le risque cyclone jugé moins matériel
Howden Re : les renouvellements sans sinistre en Australie et Nouvelle-Zélande reculent de 10 à 15 %, le risque cyclone étant jugé moins matériel cette année — le reflux des prix gagne tout le Pacifique.
Nouvelle-Zélande : la Natural Hazards Commission muscle sa réassurance (+20 %)
Profitant du marché mou, la Natural Hazards Commission (ex-EQC) a relevé de 20 % son programme de réassurance, à 12,3 Md NZ$ (record, ~2,1 Md de limite supplémentaire), au moment où sa nouvelle loi entre en vigueur au 1ᵉʳ juillet. Enjeu assurantiel : un régime public cat-nat qui verrouille des capacités à bon prix — le pendant institutionnel du reflux tarifaire mondial.
Assurance paramétrique : le satellite et l’IA accélèrent l’indemnisation
Le marché de l’assurance paramétrique (≈21 Md$ en 2026) pourrait doubler d’ici 2030. Dopée par l’imagerie satellite et les déclencheurs IA, elle indemnise en heures les sinistres climatiques ; l’Asie-Pacifique (+14 %/an) l’intègre dans l’agriculture et la gestion des catastrophes — un outil clé pour combler le déficit de protection.
Amazon Leo : la constellation satellite s’étoffe, la connectivité s’accélère
Amazon a mis en orbite plus de 250 satellites Leo (ex-Kuiper), 3ᵉ constellation mondiale, et rachète Globalstar pour la connectivité directe vers les appareils — face à Starlink, avec une échéance FCC serrée (1 618 satellites d’ici fin juillet). Enjeu assurantiel : essor de l’assurance spatiale (lancement, en orbite) et d’une connectivité qui rend possibles l’assurance paramétrique et l’IoT en zones reculées.
Canada : feux et inondations renchérissent l’assurance habitation
Les pertes assurées climatiques atteignent 37 Md$ sur 2016-2025 (≈×3), les feux ayant bondi de +1 000 % à 8,1 Md$. Le programme national d’assurance inondation (450 M$ promis) reste sans calendrier, et la prime habitation grimpe de 4 % (jusqu’à +9 % en Alberta).
Europe : 75 % des pertes climatiques ne sont pas assurées
Seul un quart des pertes de catastrophes naturelles est assuré en Europe (EIOPA), avec un déficit maximal en Allemagne, puis en Espagne et en Italie. L’association allemande des assureurs (GDV) prévient : la prime habitation pourrait doubler en dix ans sous l’effet du climat.
Asie du Sud : la micro-assurance inondation cherche son modèle
Au Bangladesh (pénétration 0,4 %) et au Sri Lanka, l’exposition aux inondations est maximale mais la couverture quasi nulle. La micro-assurance inondation, soutenue par les pouvoirs publics, cherche un modèle commercialement viable pour protéger les populations des deltas.
Pakistan : mousson 2026 annoncée plus intense, l’assurance quasi absente
La NDMA anticipe une mousson 2026 plus intense de 22 à 26 % que 2025 (déjà la pire en quarante ans). Avec une pénétration de l’assurance à 0,87 % du PIB, l’essentiel du risque reste porté par l’État. Paramétrique et cat bonds souverains sont à l’étude. Enjeu assurantiel : l’un des plus grands écarts de protection au monde.
Cyber : le ransomware concentre 76 % des sinistres du semestre
Le ransomware pèse 76 % des sinistres cyber du 1ᵉʳ semestre (contre 46 % un an plus tôt) et le coût moyen d’une attaque grimpe de 17 %. Les assureurs durcissent souscription et gestion de sinistres.
Extorsion dopée à l’IA : jusqu’au vol des polices cyber
Ingénierie sociale par IA, double extorsion et vol des polices cyber pour calibrer les rançons : Munich Re alerte sur des sinistres dépassant parfois le milliard de dollars, qui tendent les capacités traditionnelles.
Cyber : les deepfakes IA exclus des polices, un nouveau trou de garantie
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, des assureurs cyber excluent les fraudes par deepfake IA de la garantie « fraude au président » standard — un trou de couverture pour qui a renouvelé sa police. L’IA agentique est jugée la 1ʳᵉ menace de 2026 (48 % des experts). Pertes moyennes 631 k$, jusqu’à 25 M$ (cas Arup).
Cyber : le régulateur américain des assureurs (NAIC) piraté
Le groupe ShinyHunters a exploité une faille critique d’Oracle PeopleSoft (CVE-2026-35273) pour dérober des données de la NAIC, l’association des régulateurs d’assurance américains, publiées à la mi-juin ; plus de 100 organisations seraient concernées. Enjeu assurantiel : l’assureur — et son régulateur — deviennent des cibles, sur fond de sévérité record des sinistres cyber.
Santé : les coûts médicaux mondiaux grimpent de 10,3 % en 2026
Les coûts des contrats santé augmenteront de 10,3 % dans le monde en 2026 (WTW), avec un pic en Asie-Pacifique (+14 %). Le cancer devient le 1ᵉʳ poste de dépense des assureurs, son incidence progressant chez les moins de 40 ans.
🎟️ « Edo in Focus » pour le centenaire (dès le 25 juillet)
Pour son centenaire, le Tokyo Metropolitan Art Museum présente « Edo in Focus » (25 juillet – 18 octobre 2026) avec des pièces du British Museum — un dialogue entre Japon et regards occidentaux, au moment où le marché de l’art reste mesuré et sélectif.
Leonora Carrington, la surréaliste
À Paris, le Musée du Luxembourg consacre une rétrospective à Leonora Carrington, figure majeure du surréalisme : peintures, sculptures et écrits d’une artiste longtemps éclipsée par ses pairs.
Peter Hujar : Contact
À New York, la Morgan Library expose plus de 110 planches-contacts du photographe Peter Hujar (années 1950-1980), plongée intime dans la scène artistique new-yorkaise. Des tirages de grande valeur à conserver et assurer.
Van Gogh, les années de formation
À Tokyo, l’Ueno Royal Museum retrace les années de formation de Van Gogh via la collection du Kröller-Müller (Pays-Bas) : dessins et premières toiles avant l’explosion de couleur.
🎨 Visuels d’ambiance générés par IA — ils illustrent le thème et ne représentent pas les œuvres exposées.
Vous êtes collectionneur ou amateur d’art ?
Decaux Assurances accompagne collectionneurs, galeries, expositions et particuliers dans la protection de leurs œuvres et objets précieux. Tableaux, sculptures, photographies, bijoux, montres : nos contrats Art & Précieux couvrent les biens les plus rares.
À Tokyo, le jeune Van Gogh avant la couleur
Été 2026 · Tokyo
À l’Ueno Royal Museum, « Van Gogh, les années de formation » réunit dessins et premières toiles issus du Kröller-Müller Museum (Pays-Bas) : on y suit l’apprentissage du peintre avant l’explosion de couleur de la période d’Arles. Cette révolution chromatique, Van Gogh la doit beaucoup aux estampes japonaises d’Hokusai et Hiroshige, qu’il collectionnait et recopiait — le même Japon vers lequel Decaux Assurances a tourné son regard : née à Central, au cœur de Hong Kong, notre maison a fait glisser sa couverture de Central vers le Mont Fuji, en écho à ce voyage de l’Occident vers le Japon qui inspira Van Gogh. Des œuvres d’une valeur considérable dont le transport et l’accrochage exigent une couverture dédiée — un pont naturel vers notre offre Art & Précieux.
Les sources de la semaine
- Der Spiegel
- CNN
- NPR
- Al Jazeera
- CBC News
- Kyiv Independent
- Russia Matters
- South China Morning Post
- CSIS ChinaPower
- Atlantic Council
- Foreign Policy
- Bloomberg
- Fortune
- CNN Business
- World Economic Forum
- Insurance Business
- Insurance Journal
- Reinsurance News
- The Insurer
- Insurance Business (cyber)
- France Assureurs
- Sénat
- Sortiraparis
- Sky Sports
- Decaux Assurances
- Business Today
- Gulf Business
- Artemis
- Swiss Re
- Atlantic Council
- Generali
- Insurance Business
- Intelligent Insurer
- Mordor Intelligence
- EIOPA
- Nikkei Asia
- Seoul Economic Daily
- South China Morning Post
- The Jakarta Post
- The Business Times
- CNBC
- Triple-I (III)
- VentureBeat
- Anthropic
📖 Le glossaire de la semaine
Quand les capitaux affluent (cat bonds, ILS, sidecars), la réassurance se vend moins cher : le cycle des prix se retourne à la baisse.
L’IA entre dans les contrats et la supervision : l’ACPR surveillera l’AI Act, tandis que le « silent AI » désigne les sinistres liés à l’IA non prévus par les polices.
Derrière la baisse des prix, les risques montent : rançongiciels, surprimes de guerre maritime, et le besoin de couvertures paramétriques bien calibrées.
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Les 3 signaux + le risque macro de la semaine — avant tout le monde.




